TERRAIN FRAGILE – journal de saison, février 2026

1er février 2026, Les Fougères
La pluie s’est emparée du ciel, poulettes réfugiées dans leur maison de pierre. Installée devant la fenêtre, la chatte médite. Je ne ferai pas de photographies aujourd’hui.

par moments le vent
puissant et folles rafales

il mord la pierre

lundi 2 février
L’écriture ne nous appartient pas. Elle va et vient, elle nous appelle puis elle nous hante ou se tait.
Nous n’explorons que de brefs fragments de son vaste domaine. Sans cesse il faut apprendre à regarder et à écouter. De l’intérieur aussi.

mardi 3 février, sur la route de Noth
Le ciel est agité d’épais moutonnements du gris violacé au blanc qui brûle les yeux et il me fait penser à une succession de collines instables à l’infini qu’on pourrait photographier chaque trente secondes pour obtenir autant de tableaux différents. À mon retour, j’observe les poulettes heureuses de courir, belles dans leur insouciance. La chatte joue à cache-cache derrière le fauteuil en cuir. Elle sait que je crie si elle y fait ses griffes et elle joue avec moi. Réapprendre à jouer nous aussi ?

mercredi 4 février
Des pensées lancinantes m’occupent mais je ne parviens pas à voir ce qui est en mouvement.
Je regarde The Dreamer, série diffusée par Arte autour de Karen Blixen à son retour d’Afrique, son obsession de publier, son absence de concessions pour parvenir à ses fins en dépit de l’odieuse maladie qui la ronge. Une résistance remarquable où puiser.

jeudi 5 février
Annick Brabant, amie du collectif Tiers Livre, propose de s’emparer d’un moment régulièrement répété. J’ai pensé au haïku qui a habité chaque jour de mon année 2025, d’où ces quelques lignes pour elle.

vendredi 6 février

paysage décor
puissant nous enveloppe
soufflés on reste

samedi 7 février
La journée lumineuse me donne envie de faire un tour de jardin. Les bourgeons velus du magnolia de Soulange sont déjà bien gonflés et les lilas poussent des pointes vert tendre. Je place de nouvelles boules de graisse pour réjouir les mésanges bleues.
Au fait, Helena près de Lisbonne est en pleine tempête. J’attends de ses nouvelles.

dimanche 8 février, Les Fougères
« Regarde la nature vivante, elle est régie selon des cycles bien déterminés. Le cycle des saisons est un cycle d’élévation qui anime la graine jusqu’à la floraison et la fructification. Ce cycle naturel régit également ta propre vie intérieure. » (écrit il y a 1 ou 2 siècles av. J.C.)
Annie m’envoie ce texte qui m’habite pour la journée. Elle l’a intitulé Sagesse essénienne.

lundi 9 février
Travailler pour m’empêcher de tourner en rond. Travailler par exemple à la confection du livre qui contiendra ma moisson haïku de l’an 2025. J’ai du mal à trouver la photographie parfaite pour la couverture dans la multitude de mes images de jardin, cependant je progresse.

mardi 10 février
De plus en plus de plaisir à écrire ce journal de saison. Outre l’intérêt d’y travailler dans la simplicité, j’y trouve de la consolation, une sorte de réconfort dans cet effort à affûter le regard et les mots.
L’image d’Isa me hante toute la nuit. Elle est trop jeune pour s’en aller. Il y a dix ans nous crawlions ensemble à travers l’étang de Thau. Je me souviens de ces moments uniques. Je lui adresse tout mon amour, vie suspendue à rien en ces heures.

jeudi 12 février, pluie incessante
Mon départ pour la Bretagne est remis à plus tard. Le temps est trop « vilain », adjectif qu’aurait utilisé ma petite mère en la circonstance. Tout est noyé d’eau et la terre herbeuse est glissante sur le coteau. Ne pas tomber. Pas vu les mésanges bleues. Que font-elles avec cette pluie qui exagère ?

nuit de tempête
mais où sont passés les oiseaux ?

espérant l’éclaircie

vendredi 13 février
Le vent s’est calmé, mon angoisse retombée. Je veille sur Lisa et Alba afin qu’elles supportent le mauvais temps et leur confectionne de la soupe de semoule cuite au saindoux.
Je ne parviens pas à lire, mon esprit nage dans l’étang de Thau. J’ai tout de même réussi à boucler la mise en page de Un an de haïku et à écrire un article de présentation. J’attends la première épreuve.

