TERRAIN FRAGILE | journal de saison, mois de juin 2026

lundi 1er juin, Les Fougères
Philippe C. écrit dans son Bruit des Jours du 24 mai : « Écrire à la main, c’est reprendre la main. Mes notes, choses vues, haïkus, réflexions pour plus tard, sont une façon de signifier mon ancrage dans la vie. Non plus témoin passif, mais témoin essentiel : présent au monde. »
Ce journal de saison est un carnet d’images, de notes et de liens installés dans mon présent. Il me permet de respirer. Il reflète ma « présence au monde ».

mardi 2 juin
Transition entre canicule et fraîcheur. Je n ‘ai pas trouvé pas le chemin du sommeil, lune encore grosse même si elle se lève un peu plus tard. J’ai rêvé qu’on me prenait dans les bras mais je n’ai pas vu de visage ni senti d’odeur de peau.

mercredi 3 juin
Les fleurs sont si belles qu’elles m’aident à me détacher de la matérialité du monde des hommes. Ce jaune me reconduit vers la peinture de Pierre Bonnard, immortelles enlacées de lavande.

yeux d’hélicryse
autant de petits soleils
l’âme en fait son miel

jeudi 4 juin, en route vers l’Ouest
Je déteste le moment de quitter la maison. C’est comme un arrachement. Après cinquante kilomètres, un air de liberté m’envahit. Le vent bouscule mes cheveux, ma tête se vide. Après Niort, le ciel devient puissant, chargé de lourds nuages avec interstices de bleu quasi violacé. Plusieurs grains me contraignent à réduire ma vitesse. Je prends du retard. Elle m’attend là-bas.
Ma petite mère est toute retournée par mon arrivée. Je la trouve magnifique dans son petit ensemble taupe et blanc, cheveux coupés de frais.
À présent que j’écris, elle dort. J’ai laissé la fenêtre ouverte pour sentir l’odeur de l’océan à quelques pas d’ici.

vendredi 5 juin, Sainte Marie sur mer
Le temps s’est densifié. Pas une seconde pour penser. Plus que tout comptent les petits gestes qui rassurent, les mots répétés pour bien se comprendre. Ici, plus question de floraison ou d’éclosion. Je m’échappe à marée montante pour regarder les eaux couleur de Jade.

samedi 6 juin
Coup de vent cette nuit et grains incessants. Au matin, la surface de la mer est mouvante et l’espace du ciel en demeure tourmenté tout comme mon univers intérieur.
Avec mon amie de toujours, nous cueillons des coquillages pour en faire des guirlandes — nous le faisions quand nous étions enfants. La plage est déserte. L’air du grand large nous balaie le visage.

dimanche 7 juin, restaurant l’Ardillon
Journée passée dans un tourbillon avec maman qui entre dans sa 98ème année. On s’est réunies au restaurant du bourg pour un café gourmand. Dix femmes autour d’elle dont Émilienne (99 ans), Janine (98 ans), Clarisse (90 ans), Simone (89 ans), debout et cœur vaillant. Nous autres les filles, nous les admirons, conscientes de l’accompagnement que nous leur prodiguons tout en partageant nos difficultés.
J’organisais ce moment-surprise depuis plusieurs semaines. J’y tenais. Nous avons tout de même pris le temps d’une respiration, ma cousine Patricia et moi, pieds dans le sable à marée basse.

lundi 8 juin, retour à l’intérieur des terres
J’aurais aimé écrire aujourd’hui mais je suis en route. Longues lignes franchissant des collines désertes. Je me repasse le film de ce dernier séjour. La fatigue m’envahit.

mardi 9 juin, Les Fougères
Renouer avec ma campagne me comble. Je retrouve mes animaux. Alba répond tout de suite à mon appel et se laisse prendre dans les bras comme un chat. Elle a le poids d’un oiseau, ce qu’elle est.

elles fusent et filent
minuscules hirondelles
au ras de l’herbe

mercredi 10 juin
Je retrouve le journal des Enlivreurs de Juliette Derimay qui habite en pays de montagne. Nous observons les mêmes inflorescences qui illuminent nos châtaigniers tout comme le paysage, et c’est comme une douceur.

