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	<title>Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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		<title>#VOYAGES FRAGMENTS #09 &#124; il doit y avoir beaucoup de neige par ici en hiver</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 13:15:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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<div style="height:42px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">C’ÉTAIT HIER TANTÔT dans une campagne éloignée de la baie des fumées, à l’écart de la grande ville de l’île. J’avais donné rendez-vous à Björn dans une station-service. Je ne voulais pas voyager seule et Björn est un type sympathique, toujours prévoyant. Il avait dit qu’il achèterait des hot-dogs. Au dernier moment il s’est désisté et j’ai décidé malgré tout de me rendre au rendez-vous. La route filait à travers des terres rocailleuse et austères, des terres à élever des moutons. Il faisait 8°. Ciel dégagé. Enfin des terrains plus herbeux. Un drôle de chemin cahoteux s’est annoncé sur la droite, celui qui devait conduire à la ferme. J’avais l’impression de m’élever au-dessus du paysage aride peuplé d’affleurements rocheux sculptés de visages appartenant à des démons grimaçants. C’était comme un autre pays. Bientôt nichée au pied d’une colline, une habitation. Ce devait être là. J’avais pensé au mot <em>ber</em> qui veut dire nu. On aurait vraiment dit qu’il n’y avait personne, j’ai donc claqué une nouvelle fois la portière avant de cogner à la porte. Enfin quelqu’un sembla se manifester. Le bruit d’un battant qu’on ouvre difficilement et elle est apparue sur le seuil. Il était 11 h 42. Elle était mince, belle. Elle avait de longs cheveux aussi blancs que le pelage d’une licorne. <em>Désolée, je suis un peu en avance.</em> Elle semblait s’en moquer. <em>Aucune importance, je vous attendais… et on dirait que l’ami Bjorn vous a fait faux bond</em> <em>!</em> Après avoir déposé mes chaussures dans l’entrée, je me suis avancée à l’intérieur de cette maison inconnue. <em>Il doit y avoir beaucoup de neige par ici en hiver.</em> J’imaginais qu’elle vivait seule et que ça ne devait pas être simple de tout déblayer à la pelle, d’autant qu’elle semblait d’un physique fragile.</p>



<div style="height:42px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">AU COURS DES JOURS PRÉCÉDENTS, Björn m’avait accompagnée au musée des Sagas où se racontaient des parts d’histoire de l’île, mais ces personnages de légende ne m’avaient guère emballée. Comme je travaillais sur les migrations en zone boréale, je cherchais autre chose que des mises en scène populaires. Je cherchais du vrai, de l’émotion sincère. C’est alors que Bjorn avait pensé à cette femme originaire de Copenhague qui étudiait les langues nordiques, une de ses collègues de l’université. Il avait énuméré ses nombreux domaines de compétence, souligné son tempérament passionné, ajouté que désormais à la retraite elle écrivait des livres. Je me décidai à la contacter. Magdalena T. ne tarda pas à se manifester. Elle se trouvait à la campagne et serait ravie de nous recevoir si la distance ne nous effrayait pas. Après la traversée d’un monde aride et sauvage, la maison me parut douce et confortable, l’intérieur contrastant avec l’extérieur rustique, pour ne pas dire délabré, et il y régnait une odeur d’infusions florales et de nourritures sucrées cuites au four. <em>Vous ne vous sentez pas trop isolée de vivre là où rien ne pousse ?</em> Mes questions avaient quelque chose d’hésitant mais elle me souriait et répondait tout en m’invitant à m’installer près du feu. Je reconnaissais sur les murs des représentations du panthéon nordique, Frigg et Freya, ou encore Sirr à la chevelure dorée. <em>Vous savez, le village n’est pas loin, on y trouve absolument de tout. Et puis c’est idéal pour travailler.</em> J’étais frappée par son calme et par son aisance, aussi par la beauté de ses mains qu’elle croisait sur ses genoux puis déployait lorsqu’elle parlait. Elle semblait avoir compris que nous étions tous, nous humains, sur un fil entre le début et la fin et qu’il suffisait d’un rien pour chuter et ne jamais se relever. <em>Cette maison m’a coûté en rénovation mais tout le monde m’a aidée, même mon voisin, un éleveur de moutons bourru et pourtant si gentil !</em> Elle souriait toujours. Je me demandais comment j’allais aborder ce qui m’avait conduite vers elle.</p>



<div style="height:42px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">AU BOUT D’UNE HEURE, nous avions largement exploré les bienfaits de la vie au grand air, vanté l’importance des liens de voisinage et passé en revue les espèces d’arbres aptes à prospérer en ces terres insulaires. Nous avions ri, bu du thé parfumé, mangé des gâteaux délicieux. La maison avait changé de dimension. Elle paraissait désormais immense, cloisons de bois palpitant autour de nous comme des ailes de papillon. Nous abordâmes la question de l’appauvrissement des langues minoritaires — sa spécialité —, cette cohorte de mots qui disparaissent quand on ne fait rien pour les sauver. Suite à quoi nous nous orientâmes vers la question des mouvements de tribus. Je ne sais plus comment les choses se sont passées ni pourquoi, sûrement une volonté de partager ce qui comptait pour elle, Magdalena T. me révéla sa toute récente découverte. En désencombrant les greniers de sa ferme, elle avait mis la main sur une paire de vieux cahiers à demi déchirés, sorte de codex où il était question d’un peuple hyperboréen, un peuple qui aurait migré depuis les taïgas sans que le reste du monde n’en eût été averti. Récit original ou réalité ignorée ? En tout cas c’était une formidable histoire d’où transpirait, d’après elle, une espèce de nostalgie conjuguée à une multitude d’images agrippées aux parois des mémoires humaines. <em>Et ces cahiers j’ai bien l’intention de vous les confier. Ils seront plus utiles entre vos mains</em>. L’air vibrait comme en été sous les arbres. Elle refit chauffer de l’eau et nous bûmes une dernière tasse de thé. Quand je repris la route vers la ville, j’avais oublié Björn. La lumière baissait sur les landes et la température avait commencé à chuter. C’était un moment fascinant. Un paquet était déposé sur la banquette arrière de la voiture et il s’en dégageait une bonne odeur de sablés au four.</p>



<div style="height:84px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1710" height="2560" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/alexander-sinn-8ATgONUqieM-unsplash-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8349" style="aspect-ratio:0.667967293277711;width:616px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/alexander-sinn-8ATgONUqieM-unsplash-scaled.jpg 1710w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/alexander-sinn-8ATgONUqieM-unsplash-200x300.jpg 200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/alexander-sinn-8ATgONUqieM-unsplash-550x824.jpg 550w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/alexander-sinn-8ATgONUqieM-unsplash-2000x2994.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1710px) 100vw, 1710px" data-mwl-img-id="8349" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographie : Alexander Sinn (sur Unsplash, libre de droits)</em></p>
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		<title>#VOYAGES FRAGMENTS #08 &#124; serre-moi fort, Kaito</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 15:39:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage fragments 2026]]></category>
		<category><![CDATA[catastrophe]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">—&nbsp;qu’elle n’était personne en particulier quand le temps s’est arrêté, qu’elle avait des cheveux longs et lisses comme toutes les filles de la côte nord-est, son visage était inconnu, c’était il y a 16 ans, les minutes qui avaient suivi la catastrophe étaient devenues irréelles, mais quelle idée avait eu les parents de quitter la montagne des aïeux pour aller s’installer au bord de la mer, le père avait obtenu un petit emploi sur le port à décharger des bateaux et la mère nettoyait le poisson à la conserverie, c’était sans doute mieux pour eux, ça améliorerait leur condition, ils avaient surtout pensé à leurs enfants,<br />et qu’elle était tellement jolie la fille aînée, ils l’avaient appelée Asuka, ils ignoraient que ça deviendrait un jour le royaume de l’enfer</p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">—&nbsp; et surtout à chaque pas c’était contre la mort, je peux le raconter parce que j’y étais moi aussi et ne comprenais rien à ce qui était en train d’arriver, quand la terre avait été secouée à 14h46, «&nbsp;une secousse lente et horizontale&nbsp;», j’avais regardé Asuka, elle criait, m’avait attrapé par la main, nous nous étions mis à courir au plus loin possible de la mer, l’univers sentait le souffre et le fracas, d’autres agissaient comme nous, dans l’affolement hurlaient trébuchaient haletaient, le rugissement terrible, le souffle qui fracassait les bâtiments, c’était bien pire qu’un ouragan, le tsunami puis l’explosion, Asuka me comprimait la main pour ne pas me lâcher, «&nbsp;Serre-moi fort Kaito&nbsp;»,<br />et surtout je ne sentais plus rien, ne parvenais plus à respirer, je suis Kaito, frère d’Asuka, Kaito ça veut dire <em>océan</em>, je serre encore la main d’Asuka dans mon cauchemar et je crie</p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">—&nbsp;de même que les autres membres de notre communauté, nous aimions nous promener dans les jardins en fleurs et les collines boisées, Asuka et moi nous adorions manger des <em>umeboshi</em> dans des boulettes de riz, de même que les autres rescapés, nous étions devenus sourds après la vague, pétrifiés, sidérés, hors d’haleine, nous étions incapables de parler, c’était la fin du monde, le hurlement des alarmes, dans ma tête ça résonnait «&nbsp;Serre fort Kaito, serre fort&nbsp;», nous pouvions voir la mer depuis le haut des collines, elle était d’une couleur métallique jonchée de détritus, et le ciel était noir</p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">—&nbsp;qu’alors n’avaient pas encore rappliqué les journalistes, rien que des gens en combinaisons blanches, des spécialistes envoyés de la capitale pour explorer les dégâts sur la centrale, constater l’arrêt des systèmes de refroidissement,<br />qu’alors il n’y avait plus rien à manger, rien pour se protéger des irradiations, multitude de morts au milieu des décombres, amas de matériaux invraisemblables, Sakura était courageuse, elle serrait son frère dans ses bras, l’enveloppait dans cette couverture beige qu’elle avait récupérée quand ils s’étaient sauvés</p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">—&nbsp;et puis et puis les chiffres qui parlent d’eux-mêmes (et d’ailleurs comment recenser tous les corps noyés repoussés vers l’océan&nbsp;?), séisme magnitude 9, le mur d’eau avait atteint 30 mètres de haut, la pollution nucléaire, la contamination, la destruction, la ville anéantie, toute la côte de Minamisoma impactée,<br />et puis 19000 morts et disparus, 1 million de maisons détruites, on découvrira la silhouette médusée d’Asuka dans les journaux, une photographie datant du 13 mars qui fera le tour du monde, deux jours après la catastrophe, elle enveloppée dans la couverture beige au milieu des décombres avec le regard vide, la bouche un peu ouverte, Asuka ça veut dire <em>voler</em> et <em>oiseau</em>, mais ça veut dire aussi <em>demain</em></p>



<div style="height:68px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="788" height="1051" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/FUKUSHIMA_800.jpg" alt="" class="wp-image-8310" style="aspect-ratio:0.749768593471324;width:706px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/FUKUSHIMA_800.jpg 788w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/FUKUSHIMA_800-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/10/FUKUSHIMA_800-618x824.jpg 618w" sizes="(max-width: 788px) 100vw, 788px" data-mwl-img-id="8310" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Texte écrit dans le cadre du cycle « Arts de la fiction », Tiers Livre, octobre 2026</em><br /><em>Photographie : environs de Fukushima, Wikipedia Commons, 2018</em></p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
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		<title>TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, septembre 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 12:41:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[journal de saison 2025-2026]]></category>
		<category><![CDATA[hirondelles]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement de marée]]></category>
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					<description><![CDATA[mardi 1er septembre 2026, Les FougèresLes hirondelles se sont regroupées nombreuses autour de la maison. Volent, pépient, sont comme folles, enivrées par l&#8217;idée de voyage. L&#8217;une d&#8217;elles s&#8217;enfile par une porte de la façade et se piège derrière le volet. La délivrer. Goûter un bref instant le velouté de ses ailes. Elle n&#8217;a presque pas &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/terrain-fragile-journal-de-saison-septembre-2026/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, septembre 2026 »</span></a></p>]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi 1er septembre 2026, Les Fougères</em></strong><br />Les hirondelles se sont regroupées nombreuses autour de la maison. Volent, pépient, sont comme folles, enivrées par l&rsquo;idée de voyage. L&rsquo;une d&rsquo;elles s&rsquo;enfile par une porte de la façade et se piège derrière le volet. La délivrer. Goûter un bref instant le velouté de ses ailes. Elle n&rsquo;a presque pas de poids.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mercredi 2 septembre</em></strong><br />À peine 13° ce matin. La tonalité du ciel a changé. <br />Temps de ramasser les graines de tournesol et de xinia. Les capsules de coquelicot sont déjà réservées.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>jeudi 3 septembre, Les Fougères</em></strong><br />Les activités au jardin ont ça de bon pour moi, elles engagent le corps et l&rsquo;énergie du corps, font régresser la mélancolie, me font oublier la mort. Je malaxe la terre, je n&rsquo;ai plus de pensées. Je perçois son pouvoir de recevoir des graines et de faire pousser des arbres fleurs et légumes. <br />Nous dépendons d&rsquo;elle, elle est notre mère. Elle a la capacité de nous sauver.</p>



<div style="height:34px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220846.jpg" alt="" class="wp-image-8071" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220846.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220846-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220846-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220846-2000x1125.jpg 2000w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8071" /></figure>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>vendredi 4 septembre, prieuré St Martin de Cézas (Gard)</em></strong><br />Tout semble immobile dans la chaleur. Pas un bruit sinon le craquement sec des écorces et le cri de la pierre blanche.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><br />monter jusqu&rsquo;au prieuré perdu dans les arbres, <br />pousser la porte, <br />surprendre Nicole, <br />découvrir <a href="https://www.francoiserenaud.com/2026/09/05/prieure-de-cezas-4-septembre-2026/" target="_blank" rel="noopener"><strong>ses œuvres exposées sous la voûte</strong></a> du vieux prieuré</p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_181741-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8078" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_181741-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_181741-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_181741-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_181741-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8078" /></figure>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>monter lentement<br />vers l&rsquo;ancien lieu de prière</em><br /><em>s&rsquo;arrimer au ciel</em></p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1791" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_175203_2-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8079" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_175203_2-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_175203_2-300x210.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_175203_2-824x576.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260904_175203_2-2000x1399.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8079" /></figure>