19 h 33. Message de Thierry. Il écrit : « Isa nous a quittés avec douceur… Elle vous aimait… »

samedi 14 février, Les Fougères

Isa c’était la vie
face à l’étang de brume
te retenir un peu

Chris fait écho à mon message et veut contrarier ma tristesse : « … un peu de bonheur au cœur. Je te lirai au profond de la nuit. »

dimanche 15 février
Au matin il neige doucement. Comme un immense bienfait dans le silence. Mes pas s’enfoncent légèrement contre la peau cristalline de la terre.
La neige sur le jardin me relie à cette campagne, arbres et vallons.

lundi 16 février
Je découvre le poème du jour de Gracia Bejjani, hommage à son frère disparu il y a cinq ans. Ce poème rejoint fortement mes pensées et me ramène à Isa.

mardi 17 février, nuit tombée aux Fougères
Ici tombe un grand silence quand la nuit arrive, très noire. Les bûches craquent et la chatte attend en regardant le feu.
Je retrouve un peu de cette concentration qui me fait défaut ces derniers temps, alors j’en profite pour lire la lettre de Philippe qui m’est parvenue hier. Il y parle de son besoin d’écrire comme d’un moyen d’exister. Il y aurait ce vide quelque part en nous — creusé lors d’une page d’enfance, drame, accident, perte, humiliation, ou alors part de notre nature — qui réclamerait sans cesse que nous produisions quelque chose pour nous aider à supporter : écrire, peindre, courir.
Écrire, oui. Parce que les mots sont doux à la peau blessée et parce que les mains qui écrivent et les lèvres qui portent les mots, ont la capacité de soigner.

jeudi 19 février
Deux périodes en ce mois de février : une moitié proche du printemps, l’autre moitié de neige et de tempête.
Ce journal porte bien son nom et la palette d’images reflète à la fois la couleur du dehors et du dedans. Hier une bougie a brûlé sur ma table pour accompagner Isa jusqu’à son village du Lot et Garonne. Annie est partie pour Manille, si loin en cette période incertaine. Mais quelle que soit la distance entre les corps, vivants ou morts, les liens continuent à exister et à vibrer.

vendredi 20 février
Avec la disparition, on en revient au corps et au temps qui passe sur le corps. Rien ne change côté esprit, mais le corps lui devient moins souple, moins prompt à la marche, moins réactif. Parfois il se brise , accumule les blessures, se répare plus difficilement. Rien ne change de nos imaginaires et de nos joies, mais l’évidence est là : le corps va moins vite, moins loin, moins fort… ô équilibres fragiles.
Ne conserver que les indices d’amour.

lueur ce matin
et douceur au fond du ciel

je lis la promesse

samedi 21 février
Un message de Manille, posté cette nuit, m’attendait. Une image l’accompagnait : luxuriance d’un jardin tropical avec hampes fleuries d’un jaune lumineux proche du jaune tibétain. C’est Annie qui veille et m’apporte de la joie depuis l’autre bord du monde.
Par chance j’ai pu surprendre un des pics épeiches qui vivent dans le parc. Très difficile à voir, encore plus à photographier. Je me suis fiée à sa musique de calebasse. Le voici. L’oiseau est petit, magnifique. On se demande comment ce bruit incroyable sort d’un si petit corps.

dimanche 22 février 2026, en voyage
Je traverse des campagnes mouillées, parfois inondées. Ma petite mère m’attend, assise en plein vent sur le petit muret près de l’église. Son sourire.

lundi 23 février, Sainte-Marie-sur-mer

un peu perdue
au milieu de la chambre
le temps qui passe sur elle

Je prends le temps de lire quelques amis à travers leurs lieux d’écriture tandis qu’elle regarde le journal. Philippe affirme dans ses notes d’atelier #8 du 22 février : « …et j’ai un livre à écrire ». Une attitude prometteuse.
Visites à quelques amis, dont Sylvie, ancienne élève de maman touchée par la maladie de Charcot au point où elle ne parle plus, ne bouge plus que les mains. On la trouve seule, entourée de magnifiques bouquets. Malgré l’impuissance le moment est joyeux, on communique à l’aide d’un cahier et d’un crayon. Et aussi à l’instinct.

