<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>littérature &#8211; Terrain Fragile</title>
	<atom:link href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tag/litterature/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile</link>
	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
	<lastBuildDate>Sat, 16 Dec 2023 18:31:35 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/12/cropped-arbres-32x32.jpg</url>
	<title>littérature &#8211; Terrain Fragile</title>
	<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>une rencontre délicate</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/une-rencontre-delicate/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/une-rencontre-delicate/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2023 08:50:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[désordre]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=4054</guid>

					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 17 mai 2023 évoquer cette rencontre de dimanche lors d&#8217;une fête de printemps où je signais quelques livres près de Limoges, rencontre qui a laissé des traces, comme un léger désordre&#8230; il y avait des fleurs, des cabanes à oiseaux, des pâtisseries, du miel et des fromages, il y avait du soleil &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/une-rencontre-delicate/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« une rencontre délicate »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation | <em>17 mai 2023</em></h2>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">évoquer cette rencontre de dimanche lors d&rsquo;une fête de printemps où je signais quelques livres près de Limoges, rencontre qui a laissé des traces, comme un léger désordre&#8230; </p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">il y avait des fleurs, des cabanes à oiseaux, des pâtisseries, du miel et des fromages, il y avait du soleil et une belle nature alentours sous un ciel débarrassé des orages de la veille, elle est venue vers moi simple et souriante &#8212; on venait de lui offrir l&rsquo;un de mes romans &#8212; et elle voulait parler : parler des mots, de l&rsquo;économie des mots, de la forme du texte, des personnages, du mode de narration, bien des choses, car étudiante en lettres et poursuivant un master de langues elle avait soif d&rsquo;explications littéraires mais aussi d&rsquo;attention, et même d&rsquo;affection sans doute, car au fil de nos conversations se sont dévoilées fragilité, cicatrices et vague-à-l&rsquo;âme, de ceux qui nous tiennent à l&rsquo;adolescence et font naître certains espoirs édulcorés et désirs irraisonnables, la vie  étrange étalée devant soi,  effrayante finalement (mais où aller ? comment se diriger ? comment faire pour réussir ?), et la peur oui, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur d&rsquo;avoir trop mal, d&rsquo;être déçu trahi bafoué, de rater le chemin opportun, elle avait des yeux très bleus, un beau sourire, des larmes pas loin dans la gorge dans l&rsquo;intensité de l&rsquo;échange, moi au plus doux si possible pour cette jeune fille qui n&rsquo;était pas sans me rappeler la personne que j&rsquo;étais à vingt ans, et puis comme un souffle frais entre nous, ce lien d&rsquo;évidence si vite noué, comme une promesse d&rsquo;amitié à accueillir en ce territoire neuf pour moi </p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">hier elle m&rsquo;a écrit, elle dit qu&rsquo;elle a pleuré le soir sur le chemin du retour, que « la journée pour elle avait chanté la vie et les étoiles » </p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><em>Photographie </em><em>©</em>Françoise Renaud &#8211; En mon nouveau jardin, mai 2023</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/une-rencontre-delicate/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>5</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>la maison et le vent</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-maison-et-le-vent/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-maison-et-le-vent/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Mar 2021 13:30:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[la maison et le vent]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=3115</guid>

					<description><![CDATA[Photographie ©Charlotte Renaud, Bolivie 2018 un récit d’Héctor Tizón &#160; J’ouvre la première page du livre et je pars en voyage. Un long voyage de solitude. Je n’entends plus la musique du bar, j’entends seulement le vent qui balaie les hauts plateaux argentins, je vois « le ciel très haut et très clair ; il &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-maison-et-le-vent/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« la maison et le vent »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie ©Charlotte Renaud, Bolivie 2018</em></p>
<p><em>un récit d’Héctor Tizón</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">J’ouvre la première page du livre et je pars en voyage. Un long voyage de solitude.</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’entends plus la musique du bar, j’entends seulement le vent qui balaie les hauts plateaux argentins, je vois « le ciel très haut et très clair ; il va geler ». Contre le ciel, les cimes blanches du Bonete et de l’Esmoraca. Et je vois le condor planer et j’entends la plainte d’un lama aux jambes brisées tombé dans un ravin.</p>
<p style="text-align: justify;">J’accompagne pas à pas le personnage qui se dévoile, à demi-mots. Il est avocat et écrivain. Il a décidé de fuir la répression, de s’arracher aux griffes de la dictature qui étouffe son pays — une décision si difficile à prendre. Il a dû abandonner sa maison, ses chiens. Souvent il en parle alors qu’il s’avance au milieu des montagnes désolées pour gagner la frontière bolivienne à bord de charrettes, autocars ou camions conduits par des compagnons de fortune.</p>
<p style="text-align: justify;">« Les visages des hommes se répètent au fil du temps, et je suis de nouveau un enfant errant à la recherche d’une maison. »</p>
<p style="text-align: justify;">Le texte glisse entre les doigts, à la fois âpre comme le paysage de ce monde d&rsquo;altitude et doux comme la peau des femmes ou le museau d’une brebis. J’ai envie de poursuivre même si je sais que je n’en apprendrai pas beaucoup plus. Juste ce voyage aux limites de sa propre douleur et des souvenirs qui nous hantent.</p>
<p> « En dehors de ce qui est ici, rien n’existe. »</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-3116 alignright" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/03/HectorTIZON.jpg" alt="" width="298" height="571" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/03/HectorTIZON.jpg 235w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/03/HectorTIZON-157x300.jpg 157w" sizes="(max-width: 298px) 100vw, 298px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right; font-size: 15px;"><em>Traduit de l’espagnol (Argentine) par Françoise Campo-Timal</em><br />
éditions Actes Sud, 1991</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="font-size: 15px; text-align: right;"><em> </em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-maison-et-le-vent/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>5</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>espèces de décor (1)</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/especes-de-decor-1/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/especes-de-decor-1/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2020 08:22:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[bureaux]]></category>
		<category><![CDATA[cuisines]]></category>
		<category><![CDATA[décor]]></category>
		<category><![CDATA[espèces de décor]]></category>
		<category><![CDATA[greniers]]></category>
		<category><![CDATA[intérieurs]]></category>
		<category><![CDATA[lieux à visiter]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[outils du roman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=2855</guid>