<div style="height:43px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 5 septembre</em></strong><em><strong>, Villevieille (30)</strong></em><br />Je retrouve H. et l&rsquo;intensité singulière qui étreint les heures passées ensemble &#8212; mots, souvenirs, interrogations, confidences, histoires sans fin. Dehors la chaleur qui cloue au sol la poussière. Nous parvenons à l&rsquo;oublier.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 6 septembre</em></strong><br />« Toute œuvre littéraire, comme toute œuvre d&rsquo;art, consiste à révéler une réalité inconnue. » (Nathalie Sarraute)<br />Avec Gracia Bhejani, on se penche sur le lien entre le temps et le mot, la vibration qui traverse la peau, la sensation même de vivre qui insuffle en nous des mots encore jamais posés.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>écrire me retient<br />au bord du gouffre sourd</em><br /><em>c&rsquo;est comme un appel</em></p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220785.jpg" alt="" class="wp-image-7972" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220785.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220785-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220785-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220785-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7972" /></figure>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>lundi 7 septembre, de Lunel à Juvignac</em></strong><em><strong> (34)</strong></em><br />Quitter H., retrouver une amie en convalescence, traverser la plaine étouffante où s&rsquo;étale la ville, ouvrir sa maison abandonnée depuis deux mois, retrouver la chatte apeurée nourrie par les voisins, lui expliquer que sa maîtresse rentrera jeudi.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi 8 septembre, Montpellier</em></strong><br />Itinérance à travers les garrigues et montée sur le causse de la Selle. Le bleu turquoise de la rivière serpente tout en bas. <br />Le soir, la ville devient étouffante, oppressante. L&rsquo;orage menace, je retrouve des visages connus. La tourte végétarienne du Dôme est toujours aussi bonne. On me raccompagne jusqu&rsquo;à la maison où je dors. Des bulles d&rsquo;air s&rsquo;élèvent de la terre frappée des premières gouttes, piégeant les odeurs &#8212; ô enivrant pétrichor (du grec <em>petros</em> pierre et <em>ichor</em> sang des dieux). Ma fatigue est grande ce soir.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mercredi 9 septembre, de Languedoc en Limousin</em></strong><br />Voyage entre deux mondes.</p>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260909_133831-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8092" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260909_133831-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260909_133831-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260909_133831-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260909_133831-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8092" /></figure>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><em><strong>jeudi 10 septembre, Les Fougères</strong></em><br />Une brume de fatigue s&rsquo;est installée en moi. À peine j&rsquo;ouvre les yeux, je sais pourtant où je me trouve. S&rsquo;installe un sentiment de paix indicible. <br />J&rsquo;appelle ma petite mère, rassurée de me savoir rentrée. Ces petites choses qu&rsquo;elle me raconte comme des histoires, celles qu&rsquo;elle oublie aussi, regrettant de ne pas les avoir notées pour me les dire, mais ce sera pour demain. Entendre sa voix m&rsquo;est précieux. J&rsquo;évite de penser au jour où elle partira.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>vendredi 11 septembre</em></strong><br />La date fait frémir, personne ne peut oublier. Je me souviens de Jean-Marc, ami de Shanghai, qui m&rsquo;avait appelée pour m&rsquo;alerter. Les images diffusées sur les écrans étaient irréelles, effrayantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 12 septembre, Saint-Sulpice-le-Guérétois </em></strong><br />Une journée en compagnie des autres &#8212; auteurs et lecteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 13 septembre, Les Fougères</em></strong><br />Catherine me fait découvrir le photographe <strong><a href="https://pierremoreau.be/" target="_blank" rel="noopener">Pierre Moreau</a> </strong>qui expose à Bruxelles (<em>La Conquête de l&rsquo;étendue</em>, Espace Maurice Amaraggi). La force de ses images de bord de mer par tous les temps, Atlantique et mer du Nord, m&rsquo;ébouriffe. <br />Je suis frappée par ce qui façonne l&rsquo;identité d&rsquo;une œuvre sur la longueur : un regard, une quête, un désir d&rsquo;ouvrir une voie, de creuser un chemin.</p>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220856.jpg" alt="" class="wp-image-8104" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220856.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220856-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220856-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220856-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8104" /></figure>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>toujours la beauté<br />tel un langage du ciel<br />les jours et les nuits</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em><br />lundi 14 septembre, Les Fougères</em></strong><br />Jour de <a href="https://www.francoiserenaud.com/2026/09/14/traces-de-lumiere-radio-fm-14-septembre-2026/" target="_blank" rel="noopener"><strong><em>diffusion d&rsquo;une lecture sur radio FM+</em></strong></a> tirée de <em><a href="https://www.francoiserenaud.com/carnet-de-murmures/" target="_blank" rel="noopener"><strong>Carnet de Murmures</strong></a></em>&#8230; et puis relire lentement le texte de Philippe C. dans <a href="https://philippe-castelneau.com/2026/09/13/le-bruit-des-jours-%c2%b7-13-septembre-2026/" target="_blank" rel="noopener"><em><strong>Le Bruit des Jours</strong></em></a> du dimanche, un texte d&rsquo;amour.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(15.197px, 0.95rem + ((1vw - 3.2px) * 0.691), 23px);">« Il faudrait redevenir sauvage, ou côtoyer les anges. <br />Voir que chacun porte en soi la lumière d’une étoile disparue. »</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mercredi 16 septembre</em></strong><br />terminer la page<br />franchir une autre frontière<br />on se souvient de la voix des autres et du<em> cri phosphorescent de la mer</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">on se souvient des corps aimés dans ce qu&rsquo;ils avaient de plus singulier<br />sourire geste voix<br />la voix s&rsquo;enracine et se nourrit quelque part dans le corps, elle est unique, pourtant je ne me souviens pas de celle d’Édith<br />Édith, ma sœur<br />elle parlait peu, avait du mal avec les mots, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on m&rsquo;a raconté<br />aujourd&rsquo;hui ce serait sa fête</p>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220867.jpg" alt="" class="wp-image-8194" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220867.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220867-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220867-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220867-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8194" /></figure>



<div style="height:29px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>jeudi 17 septembre, une journée particulière</em></strong><br />Coups de fil inattendus, paquet surprise dans ma boîte à lettres, messages de tous côtés&#8230; anniversaire.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>jour où je suis née </em><br /><em>paysage</em>s<em> tels des cadeaux</em><br /><em>la voix de ma mère</em></p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>vendredi 18 septembre</em></strong><br />Enfin il pleut, maigre espoir de renaissance pour les sauges asters et dahlias. On entend les arbres respirer. <br />J&rsquo;écoute Antoine Volodine qui parle de l&rsquo;écriture comme « d&rsquo;une transe contrôlée » (magnifique entretien conduit par Arno Bertina autour de <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=C1cgWlONiI8" target="_blank" rel="noopener lightbox-video-0"><em>Retour au goudron</em> à la Maison de la Poésie</a>,</strong> 17/09/2026). Là-dedans une idée de plongeon, d&rsquo;immersion dans les images générées par son propre cerveau, d&rsquo;espace magique entre visions et âpres réalités.</p>



<div style="height:29px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/interieur-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8112" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/interieur-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/interieur-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/interieur-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/interieur-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8112" /></figure>



<div style="height:29px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>sans doute demain<br />je serai encore vivante</em><br /><em>en os ou en cendre</em></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 19 septembre, les Fougères</em></strong><br />Cette autrice islandaise porte un nom <em>Audur Ava Ólafsdóttir </em>qui ne cesse de m&rsquo;échapper. Retenir seulement Ava et me souvenir que <em>Ólafsdóttir</em> veut dire fille d&rsquo;<em>Ólaf</em>. Son livre <em>Éden </em>&#8212; offert par Catherine &#8212; parle de langues en voie d&rsquo;extinction.<br />Les langues meurent avec les territoires, brûlent comme les forêts, disparaissent comme papillons à l&rsquo;agonie.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 20 septembre</em></strong><br />Depuis qu&rsquo;il fait moins chaud, Alba et Lisa font des trous et se nichent dans la terre, courent après les criquets. Et comme chaque dimanche, je retrouve les mots de Caroline Diaz, ceux de Philippe C., plus tard le <em>live </em>de Gracia avec la grande Nathalie Sarraute. Espérer être touchée &#8212; souvent le cas.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>lundi 21 septembre</em></strong><br />Une photographie de <a href="https://aloismatic.fr/" target="_blank" rel="noopener"><strong><em>Aloïs Matic</em></strong></a> a pris place dans la maison. Je l&rsquo;avais acquise dans une expo en janvier et l&rsquo;ai récupérée tout récemment. Cet artiste aime les lieux inhabités, abandonnés. On y sent pourtant l&#8217;empreinte humaine.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>plus personne ici<br />quelque chose brisé déchu</em><br /><em>mais vit encore</em></p>



<div style="height:38px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220853.jpg" alt="" class="wp-image-8105" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220853.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220853-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220853-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220853-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8105" /></figure>



<div style="height:38px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220870.jpg" alt="" class="wp-image-8196" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220870.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220870-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220870-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/P1220870-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8196" /></figure>



<div style="height:38px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1207" height="681" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/jardinFOUGERES.png" alt="" class="wp-image-8162" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/jardinFOUGERES.png 1207w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/jardinFOUGERES-300x169.png 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/jardinFOUGERES-824x465.png 824w" sizes="auto, (max-width: 1207px) 100vw, 1207px" data-mwl-img-id="8162" /></figure>



<div style="height:38px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi 22 septembre, Les Fougères</em></strong><br />Je regarde dehors. Je ne vois que les bois et la sécheresse de l&rsquo;herbe.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><em><strong>mercredi 23 septembre</strong></em><br />Pas de pluie, les ruisseaux sont à sec.<br />Envie de voir la terre redevenir noire. </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em> guetter au ciel<br />lisières couleur paille</em><br /><em>et si jamais l&rsquo;eau</em><em> </em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">Dehors, des fleurs poussent quelques cris colorés. Dedans, mon bureau accueille livres et objets, du blanc et de la couleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><em><strong>vendredi 25 septembre</strong></em><br />Si vous saviez comme mes animaux me sont d&rsquo;un grand réconfort ! Leurs corps, leurs présences, leurs réclamations. Alba encore ce matin perchée près de la porte de la chambre où j&rsquo;écris. Alba la blanche. Elle glousse, m&rsquo;attend. Je lui réponds. Elle se demande d&rsquo;où vient ma voix. Lisa la rousse se manifeste quand je vais changer l&rsquo;eau ou la paille. Elle aussi me parle. Plus tard dans la nuit c&rsquo;est ma chatte chasseresse que j&rsquo;appelle et voilà qu&rsquo;elle entre avec dans la gueule sa dernière proie.</p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="2560" data-id="7871" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164835-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7871" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164835-scaled.jpg 1920w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164835-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164835-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164835-2000x2667.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" data-mwl-img-id="7871" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="2560" data-id="7872" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164815-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7872" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164815-scaled.jpg 1920w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164815-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164815-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_164815-2000x2667.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" data-mwl-img-id="7872" /></figure>
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<div style="height:32px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 26 septembre</em></strong><br />jeter la vie<br />se dépouiller<br />creuser gratter griffer</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 27 septembre</em></strong><em><strong>, route vers l&rsquo;ouest</strong></em><br />Après le dernier tournant, paraît la silhouette de ma petite mère, assise sur le muret de la cure. Elle peine à se lever, visage tendu vers ma voiture qui s&rsquo;arrête. Chaque instant demeure fragile.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi </em></strong><em><strong>29 septembre, côte de Jade</strong></em><br />Au matin, les lumières sont splendides. Je marche au long du sable. Les rochers sont découverts loin, fort coefficient de marée. Les salicornes en haut de plage sont toutes séchées.</p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_112554-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8234" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_112554-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_112554-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_112554-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_112554-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8234" /></figure>



<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_120347-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8235" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_120347-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_120347-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_120347-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_120347-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8235" /></figure>



<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_113149-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8244" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_113149-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_113149-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_113149-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_113149-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8244" /></figure>



<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121656-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8246" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121656-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121656-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121656-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121656-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8246" /></figure>



<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mercredi 30 septembre, Sainte-Marie-sur-mer</em></strong><br />Et toujours ce mouvement incessant de l&rsquo;eau qui se retire pour revenir quelques heures plus tard &#8212; je l&rsquo;observe depuis mon enfance. Une merveille de  mouvement qui apaise dans son apparence d&rsquo;éternité . Un portrait qui conviendrait aussi à ma petite mère, belle et modeste dans son âge très avancé. Encore deux jours avec elle&#8230;</p>



<div style="height:42px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-video aligncenter"><video height="1080" style="aspect-ratio: 1920 / 1080;" width="1920" controls src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_112950-1.mp4"></video></figure>



<div style="height:66px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:14px"><em>Photographies ©Françoise Renaud, Les Fougères, septembre 2026</em></p>



<figure class="wp-block-image alignfull size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121305-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-8237" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121305-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121305-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121305-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/20260929_121305-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8237" /></figure>



<div style="height:52px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
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		<title>#VOYAGES FRAGMENTS #07 &#124; vers Manali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 13:07:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage fragments 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Chandigarh]]></category>
		<category><![CDATA[jungle]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;C’est le tissu d’une page qui m’intéresse plutôt qu’une histoire&#160;» Julien Gracq ENTRETIEN AVEC PHILIPPE COLAS, 9 juin 1970 2019, en gare de Montpellier, couloir froid et venteux, direction Toulousebeaucoup de retard annoncé, atmosphère lugubre, je serre mon manteau contre moiannées 1970, en gare des Moutiers-en-Retz, ligne 10 entre Sainte-Pazanne et Pornic c’est en période &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/voyages-fragments-07-vers-manali/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #VOYAGES FRAGMENTS #07 &#124; vers Manali »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-pullquote" style="border-style:none;border-width:0px;padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><blockquote><p>«&nbsp;C’est le tissu d’une page qui m’intéresse plutôt qu’une histoire&nbsp;» Julien Gracq</p><cite>ENTRETIEN AVEC PHILIPPE COLAS, 9 juin 1970</cite></blockquote></figure>



<pre class="wp-block-verse">2019, en gare de Montpellier, couloir froid et venteux, direction Toulouse<br />beaucoup de retard annoncé, atmosphère lugubre, je serre mon manteau contre moi<br /><br />années 1970, en gare des Moutiers-en-Retz, ligne 10 entre Sainte-Pazanne et Pornic <br />c’est en période estivale, un troupeau pâture entre les rails et bloque les voies<br /><br />1991, Inde du Nord, vers la frontière népalaise<br />étouffant et bondé, aucune info, acheter des fruits épluchés dans des sacs en plastique et les sucer pour tromper la soif et le temps<br /></pre>