mardi 24 février
Une belle clarté monte depuis la mer au matin. Le temps sera propice à la balade océanique.

mercredi 25 février
Le Temps s’enfuit, soleil déjà basculé de l’autre côté de la mer. Je la regarde dormir dans son fauteuil, mains posées sur le douillet de la robe de chambre. Demain je la laisserai continuer sa vie avec les autres femmes d’ici, celles avec qui nous jouions au Scrabble tout à l’heure et rions pour des bêtises. Comme un fond de gaieté revenu avec ce début de printemps. Certaines se sont déjà égarées dans d’autres univers.

encore une nuit
penser à elle, imaginer
l’autre partie du monde

jeudi 26 février, en revenant de l’Ouest
Pourquoi ce pays est-il devenu mien ? (je pense à ça surtout quand je le quitte) Pourquoi la couleur du sable m’est-elle entrée dans la peau et dans la mémoire à ce point ? Et aussi ces odeurs de marée basse et ces étranges stratifications qui surplombent les Petites Vallées. Tout ça raconte des histoires très anciennes et garde trace de chaque été, de chaque tempête.
Ma petite mère raconte elle aussi des histoires du passé, connaît mille chansons qui se perdront définitivement avec elle, écrites à la plume dans des cahiers d’école.

vendredi 27 février, Les Fougères
Je retrouve les rituels du matin, la présence des animaux. Le doux de la fourrure de Volga m’émeut toujours beaucoup et c’est quelque chose qui me manque quand je m’absente. Et puis la gaieté des poulettes à gagner le pré, le va-et-vient des mésanges, la musique des pics-épeiches. Jazz depuis le salon blanc de lumière et petits bruits de cuisine.
Dehors un léger vent s’est levé et donne mouvement aux branches. Le vert du décor a pris le pas sur le gris et le roux.

samedi 28 février
Le paysage change un peu chaque jour. Je m’applique à l’émerveillement.

dans la fenêtre
forêt jardins nuages

remue le printemps

Photographies ©Françoise Renaud, février 2026

25 commentaires

  1. Jacqueline Vincent

    Deux citations pour te consoler…
    « J’ai tendu des cordes de clocher à clocher; des guirlandes de fenêtre à fenêtre; des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse. » Arthur Rimbaud – Illuminations, 1886.
    « On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu. » Alexandre Baricco, Novecento : Pianiste, 1994.
    Deux extraits d’un magnifique premier roman de la Sélection 2026 du Salon d’Hermillon, Le jardin dans le ciel de Romain Potocki.
    Sur le pouvoir des livres et de l’Amitié. Jacqueline.

    • Alors dansons plutôt qu’attendre, dansons plutôt que mourir à petit feu, dansons jusqu’à en perdre haleine…
      Pouvoir des mots écrits et des mots prononcés par des humains…
      merci Jacqueline

  2. « C’est la vie qui s’insinue, même dans les pires situations. La vie qui se glisse par une brèche, un interstice. Parce qu’elle est ainsi faite, parce que c’est son essence de trouver, toujours, tout le temps, un moyen de se frayer un passage… »
    de Carène Ponte, Prendre la vie comme elle vient

    • Oui c’est vrai, la vie se fraie un passage comme la rivière fend le paysage, comme le printemps s’insinue dans le décor… « c’est son essence »…
      Oui, la vie est puissante et elle nous pousse par-delà le corps triste

  3. Le corps vieillit et s’use, mais j’ai appris ces derniers mois à regarder le mien différemment. J’ai appris à le remercier de me soutenir plutôt que de m’en plaindre. La vie est fragile, elle peut s’éteindre trop vite, et comme toi je ne fais que penser à Isa… chérissons sa mémoire, et la vie. Profitons de chaque instant qui nous est donné.