« C’est le moment des fleurs, des longs chatons jaune pâle,
de leur odeur lourde et fauve. Ils font partie des arbres parmi les plus prudents,

pour d’autres, déjà les fruits, pour eux à peine les fleurs.« 

jeudi 11 juin
J’ai cueilli des petites cerises, entre sauvages et greffées, délicieuses pour une confiture. En même temps que je dénoyaute, je guette l’arrivée de Catherine, une amie de Bruxelles qui passera quelques jours aux Fougères. Une rencontre entre amitié et écriture. Nos corps ne se sont jamais vus.

vendredi 12 juin
Échanges en confiance après une promenade dans la prairie aux mille essences, puis découverte du jardin médiéval de Bénévent l’Abbaye. Sensation d’un temps très dense. Que cherche-ton dans ce partage sinon à formuler, dans une sorte d’exigence silencieuse, l’histoire de nos passés et la force de nos partages ?
Si l’acte de lire se dissout tout en laissant trace sous la peau, l’acte d’écrire appartient au présent tout comme l’acte de dire — exprimer, formuler (mettre en forme), se confier.
Je relève ces deux phrases de Raymonde I., une amie du Tiers Livre.


Je ne cherche pas des sujets, ils sont déjà là. Je cherche
seulement la forme qui leur permettra d’exister sans se perdre.

samedi 13 juin, château de Nohant (Indre)
Blonds les épis de blé. Nous roulons dans la campagne brûlante du Berry jusqu’à la vallée noire où se trouve la maison d’Aurore Dupin, baronne Dudevant, pseudo George Sand. Ce domaine, elle l’a hérité de sa grand-mère paternelle, Mme Dupin de Francueuil, et elle le dirigera de main de maîtresse. Ses multiples ouvrages en seront inspirés.
Imposant manoir du XVIIIe aux volets gris bleutés. Arbres puissants. Cimetière familial aux parfums d’écorce, animé de chants d’oiseaux. George arrive à Nohant en 1808 — elle a 4 ans. Elle y mourra en 1876. Elle y a reçu tant de monde.

au manoir de George
graminées coquelicots

sous l’if le tombeau

dimanche 14 juin
Cathy reprend la route vers Bruxelles à midi. État de fatigue avancé. Je reste au creux de l’ombre avec les images de Nohant dans la tête, surtout celles des jardins et du petit bois délivrant calme et oiseaux.

lundi 15 juin
La vie reprend son cours aux Fougères. Je travaille à un article sur Nohant et sa baronne, un peu « notre grande sœur » comme vient de me l’écrire Philippe S.

mardi 16 juin
L’article intitulé Voyage à Nohant en Vallée Noire est publié.
Contente d’avoir eu la force de faire quelques images. Et bien obligée de constater la puissance du souvenir qui s’annonce dans l’après-voyage — autant la puissance des lieux que celle de l’histoire qui s’y raconte, du territoire, des jardins de l’enceinte. Une visite qui occupe durablement mon cerveau. J’essaie de l’imaginer elle, George, en pantalons dans la cour de la ferme avec sa bonté naturelle, ses combats intérieurs, toute la force de la saison à son entour, les fleurs et le flot des grands arbres.

mercredi 17 juin, Arnac la Poste (87)
La chaleur ne cesse d’augmenter. Je décide malgré tout d’assister au spectacle de rue Furtives et de rencontrer l’amie Françoise G., directrice de la compagnie La Baleine Cargo. Un merveilleux moment tout en mouvement et en énergie, trio de femmes à la fois comédiennes chanteuses danseuses, furieusement belles et rebelles. Je me suis un peu retrouvée à leur âge… Avec Françoise, nous avons pu nous serrer fort.

jeudi 18 juin, Les Fougères
Si je n’écrivais pas, je me sentirais moins offerte à tous les vents, en même temps je me sentirais moins vivante. Ce choix de la fragilité plutôt que l’immobilité.

vendredi 19 juin
La chaleur grimpe encore. Alors veiller sur les animaux, en particulier les poulettes qui peuvent en souffrir. Veiller aussi sur les hirondelles qui en sont à l’élevage de leur couvée. Elles ne devraient pas manquer d’eau avec le bassin juste à côté. Les herbes sont grillées, les coquelicots desséchés. Je les arrache en touffes pour bientôt récolter leurs capsules pleines de graines.
Cette deuxième canicule va faire du mal au potager et aux arbres.
Je cherche consolation à lire le journal de mi-juin de Juliette, retenant « les toutes timides pluies » (longtemps qu’il n’y en a pas eu par ici), « le grand sérieux des arbres », « le soleil si blanc », « le craquèlement de la boue qui n’oublie jamais rien ».

samedi 20 juin
Demeurer dans l’ombre. Reprendre des forces pour demain.