<div style="height:47px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">C’est toujours l’attente &#8212; insoutenable &#8212; qui demeure dans le souvenir plutôt que sa résolution. Plus l&rsquo;attente a été longue, plus elle a creusé dans le dos, dans le cerveau. Attendre un train qui a du retard et qui peut-être ne viendra jamais, attendre sur un quai ou en rase campagne, attendre que le déluge s’apaise, la mousson, le typhon. Questionnements, inquiétude. Quand elle comprend que ça va être très long, elle se dit qu’elle n’y arrivera jamais. Les rêves ne lui sont d’aucun secours. Reste à modifier la texture du temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">L’après-midi était en cours mais aucune notion de l’heure exacte. Depuis longtemps déjà le rythme de la machine de fer avait modifié les courbes de l’espace à travers lequel le monde se déplaçait lentement et sinueusement, d’abord vers Chandigarh, puis changement vers Shimla. Et il s’était dessiné comme une fracture dans les collines entre lesquelles se faufilaient les wagons bondés et colorés, c&rsquo;était comme une dislocation au cœur du paysage, soutenue le scintillement des tôles sous le soleil intense d’après la mousson. Du moins c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle le voyait, et si rien pourtant n’avait annoncé de quelconques problèmes, elle se doutait qu’un tel voyage ne se déroulerait pas sans encombres. Voies démantibulées, vol de travées, coulées de boue ou et glissements de terrain, effondrements de pont ou passerelle, panne de locomotive, crise cardiaque d’un chauffeur, aléas de personnel. Pour le moment tout allait bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">Le convoi se dirigeait plein nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">L’épaisse jungle semblait toute proche et sa luisance verte se diffusait partout au point d’aveugler. Beaucoup de bruit dans les voitures, des cris, des invectives, sans compter les aboiements de la langue locale, le trafic incessant de personnes, de femmes avec bébés minuscules et de bêtes conduites à la corde ou enfermées dans des paniers en bambou. En même temps cet intérêt chez elle à observer ce peuple des montagnes en route vers Manali, cette vie proche de la fièvre, inconnue pour elle, instable, improbable. Elle avait souhaité voir ça de près.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">Depuis l’Himachal Pradesh, elle avait l’intention de se rendre au Kashmir, tout dépendrait de l’état des routes et de l’état de tension avec le Pakistan, voire avec les chinois. En fait elle ne savait rien du tout de cet avenir, il n’existait pas, il était détruit par l’intensité du présent, par les moirures de jungle et par l’incertitude, situation dont la précarité allait soudain s’accentuer avec l’arrêt total du train dans un brouhaha invraisemblable.<br />À cause du freinage violent, certains voyageurs étaient tombés les uns sur les autres, marmaille en pleurs, volailles et bagages renversés. Les visages étaient marqués par la peur à l’idée que les wagons auraient pu dérailler et aller s’encastrer dans le décor rocheux. Mais non, tout semblait stabilisé, à l’arrêt, figé. Et il se passerait sans doute des heures avant d’obtenir une information vague sur l’éventuel redémarrage du train, et même que là-dessus la nuit s&rsquo;annoncerait et le monde s’organiserait pour passer la nuit sur place. Tout de suite elle avait compris que ça durerait. </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">Sans hâte elle avait considéré les forêts à flanc de montagne, les neiges himalayennes qui semblaient encore loin, les nuages qui glissaient vers la région du soir. Elle en avait griffé quelques croquis dans son carnet, écrit quelques mots pour décrire la végétation. Des enfants braillards surgis des villages alentours avaient proposé des boulettes de riz, des fruits, des biscuits durs sous la dent contre un peu de monnaie. Bientôt la plupart des bruits allait s’apaiser et des feux s’allumeraient au flanc des voies jusqu’au sommeil. Alors elle n’attendrait plus rien, sinon la venue de l’ombre.</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="536" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/6310.jpg" alt="" class="wp-image-8202" style="width:1130px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/6310.jpg 800w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/6310-300x201.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" data-mwl-img-id="8202" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographie,</em><em> ©</em>françoise renaud, années 80</p>
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		<title>#VOYAGE fragments #06 &#124; comme la vie me vient</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 09:20:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage fragments 2026]]></category>
		<category><![CDATA[chant du monde]]></category>
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					<description><![CDATA[sont des temps sans promesses ni certitudes,sont des temps où ça pulse fort autour de soi &#8212; par exemple à regarder les étoiles, ou quand le père meurt, son corps inerte sur lit de glace pour les heures qu&#8217;il lui reste avant de s&#8217;en retourner vers la terre, avant de devenir poudre dans la terre, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/voyage-fragments-06-comme-la-vie-me-vient/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #VOYAGE fragments #06 &#124; comme la vie me vient »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">sont des temps sans promesses ni certitudes,<br />sont des temps où ça pulse fort autour de soi &#8212; par exemple à regarder les étoiles, ou quand le père meurt, son corps inerte sur lit de glace pour les heures qu&rsquo;il lui reste avant de s&rsquo;en retourner vers la terre, avant de devenir poudre dans la terre, <br />sont des temps où ça ne suffit plus, ça ne veut plus se ranger dans les cases, <br />sont des temps où ça espère quand on fixe l&rsquo;aile de l&rsquo;avion qui porte au-delà des frontières du connu, du déchiffrable,<br />sont des temps où les larmes ne parviennent plus à couler loin de l&rsquo;enfance</p>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">à présent je contemple ces rivages exotiques comme des paysages d&rsquo;un outre-monde, la barrière d&rsquo;écume si forte et blanche tout au long de la forêt épaisse et sauvage, le village réduit à quelques paillotes, l&rsquo;espace entier conquis par le rugissement de l&rsquo;océan qui se jette contre la plage &#8212; comment suis-je arrivée en cet endroit ? le vague souvenir d&rsquo;un long voyage depuis une ville brûlante où j&rsquo;ai dû dormir pour un dollar et avalé un bol de riz sur un marché, puis long trajet en autobus avec banquettes en bois, puis kilomètres en charrette tirée par des bêtes aux cornes sombres et torsadées &#8211;, demeure en moi l&rsquo;odeur des bêtes et le goût des fruits achetés au bord de la route puis sucés, ici l&rsquo;espace semble ouvert comme nulle part ailleurs, l&rsquo;impression d&rsquo;un portail vers le cosmos, c&rsquo;est à cause du rugissement omniprésent des vagues qui a commencé à me parvenir alors que j&rsquo;étais encore dans la charrette, il n&rsquo;y a presque pas d&rsquo;humains, je regarde l&rsquo;espace jour et nuit jusqu&rsquo;à m&rsquo;y envoler pour survivre ailleurs et fréquenter les anges, je sais qu&rsquo;il existe loin de cette côte des îles inexplorées qui sont habitées depuis 12 000 ans par des pêcheurs qui n&rsquo;ont besoin de personne, ces hommes parlent une langue étrange et j&rsquo;ai nourri le projet de leur rendre visite mais je dois renoncer, le ciel est à la tempête et les embarquements sont rares, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on m&rsquo;a dit, alors je reste là, me nourrissant de poisson et marchant au bord du cri phosphorescent de la mer dont je parle souvent et qui me hante</p>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><em>je suis sur la plage ; c&rsquo;est le soir</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">jamais je n&rsquo;ai observé de lumières aussi belles, il y a beaucoup de vent, je voudrais m&rsquo;en retourner vers les paillotes &#8212; un besoin de me rassurer &#8212; mais j&rsquo;ai oublié le chemin, je tourne la tête d&rsquo;un côté puis de l&rsquo;autre, le noir a envahi la frange côtière pendant cette dernière minute, désormais tout va très vite, des matières s&rsquo;amassent dans l&rsquo;espace infini au-dessus de l&rsquo;eau, matières issues des forêts et des profondeurs de la mer, elles composent des sortes de forteresses mouvantes qui ne ressemblent à rien de connu, <em>je marche sur la plage</em> <em>longue</em>, bientôt je rencontre un homme près des dunes, il chante, il porte un bandeau qui retient ses cheveux longs et dégage son front, il ressemble à un indien des grandes plaines américaines avec sa peau lisse et foncée, il ne me remarque pas, il est beau, tellement beau</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">il continue à chanter<br />son chant est comme le rivage, il est consolation</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">et voilà qu&rsquo;un nom me tourmente, un nom que j&rsquo;entends et reconnais dans les plis de mon oreille, mais il m&rsquo;est impossible de le prononcer, peut-être le nom du lieu où je me trouve, peut-être le nom de l&rsquo;homme aux cheveux qui bougent dans le vent de la mer, il va chanter toute la nuit avec la lune qui monte et ensuite descend</p>



<div style="height:34px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><em>je suis sur la plage ; tard dans la nuit</em>, <br />quand la lune s&rsquo;est levée, elle a illuminé l&rsquo;écume et la lisière friable des falaises</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">l&rsquo;homme a continué à chanter, longtemps</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">alors ont succédé aux temps incertains des temps de vérité, de soif immense, <br />le temps ne peut grignoter le chagrin,<br />le chagrin reste intact, <br />même dans le rêve</p>



<pre class="wp-block-verse has-text-align-center"><em>écrit sur une proposition de Tiers Livre autour de Michel Butor</em>, #1 Arts de la fiction<br /></pre>



<div style="height:37px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:37px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographie d&rsquo;en-tête, ©<a href="https://www.marcdantan.com/" target="_blank" rel="noopener"><strong>Marc Dantan</strong></a>, 2008</em></p>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1243" height="593" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE2.png" alt="" class="wp-image-8136" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE2.png 1243w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE2-300x143.png 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE2-824x393.png 824w" sizes="auto, (max-width: 1243px) 100vw, 1243px" data-mwl-img-id="8136" /></figure>



<div style="height:29px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1420" height="584" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE1.png" alt="" class="wp-image-8135" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE1.png 1420w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE1-300x123.png 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/09/RIVAGE1-824x339.png 824w" sizes="auto, (max-width: 1420px) 100vw, 1420px" data-mwl-img-id="8135" /></figure>
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		<title>#VOYAGE fragments #05 &#124; la nuit d&#8217;avant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 15:07:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage fragments 2026]]></category>
		<category><![CDATA[jour d'avant]]></category>
		<category><![CDATA[le lieu]]></category>
		<category><![CDATA[partir]]></category>
		<category><![CDATA[rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[La date est soulignée en couleur sur le calendrier, inscrite dans son cerveau depuis longtemps. Calme plat, jours écoulés, encore une nuit. Depuis quelques temps l’air est doux, il a tendance à endormir ses pensées. . Coup de vent vers minuit. Ça n’était pas prévu, un volet claque, elle entend des objets rouler sur la &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/voyage-fragments-5-la-nuit-davant/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #VOYAGE fragments #05 &#124; la nuit d&#8217;avant »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">La date est soulignée en couleur sur le calendrier, inscrite dans son cerveau depuis longtemps. Calme plat, jours écoulés, encore une nuit. Depuis quelques temps l’air est doux, il a tendance à endormir ses pensées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Coup de vent vers minuit. Ça n’était pas prévu, un volet claque, elle entend des objets rouler sur la terrasse. Le sommeil ne vient pas.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">.</p>



<p class="has-text-align-right has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>au fait où irais-tu ? <br />dans un pays juste à côté ou tout au bout de la terre&nbsp;? un pays dont tu aurais rêvé depuis l’enfance, un pays dont on t’aurait parlé et dont tu aurais imaginé les contours assoupis dans une brume indécise les coutumes tribales les odeurs douloureuses, un désert une ville une île, en tout cas tu t’y serais préparée comme s’il s’agissait d’un événement fondateur de ta vie, une cérémonie solennelle, une évasion après des mois d’emprisonnement, chaque vêtement étalé sur le lit avec encore visibles les pliures du repassage, l’épingle pour attacher la pochette à l’intérieur du tissu où tu glisseras l’argent et les papiers à surtout ne pas perdre, l’unique paire de chaussures à lacets bonne à arpenter les toundras les mangroves les pentes calcinées les éboulis les plateaux granitiques investis de bruyères et de silènes à bouquets, tu aurais appris certains noms de baies lacs et sommets, inventé sur les cartes quelques itinéraires, en cette nuit qui n’en finit pas tu aurais rêvé de cette solitude qui allait te prendre à la gorge sitôt l’amarre levée</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">. </p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Elle se redresse, vérifie encore le contenu du sac. Un sac à dos multipoches en toile brune. Elle l’a composé au plus serré pour le minimum d’encombrement&nbsp;: tee-shirt et pantalon de rechange, serviette-éponge, petits objets de toilette, carnet de notes, gros livre, aiguille avec bobine de fil, briquet, lunettes de soleil, billet de transport, traveller’s chèques. Elle se demande si elle a choisi le bon livre. Il faut absolument un livre à relire plusieurs fois et on n&rsquo;est jamais sûr.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">.</p>



<p class="has-text-align-right has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>tu allais rester longtemps absente, tu ne donnerais pas de nouvelles ou rarement, un aérogramme de Tokyo, de Yogyakarta ou de Buenos Aires, tu voudrais te faire oublier, tu voudrais sortir de ta peau te perdre te fondre t’abandonner t’annihiler dans la foule bruyante et bigarrée te tordre de passion t’alanguir t’anéantir te déposséder de tout repartir de rien, tu t’y lancerais d’un bon pas mais au seuil de plonger dans le vide la nuit s’alourdirait et la détermination flancherait une sorte de peur légère un doute qui remplirait la fissure &#8212; dont tu aurais toujours refusé de parler &#8212; d’un suint amer</em></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Elle retourne s’allonger un moment, ne bouge plus, ressemble à une morte. Obscurité. Juste un mince trait de lumière en bas de la fenêtre. Elle se demande où elle a mis sa liste pour ne rien oublier. Jetée sans doute ou envolée à cause du vent. C’est bête, elle aurait pu tout vérifier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Elle déteste la frontière entre l’avant et l’après, le seuil à franchir.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Il y a comme une zone floue nécessaire et puis vient le moment où l’on sait qu’on est vraiment parti. Dans le muscle du cœur ce pincement qui raconte que rien ne sera jamais pareil, qu’on ne reviendra peut-être pas. Ne jamais regarder en arrière. En même temps ce désir inconnu et extrême qui pousse vers l’avant, cette hâte à tout laisser derrière soi.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">.</p>



<p class="has-text-align-right has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>rien n’aurait été révélé jusque-là de ta destination, Katmandou Valparaiso Samarcande Nantucket, <br />peut-être que ce lieu où tu aurais prévu de te rendre n’a pas de nom ou bien n’existe pas</em></p>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<pre class="wp-block-verse">ce texte a d'abord été écrit seul sous cette forme<br />et puis il s'est prolongé et il a lancé un récit devenu livre : "Ce lieu où tu aurais prévu de te rendre n'a pas de nom"...<br /><strong><a href="https://www.francoiserenaud.com/ce-lieu-ou-tu-aurais-prevu/" target="_blank" rel="noopener">en savoir davantage ici</a></strong></pre>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1380" height="771" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/BABABERAIE_NB_dessin.jpg" alt="" class="wp-image-8029" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/BABABERAIE_NB_dessin.jpg 1380w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/BABABERAIE_NB_dessin-300x168.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/BABABERAIE_NB_dessin-824x460.jpg 824w" sizes="auto, (max-width: 1380px) 100vw, 1380px" data-mwl-img-id="8029" /></figure>



<div style="height:7px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.088), 15px);"><em>Photographies via Street view revues et interprétées  </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, mois d&#8217;août 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 16:21:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[journal de saison 2025-2026]]></category>
		<category><![CDATA[août]]></category>
		<category><![CDATA[changement de saison]]></category>
		<category><![CDATA[colère]]></category>
		<category><![CDATA[hirondelles]]></category>
		<category><![CDATA[Hirondo rustica]]></category>
		<category><![CDATA[sécheresse]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
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					<description><![CDATA[samedi 1er août 2026, domaine des FougèresAu dernier jour du mois, j&#8217;édite le journal &#8212; un geste libérateur. Au matin suivant me parviennent les premiers commentaires alors que j&#8217;ouvre une page vierge. Rien jamais ne s&#8217;interrompt. La saison se poursuit, l&#8217;écriture se poursuit, comme tous les matins Alba vient aux nouvelles du côté de la &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/terrain-fragile-journal-de-saison-mois-daout-2026/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, mois d&#8217;août 2026 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 1er août 2026, domaine des Fougères</em></strong><br />Au dernier jour du mois, j&rsquo;édite le journal &#8212; un geste libérateur. Au matin suivant me parviennent les premiers commentaires alors que j&rsquo;ouvre une page vierge. Rien jamais ne s&rsquo;interrompt. La saison se poursuit, l&rsquo;écriture se poursuit, comme tous les matins Alba vient aux nouvelles du côté de la terrasse en gloussant. <br />Jusqu&rsquo;à quand la vie encore ?</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 2 août, au bord de l’étang</em></strong><em><strong> </strong></em><br />Jour de fête locale. Mon stand de livres est installé sur le pré jauni, presque soyeux sous le pied nu. <a href="https://www.francoiserenaud.com/2026/08/03/fete-de-letang-a-chamborand-dimanche-2-aout-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Quelques heures offertes</strong></a> à discuter et partager au gré des passages. Le soleil impitoyable me chasse au milieu de l&rsquo;après-midi.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>corps cuit yeux secs</em><br /><em>remonte le chaud</em> <em>de la terre<br />nous cherchons l&rsquo;eau</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>lundi 3 août</em></strong><br />À chaque mois sa palette. Celle d&rsquo;août sera marquée par une grande sécheresse. Quelques plantes remarquables affirment leur résistance au stress hydrique. Par ici un peu de chair colorée, mais il faudra beaucoup de pluie pour ranimer les cendres. Où vais-je porter les yeux pour saisir, donner idée du sec, du brûlé, du presque éteint ? <br /></p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220709.jpg" alt="" class="wp-image-7838" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220709.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220709-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220709-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220709-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7838" /></figure>