    • Je me doutais bien que nos mois de février, à toi Philippe et à moi, auraient des points de rencontre et des pensées fortement partagées. Pour ma part j’ai trouvé du réconfort dans ma recherche d’images (car dans ce journal, l’image est à mes yeux aussi importante que le texte…)
      Et comme tu as raison… Isa nous pousse encore davantage à chérir la vie et à caresser ce qui nous est offert…

  4. Bonsoir Françoise,

    Voilà, au lieu de chercher à publier, produire, montrer, vu que je n’en ai pas envie, visiter enfin avec un peu d’attention et de temps les autres mondes. Un plaisir à entrer dans ce journal, qui me redonne la profondeur à laquelle je n’accède guère ces jours. Et ces petits gestes du quotidien qui sont comme des ancres vitales, si délicatement et simplement décrits ici, aussi, ça me ramène un peu chez moi. Merci !
    L’image ciel – arbres – route me saisit, je l’aime beaucoup !

    Bon dimanche

    • oh quelle formidable surprise que de te retrouver par ici, cher Boris, et quelle belle idée de tenter de visiter « d’autres mondes »…
      Noter les petites choses dans l’instant présent, être de plus en plus sensible, c’est un chemin qui ressemble à ce chemin de crépuscule sous un ciel d’encre…

  5. Réapprendre à jouer avec les pensées, les mots, la lumière, l’appareil photo et y trouver le meilleur qui va satisfaire. Ce mois de février est magnifié selon les jours : neige, bourgeons, mousse, plage. Tout cela me comble et avec le texte je reçois un cadeau rare.
    Avec toi de tout coeur

    • Je te sais si fidèle depuis ta petite véranda pleine de fleurs, attentive aux mouvements du monde…
      Tant mieux que mes errances te causent d’un présent bien réel en ce domaine si beau que sont Les Fougères…

  6. Quel drôle de pantin, ce poseur de pic épeiche !
    Des photos très belles, des paroles qui, ce mois-ci se font peut-être plus proches. J’aime bien ce dialogue de leurs deux regards : l’un intérieur, loquace, l’autre, extérieur, dit sa magie en silence. Les deux s’entendent pour faire un journal plein de vie, un mois de vie. Un mensuel, donc, auquel s’abonner, à s’approprier à sa manière, pouvoir dire : j’ai reçu mon Françoise Renaud de février !

  7. Oui c’est cela, le pic épeiche est un poseur et il affirme sa présence tout en étant invisible….
    Merci pour votre regard sur ces choses volées à mon présent de tous les jours, ce qu’il y a de meilleur à partager, outre les textes longs qui sont à l’œuvre dans l’ombre…
    Parfois je l’appelle en effet « mon journal de vie » et il me touche fort que vous puissiez vous l’approprier avec cette douceur…

  8. Sicard falconetti

    Coucou ma chère Françoise, toujours autant de plaisir à te lire, des paroles tellement vraies et des photos magnifiques.
    N’oublie pas de me dire quand tu sors un nouveau livre, car pour moi c est toujours avec autant de plaisir que je te lie, et des textes, tes paroles me font beaucoup de bien.
    Je t’embrasse très fort
    martine

  9. Juliette Derimay

    Je garde surtout la fin et tout ce qui nous guide si fort vers elle dans ton mois de février : s’appliquer à l’émerveillement.
    Merci pour la balade par chez toi qui m’emmène me promener par chez moi

    • ah nos parcours parallèles qui résonnent souvent à distance, et d’une saison à l’autre… tant de détails à observer qu’il ne suffit pas d’une seule année pour faire le tour des transformations et perdre l’envie de voyager dans cette nature voisine

  10. L’écriture ne nous appartient pas. Cette phrase, qui m’avait gentiment chatouillé l’oreille, m’est revenue ce matin par un tout autre chemin.
    Toujours inquiet de ma place dans les livres, de mon absence — ou de ma présence ? — (comment dire… ? ) intellectuelle dans le monde, j’en venais à comprendre, à reconnaître, que j’avais eu, que j’avais encore, une place effective, non négligeable, mobile, et digne de ma vie telle qu’elle est et a été. Je ne reviendrai pas sur des souvenirs ou des détails (raconterai-je ma vie un jour ? l’idée ne m’avait jamais effleuré avant cet instant), ma modestie, à la fois refuge et audace, reste le guide…
    Et voici que la petite phrase bondit à nouveau devant moi. Si l’écriture ne nous appartient pas — et me reviennent des réflexions que je me suis faites souvent, depuis longtemps — c’est que la langue même est une élaboration commune permanente. La pensée aussi est commune, se transmet, se glisse des uns aux autres par de nombreux moyens, pas seulement les livres. La culture, la vie intellectuelle, comme la vie matérielle, le quotidien comme l’histoire, sont chose commune. Le moindre objet — la mine de crayon qui court là devant moi — est commun, ne nous appartient pas. Tout tire les autres à soi, le monde à soi, et soi au monde et mélange les fils des chemins, parfois même les fait disparaître — retire l’écriture de nos mains. C’est ainsi, je crois, que continuait la petite phrase.
    Lancée par quelqu’un d’autre elle avait ricoché sur moi puis s’était à nouveau envolée (dieu sait où) pour retomber pile sur mon pas, face à moi, et rouler encore sur sa tranche, comme la galette de l’histoire du père Castor.