					<description><![CDATA[texte écrit dans le cadre de l&#8217;atelier d&#8217;été Tiers Livre animé par François Bon. Cette fois il était question de produire de la matière, de décrire des contextes, des décors, sans personnages. En fait, se plier à l&#8217;exercice pour être plus fort après ! intérieurs Un moment pour s’habituer au manque de lumière, persiennes rabattues &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/especes-de-decor-1/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« espèces de décor (1) »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px; text-align: justify;"><em>texte écrit dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;été Tiers Livre animé par François Bon. Cette fois il était question de produire de la matière, de décrire des contextes, des décors, sans personnages. En fait, se plier à l&rsquo;exercice pour être plus fort après !<br />
</em></p>
<h3 style="text-align: justify;">intérieurs</h3>
<p style="text-align: justify;">Un moment pour s’habituer au manque de lumière, persiennes rabattues à cause de la chaleur. Rayonnages bourrés de livres plus ou moins en désordre, bureau massif occupant une bonne part de la surface. Quelques marches à descendre. Un moment pour observer ressentir le décor. Tapis ou non. Tableaux ou non. Bien peu d’objets personnels finalement, de ceux qu’on s’attend à trouver dans un lieu destiné à l’étude ou à l’écriture, au remuement des papiers et des souvenirs : statuettes rapportées de longs voyages, dessins à l’encre, coquillages, tissages, livrets cousus main, petites choses sans valeur chargées de sens – poterie, galet de rivière, tabatière, encrier. Rien de cela, seulement des livres à grosse couverture des cahiers des outils pour écrire. L’ensemble tout à fait immobile.</p>
<p style="text-align: justify;">Sommairement meublée, pour ça oui. Et petite avec ça. Chambre d’une dizaine de mètres carrés dotée d’une fenêtre donnant sur le ciel. Alors presque rien : un lit pas bien grand, une table en bois brut aux rainures sales pour faire la cuisine manger travailler avec une chaise qui ne prend pas de place, un évier minuscule à la fois pour se laver et prendre de l’eau, quelques pièces de vaisselle posées sur l’étagère au-dessus, et dans l’enfilade un genre de recoin fermé par un rideau, de quoi ranger des effets personnels, enfin ce qu’on possède, c’est-à-dire pas grand-chose. Oui mais fenêtre sur le ciel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cuisine où s’assoir pour manger quelque chose, prendre un café, bavarder. Cuisine où se poser au sortir du sommeil ou en rentrant d’un long périple. Cuisine avec inévitables appareils ménagers – ceux-ci relativement usagés, simplifiés, datant d’une autre époque mais fonctionnant toujours. Placards pour accueillir une batterie de plats casseroles moules marmites d’une femme qui a fait des milliers de tartes aux pommes, confectionné tant de soupes de légumes et de confitures (prune poire pomme) pour nourrir une famille. La table a été récupérée lors du décès d’une voisine sans héritiers, Yvonne ou Rose, de même quelques verres anciens chipés chez le vieux Maurice. Pas de nappe. Évier trop bas, plan de travail carrelé de blanc – le moins cher. Cuisine d’enfance. Cuisine où demeurer entre rue et jardin, entre saisons, tant qu’il y a de la vie encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Ça pourrait s’appeler un grenier, bas de plafond. Sous les poutres en fait. Il y a du fatras, des choses qui ne servent plus à rien. Odeurs indéfinissables, poussière surtout. Madriers, chaises bricolées, vieux vêtements, vieux papiers, livres d’images, lettres ficelées. Odeurs incitant au voyage dans le temps et à l’exploration intime forcément.</p>
<p style="text-align: justify;">Plutôt des lieux anciens qui se manifestent, des lieux sombres emplis de bruits domestiques, frottements au sol, battements de portes, ustensiles de cuisine qui se heurtent au matin quand on fait du café et fait griller du pain. Y pénètrent des bruits et des odeurs de jardin, de campagne, presque jamais urbains. Meubles désuets &#8212; secrétaires en vogue dans les seventies, buffets hideux mais commodes pour ranger la vaisselle, armoires en chêne léguées par une vieille tante, postes TV juchés sur des tables roulantes. Lieux à revisiter avant qu’ils ne disparaissent. Et à parcourir cet enchaînement-là de quatre cinq pièces portant des noms liés à leur usage, s’invente un seul et unique espace qui ne palpite que pour soi dans la blancheur d’un ciel de bord de mer qui se propage à la façon d’un courant d’air, alors frôler du doigt l’arête d’un meuble, aller jusqu’à la chambre puis revenir au petit cabinet de toilette repeint il y a peu, passer par la cuisine, comment dire, l’ensemble ne constituant finalement qu’une seule et unique pièce, la maison avec ses bruits familiers et ses odeurs de cire, la maison quoi ! à jamais reliée aux premières années et aux apprentissages &#8212; comment a-t-on pu un jour en partir ? &#8211;, maison sans aucune envergure ni originalité mais reliée au temps personnel et à certains événements marquants, ouverte aux humeurs de l’océan qui bat et rebat éternellement la côte sauvage.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie : Jim Digritz (unsplash)</em></p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/especes-de-decor-1/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>6</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>le parc de Sceaux</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-parc-de-sceaux/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-parc-de-sceaux/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Dec 2018 17:19:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[végétal]]></category>
		<category><![CDATA[arbres]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[jardins]]></category>
		<category><![CDATA[Le Parc de Sceaux]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Berthelot peintre]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages de l'eau]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=1821</guid>

					<description><![CDATA[Ce texte a été écrit récemment pour une lecture autour des œuvres de Raymond Berthelot sur le thème &#8216;VOYAGES DE L&#8217;EAU&#8217;,  du 23 au 25 novembre 2018 à Montpellier. &#160; Regarder la toile. Se laisser capter par le mystère, par la symétrie des espaces et par le ruissellement constant de l’eau. Bientôt l’apercevoir, lui qui &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-parc-de-sceaux/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« le parc de Sceaux »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/DSC_2371_3.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1822" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/DSC_2371_3-816x1024.jpg" alt="" width="540" height="678" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/DSC_2371_3-816x1024.jpg 816w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/DSC_2371_3-239x300.jpg 239w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/DSC_2371_3-768x964.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/DSC_2371_3-1200x1507.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/DSC_2371_3.jpg 1631w" sizes="(max-width: 540px) 100vw, 540px" /></a></p>
<p style="text-align: left; font-size: 13px;">Ce texte a été écrit récemment pour une lecture autour des œuvres de Raymond Berthelot sur le thème &lsquo;VOYAGES DE L&rsquo;EAU&rsquo;,  du 23 au 25 novembre 2018 à Montpellier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Regarder la toile.<br />
Se laisser capter par le mystère, par la symétrie des espaces et par le ruissellement constant de l’eau.<br />
Bientôt l’apercevoir, lui qui marchait dans les parages.</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait franchi les grilles, puis il avait dépassé le château et à présent il marchait dans le parc. On aurait dit au hasard. Il aimait cet endroit, les peupliers, les tilleuls, les statues au croisement des sentiers. Il aimait la vue du canal au Nord, depuis la terrasse des Pintades. Il trouvait en ces lieux une sorte d’apaisement dont il avait besoin et donc il y venait souvent. Il franchissait les grilles, dépassait le château et puis il s’avançait en marchant tranquillement dans le parc.<br />
Sans doute que sans le formuler clairement – tout se passait à l’intérieur de lui, dans la touffeur de ces lieux complexes réservés à la pensée et à la méditation &#8211;, il appréciait le côté monumental de ces jardins, les perspectives, les massifs boisés traversés par de longues allées, les lignes vertes à l’infini. Il oubliait la ville et le bruit. C’était un peu comme une source nouvelle, juste à sa portée capable de dissiper toute formes de tracas &#8212; les siens et ceux de la cité – et d’engendrer comme une vive poésie.<span id="more-1821"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ce jour-là il s’était engagé dans les jardins d’un bon pas. Il faisait frais, juste la température qu’il fallait pour marcher. Il y avait des oiseaux qui nichaient sur des îlots protégés constitués de plantes aquatiques, des îlots construits exprès pour eux qui facilitaient leur reproduction. Il les connaissait. Et il les observait tout en marchant. Il y avait des jeunes qui suivaient leurs parents, c’était attendrissant. Et bien sûr qu’il était sensible à ces choses-là, à la nature, à la cadence du vivant et au rythme incessant de la respiration des créatures, et il en prenait bonne note dans sa mémoire — probable que de ces images viendraient plus tard nourrir son inspiration, guider sa main. Ainsi se rapprochait-il peu à peu de l’axe majestueux des cascades.<br />
C’était une espèce de trouée verticale perpendiculaire à l’axe du château, constituée de vasques successives qui recevaient les eaux jaillissantes et les conduisaient jusqu’à un bassin octogonal orné d’un haut jet d’eau.<br />
Et c’est en cet endroit précis qu’il l’avait aperçu.</p>
<p style="text-align: justify;">Un homme.<br />
Près du bassin.<br />
Un homme noir qui tenait un vélo à la main.</p>
<p style="text-align: justify;">C’était bien réel même si ça ressemblait à une scène incertaine, à une image exotique, et même à un rêve. Du coup il avait stoppé net et il avait pris conscience de ce qu’il voyait à couvert, sous les feuillages. Il avait observé la tenue blanche de l’homme au vélo, sa coiffure rouge, sa posture face au décor grandiose et son vif intérêt pour les cascades. Il avait été impressionné par sa façon toute simple de se tenir là au milieu de ces jardins à la française, espaces à l’esthétique éloignée de sa culture d’origine. Et tandis qu’ils vivaient tous les deux ces secondes, précieuses pour des raisons différentes, le peintre avait remarqué combien autour d’eux la couleur verte était apaisante. Infiniment apaisante. Et puis toute cette vapeur d’eau constituée par des milliards de gouttelettes encore suspendues après avoir été projetées en l’air, gouttelettes en nombre infini qui produisaient à force de suspension une brume transparente.<br />
À y regarder encore, le vert était d’une qualité incroyable, presque synthétique. C’était normal au printemps, voilà ce que se disait le peintre (en effet il était facile d’imaginer que c’était le printemps, ou alors juste après parce que de jeunes oiseaux étaient nés, ils les avaient bien vus l’un et l’autre sur les îlots). En tout cas l’homme à peau noire avait quelque chose d’irréel, et ce rideau végétal quelque de trop bien coupé, trop parfait.</p>
<p style="text-align: justify;">L’homme ne s’était pas retourné. Il avait continué sa route en poussant son vélo.<br />
Ou alors s’étaient-ils salués quand ils étaient passés l’un près de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, plus tard, ces détails saisis au vol se sont projetés dans la toile. L’étrangeté et la beauté du personnage pareil à un homme providentiel. L’eau ciselée en suspens. Les milliards de gouttes et les milliards de touches de couleur minuscules pour les traduire, virgules, accents, vibrations &#8212; et plus que ça encore.<br />
Aujourd&rsquo;hui regarder, apprécier, éprouver à notre tour ce sentiment déjà vécu à se promener un jour dans un par cet à se glisser entre deux rideaux d’arbres et à jouer dans le labyrinthe à se perdre, à se noyer. Oui, on peut se noyer dans le vert comme dans l’eau et y surprendre parfois certaines incarnations de nos rêves.<br />
Eau, végétal, figures singulières : un si parfait attelage.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Illustration : Le Parc de Sceaux, Raymond Berthelot</em></p>
<h3 style="text-align: right; font-size: 17px;"><span style="color: #ff9900;"><strong><span style="color: #000000;">Accéder ici au</span> <a style="color: #ff9900;" href="http://raymondberthelot.e-monsite.com/">site du peintre Raymond Berthelot</a></strong></span></h3>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-parc-de-sceaux/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>7</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>onze fois trente-trois</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/onze-fois-trente-trois/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/onze-fois-trente-trois/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 2017 09:37:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=1125</guid>

