mais qu’est-ce qui t’arrive ?

il peut se faire que la terre se dérobe sous tes pieds [sous tes pieds – la terre – dérobée] et juste après comme une bascule, un chavirement que le corps ne peut pas comprendre, informations fausses ou incomplètes ou contradictoires envahissant le cerveau, alors plus de coordination forcément, plus rien d’un coup (comme débranché), ça va très vite, jambes bras corps en soleil, poitrine qui va cogner durement contre le sol — le sol : hétéroclite à cause du chantier qui n’en finit pas dans la rue qui passe devant chez toi, le sol donc composé de gravats, morceaux de route, cailloux, gravillons, gravier grossier, sable, terre brune, bitume —, au cours de la chute une pierre qui a dû rencontrer le buste (à moins que ce ne soit la deuxième marche du petit escalier qui conduit à l’habitation), onde de choc, alors dedans tu ressens comme un cisaillement, Continue reading →

murmurer à la terre

Courgette en fleur, juin 2015, photographie de Françoise Renaud

Premier potager, premières bagarres avec la terre pour y faire pousser des légumes. Des fleurs aussi : soucis, dahlias et capucines.
Après ce qu’elle a connu, il a fallu en effet batailler. La remonter par endroits, la niveler, la remuer, la bousculer, la trier, en extraire des cailloux gros comme le poing en quantité, des bouts de ferraille, des tessons de faïence, des lambeaux de sacs plastiques ou de clôtures saisis dans le flot des limons, enfouis tels des matériaux archéologiques. Et puis la biner, la ratisser pour la rendre belle, juste compromis entre matière et légèreté, pour accueillir les plants et les graines de saison.
Pas commencer trop tôt par ici, on m’avait conseillé. Jusqu’en mai il peut encore geler.

 

Je me revois il y a quelques semaines,
presque à plat ventre.

Si quelqu’un était passé sur le chemin, touriste ou homme du cru, Continue reading →