<div style="height:19px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220621.jpg" alt="" class="wp-image-7671" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220621.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220621-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220621-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220621-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7671" /></figure>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi 4 août</em></strong><br />Tout ce qu&rsquo;avait compris Tertullien (extrait de son <em>Traité de l&rsquo;âme</em>, chapitre XXX &#8211; vers 210-213 après J.-C.).</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.354), 18px);">« Assurément il suffit de jeter les yeux sur l’univers pour reconnaître qu’il devient de jour en jour plus riche et plus peuplé qu’autrefois. Tout est frayé ; tout est connu ; tout s’ouvre au commerce. De riantes métairies ont effacé les déserts les plus fameux ; les champs ont dompté les forêts ; les troupeaux ont mis en fuite les animaux sauvages ; les sables sont ensemencés ; l’arbre croît sur les pierres ; les marais sont desséchés ; il s’élève plus de villes aujourd’hui qu’autrefois de masures. Les îles ont cessé d’être un lieu d’horreur ; les rochers n’ont plus rien qui épouvante ; partout des maisons, partout un peuple, partout une république, partout la vie. Comme témoignage décisif de l’accroissement du genre humain, nous sommes un fardeau pour le monde ; à peine si les éléments nous suffisent ; les nécessités deviennent plus pressantes ; cette plainte est dans toutes les bouches : la nature va nous manquer ». </p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>(cité par Tanguy Viel lors de sa conférence donnée au Banquet du livre de Lagrasse, 30 juillet 2026)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mercredi 5 août</em></strong><br />La chatte au poil si doux m&rsquo;apporte l&rsquo;objet de sa chasse et je la félicite. <br /></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>jeudi 6 août</em></strong><br />Déposé un écho sur le journal de Philippe<strong><em> <a href="https://philippe-castelneau.com/2026/08/02/le-bruit-des-jours-%c2%b7-2-aout-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Bruit des jours du 2 août</a></em></strong> qui parle de la colère.<br />« Nous sommes ce corps depuis longtemps et nous ne savons pas qui il est <br />… et la colère dissimule le vrai dans le feu.<br />Alors il faut qu’elle s’épanche pour commencer à rebâtir. »</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>l&rsquo;image est forte<br />se reconnaître chez Basquiat<br />toile sang colère</em><br /></p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220715.jpg" alt="" class="wp-image-7834" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220715.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220715-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220715-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220715-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7834" /></figure>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>vendredi 7 août</em></strong><br />Fin de matinée. J&rsquo;assiste à une <a href="https://www.francoiserenaud.com/2026/08/09/parcours-a-trois-voix-23-aout-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>visite commentée à Bénévent l&rsquo;Abbaye</strong></a> autour d&rsquo;une œuvre du plasticien suisse Robert-Tissot et de l&rsquo;abbatiale du XIIe siècle. Le côtoiement de certaines œuvres devient magique quand les guides montrent le chemin.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 8 août</em></strong><br />Je peux estimer la température du jour à la durée d&rsquo;absence de ma chatte grise. J&rsquo;ai mené l&rsquo;enquête pour savoir où elle disparaît sitôt franchi le seuil des 30° et de quoi est fait son gîte. C&rsquo;est un arbuste épais aux branches rampantes qui procure de l&rsquo;ombre et dont l&rsquo;aire est moelleuse et fraîche, tapissée de feuilles sèches. Rien ne peut l&rsquo;en déloger sinon la faim.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 9 août</em></strong><br />Et c&rsquo;est du potager que vont venir les fleurs nouvelles. La menthe la première a poussé quelques inflorescences mauves et parfumées suite aux maigres orages. J&rsquo;en cueille un brin pour parfumer la salade de tomates.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">Et je retiens les pensées, je les note avant de les égarer&#8230;</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>s&rsquo;enfuient les mots<br />comme des notes de musique<br />monte la fièvre</em></p>



<div style="height:21px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220720.jpg" alt="" class="wp-image-7842" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220720.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220720-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220720-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220720-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7842" /></figure>



<div style="height:27px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:32px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>lundi 10 août, Les Fougères</em></strong><br />Une amie m&rsquo;a fait découvrir la <strong><a href="https://bridiers.fr/" target="_blank" rel="noopener">fresque historique de Bridiers</a></strong>. Encore ce matin je demeure sous le charme de ce spectacle féérique. <br />Le site médiéval sert de décor avec donjon restauré du XIIe siècle, remparts, terrasses, jardin médicinal tel symbole du paradis perdu. 500 bénévoles engagés dans ce projet. Un an de travail, un accueil joyeux, un incroyable partage. Cette aventure humaine ranime en moi de l&rsquo;espoir.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>au mitan de la nuit<br />d&rsquo;où vient l&rsquo;intense émotion ?</em><br /><em>telle sueur de pierre</em><br /></p>



<div style="height:23px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192626-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7868" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192626-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192626-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192626-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192626-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7868" /></figure>



<div style="height:27px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1956" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192713-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7873" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192713-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192713-300x229.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192713-824x630.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_192713-2000x1528.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7873" /></figure>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi 11 août</em></strong><br />La chaleur augmente chaque jour et la chatte disparaît de plus en plus longtemps. Je veille sur Alba et Lisa, appelle ma petite mère au bord de la mer, reçois des nouvelles de l&rsquo;amie Do qui randonne en montagne et une lettre de Philippe C. qui cherche une nouvelle douceur dans sa solitude. Ses images prises en Arles présentées dans <strong><a href="https://bruitblanc.substack.com/p/bruitblanc-n-17?utm_source=post-email-title&amp;publication_id=3574712&amp;post_id=210436057&amp;utm_campaign=email-post-title&amp;isFreemail=true&amp;r=1wgr0&amp;triedRedirect=true&amp;utm_medium=email" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruit/Blanc #17</a> </strong>soulignent la particularité de la photographie de rue qu&rsquo;il définit comme « un dialogue permanent entre le hasard et nos émotions intérieures ».<br /><br /><strong><em>mercredi 12</em></strong> <strong><em>août</em></strong><br />Des nuages noirs sont montés de l&rsquo;ouest et ont masqué l&rsquo;éclipse. Atmosphère irrespirable. Il fait si chaud et si sombre à la fois que les oiseaux se sont tus et que les poules se sont immobilisées au seuil de leur cabane.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>jeudi 13 août</em></strong><br />Le temps me manque. Le temps m&rsquo;échappe.</p>



<div style="height:29px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220719.jpg" alt="" class="wp-image-7839" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220719.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220719-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220719-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220719-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7839" /></figure>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>vendredi 14 août</em></strong><br />Patricia est arrivée hier en pleine chaleur. Nos paroles se rejoignent tout en espérant la venue des orages. Une sacrée belle journée ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 15 août </em></strong><br />C&rsquo;est Catherine qui me donne à découvrir ce fragment puisé dans <em>La forêt de Fontainebleau</em>, un texte sombre et visionnaire écrit par George Sand autour de la place des arbres et de l&rsquo;humain dans la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">«&nbsp;On peut appeler les savants à démontrer que les forêts séculaires sont un élément essentiel de notre équilibre physique, qu’elles conservent dans leur sanctuaires des principes de vie qu’on ne neutralise pas impunément et que tous les habitants de la France sont directement intéressés à ne pas laisser dépouiller la France de ses vastes ombrages. Réservoirs d’humidité nécessaires à l’air qu’ils respirent et au sol qu’ils exploitent. [&#8230;] Supprimer les arbres qui par leur ombre rendent au sol la fraîcheur bue par leurs racines, vous détruisez une harmonie nécessaire, essentielle du milieu que vous habitez&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">Ce texte fait écho à l&rsquo;échange écouté à la radio <strong><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-d-ete/amenager-et-imaginer-l-espace-avec-les-arbres-7393227" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Aménager et imaginer l’espace avec les arbres</a></strong> entre deux passionnés des arbres, Thomas Brail grimpeur arboriste et Fabrice Hyber artiste semeur.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>faire cercle autour</em><br /><em>son écorce rugueuse</em><br />&#8212; <em>et l&rsquo;arbre gémit</em><br /></p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220762-1.jpg" alt="" class="wp-image-7954" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220762-1.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220762-1-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220762-1-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220762-1-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7954" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 16 août</em></strong><br />Nous et l&rsquo;espace entier, nous attendons la pluie. <br />Elle arrive dans la nuit. Je me lève pour la regarder, la sentir sur la peau. L&rsquo;odeur monte depuis la prairie sèche et le vent froisse le corps géant des arbres.<br />Au cours de cette même nuit, ma petite mère a rêvé de sa fille morte &#8212; une émotion dans sa voix que je ne connaissais pas.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em><br />si loin dans l&rsquo;âge </em><br /><em>neuf ans avec sa petite<br />personne ne sait</em><br /></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>lundi 17 août</em></strong><br />Ma visite récente à Nohant a nourri mes réflexions autour de mon choix de vie. Je comprends George qui se retranchait dans sa Vallée noire, son fief, pour échapper aux mondanités de la capitale et se vouait à sa vie rurale plus « vraie ». Elle écrivait :  » Cette vallée, c&rsquo;était moi-même, c&rsquo;était le cadre, le vêtement de sa propre existence ». Un peu à sa manière, les Fougères sont devenues mon lieu naturel, mon refuge, mon oasis, mon champ poétique.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);">J<em>&lsquo;y vis entourée d&rsquo;arbres et d&rsquo;oiseaux. <br />J&rsquo;y puise mes images.<br />Jamais recluse, j&rsquo;y trouve une force à poursuivre.<br />Je ne connais plus la ville, n&rsquo;ai plus le goût de m&rsquo;y rendre &#8212; a-t-elle encore à m&rsquo;apporter ? <br />À mon gré j&rsquo;admire le ciel étoilé par-dessus le coteau granitique, <br />goûte le silence habité de l&rsquo;aboiement des brocards et du cri aigu des lérots. <br />Le présent y est intense, </em><br /><em>ma paix plus véritable.<br /></em></p>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220714.jpg" alt="" class="wp-image-7845" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220714.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220714-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220714-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220714-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7845" /></figure>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi 18 août</em></strong><br />Écouté le live de Gracia Bejjani qui s&rsquo;appuyait sur des entretiens de Julien Gracq. Suis-je myope ou presbyte dans ma façon d&rsquo;appréhender le monde ? Il me semble emprunter tour à tour ces deux profils selon le domaine de pratique. La photographie m&rsquo;entraîne vers le détail alors que le texte me conduit vers le paysage qu&rsquo;il soit du passé ou du présent. <br />Et toujours l&rsquo;enfance qui intervient fort par ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mercredi 19 août</em></strong><br />Jours difficiles, le corps en fatigue. Peut-être trop longs les crawlings auxquels je m’astreins au quotidien. Ou alors ça vient du fond, un épuisement que je ne parviens pas à compenser. En attendant, je suis heureuse que mes hirondelles aient élevé deux couvées. Toutes virevoltent ensemble dans la haute lumière et dorment toutes serrées dans le même nid.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);">Je rêve d&rsquo;un hiver froid qui me tiendrait à la maison une fois qu&rsquo;elles seront reparties .</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>jeudi 20 août</em></strong><br />Le temps tourne, la fraîcheur s&rsquo;installe, tout semble changé. Plaid sur les genoux, je lis<a href="https://www.les-enlivreurs.fr/2026/08/mi-aout-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> <strong>Les Enlivreurs du 19 août</strong></a> de Juliette dans sa montagne. Je lui dis me souvenir de mon père qui râlait à propos des touristes qui ne voulaient que du beau temps alors que lui désirait la pluie pour sa terre. L&rsquo;homme jardinier a cédé à 93 ans. <br />Il faut vivre longuement pour savoir quelle quantité d&rsquo;eau est nécessaire pour alimenter un territoire et le rendre fertile. Avec la sécheresse, les légumes n&rsquo;ont pas grossi, pommes, tomates, melons, aubergines. Il faudra s&rsquo;en contenter…</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>le sec l&rsquo;aride<br />ô sucs</em> <em>du jardin d&rsquo;antan<br />espérer la pluie</em></p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P122071_2.jpg" alt="" class="wp-image-7930" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P122071_2.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P122071_2-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P122071_2-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P122071_2-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7930" /></figure>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220724.jpg" alt="" class="wp-image-7958" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220724.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220724-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220724-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220724-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7958" /></figure>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220727.jpg" alt="" class="wp-image-7967" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220727.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220727-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220727-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220727-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7967" /></figure>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>vendredi 21 août, Les Fougères</em></strong><br />13° à 8 h. Oubliée la brûlure du soleil. Enfiler un gilet, se rendre au potager. Remplir le panier de légumes colorés.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 22 août</em></strong><br />Pas un soir je ne manque d&rsquo;aller voir mes oiseaux dans leur nid suspendu en boue séchée. Désormais ils sont tous beaux et forts. Bientôt le long voyage.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>je les suivrai<br />avec les yeux du secret</em><br /><em>improbable route</em><br /></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 23 août</em></strong><br />Le mois aurait pu s&rsquo;arrêter là, sur cette chute, sur ce futur, d&rsquo;autant que la saison n&rsquo;est plus la même : arbres perdant leurs feuilles, fougères déjà roussies. Le calendrier officiel se moque des éléments.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>lundi 24 août</em></strong><br />Je lis <em>L&rsquo;Arbre aux oiseaux </em>(de Robin Wall Kimmerer, 2026) qui parle du partage des dons de la terre et de la gratitude réciproque. Le don est au cœur de la vie biologique. Quand je récolte des courgettes ou des figues en quantité, j&rsquo;en dispose un cageot au bord de la route, en donne à mes voisins, les invite à partager une tarte ou fais des confitures à offrir en hiver. Nullement question d&rsquo;argent, seulement d&rsquo;échange et de joie.</p>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220771.jpg" alt="" class="wp-image-8020" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220771.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220771-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220771-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220771-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8020" /></figure>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" data-id="7951" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220758-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-7951" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220758-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220758-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220758-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" data-mwl-img-id="7951" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="618" data-id="8057" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_165016-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-8057" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_165016-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_165016-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/20260809_165016-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" data-mwl-img-id="8057" /></figure>
</figure>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mardi 25 août, Les Fougères</em></strong><br />Songer aux landes de mon enfance, aux tempêtes, aux écumes du grand océan.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>mercredi 26 août</em></strong><br />Vent chaud, toujours pas d&rsquo;orage.<br /><a href="https://www.francoiserenaud.com/carnet-de-murmures/" target="_blank" rel="noopener"><strong><em>Carnet de Murmures</em> </strong></a>en main, je remonte au chapitre de fin d&rsquo;été et relis plusieurs fois ces trois lignes &#8212; presque un haïku. Exactement l&rsquo;état du moment.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>CIEL TENDU À ÉCLATER<br />REBORDS DU MONDE FLOUTÉS<br />JUSTE ATTENDRE</em></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220800.jpg" alt="" class="wp-image-7973" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220800.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220800-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220800-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220800-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7973" /></figure>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>jeudi 27 août</em></strong><br />Enfin il a plu dans la nuit. Comme une pulsation différente du temps. Et la vague au Népal a enseveli les gens de la vallée à cause de l&rsquo;effondrement d&rsquo;un glacier. L&rsquo;image ne me lâche pas.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>vendredi 28 août</em></strong><br />&#8230; je parle peu d&rsquo;écriture, me nourris de celle des autres.<br />Une douce tristesse se répand en moi. Hier les hirondelles sont parties, nid déserté. Leurs gorges couleur brique et leurs rondes me manquent.</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220808.jpg" alt="" class="wp-image-8019" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220808.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220808-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220808-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220808-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8019" /></figure>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220807.jpg" alt="" class="wp-image-8021" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220807.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220807-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220807-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220807-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="8021" /></figure>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>samedi 29 août</em></strong><br />Ciel couvert. Les brebis de mon voisin paissent dans la grande parcelle où repousse un peu de luzerne. Elles se tournent vers moi, interrogatives. « Paissez mes douces brebis, paissez votre content. Le champ est tout à vous. » <br />Rien d&rsquo;autre n&rsquo;arrive. Je grommelle dans mon vide d&rsquo;oiseaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>dimanche 30 août</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>ce calme d&rsquo;hirondelles</em><br /><em>ah mes grandes voyageuses <br />tout l&rsquo;hiver sans vous</em></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.612), 21px);"><strong><em>lundi 31 août</em></strong><br />Il faut bien trouver notre place quelque part. La mosaïque des prairies et des forêts peut nous servir de guide. Les communautés végétales sont en mouvement constant pour faire face aux tempêtes, aux incendies, aux invasions, aux destructions. Nous autres aussi sommes en état transitoire entre l&rsquo;ancien et le nouveau, entre coopération et solitude.  </p>