					<description><![CDATA[1 Une femme aux cheveux blancs marche dans le hall de l’aéroport à pas menus, un peu perdue. Elle s’apprête à se rendre au bout du monde pour voir sa fille unique. Elle vient d’avoir 88 ans. 2 Il ne dit rien quand elle revient de l’hôpital. Pourtant il est mort de peur, peur qu’elle &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/onze-fois-trente-trois/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« onze fois trente-trois »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/artoff4416.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1127" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/artoff4416.jpg" alt="" width="900" height="600" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/artoff4416.jpg 900w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/artoff4416-300x200.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/artoff4416-768x512.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/artoff4416-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">1<br />
Une femme aux cheveux blancs marche dans le hall de l’aéroport à pas menus, un peu perdue. Elle s’apprête à se rendre au bout du monde pour voir sa fille unique. Elle vient d’avoir 88 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">2<br />
Il ne dit rien quand elle revient de l’hôpital. Pourtant il est mort de peur, peur qu’elle ait encore une faiblesse et qu’elle y passe. Le souvenir de leur première rencontre lui revient, pareil à une obsession.</p>
<p style="text-align: justify;">3<br />
L’homme au visage d’enfant conduit une jeep suffisamment étroite pour emprunter le chemin qui conduit à son champ d’oignons. Un jour elle passe juste à côté et il lui parle. Il lui dit que les pommiers ont besoin d’eau en été.</p>
<p style="text-align: justify;">4<br />
Le père est mort récemment dans cette maison. Les enfants parlent de lui, surtout le fils qui n’a pas réussi à se défaire du joug que son géniteur exerçait sur lui. Le fils fait beaucoup de sport pour oublier, il court il court jusqu’au bout de ses forces.</p>
<p style="text-align: justify;">5<br />
Un jour il lui dit qu’elle ne peut pas savoir combien il l’aime — quelque chose d’impossible à mesurer. Alors se dessinent en arrière-plan les visages de celles qu’il a connues avant, juste pour le plaisir, et il voit combien sa vie a basculé.</p>
<p style="text-align: justify;">6<br />
Née dans un pays du  nord, elle décide à 60 ans d’aller vivre dans le sud. À cause du soleil, enfin c’est ce que les gens pensent. En vérité elle s’est enfuie  — elle a toujours voulu tuer son père qui maltraitait sa mère.</p>
<p style="text-align: justify;">7<br />
L’homme noir a vieilli mais la nature de sa musique n’a pas changé ni le son de son saxophone. Il traverse l’atlantique pour la revoir. Quand elle lui serre les mains, il la regarde dans les yeux et voit ce qu’elle est devenue.</p>
<p style="text-align: justify;">8<br />
Cary a toujours été bel homme et il a multiplié les aventures amoureuses. Sur le divan du psychanalyste il parle de sa mère qui lui a toujours écrit de belles lettres mais était incapable de l’aimer. Il commence à comprendre pourquoi il a gâché une bonne moitié de sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;">9<br />
Ses enfants ont quitté la maison pour conduire leur vie ailleurs, une chose qu’elle ne peut pas supporter. Un matin, devant ses élèves, elle perd subitement le contrôle de sa voix et elle s’effondre. Comme un crash d’avion.</p>
<p style="text-align: justify;">10<br />
Refusant de se conformer aux offres de la société, une jeune fille cherche sa voie. Son amour pour le théâtre prend toute la place. Elle vient d’être choisie pour tenir le rôle d’Antigone avec une troupe d’amateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">11<br />
Déjà douze ans qu’il souffre d’un cancer. Il est assis au bord de la mer et il raconte à son amie écrivain comment, à travers cette épreuve, son esprit s’est ouvert. Ou plutôt son cœur.</p>
<p style="font-size: 15px; text-align: right;"><em>textes créés par Françoise Renaud dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;été 2017 proposé par François Bon : <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4416">Et si je vous dis personnages ?</a><br />
<span style="color: #207373;">La consigne, c&rsquo;était  : en bref, faire émerger un personnage en trois phrases tout au plus</span><br />
Illustration : Alfred Kubin (1877-1959)<br />
</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/onze-fois-trente-trois/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>5</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vases Communicants avec Dominique Hasselmann &#124; décembre 2016</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Dec 2016 07:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[photographies]]></category>
		<category><![CDATA[textes]]></category>
		<category><![CDATA[vers l'horizon perdu]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=919</guid>

					<description><![CDATA[Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de François Bon et Jérôme Denis. Marie-Noëlle Bertrand coordonne les publications et stimule les échanges sur le blog associé le rendez-vous des Vases. Il existe aussi une page Facebook. Aux blogueurs de se rencontrer à leur façon, de définir un &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases Communicants avec Dominique Hasselmann &#124; décembre 2016 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);"><em>Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<strong><a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> </strong>et <strong><a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a></strong>. <strong><a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> </strong>coordonne les publications et stimule les échanges sur le blog associé le<strong><a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des Vases</a></strong>. Il existe aussi une <strong><a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a></strong>. Aux blogueurs de se rencontrer à leur façon, de définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.<br />On peut retrouvez la liste des Vases Communicants du mois de décembre <strong><a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/2016/12/micro-recension-des-vases-communicants.html">ici</a></strong>.</em></p>



<div style="height:44px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p> </p>



<p class="has-small-font-size"><span style="color: #657a25;">J&rsquo;accueille avec joie et curiosité <strong>Dominique Hasselmann. </strong>Textes, photos, vidéos, il aime tout. Son blog <span style="color: #999999;"><strong><a style="color: #999999;" href="https://hadominique75.wordpress.com/2016/12/02/vers-lhorizon-perdu-12/">Métronomiques </a></strong></span>nous interpelle, nous déroute, nous comble. À découvrir.<br />Nous avons décidé d&rsquo;un partage autour d&rsquo;un échange de photographies. Ville/Campagne. Vallée perdue/Horizon perdu. Vous verrez bien&#8230; Une exploration en deux volets. Voici la sienne. Mon texte <span style="color: #000000;"><em>Vers l&rsquo;horizon perdu [1/2] </em></span>est à retrouver sur <strong><a href="https://hadominique75.wordpress.com/2016/12/02/vers-lhorizon-perdu-12/">Métronomiques</a></strong>.<br /></span></p>



<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading">VERS L&rsquo;HORIZON PERDU [2/2]</h3>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Nous avions trouvé ce village un peu par hasard, en naviguant sur Internet. Il nous avait plu parce qu’il était apparemment abandonné, nous ne serions donc pas soumises à des visites de touristes ou à des voisins grincheux. L’abbaye pouvait être retapée sans problème, une architecte des environs s’y était attelée et nous disposions maintenant d’une grande maison bien à nous, avec une dizaine de chambres et un confort spartiate qui nous plaisait tout à fait : ce lieu de méditation gardait ses hautes voûtes, ses pierres de taille et un parfum mystique aptes à élever nos âmes et nos corps.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Il avait suffi de faire fonctionner le bouche à oreille (plus tard le bouche-à-bouche viendrait) pour que nous nous retrouvions ensemble à une vingtaine de femmes. Cette communauté ressuscitait un peu les espoirs de l’après-68 où, las des expériences politiques plus ou moins avortées (maoïsme, spontanéisme, trotskysme, anarchisme…) nombre de militants partirent « s’établir » loin des usines et rejoindre quelque part, au Larzac ou à Ibiza, l’utopie américaine des hippies et autres amateurs du mythe fondateur « On the road again ».</p>