tel rêve du jour
image de la clepsydre
le temps étouffé


dimanche 21 juin, solstice d’été
Au matin, la route est déserte vers Saint-Sulpice les Feuilles. Soleil haut brûlant. De quoi s’inquiéter. Les lecteurs viennent pourtant. Presque un miracle, intérêt et bienveillance. Ces rencontres imprévues me consolent. Ayant l’occasion d’évoquer mon parcours depuis L’Enfant de ma mère, je ressens combien la famille demeure un sujet aussi brûlant que le soleil.

lundi 22 juin, Les Fougères
33° à 10 h. Ne pas se lamenter. Pas d’orage en vue.
L’état du monde est une violence.
M’en retourner aux images du pays de mer. Elles sont comme un refuge.

mardi 23 juin, + de 40° à l’ombre
Personne ne m’a appris ce geste d’écrire. Il est venu de la nécessité, à la fois acte de creusement et désir d’écarquillement. Maintenant j’en ai davantage derrière moi que devant.

l’oisillon mort
telle offrande à mes pieds
un jour la fin

mercredi 24 juin
Envie de faire quelques images malgré le chaud et le grillé. Tout est brouté, amoindri, éreinté. Pourtant je me laisse surprendre par toutes ces choses infiniment belles à regarder en dépit de tout. Et encore des fruits à venir.

jeudi 25 juin, canicule toujours

Nous cinglons sur des routes amères.
Nous avons perdu la direction du ciel
.

Des mots de Serge Bonnery qui citait Jean-Claude Pirotte en prologue : « Jamais il ne faudrait oublier de raconter le ciel. »
En ce pays, je regarde plutôt la ligne des herbes et la frontière des arbres. Il y a dans ce mouvement des prairies une blondeur et une douceur insaisissables.

vendredi 26 juin 2026, Les Fougères
« Plus je vieillis, plus j’ai d’avenir. » (Carl Gustav Young autour de ses 100 ans).

histoire des hommes
forêts prairies vallées noires

tout y est inscrit

samedi 27 juin 2026
On espère une baisse des températures. On espère revivre, hommes et bêtes. Pourvu que les orages ne détruisent pas ce qui a survécu à deux semaines de brûlure. Annie s’inquiète aussi d’éventuels dégâts.

dimanche 28 juin 2026
Enfin la délivrance. Incroyable fraîcheur après les orages nocturnes. Le corps en est très étonné.
Noter la place que m’accorde Philippe C. aujourd’hui dans son Signal/Bruit # 102. Deux photos et trois questions auxquelles je tente de répondre autour de l’atelier, du travail d’écriture et de l’importance des œuvres d’art. Merci à lui, si délicat.

lundi 29 juin 2026
« Ce que font les écrivains, c’est mettre l’alphabet dans un ordre différent. C’est tout ce que c’est. Ils utilisent des mots qui existent déjà. Et dans l’art, vous faites la même chose.  »
Un propos de Wim T. Schippers, photographe néerlandais (1942-2026) qui m’étonne un peu, excluant l’écriture de l’art. Sans doute veut-il parler de l’art plastique.
Tout est déjà là sous nos yeux, et c’est largement suffisant pour créer.

Au potager, même histoire. Ne pas baisser les bras. Résister. Continuer à accompagner les plants de chou, tomate, aubergine, concombre, impactés par la trop longue chaleur, chasser les punaises vertes, apporter de la paille. Rien à sauver de mes salades, je vais devoir en replanter.

mardi 30 juin
Une immense satisfaction d’assister aux vols fascinants de mon couple d’hirondelles qui enseigne l’art de l’arabesque à leur petit. Il n’en reste qu’un cette année. Auront-elles le temps d’une seconde couvée ?


la chatte endormie
arbres proches et pépiements

— écrire encore ?


Photographies ©Françoise Renaud, Les Fougères, juin 2026

28 commentaires

  1. Merci pour ce petit séjour à Sainte Marie !
    Souffrir avec la Nature, ce fut une épreuve.

    • merci pour ton passage, Fabienne
      les eaux océaniques nous donnent de l’air mais la Nature n’a pas fini de souffrir et toutes ses créatures avec…
      tenons bon et mettons en place des modes de résistance autant qu’il est possible…

  2. Jacqueline Vincent

    Un voyage au gré de tes itinéraires qui nous fait battre le cœur au rythme de tes émois, sensations, peines et joies.
    Je me régale de toutes les références et de ces poèmes qui ponctuent tes textes.
    Et ce soir avec une pluie bienfaisante sur le jardin, je sens cette vitalité retrouvée qui me donne avec toi « Force, courage et volupté » devant une nature revivifiée.