<div style="height:54px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph"><br /><em>Photographies ©Françoise Renaud, Les Fougères, août 2026</em></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignfull size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220777.jpg" alt="" class="wp-image-7942" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220777.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220777-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220777-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1220777-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7942" /></figure>
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		<title>#VOYAGE fragments #04 &#124; le lac</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 08:45:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[voyage fragments 2026]]></category>
		<category><![CDATA[le lac]]></category>
		<category><![CDATA[Louise Imagine]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[Il avait eu envie de faire la traversée. Le temps était limpide, le lac posé au milieu du paysage pareil à un objet aux contours nets et précis. Même vers le fond là-bas — on s’en rend compte sur la photo &#8211;, il pouvait distinguer chaque arbre, chaque bosquet touffu, chaque affleurement de roche oxydée, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-lac/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #VOYAGE fragments #04 &#124; le lac »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(15.747px, 0.984rem + ((1vw - 3.2px) * 0.73), 24px);">Il avait eu envie de faire la traversée. Le temps était limpide, le lac posé au milieu du paysage pareil à un objet aux contours nets et précis. Même vers le fond là-bas — on s’en rend compte sur la photo &#8211;, il pouvait distinguer chaque arbre, chaque bosquet touffu, chaque affleurement de roche oxydée, chaque petite plage de sable rouge. Il discernait aussi certaines silhouettes humaines qui déambulaient et les barques ou voiliers tirés au sec sur la grève. Plein de confiance, il était entré dans l’eau et il avait commencé à progresser. Lentement. Posant sa nage, regardant à droite à gauche. Il ne se souciait guère des algues en lanières enracinées au fond de l’eau qui venaient caresser son ventre. Il avançait. Tout allait bien. Il avançait au rythme des bras qui refoulaient l’eau vers l’arrière et des jambes qui fouettaient sous la surface, un peu à la façon d&rsquo;une grenouille. Au bout d’un moment il s’était senti en forme et il avait décidé de crawler. Il lui semblait se souvenir de cette nage qu&rsquo;il pratiquait plus jeune, une nage qui exige de s’immerger davantage, de maîtriser son souffle, de se détacher de ses repères. Du coup il ne pouvait plus surveiller le décor comme avant, seulement pendant les espaces brefs de la respiration. Et l’air de rien il avait commencé à dévier de la trajectoire qu&rsquo;il s&rsquo;était fixée. Juste un peu au début — certainement à cause du courant qu’il avait négligé de considérer. Et plus il s’éloignait du rivage, plus le courant devenait sensible et plus il s’écartait de l&rsquo;axe choisi. Étant donné son manque d’entraînement, il était rapidement revenu à la brasse. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il avait constaté combien il avait dévié par rapport à sa ligne de départ. Pas grave. Il avait poursuivi, tout à fait certain d’accomplir son projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(15.747px, 0.984rem + ((1vw - 3.2px) * 0.73), 24px);">Au bout d&rsquo;un moment il avait fini par s’essouffler. Une fatigue subite lui était venue dans les jambes suivie d&rsquo;un commencement de crampe, et l’eau lui avait forcément paru plus sombre, peuplée de créatures dangereuses. Il avait senti l’effroi le gagner dans tout le corps pareil à un frisson glacé et sa nage s’était déréglée, mouvements désordonnés au point qu’il ne progressait plus ni dans un sens ni dans l’autre. Il avait même commencé à s’affoler et son cœur s’était emballé, il avait levé les bras en l’air pour faire signe, espérant qu’on le verrait depuis la base nautique. Il avait même tenté de crier, ce qui l&rsquo;avait épuisé davantage. Le vent du nord-ouest était alors en train de forcir — comme tous les jours à la cette heure-là —, le ciel était d&rsquo;un bleu acier absolument dépourvu de nuages et les moniteurs s&rsquo;affairaient à rentrer les voiliers, s’occupaient des gréements. Ils ne regardaient pas le paysage.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(15.747px, 0.984rem + ((1vw - 3.2px) * 0.73), 24px);">Des petites langues d&rsquo;eau de plus en plus féroces étaient en train de se lever à la surface du lac et cinglaient sa figure, l&rsquo;aveuglaient. Il avait résisté mais l’eau rentrait dans sa bouche, dans sa gorge. Et ça tapait fort contre sa peau, contre ses tempes. Soudain il avait eu l’impression d’étouffer. Tout était allé très vite, ses mains avaient battu la surface de l’eau comme si quelque chose de sauvage l’attirait vers le fond. Irrésistiblement. Impossible de lutter. Les lanières brunes et rugueuses avaient entouré ses jambes pour le faire céder et l&rsquo;attirer vers le fond. Puis plus rien. Seulement le silence du vent frappant l’ombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(15.747px, 0.984rem + ((1vw - 3.2px) * 0.73), 24px);">La petite l’attendait sur la rive. Sagement. Corps auréolé d’une fine poussière.</p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter is-resized"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-1024x1024.jpg" alt="photographie, Louise Imagine" class="wp-image-565" style="width:1084px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5.jpg 1398w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" data-mwl-img-id="565" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Photographie ©Louise Imagine</em></figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Une première version de ce texte a été écrite en juillet 2016 dans le cadre des Vases Communicants.</em></p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph">Les Vases communicants se déroulaient le premier vendredi du mois à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonnait les publications et inscrivait les futurs échanges sur le blog associé. L&rsquo;idée était d’aller écrire sur le blog de l’autre. Expérience conduite de juillet 2009 jusqu&rsquo;en 2017. J&rsquo;y ai participé plusieurs fois.</p>
</blockquote>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.354), 18px);"><em>Lac d&rsquo;Annecy, Colette Richarme (gouache, période 1925</em> &#8211;<em>1936</em>)</p>
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		<title>#voyage fragments #3 &#124; traversées du temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 12:23:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[voyage fragments 2026]]></category>
		<category><![CDATA[brûllure]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[moments]]></category>
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		<category><![CDATA[voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[Relisant ce texte écrit en avril 2025, j'y trouve un mouvement vers ce cycle que je commence à composer autour du voyageen particulier dans ces mots " basculements arrachements lignes brisées secousses séismes violences rapprochements soudains"Y FLOTTER S'Y BRÛLER S'Y ABIMER moment de la venue au jourmoment du cri, la douleur de chair chez elle &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/traversees-du-temps/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #voyage fragments #3 &#124; traversées du temps »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse"><em>Relisant ce texte écrit en avril 2025, j'y trouve un mouvement vers ce cycle que je commence à composer autour du voyage<br />en particulier dans ces mots " basculements arrachements lignes brisées secousses séismes violences rapprochements soudains"<br />Y </em>FLOTTER S'Y BRÛLER S'Y ABIMER</pre>



<div style="height:36px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moment de la venue au jour<br />moment du cri, la douleur de chair chez elle escortée par le cri &nbsp;<br />moments suspendus, seule avec le tout-petit avant de rentrer à la maison</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moments de séparation, le passé le présent, le noir le blanc, l’avancée le retrait, quand tout se défait s’enflamme se déballe se détruit</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moment au centre du bâtiment où se promènent les monstres et les fantômes de la nuit</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">l’espace, la chute sans fin, le corps qui plonge dans la stupeur à cause des pensées noires &nbsp;<br />sans cesse l’enfance à rebours<br />sans cesse l’appel à la tendresse</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">et puis la peur à cause de l’autre incapable de tendre la main, à cause des résurgences brûlantes de l’enfance qui obscurcissent le cerveau et déroulent des scènes oubliées, film muet en noir et blanc projeté en boucle et en arrière-plan &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moments à peine entrevus dans la brièveté d’une lumière clignotante, aveuglante, chargée des poussières de planètes lointaines, le genre de lumière qui réanime d’autres moments écartés du souvenir comme passés à la trappe<br />moments exempts de sens avec sensation de déchirure si intense qu’elle ne peut être dite<br />moment de miracle face à l’aube nouvelle toute habitée de piaillements d’oiseaux</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">basculements arrachements lignes brisées secousses séismes violences rapprochements soudains</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moments en d’autres pays qui racontent des histoires ignorées<br />moments de décomposition de l’espoir</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">secrets rages débordements ardeur des sentiments et des saisons flamboyantes qui tournent en tempêtes&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moments d’étreinte, chaleur, mains serrés, regards pour se réconcilier</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moments de l’abandon du corps à cause de la fièvre ou de l’amour</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">moments de grâce avant le soir</p>