<span id="more-919"></span>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Pour vivre ici, nous avions installé une mini-boulangerie grâce au four à pain délaissé et nous avions créé dans le vaste jardin un joli potager qui, grâce à un soleil généreux, nous fournissait tomates, haricots, radis, concombres, pommes de terre. Concernant la viande et le poisson – nous n’étions pas toutes végétariennes voire, pour l’une d’entre nous, «&nbsp;végétalienne&nbsp;» – un supermarché ouvrait ses portes à une dizaine de kilomètres et, à tour de rôle, nous prenions la Kangoo pour aller nous ravitailler.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">L’argent ne nous manquait pas&nbsp;; la plupart d’entre nous avaient soit amassé des économies au cours de leurs carrières professionnelles (publicité, médecine, mode, médias, traduction…), soit bénéficiaient de retraites correctes (Éducation nationale, culture, bibliothèques, transports…) qui permettaient ainsi de subvenir à une vie agréable et sans soucis matériels autres que ceux de l’entretien de l’abbaye&nbsp;: une fuite d’eau ici, une tuile à remplacer là et quelques artisans locaux pouvaient venir nous dépanner.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Notre «&nbsp;Communauté des sœurs sans peur&nbsp;» (c’était le nom que nous avions choisi pour ce groupe de femmes libres) n’avait produit apparemment aucune inimitié dans les villages alentour. De temps en temps, une voiture grimpait sur le monticule et passait au ralenti devant notre belle bâtisse mais personne ne s’arrêtait&nbsp;: on ne désirait manifestement pas nous déranger dans nos activités qui semblaient toutes purement bucoliques.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size">Le soir, nous organisions des concerts sans autres spectatrices que nous-mêmes : quelques-unes parmi nous, musiciennes, avaient rapatrié leurs instruments : un piano Steinway à queue, quelques violons, une contrebasse, une viole de gambe, une flûte traversière. L’enjeu était de dénicher les partitions pouvant s’adapter à l’offre actuelle d’interprétation et non le contraire. On allumait alors des chandelles et du feu dans la cheminée. Bach et Mozart étaient nos seuls invités masculins. Une fois la nuit tombée et la musique achevée, nous regagnions nos chambres individuelles. Là, des petits rendez-vous coquins pouvaient se mettre en branle, les portes se fermaient doucement tandis que des cris d’amour retentissaient parfois, comme impossibles à réfréner. Des couples se formaient, se défaisaient, mais <em>l’harmonie</em> (au sens que Fourier donna pour ses projets de phalanstère) régnait, à l’abri de nos murs épais, comme une discipline singulière et partagée.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size">Le matin, nous étions toutes assises de chaque côté de la longue table de bois où les bols de café fumant, les céréales, le pain grillé, le beurre salé, la confiture de fraises du jardin, le lait «&nbsp;bio&nbsp;» de chez Cora, nous rassasiaient après les dépenses nocturnes effectuées par certaines d’entre nous. La politique avait disparu de notre esprit&nbsp;: nous n’avions installé ni radio ni télévision, seuls quelques ordinateurs nous reliaient au monde.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size">Un jour, je me souviens qu’il s’agissait d’Astrid, une voix aiguë cria qu’un fourgon bleu de la gendarmerie nationale se dirigeait vers notre village. Nous sortîmes sur la terrasse qui dominait la vallée : aucune méprise n’était permise, on venait nous embêter ! Les hommes en uniformes descendirent de leur véhicule et nous montrèrent un arrêté du préfet nous priant de vouloir bien quitter les lieux dans les quarante-huit heures pour cause de « trouble à la morale publique », sur plaintes de riverains éloignés et anonymes. Nous encaissâmes le choc : il n’y avait pas de chef parmi nous, seuls le charisme et la personnalité de chacune jouaient ce rôle toujours intermittent. Nous répondîmes que nous nous plierions à la loi, et que sous le gouvernement du président de la République Fillon il fallait s’attendre à tout. Déjà, Laure et Odile avaient branché leurs Mac et cherchaient dans quels coins géographiques cachés – comme cet horizon perdu – nous pourrions continuer notre aventure d’amitié, de rencontres et d’amour. Les perspectives semblaient de plus en plus réduites mais notre combativité n’avait pas faibli et se renforçait même face à l’adversité politique de la réaction et à sa cousine, la morale bien-pensante trempée dans un bénitier puis essorée devant nos yeux sur les dalles de notre refuge temporel.</p>



<div style="height:54px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" width="680" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-680x1024.jpg" alt="saint_bresson" class="wp-image-921" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-680x1024.jpg 680w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-199x300.jpg 199w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-768x1157.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-1200x1807.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson.jpg 1360w" sizes="auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>texte&nbsp;: Dominique Hasselmann<br />photographie : Françoise Renaud</strong></em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>21</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>vers l&#8217;horizon perdu [1/2]</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vers-lhorizon-perdu-12/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vers-lhorizon-perdu-12/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2016 15:21:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[noir]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges de textes]]></category>
		<category><![CDATA[horizon]]></category>
		<category><![CDATA[horizon perdu]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=899</guid>

					<description><![CDATA[Ce texte a été écrit dans le cadre des Vases Communicants en liaison avec celui de Dominique Hasselmann qu&#8217;on peut retrouver ici. il sortait en général avant la tombée de la nuit — sans doute qu&#8217;il n&#8217;aimait pas le soleil —, il sortait de l&#8217;immeuble et se faufilait dans le flot des voitures et des &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vers-lhorizon-perdu-12/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« vers l&#8217;horizon perdu [1/2] »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Ce texte a été écrit dans le cadre des Vases Communicants en liaison avec celui de Dominique Hasselmann qu&rsquo;on peut retrouver <strong><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/">ici</a></strong>.</em></p>



<div style="height:47px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-medium-font-size">il sortait en général avant la tombée de la nuit — sans doute qu&rsquo;il n&rsquo;aimait pas le soleil —, il sortait de l&rsquo;immeuble et se faufilait dans le flot des voitures et des passants en se faisant remarquer le moins possible&nbsp;— sans doute qu&rsquo;il n&rsquo;aimait pas se distinguer non plus, raison pour laquelle il portait des vêtements de couleur neutre, pantalon gris, gabardine d&rsquo;un genre que tout le monde porte en ville et qui n&rsquo;éveille aucun soupçon, jamais de chapeau ni autre fantaisie</p>



<p class="has-medium-font-size">tout de même cette façon singulière qu&rsquo;il avait de se glisser entre les éléments qui encombraient son parcours : arbres, bancs, lampadaires, poussettes, fourgonnettes, laissait imaginer qu&rsquo;il était suivi ou même étroitement surveillé ou qu&rsquo;il pensait l&rsquo;être, ce mouvement rapide du bras qui rabattait le pan du manteau tout en jetant un regard derrière lui, cette inquiétude perceptible au front, cette accélération du pas, cette réticence à dire parler sourire, même au boulanger qui lui servait quotidiennement sa baguette de campagne, voire un gâteau le samedi soir, rarement deux, ce qui laissait supposer qu&rsquo;il vivait seul dans cet immeuble d&rsquo;où il avait surgi comme en retard juste avant la fermeture des boutiques du quartier, certaines demeurant éclairées au-delà des horaires affichés sur la porte, chose qu&rsquo;il avait bien notée et dont il profitait souvent</p>



<span id="more-899"></span>



<p class="has-medium-font-size">à vrai dire parler n&rsquo;était pas nécessaire dans sa situation puisque le boulanger savait exactement ce qu&rsquo;il voulait — tous les jours la même chose et même qu&rsquo;il la lui mettait de côté, sa baguette —, pour ce qui était du gâteau il le lui désignait du doigt à travers la vitrine avec un pincement de lèvres et à l&rsquo;épicerie il déposait sur le comptoir ce qu&rsquo;il avait glané dans les rayons, d&rsquo;ailleurs tout se passait dans une effervescence liée à tous ceux qui entraient et sortaient et aux conversations qui se croisaient, ce qui lui permettait d&rsquo;échapper aux échanges de politesses, et il se contentait de saluer d&rsquo;un signe de tête en sortant, du coup personne ne savait rien sur lui : sur son histoire, sur ce qu&rsquo;il faisait comme métier, s&rsquo;il avait une famille, des enfants, si même il était né ici ou s&rsquo;il avait débarqué un jour de l&rsquo;étranger, s&rsquo;il avait été artiste ou auteur d&rsquo;actes héroïques, en tout cas sa tenue était propre et soignée, là-dessus rien à dire, et il ne faisait de mal à personne, après tout c&rsquo;était son droit de rester silencieux et de marcher furtivement en regardant derrière lui</p>



<p class="has-medium-font-size">en fait il était attentif au crépuscule dont les lueurs le bouleversaient — il n&rsquo;aurait su dire d&rsquo;où ça lui venait ni pourquoi, quelque chose d&rsquo;attaché à sa petite enfance —, oui ces lueurs capables de projeter de la féérie au ciel l&rsquo;impressionnaient, c&rsquo;était là son ultime horizon avant le grand noir, et comme il ne voulait pas rater une opportunité de le saisir, surtout quand il avait plu ou allait pleuvoir — les palettes violettes et orangées étaient alors plus puissantes —  et comme la toile se modifiait à chaque seconde, il se retournait encore et encore, et cette fois il avait bien fait, le ciel s&rsquo;était embrasé d&rsquo;un coup et la façade de l&rsquo;immeuble était devenue rouge au point qu&rsquo;il s&rsquo;était arrêté net, sac de courses à bout de bras, un landau l&rsquo;avait heurté et le bébé s&rsquo;était mis à pleurer, forcément la mère avait grommelé, s&rsquo;arrêter au milieu du trottoir comme ça brutalement, il aurait pu faire attention tout de même, tandis qu&rsquo;il regardait l&rsquo;univers fantastique projeté une paire de minutes au-dessus de sa tête<br />il ne s&rsquo;était pas aperçu qu&rsquo;il avait commencé à grignoter sa baguette<br />et quand le noir avait dominé la couleur il avait regagné son appartement, essayant de conserver en mémoire ce décor éphémère, peut-être qu&rsquo;il l&rsquo;avait écrit ou dessiné, allez savoir ce qui se passe dans ces chambres où les gens vivent et ressentent plus ou moins vivement leur solitude après avoir surpris et perdu la beauté, espoir proposé sitôt retiré</p>