    • tenir ce voyage au jour le jour devient forme d’écrire avec toujours le désir d’inventer, d’apporter quelque chose de neuf, d’ouvrir vers d’autres champs
      de plus en plus je me rends compte qu’il participe à la quête et à l’œuvre
      merci à toi, ma fidèle…
      et comme on aimerait une pluie pour adoucir la violence…

  3. Te retrouver ici dans ton quotidien est un plaisir d’autant plus grand qu’il m’est devenu tangible l’espace de quelques jours suspendus dans le temps, j’ai vu les coquelicots encore bien vaillants, l’hélichryse mêlée de lavande, la prairie aux herbes folles, les genêts, les châtaigniers et les fougères, j’ai même pu caresser Lisa (c’est bien elle la rouquine ?). Et l’écriture comme ancrage dans la vie, c’est tellement vrai sinon elle nous échappe.
    Merci à Philippe et à toi de souligner cela.
    Et cette beauté en tout…

    • j’essaie d’avoir un peu de recul pour créer un ensemble, pas seulement retenir et écrire quelque chose chaque jour… envie que ça tienne debout, qu’il s’en dégage une impression véritable du mois et de la saison en train de se dérouler
      les images y contribuent, je vais à leur recherche
      à la recherche de la beauté…
      mais la canicule rabat la couleur, amoindrit le relief et le velouté… alors il faut chercher…

      très contente que tu puisses partager d’une autre façon depuis ces jours partagés
      merci Catherine pour ta visite par ici, et… reste encore un peu si tu veux…

  4. Philippe Sahuc Saüc

    La clepsydre était magique ou alors c’est le pouvoir de la poésie d’effacer les barrières du temps et de l’espace… La danse des échos de tes mots me fait voir l’hélichryse pousser au milieu des flots, les fougères abolir les jours de canicule et notre grande soeur échanger quelques mots avec de belles dames autour d’un café gourmand… Pour tout cela, ô combien merci !

    • l’écriture retient le réel et le transcende, lui donne une impuissance invisible dans le temps immédiat…
      elle est comme un tremplin qui augmente la densité des matières racontées et la puissance des couleurs et odeurs, comme un rebond nécessaire
      et c’est beau comme les images te viennent, proposant une sorte de « résumé » à ces trente jours d’une sensation violente…
      merci Philippe

  5. Juliette Derimay

    Rebondir sur ton journal comme sur un trampoline, toile de texte faite de tant de liens ! A la maison pas d’hirondelles mais une couple de rouge-queue noirs. Tout figer quand ils passent pour ne pas déranger, soutenir du regard l’envol du petit. Le chaud a eu raison de tant de vies !

    • Tout à fait, des dégâts dans les nichées et en bien des endroits insoupçonnés… et tout cela a tendance à beaucoup m’inquiéter. J’essaie de faire ce qu’il faut pour minimiser mon impact tout en veillant sur le vivant du mieux que je peux
      salut chère Juliette et merci pour ces partages qui nous rapprochent et nous soutiennent

  6. eliane berthelot

    Merci pour ces belles photos, ces voyages, je t’ai suivie, ai eu envie de respirer l’air plus frais de la côte…
    la rencontre avec ta maman et ses amies m’a beaucoup émue… et toujours ce sentiment du temps qui passe…
    et puis j’ai ressenti à nouveau la terrible chaleur, mais la nature est toujours là aussi belle après ses blessures.

    • je choisis mes images avec soin, j’aime les prendre, fixer ces moments uniques
      contente qu’elles t’aient plu
      oui, on a envie d’air frais, de nature, on voudrait tout faire pour la sauver
      préservons ce que nous observons autant que possible et à se retrouver, chère amie Éliane, au gré de la voix et des mots…

  7. Merci Françoise. C’est toujours une grande joie de te retrouver dans ton journal chaque mois, si attentive à la nature, à la vie.

  8. temstet carole

    Entre coquillages et coquelicots, un mois de juin bien rempli de douceur, de vagues et de nature.
    Comment fais-tu pour nous faire partager ce regard tendre qui sait si bien retenir l’image de la tête de l’abeille noire enfouie et goulue dans le cœur de la fleur… juste avant qu’elle t’échappe?
    merci à toi

    • Je n’ai finalement pas conservé d’images de coquelicots pour ce mois de juin alors qu’ils régnaient en maître dans les premiers jours… il faut choisir et parfois j’ai du mal
      désormais ils ne sont plus que touffes desséchées mais ma récolte de graines est assurée !
      Tu seras toujours bienvenue, chère Carole, dans cet espace entre océan et campagne, mes deux pôles de séjour…

  9. J’ai vécu aussi ce voyage de juin, à votre invitation. Profondément enrichissant. Merci couleurs à la surface et au fond des mots.