    • Et la petite phrase n’en a pas finit de rouler encore devant nous et de sauter de fossé en fossé… l’écriture est davantage un état qu’un geste, nous ne faisons que l’emprunter, et pourtant elle devient nôtre avant de nous échapper à nouveau…
      Merci René, de vous être attardé dans cet intense développement — nécessaire.

  11. Magnifique, simplement. Et simplement touchant.

  12. Catherine K

    Bonheur de te lire, chère Françoise, de communier par tes mots au cycle des saisons, suivre les poulettes, la chatte et les mésanges, ressentir le souffle du vent, la caresse des flocons, la douceur des boutons de magnolias qui bientôt nous raviront de leurs corolles éphémères. Très sensible aux saisons m’imprègnent du fond de la ville et de mon petit jardin timbre-poste. Enfin pouvoir le soigner et le chérir grâce à cette liberté nouvelle qui s’ouvre et s’offre à moi…
    De qui est cette citation du 1er au 2e siècle avant JC sur le cycle des saisons ?

    • Le magnolia a poussé ses premières fleurs et c’est un privilège et un immense bonheur que de s’occuper d’un jardin, petit ou grand. Le mien est immense et possède de nombreuses zones sauvages et c’est bien pour la biodiversité. Il y a de la place pour toutes les créature
      Je te livre la totalité du texte qu’Annie m’avait envoyé. Elle l’avait attribué à la Sagesse Essénienne.
      «  »As-tu conscience qu’en toi vivent les plantes, les animaux, les étoiles, qu’en toi vit l’univers tout entier ?
      Que tu es entièrement lié au cycle des saisons, aux éléments et aux intelligences supérieures qui préexistent à toute vie ?
      A l’origine l’Homme n’est séparé de rien et vit dans cette conscience de l’Unité. Il vit relié à tous les êtres, dans une grande harmonie divine. Si tu prends conscience de cela, tu te relies à ta nature véritable. Tu commences à voir que ton frère, ta sœur, n’est pas séparé de toi. Tout comme la pierre, la plante, l’animal font partie de toi également.
      Regarde la nature vivante, elle est régie selon des cycles bien déterminés.
      Le cycle des saisons est un cycle d’élévation qui anime la graine jusqu’à la floraison et la fructification.
      Ce cycle naturel régit également ta propre vie intérieure. »

  13. Philippe Sahuc Saüc

    L’attention aux disparitions et l’attention aux vies petites en ces temps alternant printemps et hiver m’a fait revenir l’interrogation lancinante de Verlaine : « par ces bises aigres, quoi donc vous arrive ? »…

  14. Un 2ème mois de l’année bien morose pour toi, chère Françoise, « tournant en rond » entre vacuité, tristesse, chagrin, ne trouvant même que « campagne mouillée » sur ton trajet vers la Bretagne : rien pour remonter un moral mi-figue mi-raisin que seuls
    les animaux (tes poulettes, chatte très présentes dans ce journal de février) peuvent réconforter…et l’écriture, aussi. Directe (ton humeur du moment) ou indirecte (Karen Blixen, héroïne d’une belle série suédoise, en effet).
    En contraste avec cette mouette (rieuse ?) échouée sur le rivage que ton objectif a capté dans sa triste destinée finale, tu nous as livré l’improbable photo d’un pic épeiche qu’on découvre en zoomant coloré et douillet. Merci pour cette image !
    Et souviens-toi qu’en créole guadeloupéen, « mi-figue mi-raisin » s’exprime en un coloré et savoureux « mi-coco mi-z’abricot » : le moral s’en trouve tout de suite boosté, non ?

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