<div style="height:59px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH-768x1024.jpg" alt="quai-de-valmy-paris-10e-22-11-16_dh" class="wp-image-900" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-right"><em>Texte : Françoise Renaud<br />Photographie : Dominique Hasselmann</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vers-lhorizon-perdu-12/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>existence soudain fragmentée</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/existence-soudain-fragmentee/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/existence-soudain-fragmentee/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 15:50:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[divers]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[coeurs brisés]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=628</guid>

					<description><![CDATA[Ce te texte a été publié le 5 août 2016 sur le blog de Marie-Noëlle Bertrand dans le cadre des Vases Communicants. Nuit jour. Dedans dehors. Corps agissant, résonnant, travaillant, pleurant, communiquant, dormant, se taisant. Les murs sont des frontières entre le ciel illimité et la chambre où ils vivent. C’est la matière qui les &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/existence-soudain-fragmentee/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« existence soudain fragmentée »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>Ce te texte a été publié le 5 août 2016 sur le <a href="https://ilpleuvrademain.com/2016/07/01/le-lac-010716-francoise-renaud/">blog de Marie-Noëlle Bertrand</a> dans le cadre des<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/"> Vases Communicants</a>.</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-629" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg" alt="3793503856_f58c156297_z" width="740" height="527" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg 640w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z-300x214.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 740px) 100vw, 740px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nuit jour. Dedans dehors. Corps agissant, résonnant, travaillant, pleurant, communiquant, dormant, se taisant. Les murs sont des frontières entre le ciel illimité et la chambre où ils vivent. C’est la matière qui les guide. La matière du réel, du dehors et du dedans, de la nuit et du jour, du désir et de l’ombre. De l’univers dans tous ses états. Parfois ils se demandent de quoi il s’agit, là sur cette terre, dans ce monde tel qu’il s’est façonné autour d’eux. Ils savent éprouver joie, contrariété, terreur. Mais quand la matière se fige, ça fait des creux dans le temps. Juste après, les heures ne passent plus de la même manière. Les cœurs sont brisés. L’avenir anéanti.</p>
<p style="text-align: justify;">Drames toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Inscrits dans l’ocre du sable.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils apprennent le dernier en date par la télévision, par la Toile. Le lendemain au café ou sur le marché en faisant les courses. Un coup de folie entre nuit et jour. Haine et colère. Tout le monde en parle, parle de l’existence soudain fragmentée. Le dehors a fait irruption dans le dedans. L’architecture des bâtiments se moule autour du corps des hommes et des femmes qui pleurent devant le carnage  — personne n’aurait pu l’empêcher d’arriver. Brèches. Chambres noires. Froid et chaud. Certains voudraient s’en retourner dans les espaces du ventre d’où ils sont venus  ou d’un autre semblable, petites huttes en peau munies d’une porte pareille à une vulve — une forme qui s’oppose au rectiligne des rues, des écrans, des fenêtres. Qui s’oppose à la douleur. Pour s’y abriter. Jusqu’au soir. Mon amour. Je te tiens par la main. Il ne t’arrivera rien.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie ©Marie-Noëlle Bertrand</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/existence-soudain-fragmentee/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vases communicants d&#8217;août, avec Marie-Noëlle Bertrand</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-marie-noelle-bertrand/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-marie-noelle-bertrand/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2016 08:45:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[Françoise Renaud]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Noëlle Bertrand]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=619</guid>

					<description><![CDATA[Premier vendredi d&#8217;août. Je reçois Marie-Noëlle Bertrand sur Terrain fragile. Avec joie. Les Vases Communicants ont suscité notre rencontre. Marie-Noëlle est blogueuse depuis 2010. Son blog : La Dilettante Elle se définit comme passeuse de l&#8217;écriture des autres. Elle sème des fragments de textes, isolés ou combinés. Aussi des sons et des photographies. Elle partage &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-marie-noelle-bertrand/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants d&#8217;août, avec Marie-Noëlle Bertrand »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Premier vendredi d&rsquo;août. Je reçois Marie-Noëlle Bertrand sur Terrain fragile. Avec joie. Les Vases Communicants ont suscité notre rencontre.</span></span></em><br />
<em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><br />
Marie-Noëlle est blogueuse depuis 2010. Son blog : <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/"><strong>La Dilettante</strong></a><br />
Elle se définit comme passeuse de l&rsquo;écriture des autres. Elle sème des fragments de textes, isolés ou combinés. Aussi <strong><a href="https://soundcloud.com/eclectante">des sons</a></strong> et <strong><a href="https://www.flickr.com/photos/8989278@N03/">des photographies</a></strong>. Elle partage sa récolte avec ceux qui lui rendent visite. Elle dit aussi : « Je ne « travaille » pas beaucoup. Éclectique et dilettante, je suis&#8230; ».  Ajouter qu&rsquo;elle côtoie beaucoup les livres, travaillant en bibliothèque.<br />
Nous avons décidé d&rsquo;écrire chacune sur une photographie de l&rsquo;autre et je la remercie pour ce partage.<br />
Voici son texte : <strong>Dérisoire</strong>. Vous trouverez le mien </span></span></em><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><strong><a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/2016/08/vases-communicants-du-5-aout-2016.html">chez elle ici</a></strong> : <strong>E</strong></span></span></em><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><strong>xistence soudain fragmentée</strong>.<br />
</span></span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>S’ouvrent les vannes du plaisir</h2>
<p><em><span style="color: #782850; font-size: 16px;"><span style="color: #bf4e19;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-624" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1024x768.jpg" alt="P1020737" width="618" height="464" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></a></span></span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour bricoler, il n&rsquo;était pas à son affaire mais il aimait bien y mettre son grain de sel quand quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre s’y collait. Dans ces moments-là, nous le surnommions « la mouche du coche ».</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le jardin, là c&rsquo;était autre chose. Ne sait si on doit parler de passion ou de lien à la terre. Lui qui, jusqu’à son retour du service militaire, s’était occupé à divers travaux agricoles, descendait chaque jour dans les entrailles de la terre — il était mineur de fond. Il consacrait son temps libre aux jardins potagers agrémentés de quelques fruits et fleurs.<br />
Dans mon souvenir, il en a toujours fait au moins deux et là il ne me viendrait pas à l’idée de remplacer faire par un autre verbe comme l’on nous y incitait dans les exercices scolaires. Faire le jardin, c’est tout à la fois l’agencer et en prendre soin.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Les outils n’étaient pas aussi bien rangés qu’ils le sont là. Leur place était contre la paroi du garage et ils étaient chargés sur la brouette ou dans le coffre de la voiture en fonction des travaux qu’il projetait.<br />
Des verbes fusent : biner, désherber, bêcher, piocher, ratisser,  sarcler, planter, fumer, repiquer, labourer, faucher… presque tous corrélés à des outils que je serais incapable de reconnaître.<br />
La pelote, la grosse ficelle qu’on déroule, on la tend entre les deux piquets pour que le rang soit droit ; un jeu d’enfant auquel nous affectionnions de nous prêter. Suivre le fil avec la pioche,  creuser un léger sillon pour accueillir les graines. Les recouvrir, arroser légèrement, voir naître une rivière dérisoire dans la terre sèche.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Deux verbes nous faisaient prendre la poudre d’escampette : cueillir et ramasser. Les cornichons d’abord, il les récoltait aux aurores afin qu’ils ne forcissent pas sous la chaleur du soleil  — c’est vrai que chez nous les cornichons nous les adorons quand ils sont petits. Il fallait les brosser avant de les immerger dans la marinade que nous préparions avec ma mère.<br />
Le pire, notre cauchemar d’enfants : les haricots verts que nous devions équeuter et effiler. Par bonheur, il les plantaient habituellement dans le jardin de mon oncle qui vivait avec mes grands-parents. Ils étaient toujours prêts, en le voyant passer avec les seaux remplis de ces maudits légumes, à nous délivrer de cette corvée.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Mon frère, à qui il a transmis cette inclination, a pris le relais. Il m’arrive de me régaler de ses exquises productions légumières. S’ouvrent alors les vannes du plaisir des mots, des gestes et des goûts retrouvés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;font-size: 16px;"><em>Photographie ©Françoise Renaud, Dans l&rsquo;atelier de mon père, 2016</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-marie-noelle-bertrand/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vases communicants de juillet, avec Louise Imagine</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-juillet-avec-louise-imagine/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-juillet-avec-louise-imagine/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jul 2016 08:24:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[intime]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Louise Imagine]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=561</guid>