    • envie parfois de passer aux images noir et blanc, mais la couleur… finalement s’impose
      les mots sont ceux qui s’annoncent en lien avec ce lieu
      merci René de votre passage, toujours attendu…

  10. Attendu, espéré, rêvé, l’éphéméride de juin est là, sans récrimination pour son soleil trop chaud mais…quand même, faudrait voir à ne pas exagérer. De cette chaleur est née la fraicheur des Fougères, la fraicheur de l’auteur et des pensées du mois. Bien, c’est bien!

  11. oui, écrire encore, c’est aussi une façon d’être chaleureux…
    début juin : nature luxuriante, colorée, généreuse, jouissive
    puis pause marquante au coeur aux souvenirs, la famille demeure un sujet brûlant
    ensuite chaleur excessive violente pour un climat non habitué…
    je demande au Créateur qu’il vérifie que l’axe du pôle ne soit pas déboussolé…

    • oui chère amie Odile, interviens s’il-te-plaît auprès du créateur pour que notre planète ne bascule pas dans le vide… fais ce que tu pourras !
      et la vie se poursuit en dépit de tout..

  12. Hello Françoise, je suis passé ici la semaine dernière, je n’avais pas réussi à laisser un mot malgré mes plaisirs, juste fait une citation sur FB, et je trouvais dommage, connaissant la différence entre aucun signe et un tout petit signe de passage. Parfois, ça résonne et il n’y a rien à dire. Je trouve la photo du mur aux pavots magnifique, et tes micros-poèmes aussi, en triste sympathie avec les observations sur l’état du monde, et des phrases comme celle-ci: « Personne ne m’a appris ce geste d’écrire. Il est venu de la nécessité, à la fois acte de creusement et désir d’écarquillement. Maintenant j’en ai davantage derrière moi que devant. » qui font mouche…
    Bon weekend ! J’espère que cette troisième vague prend gentiment l’horizon pour toi aussi…

    • une grande joie d’avoir attiré ton regard et ton cœur par ici
      (oui, important la trace des passages… tellement merci pour tes retours…)
      ah ce moment à Nohant devant ce champ de pavots, je traînais dans mon corps une intense fatigue et c’était si beau, les deux se sont mêlés
      la troisième vague caniculaire a été sévère et vient de se terminer avec de très violents orages avec dégâts fort heureusement mineurs… reprendre à présent le cours normal des choses et de l’écriture
      salut Boris…

  13. Annick Brabant

    Françoise,
    Cette idée de présence au monde.
    Les fleurs comme détachement de la matérialité du monde.
    Cueillir des coquillages, faire des guirlandes, cette importance de l’enfance même à l’heure d’être adulte.
    Le choix de la fragilité plutôt que l’immobilité.
    Encore un très beau et puissant journal.
    Force pour le potager.
    Et une pensée pour ces merveilleuses femmes, ta maman, les autres aussi.
    Je t’embrasse.

    • tellement bien de recevoir de tels messages quelques temps après la parution de ce journal, Annick, si tu savais !
      ça me donne l’impression que le travail quotidien n’est pas vain, qu’il peut porter plus loin et continuer à diffuser ses parfums…
      les fleurs sont à la fois l’éphémère et la promesse d’éternité
      merci pour tes échos si sensibles… et à te retrouver bientôt

  14. Venir chez toi se ressourcer. Chez toi aux Fougères ou sur tes terres d’écriture qu’est ton journal en mots, haikus et photos. Tu fais tout tenir partout, malgré les aléas de la vie et du climat. Tu fais tenir les végétaux, les animaux, les images et au milieu tu te tiens en écriture. C’est un exemple en plus d’être un doux lieu où venir lire et se poser. Merci, Françoise.

    • chère Anne,
      tes retours font un bien immense…
      et savoir que ce lieu soit repère et repaire pour toi, me donne un sursaut d’énergie en cette période où les mauvaises nouvelles se cumulent, qu’elles soient privées ou collectives
      faire le dos rond, poursuivre chaque jour, ouvrir la page, sortir avec l’appareil-photo, ouvrir les yeux, observer, accueillir, admirer.. tant à faire pour devenir un vrai « vivant »
      merci Anne de ta présence

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