<div style="height:41px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<pre class="wp-block-verse has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.177), 16px);">écrit autour d'un texte d'Henri Michaux "Moments, traversées du temps"<br /><br /><em>présences multiples<br />enlace... entrelace... ce qui entrelace...<br />l’infini est serpent<br />« L’habitant de la face en désordre<br />n’abandonne pas. »</em><br /><br /><em>Photographie - mon jardin ©Françoise Renaud, mars 2025</em></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>#VOYAGE FRAGMENTS #2 &#124; alors je n&#8217;aurais pas pensé que je mourais</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 07:47:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage fragments 2026]]></category>
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					<description><![CDATA[J&#8217;aimerais m&#8217;en retourner à mes quatorze quinze ans pour éprouver à nouveau cette soif de liberté qui avait commencé à m&#8217;habiter. Peu à peu une clarté piquante m&#8217;avait pénétrée, presque m&#8217;empêchait de respirer. Il m&#8217;en fallait peu pour courir dans le rêve. Une simple vignette à coller dans un album, un récit de Kipling, une &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/alors-je-naurais-pas-pense-que-je-mourais/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #VOYAGE FRAGMENTS #2 &#124; alors je n&#8217;aurais pas pensé que je mourais »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">J&rsquo;aimerais m&rsquo;en retourner à mes quatorze quinze ans pour éprouver à nouveau cette soif de liberté qui avait commencé à m&rsquo;habiter. Peu à peu une clarté piquante m&rsquo;avait pénétrée, presque m&#8217;empêchait de respirer. Il m&rsquo;en fallait peu pour courir dans le rêve. Une simple vignette à coller dans un album, un récit de Kipling, une image de jungle ou la mer en furie, tout me transportait et me poussait au dehors. J&rsquo;avais soif de monde. Je le soupçonnais immense et merveilleux, n&rsquo;avais qu&rsquo;une hâte, quitter l&rsquo;enfance et la maison du père.<br />Aucune peur, rien que soif,<br />soif de départ,<br />soif intense.<br />Bien sûr je n&rsquo;avais rien imaginé ni organisé de ce qui allait suivre &#8212; raison pour laquelle j&rsquo;aimerais m&rsquo;en retourner à cet âge et porter attention à chaque phase du développement de ce désir qui m&rsquo;enflammait comme un incendie.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Mes premiers « grands voyages » vers le Mexique ensuite vers l&rsquo;Asie m&rsquo;avaient envoûtée. L&rsquo;époque facilitait la découverte. Il fallait peu d&rsquo;argent et j&rsquo;avais le don de me débrouiller avec pas grand-chose. Un ticket open en charter, quelques traveller’s chèques, peu de bagage. Juste une paire de vêtements de rechange, un bon livre à lire et relire, un carnet pour dessiner, une carte de géographie. <br />Et la route devant moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Personne ne m&rsquo;attendait.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Je me souviens de la puissance ressentie au cours de ces mois de vadrouille en solitaire, plus de barrières, le ciel large ouvrait ses ailes pour y inscrire le sillage de mon corps et de ma pensée, peu importait le pays, c&rsquo;était son éloignement et son exotisme qui me bouleversaient, son étrangeté, sa rumeur qui s&rsquo;épanchait à mon oreille comme une musique jamais entendue. Les contraintes ordinaires s&rsquo;étaient dissoutes. Une part de mélancolie aussi. Je vivais le jour, la nuit. Je vivais à pleines mains, à pleine gorge. Tout ça me communiquait une grande force et un plaisir violent &#8212; ça avait duré presque deux décennies.<br />Alors j&rsquo;aurais pu mourir très facilement. De n&rsquo;importe quoi : virus, infection liée à des piqures d&rsquo;insecte, maladie vénérienne, attaque de chiens, noyade par imprudence, chute dans un canyon, empoisonnement, overdose.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">J&rsquo;aurais pu mourir, alors je n&rsquo;aurais pas pensé que je mourais,</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">ça se serait passé dans la jeunesse et dans le prolongement naturel des choses cruelles, un jour au cœur de l&rsquo;été j&rsquo;aurais entendu le crépitement d&rsquo;un brasier, la vie m&rsquo;aurait paru brève et intense, j&rsquo;aurais tout abandonné de mes minuscules possessions, j&rsquo;aurais entendu le hurlement des molosses qui fuyaient loin dans le désert qui s&rsquo;étend au-delà de la ville, j&rsquo;aurais su que c&rsquo;était fini, je l&rsquo;aurais vu comme un jaillissement, un franchissement des limites, une explosion fantastique, <br />je n&rsquo;aurais pas pensé que je mourais, <br />ça aurait seulement été l&rsquo;avancement logique de la vie, les battements de tambour, les rituels autour des feux, les invocations, les odeurs d&rsquo;herbes séchées de thym et de pavot, les volcans qui déversaient leurs ruisseaux de lave et les vagues qui revenaient inlassablement brosser le sable ou le fin gravier de la plage, ma peau, mes cheveux grillés, ou plutôt la peau et les cheveux d&rsquo;une fille morte en train de se dissoudre dans la voie lactée, <br />je n&rsquo;aurais pas pensé que je mourais, <br />plus de souffrance, plus de mélancolie, rien qu&rsquo;une secousse, un étourdissement,<br />tout serait retombé dans le silence après l&rsquo;installation du bûcher, les incantations, les parfums, les cendres bientôt disséminées dans le lac couché dans la caldeira ou dans l&rsquo;océan.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Ici se raniment les grondements de cette époque voyageuse, grondements qui s&rsquo;agrippent à mes jambes comme sarments de lierre qui grimpent contre les murs, rustiques, infatigables, qui n&rsquo;ont que faire des incendies et des sécheresses. Je ne les repousse pas, je les accueille, ils me constituent, m&rsquo;ont brûlé les entrailles. </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Désormais je vis auprès des loups aux yeux jaunes, je ne suis qu&rsquo;une enfant.<br /></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="618" height="824" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1040772-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-7822" style="aspect-ratio:0.7500000222647707;width:880px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1040772-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1040772-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1040772-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/08/P1040772-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" data-mwl-img-id="7822" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographies ©françoise renaud, Côte de Jade</em></p>
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		<title>TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, mois de juillet 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 16:18:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[journal de saison 2025-2026]]></category>
		<category><![CDATA[canicule]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[saison]]></category>
		<category><![CDATA[sécheresse]]></category>
		<category><![CDATA[tavelures]]></category>
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					<description><![CDATA[mercredi 1er juillet 2026, Les FougèresCe matin, la fraîcheur surprend. Une sensation presque oubliée, douce à la peau et en arrière du front. Les oiseaux le sentent, leurs chants semblent évoluer dans une sonorité plus pleine, plus déliée. J&#8217;y goûte profondément. jeudi 2 juilletLes feuilles de certains arbres sont piquées de tavelures à cause de &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/terrain-fragile-journal-de-saison-mois-de-juillet-2026/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, mois de juillet 2026 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 1er juillet 2026, Les Fougères</em></strong><br />Ce matin, la fraîcheur surprend. Une sensation presque oubliée, douce à la peau et en arrière du front. Les oiseaux le sentent, leurs chants semblent évoluer dans une sonorité plus pleine, plus déliée. J&rsquo;y goûte profondément.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>jeudi 2 juillet</em></strong><br />Les feuilles de certains arbres sont piquées de tavelures à cause de la violence du soleil. Les fruits aussi. L&rsquo;automne effacera les traces et lancera le cycle suivant. On le pensera éternel.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>saison brûlante<br />chavirement des arbres</em><br /><em>y croire pourtant</em></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220589.jpg" alt="" class="wp-image-7582" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220589.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220589-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220589-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220589-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7582" /></figure>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220590.jpg" alt="" class="wp-image-7583" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220590.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220590-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220590-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220590-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7583" /></figure>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 3 juillet</em></strong><br />Un paquet m&rsquo;attend dans ma boîte à lettres, rempli de merveilles. Jacqueline de Savoie a pensé à moi. Elle sait si bien deviner mes préoccupations, histoires de femmes et de correspondances, ô livres magnifiques.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.177), 16px);"><em>Un herbier</em>, lettre de George Sand adressée à Juliette Lambert (publiée dans la <em>Revue des Deux Mondes</em>, 1868) <br />illustrée de planches fleuries réalisées par Louise Collet (Reliefs éditions). <br /><em>La guérisseuse de Catane</em>, de Simona Lo Iacono (Métaillé). Roman inspiré de faits réels, Sicile, XIVe siècle. <br /> <em>Au-delà des mers en huit lettres</em>, d&rsquo;Henri Perrier Gustin (Drosera). Lettres retrouvées dans la grange des arrière-grands parents aux Abrets (Dauphiné).</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><br /><strong><em>samedi 4 juillet</em></strong><br />Il me revient le souvenir de l&rsquo;herbier que j&rsquo;avais composé autour des plantes méditerranéennes quand j&rsquo;étais étudiante. Longtemps j&rsquo;en ai conservé des feuillets empreints de sucs et de pollen. J&rsquo;aime ce procédé, plus proche du poétique que du mortuaire. Les organes ainsi préservés conservent force, parfums, couleurs, celles-ci quand bien même fanées, scellées dans le papier. Les notes griffonnées disent la date, le lieu géographique, la nature de la cueillette, si possible identifient la plante. Des notes qui ravivent la mémoire des promenades en garrigue ou au bord de la Mosson. <br />Bien plus qu&rsquo;un reliquaire, l&rsquo;herbier est une célébration du vivant et de la saison.  </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>fleurs du présent<br />pressées dans la lumière</em><br /><em>non dans l&rsquo;agonie</em><br /></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>dimanche 5 juillet, Jabreilles Les Bordes</em></strong><br />Je suis conviée aux <a href="https://www.francoiserenaud.com/2026/07/06/pre-en-bulle-jabreilles-5-juillet-2026/"><strong>rencontres estivales de Jabreilles</strong></a>, dans une forêt aux reliefs escarpés à une demi-heure d&rsquo;ici. Un territoire sillonné de ruisseaux et empreint de chemins au pavage gallo-romain. La journée s&rsquo;annonce chaude, on est prévenu.<br />Luxuriance heureuse des arbres, points d&rsquo;eau et bosquets, champs d&rsquo;ombre pour les animaux. Un hectare de jardin extraordinaire, chaque recoin travaillé comme un tableau. Fleurs en métal, statuaire, petites céramiques, structures métalliques, objets anciens, tout contribue à enrichir le décor et alimente les rêves des promeneurs.</p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_165836-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7675" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_165836-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_165836-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_165836-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_165836-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7675" /></figure>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>et ça ressemble <br />à un voyage sous les feuilles<br />et vagabonde</em></p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_3.jpg" alt="" class="wp-image-7738" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_3.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_3-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_3-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_3-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7738" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1044" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_poulettes2.jpg" alt="" class="wp-image-7679" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_poulettes2.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_poulettes2-300x153.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_poulettes2-824x420.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/JABREILLES_poulettes2-2000x1020.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" data-mwl-img-id="7679" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_095448-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7677" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_095448-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_095448-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_095448-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/20260705_095448-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7677" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);">Ma table de livres me rappelle à l&rsquo;ordre matériel du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 7 juillet</em></strong><br />Lu deux fois dans la matinée la lettre de George Sand <em>Un herbier</em> et admiré les planches végétales de Louise Collet.<br />L&rsquo;image a une forte capacité de me reconduire vers les mots, vers le texte. Faire des photographies pour moi, c&rsquo;est comme cueillir des fleurs ou des fruits dont je profiterai au repas.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 8 juillet </em></strong><br />À nouveau la chaleur nous accable. Il faut vivre dans l&rsquo;ombre. Et il faut vraiment que je me mette à écrire.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>temps de fenaison<br />mille papillons de paille<br />si vibrant l&rsquo;air sec</em></p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>jeudi 9 juillet, Les Fougères</em></strong><br />Travaillé une heure ou deux sur les premières pages du <em>Pays d&rsquo;Hammersøi</em>.</p>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220629.jpg" alt="" class="wp-image-7670" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220629.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220629-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220629-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220629-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7670" /></figure>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220630.jpg" alt="" class="wp-image-7668" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220630.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220630-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220630-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220630-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7668" /></figure>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 10 juillet</em></strong><br />Je visite mon amie Annie, réfugiée dans l&rsquo;ombre de sa maison de pierre qu&rsquo;elle appelle l&rsquo;Arche. Elle y a élevé plein d&rsquo;enfants, elle a tant à raconter&#8230;<br />Je lui parle de la consolation, du film du même nom (avec un s) de l&rsquo;artiste <a href="https://www.patreon.com/borisdunand/posts/une-croisee-de-1-163360818" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Boris Dunand</strong></a> que je viens de visionner. Sa voix dit : « &#8230;une lenteur m&rsquo;a saisi tout le corps et j&rsquo;ai soudainement entendu la plage, les arbres mouillés, la torpeur, le rythme d&rsquo;une lecture&#8230; » Une sorte d&rsquo;invitation au voyage. »</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>soudain grand vent<br />on a espéré l&rsquo;eau du ciel<br />toutes fleurs mortes</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>samedi 13 juillet</em></strong><br />Je n&rsquo;ai de cesse de me soucier de mes poulettes avec cette chaleur, même si elles ont l&rsquo;air de bien supporter. Tous les matins Alba continue à venir me chercher. Elle s&rsquo;échappe de l&rsquo;enclos et s&rsquo;en vient rôder caquetant du côté de la maison. Sitôt qu&rsquo;elle m&rsquo;aperçoit, elle court vers moi éperdument.</p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220641.jpg" alt="" class="wp-image-7669" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220641.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220641-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220641-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220641-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7669" /></figure>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>dimanche 12 juillet</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);">« Les journées s&rsquo;étirent jusqu&rsquo;à l&rsquo;épuisement. » <br />(in <a href="https://philippe-castelneau.com/2026/07/12/le-bruit-des-jours-%c2%b7-12-juillet-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Le Bruit des Jours</strong></a>, journal de Philippe C. du 12 juillet)</p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);">J&rsquo;éprouve le même sentiment en cette troisième vague caniculaire. Parfois un instant lumineux me donne la direction à suivre dans mon chemin d&rsquo;écriture. Jaillit une suite de mots justes et forts, et puis l&rsquo;espace se rétracte. <br />Échangé avec Catherine à propos de l&rsquo;approche de l&rsquo;intime : « Plus on se penche sur l’intime, plus on creuse en soi, plus on élargit le champ jusqu&rsquo;à l&rsquo;universel&#8230; », une chose qui m&rsquo;avait frappée juste après la publication de <a href="https://www.francoiserenaud.com/bibliographie/romans-recits/lenfant-de-ma-mere/"><strong><em>L&rsquo;Enfant de ma mère</em></strong></a> et qui demeure vrai encore aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 13 juillet</em></strong><br />Pendant son <em>live </em>du dimanche, Gracia Bejjani a proposé cinq extraits puisés dans les correspondances de Marguerite Yourcenar. J&rsquo;ai été touchée par sa réponse à Patrick de Rosbo, auteur critique à qui elle se confiait : « Tout ce que je crains, c&rsquo;est que votre amicale ferveur ne prête trop d&rsquo;importance à la voyageuse elle-même, simple point qui bouge dans le paysage traversé. »<br />Modestie, recul et bienveillance chez elle qu&rsquo;on ne lit aujourd&rsquo;hui que trop peu.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 14 juillet</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em><br />les forêts brûlées<br />forte l&rsquo;image serre le cœur</em><br /><em>rêver de neige</em></p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220614.jpg" alt="" class="wp-image-7651" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220614.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220614-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220614-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220614-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7651" /></figure>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 15 juillet</em></strong>,<strong><em> orages en cours</em></strong><br /></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">écrire depuis la racine des prairies<br />écrire depuis la brûlure et la dessiccation<br />écrire depuis les canaux profonds où circule encore le suc de la terre et des arbres<br />écrire depuis le feu et la cendre<br />écrire depuis l&rsquo;anxiété qui fait des tranchées dans le sommeil<br />écrire depuis l&rsquo;exaspération<br />écrire depuis les graines dans les capsules scellées de coquelicot<br />&#8212; retrouver l&rsquo;écrire à la racine de mes prairies, à l&rsquo;aune de mes graines encore vivantes<br /></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);">Je n&rsquo;ai pas trouvé d&rsquo;autre consolation que d&rsquo;aller récolter les capsules sur les pieds morts de mes coquelicots. Je les ai entassés là-bas, sous les cytises. Je vais en préparer un sac pour mon amie de Bruxelles qui les adore. Ils habiteront son jardinet au prochain mois de mai.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>jeudi 16 juillet, étouffant dehors</em></strong><br />J&rsquo;apprends le décès de Jo, bonne voisine cévenole. Après une plainte au cœur, la paix revient en moi. Une envie de haïku m&rsquo;envahit. Cette brièveté saisit et adoucit une part de l&rsquo;être. Cette forme détiendrait une réelle capacité de réparation. <br />Vol de la buse, chant du criquet, chatte furtive. Tous ensemble on pense à Jo en attendant de nouveaux orages.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>toute petite femme</em><br /><em>dans la maison de pierre<br /> son parler rugueux</em> </p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220674.jpg" alt="" class="wp-image-7724" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220674.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220674-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220674-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220674-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7724" /></figure>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220678.jpg" alt="" class="wp-image-7725" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220678.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220678-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220678-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220678-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7725" /></figure>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220682.jpg" alt="" class="wp-image-7726" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220682.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220682-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220682-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220682-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7726" /></figure>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 17 juillet, délivrance</em></strong><br />Les orages sont arrivés hier soir, violents, avec bourrasques de vent et averses de grêle. Comme une rébellion, une manifestation des forces obscures. Les carreaux d&rsquo;une fenêtre ont volé en éclat. Nuit perturbée. Le spectacle au matin est désolant, feuillages déchiquetés, haie d&rsquo;hortensias comme émiettée. Il faudra plusieurs jours pour réparer, nettoyer, balayer, redresser les plants abattus, peu à peu remettre de l&rsquo;ordre et renouer avec la sérénité.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>samedi 18 juillet</em></strong><br />Chaque jour est un méandre, on ne voit pas la suite du voyage. Tout est en passe d&rsquo;arriver, de frapper, d&rsquo;interroger de l&rsquo;autre côté de la peur.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>dimanche 19 juillet, 21° à 11 h</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);">« <em>Je crois que toute chose est vivante ; que le monde végétal est sensible ; <br />je crois que si je pose ma main assez longtemps contre l’écorce d’un arbre <br />ou la surface d’une pierre, je pourrais sentir son énergie me traverser.</em>« <br />in <a href="https://philippe-castelneau.com/2026/07/19/le-bruit-des-jours-%c2%b7-19-juillet-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Le Bruit des jours</strong></a>, de Philippe C.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><br />Le vivant pulse au voisinage, arbres, prairies, jardins et toutes les créatures qui y habitent. Je le sens dans mon corps, aussi tout ce qui échappe à mon regard. Je lâche prise et pars en promenade.<br /></p>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220670.jpg" alt="" class="wp-image-7728" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220670.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220670-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220670-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220670-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7728" /></figure>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 20 juillet</em></strong> <strong><em>2026</em></strong><br />Relevé hier dans <strong><a href="https://lesheurescreuses.net/2026/07/19/je-ne-lutte-plus-contre-la-lenteur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les Heures Creuses</a> </strong>de Caroline Diaz : « J’ai le sentiment que nous sommes plus attentifs les uns aux autres. » <br />Dans les temps difficiles, les humains se rapprochent insensiblement. Ils sentent la proximité du désastre, la possibilité de la fin. La peur leur donne à partager.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 21 juillet</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>vent de Nord levé<br />terre et feuillages desséchés<br />espérer le soir</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 22 juillet</em></strong><br />La fraîcheur revenue me permet d&rsquo;avoir l&rsquo;esprit plus clair, de reprendre le cours.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 24 juillet</em></strong><br />J&rsquo;éprouve beaucoup de plaisir à découvrir l&rsquo;article de Catherine sur <a href="https://itinerairespluriels.com/2026/07/24/1584/comment-page-1/#comment-97" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Itinéraires Pluriels</strong></a> autour de Colette Richarme et de la biographie que je lui ai consacrée <em><strong><a href="https://www.francoiserenaud.com/bibliographie/romans-recits/au-dela-du-blanc-richarme-1904-1991/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Au-delà du blanc</a></strong></em>. Cette femme artiste a nourri mon travail et ma foi. Elle m&rsquo;a appris qu&rsquo;il fallait croire dur comme fer à ce qu&rsquo;on fait pour creuser un sillon qui nous ressemble, laisser trace dans le tapis de mousses.</p>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1210142.jpg" alt="" class="wp-image-7667" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1210142.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1210142-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1210142-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1210142-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7667" /></figure>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>samedi 25 juillet 2026</em></strong>,<strong><em> Les Fougères</em></strong><br />Odeur étrange et forte au réveil. L&rsquo;espace du ciel au Sud est couvert, brumeux, comme empli de cendres. Le nuage des incendies de Gironde est poussé jusqu&rsquo;ici par les vents. Pins brûlés, terre agonisante. Clairières, ruchers, terriers anéantis. Toute la douceur engloutie dans l&rsquo;odeur âcre et prégnante.<br />L&rsquo;écrire ici pointe le désastre et injecte une infinie tristesse dans le cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>dimanche 26 juillet</em></strong><br />Je suis inconsolable. les animaux ont brûlé avec la forêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 27 juillet</em></strong><br />Le nuage de cendres a fini par se dissiper et les oiseaux ont repris leurs chants et leurs petits voyages comme à l&rsquo;accoutumée. Pourtant ça continue de brûler là-bas. On sent la colère monter. On aimerait contribuer au sauvetage. Cette part infime que nous accomplissons au quotidien pour que le monde devienne meilleur, paraît si dérisoire. On se demande s&rsquo;il va être tiré leçon de ces catastrophes.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 28 juillet</em></strong><br />Un post de Philippe dans <strong><a href="https://philippe-castelneau.com/2026/07/26/le-bruit-des-jours%c2%b7-26-juillet-2026/">Le Bruit des jours</a> </strong>du 26 juillet à propos de la souffrance me ramène à une expérience vécue sur une plage équatorienne il y a des années. <br />J&rsquo;avais marché longtemps dans un sable qui me brûlait atrocement les pieds. J&rsquo;avais continué. Longtemps. Le décor était désert et somptueux. Et la brûlure était remontée dans mon corps jusqu&rsquo;à se transformer en une folle sensation de bien-être, comme si toute la froidure éprouvée dans ma vie en avait été chassée d&rsquo;un coup pour devenir lumière.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;elle<br />tu deviens la souffrance <br />illumination</em></p>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220664.jpg" alt="" class="wp-image-7727" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220664.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220664-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220664-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220664-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7727" /></figure>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:31px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 29 juillet, 39° à 17 h</em></strong><br />Fuyant la chaleur, je rejoins Hammersøi où Waralin le survivant apprivoise Kaja la corneille. Kaja va lui enseigner les secrets du vol et devenir part de son être.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>jeudi 30 juillet</em></strong><br />Le ciel gronde, quelques gouttes miraculeuses. Les poulettes s&rsquo;affairent de bon matin. On voudrait que l&rsquo;eau tombe encore. <br />Je pense aux déplacés de Gironde et aux feux qui se poursuivent tandis que des images de l&rsquo;<strong><a href="https://www.francoiserenaud.com/bibliographie/romans-recits/inondation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Inondation </a></strong>subie en 2014 me reviennent en cascade : l&rsquo;anéantissement, la perte, le courage à mobiliser. Ce n&rsquo;était pas le feu, mais l&rsquo;eau.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 31 juillet</em></strong><br />Ô joie immense ! Les hirondelles s&rsquo;occupent d&rsquo;une nouvelle couvée &#8212; j&rsquo;ai compté trois oisillons &#8212; et les hortensias brûlés par les canicules successives semblent ébaucher une repousse. Je taille les inflorescences brûlées, espérant une floraison tardive. </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><br /><em>annonce d&rsquo;orage<br />d&rsquo;abord survie  puis délice<br />la pluie est douce </em></p>



<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographies ©Françoise Renaud, Les Fougères, juillet 2026</em></p>