					<description><![CDATA[Premier vendredi de juillet. Une journée chaude. Et c&#8217;est Louise Imagine que j&#8217;accueille avec joie. Louise codirige actuellement la revue graphique et littéraire La Piscine. Elle est également directrice de la collection photographique Horizons chez Publie.net. Je l&#8217;ai rencontrée récemment, en chair et en os. À présent je découvre ses ouvrages. Certains titres m’interpellent fortement. &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-juillet-avec-louise-imagine/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de juillet, avec Louise Imagine »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Premier vendredi de juillet. Une journée chaude. Et c&rsquo;est</span> <span style="color: #cc5f16;"><strong><a href="https://ilpleuvrademain.com/author/louiseimagine/">Louise Imagine</a> </strong><span style="color: #167087;">que j&rsquo;accueille avec joie.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #cc5f16;"><span style="color: #993366;"><span style="color: #167087;">Louise codirige actuellement la revue graphique et littéraire</span> </span><a href="https://revuelapiscine.com/category/le-pediluve/"><strong><em>La Piscine</em></strong></a><span style="color: #800000;">. <span style="color: #167087;">Elle est également directrice de la collection photographique Horizons chez Publie.net.</span></span><br />
<span style="color: #167087;"> Je l&rsquo;ai rencontrée récemment, en chair et en os. À présent je découvre ses ouvrages. Certains titres m’interpellent fortement. </span><strong><em><a href="http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371710078/inlands">Inlands</a></em><span style="color: #167087;">,</span> </strong><em><a href="http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771000/blancs"><strong>Blancs</strong>.  </a></em><span style="color: #167087;">Étranges passerelles jetées soudain entre nous comme des évidences. Posée là, une question qui est aussi la mienne : La poésie, la peinture : que disent-­elles, en somme ?</span><br />
<span style="color: #167087;"> Et puis ses photographies. Travaux souvent exposés (Transphotographiques, rencontres d’Arles) et édités (<em>Blancs</em>, <em>Instant T</em>, <em>La Croisée des Marelles</em>), photographies de plateau, portraits, reportages… tout l&rsquo;intéresse. L&rsquo;enfance, les rivages, l&rsquo;intime&#8230; décidément au cœur de notre rencontre.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Nous voici donc réunies à la croisée de l&rsquo;image et de la poésie, entre énigme et lumière. Nous avons écrit sur un duo de ses photos. Et pour commencer voici son texte.</span><em><span style="color: #cc5f16;"><br />
</span></em></p>
<h1>LE LAC</h1>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-568" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1024x1024.jpg" alt="image1_LouiseImagine" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine.jpg 1390w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’été à peine installé, la pluie l’avait accueilli.<br />
Aucun nuage n’en avait pourtant annoncé la venue.</p>
<p style="text-align: justify;">La journée s’était déroulée chaudement. Une de ces journées claires où l’on prévoit par hasard de se retrouver entre amis au bord du lac.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions préparé le pique-nique et les bouteilles d’eau, entassé à la va-vite maillots et serviettes dans un grand sac, pris les masques de plongée des petites, la crème solaire en spray — plus facile à étaler. Nous avions marché quelques temps côte à côte, pressées d’arriver, et malgré nos pieds soulevant la poussière, nos têtes déjà naviguaient dans l’eau douce, apaisante, barbotaient aux côtés des algues noires et poissons argentés.<br />
Après avoir quitté la route, nous nous étions engagés sur le chemin caillouteux <span id="more-561"></span>qui s’élève mollement à flanc de colline pour rejoindre le sentier plus sage et balisé ceinturant le lac.</p>
<p style="text-align: justify;">De là-haut, sous nos pieds, le lac s’ouvrait tel un puits de lumière épousant le ciel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le soleil tapait encore fort et nous plissions les yeux. La luminosité se réverbérait sur le sol calcaire. La nature nous livrait sans timidité chaque détail étincelant de sa beauté : vent chaud contre nos peaux dénuées, papillons irisés sur fleurs épanouies, herbes folles aux arômes entêtants, lichens vert-gris sur écorce brute, et plus loin encore, saturant l’air, le calme profond des plans d’eau teintés des cris joyeux des enfants.<br />
Nous croisions les baigneurs de l’après-midi qui rentraient chez eux, alourdis par la nage, cheveux en bataille et joues rougies, sacs trop lourds et pas traînants.<br />
Mais nous, nous arrivions.<br />
Et la journée ronronnait au creux de nos poitrines.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois les affaires posées pêle-mêle sur la grève, nous nous étions éclaboussés pour atténuer la morsure de l’eau sombre — avions pris notre temps pour rentrer peu à peu — avions plongés d’un coup, narines pincées.<br />
Le lac, soudain, nous avait paru à la température  idéale… Nous avions lancé le ballon dans l’eau pour s’empresser d’aller le rechercher, baladé les plus petits sur un bateau gonflable. Nous avions nagé jusqu’à l’autre rive puis, après une courte halte, rebroussé chemin. Nous avions fait la planche, perdu un masque de plongée, joué à le retrouver, battu des bras et des palmes pour mimer d’étranges cétacés.<br />
Puis, sur un coin de serviette, nous avions mis eau et nourriture en commun. Et chacun à son rythme était venu picorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fils du temps, il y eut peut-être un fond d’air un peu plus frais. Une légère teinte vive dans la texture du vent. Les gilets furent sortis du sac, posés consciencieusement sur les épaules agacées des enfants. Puis — sans surprise — ramassés par terre entre les herbes sèches et la poussière, secoués vigoureusement et replacés sur les jeunes insouciants. Nous avions finalement repris peu à peu le chemin du retour. Serviettes rangées et sacs fermés.<br />
Le ciel résonnait d’une harmonie d’ocres, de roses et de dorés.</p>
<p style="text-align: justify;">L’été à peine installé, la pluie l’avait accueilli.<br />
Une pluie chaude et lourde, accompagnée du soir et de sa nuée d’étoiles.<br />
Une pluie imprévisible, impétueuse, à en faire chanter les tuiles de la maison.</p>
<p style="text-align: justify;">Le printemps s’est enfui, dilué dans la plus douce des mélodies. Aucun nuage n’en avait pourtant annoncé la venue…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine.jpg" rel="lightbox-1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-581" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1024x1024.jpg" alt="image2_LouiseImagine" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine.jpg 1432w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <a href="http://wp.me/pE9rZ-Dh"><span style="color: #ff9900;"><em><strong>Le lac </strong></em></span></a>est à retrouver <a href="https://ilpleuvrademain.com/2016/07/01/le-lac-010716-francoise-renaud/" target="_blank" rel="noopener"><strong>chez elle</strong></a>.</h3>
<p style="text-align: right;"><em>Photographies ©Louise Imagine<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;"></h3>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-juillet-avec-louise-imagine/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>7</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>passage</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/passage/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/passage/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jun 2016 07:47:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[passage]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=554</guid>

					<description><![CDATA[Ce texte a été publié sur le blog de Sylvie Pollastri pour les Vases communicants, juin 2016. Il était sorti prendre l’air. Tard le soir. Il avait entendu un hurlement de chien et il avait suivi le chemin qui s’annonçait devant lui en se demandant où diable le chien se terrait. S’il était en train &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/passage/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« passage »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Ce texte a été publié sur le blog de Sylvie Pollastri pour les Vases communicants, juin 2016.</p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-539" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI.jpg" alt="phto_POLLASTRI" width="465" height="620" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI.jpg 720w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il était sorti prendre l’air. Tard le soir. Il avait entendu un hurlement de chien et il avait suivi le chemin qui s’annonçait devant lui en se demandant où diable le chien se terrait. S’il était en train de se battre ou s’il souffrait.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chemin avait l’allure d’une berge de rivière, longeait des bâtiments ou des jardins. Allez savoir ce qui se niche derrière ce type de murailles, des propriétés où la vie est bien organisée, où les gens cherchent à être tranquilles au bord de la vieillesse en dépit de familles déglinguées, essayant d’oublier les histoires sans queue ni tête qui constituent leur héritage au même titre que leurs biens, n’étant jamais dupes des visites qu’ils reçoivent. Murailles par endroits crépies au sable ou pierres empilés visibles, parfaitement imbriquées pour durer. Ruelles au sol pavé rongé par d’innombrables passages, lents ou précipités. Ces gens-là essayaient d’oublier ce qu’ils avaient traversé, en vérité ils étaient terrifiés. Ils hurlaient parfois un peu comme des chiens souffrant de maladie ou de solitude. Et lui entendait tout cela, tard dans la nuit, à travers le hurlement de cette bête qu’il traquait à présent pour en avoir le cœur net.</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait bifurqué à la faveur d’une placette, grimpé une série d’escaliers trapus. Il essayait de se guider au bruit qui résonnait contre les parois de pierre. Désormais tout proche. Le chien, là, couché dans un recoin avec une plaie au ventre. Le malheureux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’était approché de lui parlant, lui avait caressé la tête — geste qui l’avait apaisé. Puis il l’avait soulevé entre ses bras après l’avoir protégé de sa veste dans l’intention de le conduire chez un soigneur — pas sûr qu’il l’aurait fait pour un mendiant, un indigent. Il se souvenait avoir repéré une clinique pour animaux dans le quartier là-bas, mais elle était fermée à cette heure. Il avait attendu devant la porte, pleurant avec le chien, toutes ces heures l’accompagnant. Et puis ce soubresaut. Comme un nuage de sauterelles obscurcissant le ciel.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>D&rsquo;après une photographie de Sylvie Pollastri</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/passage/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vases communicants de mai, avec Christophe Sanchez</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-christophe-sanchez/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-christophe-sanchez/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 May 2016 08:06:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[fut-il]]></category>
		<category><![CDATA[la montre-oignon]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=507</guid>

					<description><![CDATA[Premier vendredi de mai. Je reçois Christophe Sanchez sur Terrain fragile. Je le connais peu – très peu. Je l&#8217;ai vu en photo les pieds dans l&#8217;eau au bord de la mer. Je fréquente son blog FUT-IL où il écrit Les gens, ses promenades, ses lectures. J&#8217;ai aimé le texte Le buffet pour sa précision, L&#8217;espingoin &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-christophe-sanchez/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de mai, avec Christophe Sanchez »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Premier vendredi de mai. Je reçois</span></span><strong> <a href="http://www.fut-il.net/" target="_blank" rel="noopener">Christophe Sanchez</a></strong><span style="color: #bf4e19;"> sur Terrain fragile.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;"> Je le connais peu – très peu. Je l&rsquo;ai vu en photo les pieds dans l&rsquo;eau au bord de la mer. Je fréquente son blog <span style="color: #782850; font-size: 16px;"> <a href="http://www.fut-il.net/p/a-propos.html"><strong>FUT-IL</strong> </a></span>où il écrit Les gens, ses promenades, ses lectures. J&rsquo;ai aimé le texte</span> <a href="http://www.fut-il.net/2016/04/le-buffet.html">Le buffet</a> <span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;">pour sa précision,</span> <a href="http://www.fut-il.net/2016/04/lespingouin.html">L&rsquo;espingoin</a> <span style="color: #782850; font-size: 16px;"><span style="color: #bf4e19;">autour de son père d&rsquo;origine étrangère. Il a l&rsquo;air d&rsquo;apprécier les plaisirs simples, » les pieds dans les sandalettes qui glissent sur les cailloux, l’odeur du plein printemps qui s’aligne sur nos pas. » Alors je suis contente que vous le connaissiez aussi.</span> <span style="color: #bf4e19;"><br />
Christophe Sanchez écrit en ligne depuis dix ans. Il est co-revuiste à la revue littéraire et graphique</span><strong><a href="http://www.revuelapiscine.com/" target="_blank" rel="noopener"> La piscine</a><span style="color: #993366;"><span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;">. </span></span></strong><span style="color: #993366;"><span style="color: #bf4e19;">Nous nous sommes proposés un échange libre. <span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Voici son texte.</span></span></span></span></span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>La montre-oignon</h3>
<p style="text-align: justify;">Il avait une montre dans sa poche. Pas une vulgaire montre-bracelet, banale, avec son ornement en cuir ou en métal ; pas une montre commune, pas de celles qu’on met au poignet tous les jours – comme tout le monde. Non, il avait une montre-oignon ! Alors, ça ! C’était étrange ! Comment avait-on pu marier une montre et un oignon pour en faire un seul et même objet ? Ou plante potagère ? Parce que, finalement, de quelle espèce était sa montre-oignon ? Où la trouvait-on ? Chez l’horloger ou le primeur ? Mi-temps, mi-primeur. Une primeur du temps, sans nul doute : une fraîcheur de première qualité, une montre-oignon cueillie du matin avec la rosée qui perle sur la trotteuse. L’objet – parce qu’il s’agissait bien d’un objet, je le voyais bien, même si le doute n’arrêtait pas de tourner ses aiguilles dans ma tête – faisait onduler les heures sur sa face d’oignon, à grands coups de tics et de tacs dérobés sous un bulbe de verre.<span id="more-507"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, j’ai compris en grandissant ce qu’était une montre-oignon. Mais mon grand-père ne m’en a jamais rien dit, soutenant le mystère avec malice, allant même jusqu’à me faire croire que dans son jardin il cultivait des plants de montres-oignons, qu’il en faisait des récoltes abondantes, de quoi assurer la pérennité de sa petite exploitation pour des générations et des générations – une descendance qui, grâce à cette culture ultramoderne, pourrait gaspiller oignons et temps comme bon lui semblerait, ad vitam æternam. Faut dire qu’elle a bien traversé le temps, cette montre. Symbole à elle seule du patriarcat et de la prédominance de mon aïeul sur toute la famille. Logée dans son bleu de travail, suspendue à une chaînette en argent qui dépassait ostensiblement de sa ceinture, il prenait un malin plaisir à la sortir à toute occasion en la serrant entre ses doigts crochus. Goguenard, il traçait sur ses joues des larmes chaudes en me souriant largement.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien plus tard, une fois que grand-père ne fut plus du monde des oignons comme de celui des hommes, je l’ai retrouvée dans l’armoire normande entre deux piles de gros draps brodés à ses initiales. Les aiguilles arrêtées indiquaient treize heures, l’heure habituelle de sa sieste. Ce jour-là, j’ai senti que la montre-oignon m’irritait les yeux. Je l’ai saisie avec précaution avec le pouce et l’index. Je l’ai tournée, pile, face, ai épluché quelques souvenirs, cligné des paupières pour rafraîchir la brûlure, puis je l’ai reposée dans son cocon avec un peu de mon eau pour qu’il en pousse d’autres.</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <em><strong>fil bleu des lèvres</strong></em> est à retrouver sur <a href="http://www.fut-il.net/2016/05/fil-bleu-des-levres-vasesco-francoise.html" target="_blank" rel="noopener"><strong>son blog FUT-IL</strong></a>.</h3>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-christophe-sanchez/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>13</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ne rien perdre</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ne-rien-perdre-vases-communicants-avril-2016/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ne-rien-perdre-vases-communicants-avril-2016/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2016 10:36:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[chemin]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marlen Sauvage]]></category>
		<category><![CDATA[Ne rien perdre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=460</guid>

					<description><![CDATA[Il va sans souci. Sans fatigue. Plus léger à l’heure fraîche. Il va, porte le vent. Glisse au flanc du versant. S’incurve, se resserre quand il faut, bientôt raidit sa pente pour entraîner vers le col. On va avec lui, on le suit — on lui fait confiance. On essaie de sentir tout ce qu’il &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ne-rien-perdre-vases-communicants-avril-2016/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« ne rien perdre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06.jpg" rel="attachment wp-att-461 lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-461" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-681x1024.jpg" alt="marlen06" width="488" height="734" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-681x1024.jpg 681w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-199x300.jpg 199w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-768x1155.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06.jpg 851w" sizes="auto, (max-width: 488px) 100vw, 488px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il va sans souci. Sans fatigue. Plus léger à l’heure fraîche. Il va, porte le vent. Glisse au flanc du versant. S’incurve, se resserre quand il faut, bientôt raidit sa pente pour entraîner vers le col.<br />
On va avec lui, on le suit — on lui fait confiance.<br />
On essaie de sentir tout ce qu’il y a dans l’instant de formes, de textures, de parfums, de murmures. On ne veut rien manquer. La couleur de l’air. Le ruiné du rocher. Le port des arbres rares. La sensation d’altitude. Et puis le dessin des crêtes contre le ciel, les nuages échevelés, la résonance de l’horizon. Le tressaillement des bêtes cachées. Toutes ces choses émanant du dehors proposées au cours de la marche, cette profusion d’événements minuscules engageant le regard et les autres sens, nous reconduisant dans le giron de la nature. Finalement nous procurant un sentiment de plénitude et d’amour sans réserve pour ce monde qui bouleverse.<br />
Sentiment qui gagne en nous. Pénètre.<span id="more-460"></span><br />
Et on regrette de ne pas voir humer toucher avec plus d’acuité. On regrette d’être ignorant : tant de variétés de plantes sauvages d’insectes d’oiseaux, tant de nuances de vert de bleu. On voudrait voir profond. On voudrait voir la sève circuler dans les tiges, la pluie glisser dans la terre, les cristaux se transformer dans la pierre. L’âme dans le corps s’émerveille. Surtout ne rien perdre.<br />
Qu’importe, on y va. On va dans la joie du paysage.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du tournant l’air surprend et coule sur le visage. On a les joues rouges. On devient chemin, rocher, bout de ciel. On froisse la tête des bruyères du plat de la main, si douce couleur — couleur d’invisibles baisers — tout en se hissant jusqu’au plateau aride, râpé par les courants puissants du vent.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie ©Marlen Sauvage<br />
Ce texte a été écrit dans le cadre des Vases communicants avril 2016 et publié sur le blog de Marlen Sauvage</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ne-rien-perdre-vases-communicants-avril-2016/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vases communicants d&#8217;avril, avec Marlen Sauvage</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-davril-2016-avec-marlen-sauvage-2/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-davril-2016-avec-marlen-sauvage-2/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Apr 2016 07:48:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[chemins]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marlen Sauvage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=465</guid>