<figure class="wp-block-image alignfull size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220619.jpg" alt="" class="wp-image-7672" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220619.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220619-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220619-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/07/P1220619-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7672" /></figure>
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		<title>TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, mois de juin 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 09:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[journal de saison 2025-2026]]></category>
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					<description><![CDATA[lundi 1er juin, Les FougèresPhilippe C. écrit dans son Bruit des Jours du 24 mai : « Écrire à la main, c’est reprendre la main. Mes notes, choses vues, haïkus, réflexions pour plus tard, sont une façon de signifier mon ancrage dans la vie. Non plus témoin passif, mais témoin essentiel&#160;: présent au monde. »Ce journal de &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/terrain-fragile-journal-de-saison-mois-de-juin-2026/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« TERRAIN FRAGILE &#124; journal de saison, mois de juin 2026 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 1er juin, Les Fougères</em></strong><br />Philippe C. écrit dans son <strong><a href="https://philippe-castelneau.com/2026/05/24/le-bruit-des-jours-%c2%b7-24-mai-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruit des Jours</a></strong> du 24 mai : « Écrire à la main, c’est <em>reprendre la main</em>. Mes notes, choses vues, haïkus, réflexions pour plus tard, sont une façon de signifier mon ancrage dans la vie. Non plus témoin passif, mais témoin essentiel&nbsp;: présent au monde. »<br />Ce journal de saison est un carnet d&rsquo;images, de notes et de liens installés dans mon présent. Il me permet de respirer. Il reflète ma « présence au monde ».</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 2 juin</em></strong> <br />Transition entre canicule et fraîcheur. Je n &lsquo;ai pas trouvé pas le chemin du sommeil, lune encore grosse même si elle se lève un peu plus tard. J&rsquo;ai rêvé qu&rsquo;on me prenait dans les bras mais je n&rsquo;ai pas vu de visage ni senti d&rsquo;odeur de peau.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 3 juin</em></strong><br />Les fleurs sont si belles qu&rsquo;elles m&rsquo;aident à me détacher de la matérialité du monde des hommes. Ce jaune me reconduit vers la peinture de Pierre Bonnard, immortelles enlacées de lavande.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>yeux d&rsquo;hélicryse<br />autant de petits soleils<br />l&rsquo;âme en fait son miel</em></p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220495.jpg" alt="" class="wp-image-7421" style="width:1200px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220495.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220495-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220495-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220495-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7421" /></figure>



<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220502.jpg" alt="" class="wp-image-7426" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220502.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220502-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220502-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220502-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7426" /></figure>



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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220501.jpg" alt="" class="wp-image-7425" style="width:1200px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220501.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220501-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220501-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220501-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7425" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><em><strong>jeudi 4 juin, en route vers l&rsquo;Ouest</strong></em><br />Je déteste le moment de quitter la maison. C&rsquo;est comme un arrachement. Après cinquante kilomètres, un air de liberté m&rsquo;envahit. Le vent bouscule mes cheveux, ma tête se vide. Après Niort, le ciel devient puissant, chargé de lourds nuages avec interstices de bleu quasi violacé. Plusieurs grains me contraignent à réduire ma vitesse. Je prends du retard. Elle m&rsquo;attend là-bas. <br />Ma petite mère est toute retournée par mon arrivée. Je la trouve magnifique dans son petit ensemble taupe et blanc, cheveux coupés de frais. <br />À présent que j&rsquo;écris, elle dort. J&rsquo;ai laissé la fenêtre ouverte pour sentir l&rsquo;odeur de l&rsquo;océan à quelques pas d&rsquo;ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><em><strong>vendredi 5 juin</strong></em>,<em><strong> Sainte Marie sur mer</strong></em><br />Le temps s&rsquo;est densifié. Pas une seconde pour penser. Plus que tout comptent les petits gestes qui rassurent, les mots répétés pour bien se comprendre. Ici, plus question de floraison ou d&rsquo;éclosion. Je m&rsquo;échappe à marée montante pour regarder les eaux couleur de Jade.</p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173532-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7446" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173532-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173532-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173532-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173532-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7446" /></figure>



<div style="height:var(--wp--preset--spacing--x-small)" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_180208-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7451" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_180208-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_180208-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_180208-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_180208-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7451" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>samedi 6 juin</em></strong><br />Coup de vent cette nuit et grains incessants. Au matin, la surface de la mer est mouvante et l&rsquo;espace du ciel en demeure tourmenté tout comme mon univers intérieur.<br />Avec mon amie de toujours, nous cueillons des coquillages pour en faire des guirlandes &#8212; nous le faisions quand nous étions enfants. La plage est déserte. L&rsquo;air du grand large nous balaie le visage.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>dimanche 7 juin, restaurant l&rsquo;Ardillon</em></strong><br />Journée passée dans un tourbillon avec maman qui entre dans sa 98ème année. On s&rsquo;est réunies au restaurant du bourg pour un café gourmand. Dix femmes autour d&rsquo;elle dont Émilienne (99 ans), Janine (98 ans), Clarisse (90 ans), Simone (89 ans), debout et cœur vaillant. Nous autres les filles, nous les admirons, conscientes de l&rsquo;accompagnement que nous leur prodiguons tout en partageant nos difficultés. <br />J&rsquo;organisais ce moment-surprise depuis plusieurs semaines. J&rsquo;y tenais. Nous avons tout de même pris le temps d&rsquo;une respiration, ma cousine Patricia et moi, pieds dans le sable à marée basse.</p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_174004-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7449" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_174004-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_174004-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_174004-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_174004-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7449" /></figure>



<div style="height:21px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 8 juin, retour à l&rsquo;intérieur des terres</em></strong><br />J&rsquo;aurais aimé écrire aujourd&rsquo;hui mais je suis en route. Longues lignes franchissant des collines désertes. Je me repasse le film de ce dernier séjour. La fatigue m&rsquo;envahit.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 9 juin, Les Fougères</em></strong><br />Renouer avec ma campagne me comble. Je retrouve mes animaux. Alba répond tout de suite à mon appel et se laisse prendre dans les bras comme un chat. Elle a le poids d&rsquo;un oiseau, ce qu&rsquo;elle est.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>elles fusent et filent </em><br /><em>minuscules hirondelles<br />au ras de l&rsquo;herbe</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 10 juin</em></strong><br />Je retrouve le <a href="https://www.les-enlivreurs.fr/2026/06/debut-juin-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>journal des Enlivreurs</strong></a> de Juliette Derimay qui habite en pays de montagne. Nous observons les mêmes inflorescences qui illuminent nos châtaigniers tout comme le paysage, et c&rsquo;est comme une douceur.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph">« <em>C’est le moment des fleurs, des longs chatons jaune pâle, <br />de leur odeur lourde et fauve. Ils font partie des arbres parmi les plus prudents, </em><br /><em>pour d’autres, déjà les fruits, pour eux à peine les fleurs.</em>« </p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220543.jpg" alt="" class="wp-image-7493" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220543.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220543-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220543-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220543-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7493" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>jeudi 11 juin </em></strong><br />J&rsquo;ai cueilli des petites cerises, entre sauvages et greffées, délicieuses pour une confiture. En même temps que je dénoyaute, je guette l&rsquo;arrivée de Catherine, une amie de Bruxelles qui passera quelques jours aux Fougères. Une rencontre entre amitié et écriture. Nos corps ne se sont jamais vus.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 12 juin</em></strong><br />Échanges en confiance après une promenade dans la prairie aux mille essences, puis découverte du jardin médiéval de Bénévent l&rsquo;Abbaye. Sensation d&rsquo;un temps très dense. Que cherche-ton dans ce partage sinon à formuler, dans une sorte d&rsquo;exigence silencieuse, l&rsquo;histoire de nos passés et la force de nos partages ? <br />Si l&rsquo;acte de lire se dissout tout en laissant trace sous la peau, l&rsquo;acte d&rsquo;écrire appartient au présent tout comme l&rsquo;acte de dire &#8212; exprimer, formuler (mettre en forme), se confier.<br />Je relève ces deux phrases de Raymonde I., une amie du Tiers Livre.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><br /><em>Je ne cherche pas des sujets, ils sont déjà là. Je cherche <br />seulement la forme qui leur permettra d’exister sans se perdre.</em></p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260612_181646-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7507" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260612_181646-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260612_181646-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260612_181646-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260612_181646-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7507" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>samedi 13 juin, château de Nohant</em></strong> <strong><em>(Indre)</em></strong><br />Blonds les épis de blé. Nous roulons dans la campagne brûlante du Berry jusqu&rsquo;à la vallée noire où se trouve la maison d&rsquo;Aurore Dupin, baronne Dudevant, pseudo George Sand. Ce domaine, elle l&rsquo;a hérité de sa grand-mère paternelle, Mme Dupin de Francueuil, et elle le dirigera de main de <em>maîtresse</em>. Ses multiples ouvrages en seront inspirés.<br />Imposant manoir du XVIIIe aux volets gris bleutés. Arbres puissants. Cimetière familial aux parfums d&rsquo;écorce, animé de chants d&rsquo;oiseaux. George arrive à Nohant en 1808 &#8212; elle a 4 ans. Elle y mourra en 1876. Elle y a reçu tant de monde.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>au manoir de George<br />graminées coquelicots</em><br />&#8212; <em>sous l&rsquo;if le tombeau</em><br /></p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220562.jpg" alt="" class="wp-image-7517" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220562.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220562-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220562-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220562-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7517" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>dimanche 14 juin<br /></em></strong>Cathy reprend la route vers Bruxelles à midi. État de fatigue avancé. Je reste au creux de l&rsquo;ombre avec les images de Nohant dans la tête, surtout celles des jardins et du petit bois délivrant calme et oiseaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 15 juin</em></strong><br />La vie reprend son cours aux Fougères. Je travaille à un article sur Nohant et sa baronne, un peu « notre grande sœur » comme vient de me l&rsquo;écrire Philippe S.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 16 juin</em></strong><br />L&rsquo;article intitulé <a href="https://www.francoiserenaud.com/2026/06/16/voyage-a-nohant-en-vallee-noire-berry-13-juin-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>Voyage à Nohant en Vallée Noire</em></strong></a> est publié.<br />Contente d&rsquo;avoir eu la force de faire quelques images. Et bien obligée de constater la puissance du souvenir qui s&rsquo;annonce dans l&rsquo;après-voyage &#8212; autant la puissance des lieux que celle de l&rsquo;histoire qui s&rsquo;y raconte, du territoire, des jardins de l&rsquo;enceinte. Une visite qui occupe durablement mon cerveau. J&rsquo;essaie de l&rsquo;imaginer elle, George, en pantalons dans la cour de la ferme avec sa bonté naturelle, ses combats intérieurs, toute la force de la saison à son entour, les fleurs et le flot des grands arbres.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 17 juin</em></strong><em><strong>, Arnac la Poste (87)</strong></em><br />La chaleur ne cesse d&rsquo;augmenter. Je décide malgré tout d&rsquo;assister au spectacle de rue <em>Furtives </em>et de rencontrer l&rsquo;amie Françoise G., directrice de la compagnie <em>La Baleine Cargo</em>. Un merveilleux moment tout en mouvement et en énergie, trio de femmes à la fois comédiennes chanteuses danseuses, furieusement belles et rebelles. Je me suis un peu retrouvée à leur âge&#8230; Avec Françoise, nous avons pu nous serrer fort.</p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260617_170847-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7527" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260617_170847-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260617_170847-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260617_170847-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260617_170847-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7527" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>jeudi 18 juin, Les Fougères</em></strong><br />Si je n&rsquo;écrivais pas, je me sentirais moins offerte à tous les vents, en même temps je me sentirais moins vivante. Ce choix de la fragilité plutôt que l&rsquo;immobilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 19 juin</em></strong><br />La chaleur grimpe encore. Alors veiller sur les animaux, en particulier les poulettes qui peuvent en souffrir. Veiller aussi sur les hirondelles qui en sont à l&rsquo;élevage de leur couvée. Elles ne devraient pas manquer d&rsquo;eau avec le bassin juste à côté. Les herbes sont grillées, les coquelicots desséchés. Je les arrache en touffes pour bientôt récolter leurs capsules pleines de graines.<br />Cette deuxième canicule va faire du mal au potager et aux arbres. <br />Je cherche consolation à lire le <a href="https://www.les-enlivreurs.fr/2026/06/debut-de-mi-juin-2026/?utm_source=mailpoet&amp;utm_medium=email&amp;utm_source_platform=mailpoet&amp;utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-des-enlivreurs_3" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>journal de mi-juin de Juliette</em></strong></a>, retenant « les toutes timides pluies » (longtemps qu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas eu par ici), « le grand sérieux des arbres », « le soleil si blanc », « le craquèlement de la boue qui n&rsquo;oublie jamais rien ».</p>



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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1440" height="2560" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220550.jpg" alt="" class="wp-image-7516" style="aspect-ratio:0.562500021457673;width:754px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220550.jpg 1440w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220550-169x300.jpg 169w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220550-464x824.jpg 464w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" data-mwl-img-id="7516" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>samedi 20 juin</em></strong><br />Demeurer dans l&rsquo;ombre. Reprendre des forces pour demain.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);"><em>tel rêve du jour </em><br /><em>image de la clepsydre</em><br /><em>le temps</em> <em>étouffé</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><br /><strong><em>dimanche 21 juin, solstice d&rsquo;été</em></strong><br />Au matin, la route est déserte vers Saint-Sulpice les Feuilles. Soleil haut brûlant. De quoi s&rsquo;inquiéter. Les lecteurs viennent pourtant. Presque un miracle, intérêt et bienveillance. Ces rencontres imprévues me consolent. Ayant l&rsquo;occasion d&rsquo;évoquer mon parcours depuis <em>L&rsquo;Enfant de ma mère</em>, je ressens combien la famille demeure un sujet aussi brûlant que le soleil.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 22 juin, Les Fougères</em></strong><br />33° à 10 h. Ne pas se lamenter. Pas d&rsquo;orage en vue.<br />L&rsquo;état du monde est une violence.<br />M&rsquo;en retourner aux images du pays de mer. Elles sont comme un refuge.<br /></p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173401-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7452" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173401-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173401-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173401-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173401-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7452" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173420-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7563" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173420-scaled.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173420-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173420-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/20260605_173420-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7563" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 23 juin, + de 40° à l&rsquo;ombre</em></strong><br />Personne ne m&rsquo;a appris ce geste d&rsquo;écrire. Il est venu de la nécessité, à la fois acte de creusement et désir d&rsquo;écarquillement. Maintenant j&rsquo;en ai davantage derrière moi que devant.</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>l&rsquo;oisillon mort</em><br /><em> telle offrande à mes pieds</em><br /><em>un jour la fin</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mercredi 24 juin</em></strong><br />Envie de faire quelques images malgré le chaud et le grillé. Tout est brouté, amoindri, éreinté. Pourtant je me laisse surprendre par toutes ces choses infiniment belles à regarder en dépit de tout. Et encore des fruits à venir.<br /></p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220577.jpg" alt="" class="wp-image-7580" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220577.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220577-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220577-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220577-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7580" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220578.jpg" alt="" class="wp-image-7609" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220578.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220578-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220578-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220578-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7609" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>jeudi 25 juin, canicule toujours</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><em>Nous cinglons sur des routes amères. <br />Nous avons perdu la direction du ciel</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);">Des mots de <a href="https://sergebonnery.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em><strong>Serge Bonnery</strong></em></a> qui citait Jean-Claude Pirotte en prologue : «&nbsp;Jamais il ne faudrait oublier de raconter le ciel. » <br />En ce pays, je regarde plutôt la ligne des herbes et la frontière des arbres. Il y a dans ce mouvement des prairies une blondeur et une douceur insaisissables.</p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220603.jpg" alt="" class="wp-image-7595" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220603.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220603-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220603-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220603-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7595" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>vendredi 26 juin 2026, Les Fougères</em></strong><br />« Plus je vieillis, plus j&rsquo;ai d&rsquo;avenir. » (Carl Gustav Young autour de ses 100 ans).</p>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>histoire des hommes<br />forêts prairies vallées noires</em><br /><em>tout y est inscrit</em></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>samedi 27 juin 2026</em></strong><br />On espère une baisse des températures. On espère revivre, hommes et bêtes. Pourvu que les orages ne détruisent pas ce qui a survécu à deux semaines de brûlure. Annie s&rsquo;inquiète aussi d&rsquo;éventuels dégâts.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>dimanche 28 juin 2026</em></strong><br />Enfin la délivrance. Incroyable fraîcheur après les orages nocturnes. Le corps en est très étonné.<br />Noter la place que m&rsquo;accorde Philippe C. aujourd&rsquo;hui dans son <a href="https://castelneau.substack.com/p/signalbruit-102?utm_source=post-email-title&amp;publication_id=5796&amp;post_id=203359276&amp;utm_campaign=email-post-title&amp;isFreemail=true&amp;r=1wgr0&amp;triedRedirect=true&amp;utm_medium=email"><strong>Signal/Bruit # 102</strong></a>. Deux photos et trois questions auxquelles je tente de répondre autour de l&rsquo;atelier, du travail d&rsquo;écriture et de l&rsquo;importance des œuvres d&rsquo;art. Merci à lui, si délicat.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>lundi 29 juin 2026</em></strong><br />« Ce que font les écrivains, c&rsquo;est mettre l&rsquo;alphabet dans un ordre différent. C’est tout ce que c’est. Ils utilisent des mots qui existent déjà. Et dans l’art, vous faites la même chose.  » <br />Un propos de Wim T. Schippers, photographe néerlandais (1942-2026) qui m&rsquo;étonne un peu, excluant l&rsquo;écriture de l&rsquo;art. Sans doute veut-il parler de l&rsquo;art plastique.<br />Tout est déjà là sous nos yeux, et c&rsquo;est largement suffisant pour créer.</p>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220568.jpg" alt="" class="wp-image-7587" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220568.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220568-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220568-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220568-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7587" /></figure>



<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);">Au potager, même histoire. Ne pas baisser les bras. Résister. Continuer à accompagner les plants de chou, tomate, aubergine, concombre, impactés par la trop longue chaleur, chasser les punaises vertes, apporter de la paille. Rien à sauver de mes salades, je vais devoir en replanter.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><strong><em>mardi 30 juin</em></strong><br />Une immense satisfaction d&rsquo;assister aux vols fascinants de mon couple d&rsquo;hirondelles qui enseigne l&rsquo;art de l&rsquo;arabesque à leur petit. Il n&rsquo;en reste qu&rsquo;un cette année. Auront-elles le temps d&rsquo;une seconde couvée ?</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><br /><em>la chatte endormie<br />arbres proches et pépiements</em><br /><em>&#8212; écrire  encore ?<br /></em><br /><br /></p>



<div style="height:57px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographies ©Françoise Renaud, Les Fougères, juin 2026</em></p>



<figure class="wp-block-image alignfull size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220613.jpg" alt="" class="wp-image-7610" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220613.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220613-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220613-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1220613-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="7610" /></figure>



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		<title>#le livre comme fiction #8 &#124; l&#8217;eau bleutée de la clepsydre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 16:16:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le livre comme fiction]]></category>
		<category><![CDATA[clepsydre]]></category>
		<category><![CDATA[l'eau bleutée]]></category>
		<category><![CDATA[mes mots]]></category>
		<category><![CDATA[mots]]></category>
		<category><![CDATA[oasis]]></category>
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					<description><![CDATA[Et puis c’est venu dans le rêve une fois la porte poussée sur un jardin ténébreux, du moins c’est l’impression qu’il m’a laissée. J’ignore ce qui nourrissait mon rêve en cet instant-là. Le ciel était brûlant, sans nuages. Séjourner au jardin d’ombre procurait un plaisir incommensurable. Sur la table là, sous un micocoulier, était posé &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-livre-comme-fiction-8-leau-bleutee-de-la-clepsydre/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #le livre comme fiction #8 &#124; l&#8217;eau bleutée de la clepsydre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Et puis c’est venu dans le rêve une fois la porte poussée sur un jardin ténébreux, du moins c’est l’impression qu’il m’a laissée. J’ignore ce qui nourrissait mon rêve en cet instant-là. Le ciel était brûlant, sans nuages. Séjourner au jardin d’ombre procurait un plaisir incommensurable. Sur la table là, sous un micocoulier, était posé un livre. Il avait cet aspect ancien que j’aimais à cause de sa couverture en peau de chevreau longuement tannée d’un blanc presque rose tourterelle, un matériau utilisé plutôt pour fabriquer des gants ou des sacs de femme. Aussi à cause de sa tranche qu’on aurait dite mordorée. Je le reconnaissais, c&rsquo;était ce livre que j&rsquo;avais perdu il y a longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Au moment où je tendis la main vers lui, il sembla s’éloigner. J’interrogeai mon œil sur sa difficulté à appréhender la profondeur, concluant qu’il s’était laissé abuser par le passage brutal du soleil à la pénombre, aussi je recommençai. Il me fallut plusieurs tentatives pour enfin le toucher, l’attraper et le stabiliser sur l’une des mains tandis que l’autre le retenait par le dessus. Calmant mon tremblement, je crus l’affaire résolue mais un autre problème s’annonça. Comme je désirais l’ouvrir en page de garde pour lire le titre et puis le feuilleter jusqu&rsquo;à en découvrir les premiers mots, il m’en refusa l’accès. Les pages semblaient collées. Je mouillais mes doigts à ma sueur pour améliorer la prise sur le papier. Rien n’y fit. Impossible de l’ouvrir avant la page 15.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Tout cela n’avait ni queue ni tête. Si l’on ne pouvait prendre connaissance du commencement – cruciales les premières lignes, l’entrée en scène des personnages &#8211;, à quoi bon posséder le corps du livre&nbsp;? Je décidai de le reposer sur la table, d’ailleurs il pesait sur mes bras comme s’il devenait de plus en plus lourd au fil de l&rsquo;écoulement dans la clepsydre, et j’eus l’idée de le laisser s’ouvrir au hasard du poids des pages. Je le fis trois fois de suite un peu comme on jette les baguettes d’un jeu de mikado.<br />Et je me mis à lire.</p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><em>Tu es née à l’écriture avec le drame.<br />À cause de ta sœur.<br />L’ombre qu’elle t’a faite, la souffrance qu’elle a subie, les pleurs de la mère.<br />Là, ça a fait des trous.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);">Et puis</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><em>Et quand tu as rencontré George et Lennie dans un livre quelques années plus tard, <br />ça t’a vraiment fait quelque chose. Le travail saisonnier, l’errance d’un ranch à l’autre, <br />la pauvreté, le rêve d’acquérir un lopin de terre et d’élever des lapins, le handicap de Lennie. <br />Forcément ça a croisé le fer avec le réel. Et tu as pleuré.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.531), 20px);">Et puis</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.442), 19px);"><em>c’est la présence affirmée des grands oiseaux voraces <br />et la rumeur incessante de l’eau qui renforce l’idée d’océan, <br />alors sur ce chemin entre deux mers, il existe un point où le monde s’arrête, <br />un point de rendez-vous, un point où l’on se risque pour quelques pas <br />sur la terre ferme sous un soleil de plomb pour pénétrer le lieu…</em><br /></p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Je reconnaissais les lieux, je reconnaissais les mots, leurs couleurs, leurs assemblages. D’un coup ça m’a sauté au visage. C&rsquo;était les miens. Et la clepsydre continuait à filtrer son eau bleue.<br />Au fait était-ce vraiment un songe&nbsp;? Et la clepsydre continuait à filtrer son eau bleue et les arbres oscillaient&nbsp; dans une chaleur d’oasis. </p>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="2560" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1020533-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-7570" style="width:666px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1020533-scaled.jpg 1920w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1020533-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1020533-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1020533-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1020533-scaled-1320x1760.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" data-mwl-img-id="7570" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:14px"><em>Photographie, ©françoise renaud, en Maurienne, 201</em>7</p>



<div style="height:161px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
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		<title>le livre comme fiction #7 &#124; se perdre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 07:50:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le livre comme fiction]]></category>
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					<description><![CDATA[J’avais dû l’oublier quelque part ou alors il s’était perdu de lui-même, peut-être s’était-il retrouvé sous une pluie battante sur une table de jardin ou dans un caniveau, ou alors avait-il glissé hors du sac sur une banquette d’autobus, j’avais beau répertorier tous les lieux que j’avais fréquentés, je ne parvenais pas à comprendre où &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-livre-comme-fiction-7-se-perdre/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« le livre comme fiction #7 &#124; se perdre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:34px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">J’avais dû l’oublier quelque part ou alors il s’était perdu de lui-même, peut-être s’était-il retrouvé sous une pluie battante sur une table de jardin ou dans un caniveau, ou alors avait-il glissé hors du sac sur une banquette d’autobus, j’avais beau répertorier tous les lieux que j’avais fréquentés, je ne parvenais pas à comprendre où il avait bien pu filer celui-là, peut-être était-ce quelqu’un qui s’était infiltré dans la maison et l’avait dérobé, le croyant précieux, voulant le revendre, en tirer un bon prix au marché noir. Tout était devenu échangeable en cette époque de grand bouleversement, on ne savait plus sur quel pied danser, sur quel ciel compter, sur quelles récoltes et quelles bases appuyer son proche avenir. Dans ces conditions, le livre avait très bien pu devenir objet de convoitise.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Il s’agissait d’un livre rare, très ancien forcément. </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">On le soupçonnait rien qu’à découvrir sa couverture en cuir, rien qu’à la toucher, fine peau de chevreau longuement tannée d’un blanc presque rose tourterelle rarement utilisé en reliure. J’avais beau chercher, son titre m’échappait, ces trois ou quatre mots incrustés au tiers de la couverture qui continuaient à se faufiler dans ma gorge et à s’éloigner davantage, je me disais que c’était un signe, que ce livre-là ne voulait pas demeurer avec moi, qu’il était de cette espèce de livre qui voyage, ne tient pas en place, aime changer de main et cherche à s’infiltrer dans les pensées de ceux qui le feuillettent, et qui sans le vouloir s’y plongent en entier, comme avalés par la magie des pages. C’est donc que l’histoire qui y était racontée, était irrésistible.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Si je m’en fie aux vagues souvenirs qui peu à peu étaient en train de me revenir, il n’y avait pas qu’une seule histoire mais plusieurs qui s’imbriquaient et entraînaient le lecteur dans une folle équipée, une sorte de fugue, un jeu de labyrinthe auquel il était presque impossible d’échapper. Il y avait comme un parfum oriental, un souvenir d’Espagne aussi, des vallées sèches, des montagnes escarpées, des femmes parées de voiles brodés pareilles à des déesses invitant à pénétrer des tunnels de roche rouge ou des maisons obscures où se trouvaient dressées des tables couvertes de victuailles. Senteurs d’épices, tapis rubis épais, gestes amoureux, combats d’épées, clepsydres au liquide bleuté signifiant l’impérieux passage du temps. Et une porte entraînait vers un autre palais ou une autre vallée, parfois une forêt de chênes kermès, parfois un jardin avec des bassins et des jets d’eau. Et toujours cette voix émanant de l’air, une voix murmurante qui racontait.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Bien sûr on s&rsquo;y perdait. Et c’était cela qui comptait, donnait un plaisir unique. On se perdait dans le livre et à présent c’est lui qui était perdu à jamais, ô livre-mirage au titre coincé dans la gorge.</p>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.177), 16px);"><em>écrit sur une proposition de l’atelier Tiers Livre, cycle «&nbsp;Le livre comme fiction&nbsp;», </em>20<em> juin 2026</em><br />AUTOUR DU LIVRE PERDU</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1000745-768x1024-1.jpg" alt="" class="wp-image-7553" style="width:726px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1000745-768x1024-1.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1000745-768x1024-1-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/P1000745-768x1024-1-618x824.jpg 618w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" data-mwl-img-id="7553" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographie, ©françoise renaud, Maurienne, 2017</em></p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
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		<title>#le livre comme fiction #6 &#124; des souris dans les poches</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 08:14:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le livre comme fiction]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Lennie]]></category>
		<category><![CDATA[Of Mice and Men]]></category>
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					<description><![CDATA[Tu es née à l’écriture. Un jour c’est arrivé. Tu es née à l’écriture qu’ils disent, qu’ils croient. Rien ne l’annonçait pourtant. Des livres autour, presque pas. À peine quelques-uns comme tu l’as déjà écrit quelque part. Rien de consistant. Rien qui ne modifiait en toi les marges du côté des mots. Tu aimais les &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-livre-comme-fiction-6-des-souris-dans-les-poches/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #le livre comme fiction #6 &#124; des souris dans les poches »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:39px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Tu es née à l’écriture. Un jour c’est arrivé. Tu es née à l’écriture qu’ils disent, qu’ils croient. Rien ne l’annonçait pourtant. Des livres autour, presque pas. À peine quelques-uns comme tu l’as déjà écrit quelque part. Rien de consistant. Rien qui ne modifiait en toi les marges du côté des mots. Tu aimais les images, les petits cartons à ranger dans la main. Tu aimais la mer, la plage, le sable, les pieds dans le sable. Des livres autour, presque pas. Il y avait <em>Lassie chien fidèle</em>, tu t’en souviens. Aussi la petite fille qui habitait avec son grand-père dans les Alpes, mais tu préférais le mouton blanc à l’oreille noire, ami de la marguerite qui défripait ses pétales pour lui plaire quand il montait à l’estive. Quoi d’autre&nbsp;? Les personnages de conte ne t’emballaient pas, sauf le loup aux dents longues ou le chat avec des bottes. Peu de souvenir du côté des livres d’école. Un écho fort et persistant s’est niché en toi après l’étude des poèmes de Federico Garcia Lorca en première année d’espagnol, ces images de <em>cortijo blanco</em> dans la lumière violente d’Andalousie, les femmes en noir, les deuils. Peut-être là au fond que ça a commencé pour toi, cette résonance des mots associés à des couleurs et à des paysages, mais tu n’as jamais eu en main des ouvrages du poète espagnol assassiné. En vérité les événements de la vie en cours étaient plus forts que les récits dans les livres, ils prenaient plus de place, ils s’imposaient, ils tonitruaient même.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Tu es née à l’écriture avec le drame.<br />À cause de ta sœur.<br />L’ombre qu’elle t’a faite, la souffrance qu&rsquo;elle a subie, les pleurs de la mère.<br />Là, ça a fait des trous.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Et quand tu as rencontré George et Lennie dans un livre quelques années plus tard, ça t’a vraiment fait quelque chose. Le travail saisonnier, l’errance d’un ranch à l’autre, la pauvreté, le rêve d’acquérir un lopin de terre et d’élever des lapins, le handicap de Lennie. Forcément ça a croisé le fer avec le réel. Et tu as pleuré. Les mots, ça peut faire pleurer quand ils sont dits et aussi quand ils sont écrits. En fait c’était presque trop dur, intenable de lire, mais c’était exactement ce que tu attendais d’un livre. La solitude et le silence. La vibration de l&rsquo;air brûlant jusqu&rsquo;à l&rsquo;irisation. Aussi le rapport à la terre. Lennie ne connaissait pas sa force, rien de ce qui arrivait n’était de sa faute. C’était un être simple et innocent, un peu comme ta sœur, et il était aussi grand qu’elle était petite. Il cachait des souris dans ses poches, tu l’aimais tellement, c’est tout. Un jour, les gens le savaient, ça allait mal finir.&nbsp;Quand tu as lu, la puissance contenue dans l’espace installé entre les mots avait le tranchant d’un couteau. Vertige. Drame en suspens. Parfaite conjugaison entre ton vécu et l’émotion dans les pages.<br />Après, tu as tout dévoré du même auteur. <br />Une expérience unique.<br />Plus tard, il y aura Darl Bundren, deuxième enfant d&rsquo;Addie.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.651), 22px);">Ce n’est pas une histoire d’enfance ou de livres découverts pendant l’enfance ou même un peu plus tard, c’est une histoire de regard sur l&rsquo;autre, sur Lennie, l’envie de lui prendre la main pour franchir le fossé, exprimer ce qui arrive là, dans cet instant-là. Voilà pour toi l’écriture.</p>



<div style="height:47px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>écrit sur une proposition de l’atelier Tiers Livre, cycle «&nbsp;Le livre comme fiction&nbsp;», 11  juin 2026</em></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="527" height="824" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/Of_Mice_and_Men_1937_1st_ed_dust_jacket-527x824.jpg" alt="" class="wp-image-7495" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/Of_Mice_and_Men_1937_1st_ed_dust_jacket-527x824.jpg 527w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/Of_Mice_and_Men_1937_1st_ed_dust_jacket-192x300.jpg 192w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/06/Of_Mice_and_Men_1937_1st_ed_dust_jacket-scaled.jpg 1637w" sizes="auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px" data-mwl-img-id="7495" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph">Illustrations : 1 / Jacques Godin et Hubert Loiselle dans <em>Des souris et des hommes</em>, 1971 (site IMDb) /<br /> couverture de M<em>ice and Men</em>, 1937 </p>
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