					<description><![CDATA[Pour les Vases Communicants d&#8217;avril en hommage à Francis Royo, c&#8217;est Marlen Sauvage que je reçois chez moi comme sur ma terrasse au bord d&#8217;un ruisseau face à la montagne. Nous habitons presque le même pays, par choix. Elle, la Lozère, la Cévenne des Gardons. Moi, la lisière sud. Nous avons eu envie d&#8217;écrire sur &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-davril-2016-avec-marlen-sauvage-2/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants d&#8217;avril, avec Marlen Sauvage »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><em>Pour les <strong>Vases Communicants d&rsquo;avril en hommage à <a href="http://analogos.fr/">Francis Royo</a>, </strong>c&rsquo;est<strong> <a href="http://les-ateliers-du-deluge.com/about/" target="_blank" rel="noopener">Marlen Sauvage</a></strong> que je reçois chez moi comme sur ma terrasse au bord d&rsquo;un ruisseau face à la montagne.<br />
Nous habitons presque le même pays, par choix. Elle, la Lozère, la Cévenne des Gardons. Moi, la lisière sud. Nous avons eu envie d&rsquo;écrire sur quelque chose du paysage, chacune à partir d&rsquo;une proposition photographique de l&rsquo;autre.  Les photos proposées nous ont guidées vers le thème du chemin sans que nous l&rsquo;ayons prémédité.</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><em><strong>Marlen Sauvage</strong> tient un blog appelé<strong> <a href="http://les-ateliers-du-deluge.com/2016/01/08/impasse-des-pensees/" target="_blank" rel="noopener">LES ATELIERS DU DÉLUGE</a></strong>. Elle y a écrit : « Peut-être devait-elle se faire à l’idée que sa vie ne serait plus qu’une succession d’instants de solitude à déguster des olives vertes accompagnées d’un verre de vin blanc sur la terrasse d’une villa, à La Marsa ou ailleurs, sous un ciel lavande. [&#8230;] « </em><br />
<em> Et voici son texte à partir d&rsquo;une de mes photographies.</em><br />
<em>Vous trouverez le mien <strong><a href="http://les-ateliers-du-deluge.com/2016/04/01/surtout-ne-rien-perdre-le-vase-davril/" target="_blank" rel="noopener">ICI SUR SON BLOG</a></strong>.</em></p>
<h2>Et te perds…</h2>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-496" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE-1024x1024.jpg" alt="chemin_mousse_CARRE" width="594" height="594" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/04/chemin_mousse_CARRE.jpg 1358w" sizes="auto, (max-width: 594px) 100vw, 594px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Va va va marche cours pense renifle écoute flâne rêvasse et te perds… inutile de connaître la route, elle mène la danse, elle te mène, suis-là ; avance au gré du sol ton pas s’y fera bien, au gré des feuilles avance, des fougères au printemps de leurs crosses, à leur rousseur, ralentis, au gré du temps avance, d’un bout de ciel, d’une lune sans halo, d’un coteau chevelu de chênes verts, d’une montagne au loin prise sous la neige ; suis la route, la tienne se dessine déjà, ne crains pas d’user tes chaussures, et si les broussailles obscurcissent ton horizon, si dans les sous-bois les lianes entravent ta marche, si tu t’opposes à l’impénétrable, adresse-toi au rouge-queue, à la mésange charbonnière, aux insectes transparents, aux toiles d’araignées scintillantes, suspendues aux branchages, aux clôtures, à l’herbe courte des prairies, aux voix dans le silence, laisse de tes cheveux dans les ronces épaisses, jette un regard aux mousses, aux minuscules coquilles d’escargots blancs, empoigne les bruyères dans leur arborescence et teste leur solidité, elles blessent parfois, caresse les plantes grasses surgies de la faille du rocher, reconnais l’élégance des aristoloches, coupe-toi au schiste tranchant, réjouis-toi d’un mica sur ta route.<span id="more-465"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Tu ne sais ce qui t’attend au bout, et ton pas engagé maintenant déborde tous les paris du monde, tu enlaces la vie, tu la foules, brassant mille projets, mille espérances, mille regrets et tous les inconnus croisés jamais nommés ou si mal nommés ; sur la draille où tu t’élances ton pas s’allonge dans le pas des colporteurs, des bergers et des faucheurs, dans le sabot des chèvres. Parfois la Terre penche, il suffit de se pencher aussi ; ta route grimpe, et tu te plains d’étranges souffrances dans tes muscles endoloris ; accueille la peine, la douleur, le chagrin, aussi. Le paysage garde la trace du chemin, malgré l’infidélité des hommes.</p>
<p style="text-align: justify;">Va va va où ton ombre t’emporte, ne la retiens pas, écoute au loin la cloche du troupeau qui assaille la colline en face, dans le calme du ciel, écoute le tumulte de ton cœur et ta respiration tarie, surprends le trésor dans la couleur du soleil et dans le repos tremblant du lac à tes pieds. Et à la nuit, peut-être la dernière, ralentis le pas, surprends l’air dans sa fluidité, imprègne-toi de la fragilité du monde, au bout de ta route brandis-la, haut, réjouis-toi d’être si vulnérable, réjouis-toi de bientôt arriver.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie : Mousses, ©Françoise Renaud, 2016</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-davril-2016-avec-marlen-sauvage-2/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>5</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Parcelles habitées, vases communicants, mars 2016</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/parcelles-habitees/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/parcelles-habitees/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Mar 2016 10:21:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[ville]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[textes croisés]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=448</guid>

					<description><![CDATA[Voici le texte que j&#8217;ai écrit dans le cadre des Vases Communicants de mars. Échange heureux avec Anne-Sophie Bruttmann. parcelles habitées Parking numéro 10. Voiture couleur gris métallisé. Un homme penché à l’intérieur examine le dessous des sièges avec une lampe de poche. Il cherche un mégot, cheveu, bout de papier avec numéro de téléphone, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/parcelles-habitees/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Parcelles habitées, vases communicants, mars 2016 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><em>Voici le texte que j&rsquo;ai écrit dans le cadre des <strong>Vases Communicants </strong>de mars<strong>. </strong>Échange heureux avec <strong><a href="http://annesodiversetvariations.over-blog.com/" target="_blank" rel="noopener">Anne-Sophie Bruttmann</a></strong>. </em></p>
<h2 style="text-align: justify;">parcelles habitées</h2>
<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann.jpg" rel="attachment wp-att-429 lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-429" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann.jpg" alt="parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann" width="480" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann.jpg 480w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Parking numéro 10. Voiture couleur gris métallisé. Un homme penché à l’intérieur examine le dessous des sièges avec une lampe de poche. Il cherche un mégot, cheveu, bout de papier avec numéro de téléphone, objet égaré. Un début de preuve d’infidélité. Il doit être en colère pour s’acharner comme ça. Ou malade. Dans les deux cas il est malheureux. Et j’ai peur de ce qu’il va lui faire, à elle. Je souhaite soudain que les piles de la lampe se vident pour qu’il arrête.<br />
Emplacement 12 (j’ai décidé de numéroter les places en nombres pairs pour m’y retrouver). Grosse tâche d’huile. Quelqu’un a eu des ennuis récemment.<br />
Emplacement 18. Véhicule à carrosserie noire d’une marque peu répandue (je n’y connais rien en voiture). Deux types s’embrassent. Se fouillent sous les habits jusque dans les plis de peau et même à l’intérieur du corps. L’un pèse sur l’autre, ils s’agitent. Je passe au large. Quand ils auront fini, ils se démêleront, se quitteront. À vrai dire, ça m’est un peu égal.<br />
Places 20 et 22. Réservées pour les handicapés.<br />
La 32, plus loin à longer la berge. Break foncé avec banquette arrière repliée et forme allongée côté coffre. Je crois d’abord à un cadavre. Et puis je vois que ça respire. Quelqu’un là, oui. Une femme. Elle vit dans sa voiture depuis qu’elle a perdu enfants et appartement. Elle se débrouille comme elle peut. Au jour le jour. Elle a empilé ses deux valises pour pouvoir allonger les jambes et elle a étendu sa serviette de toilette par-dessus pour la faire sécher. La nuit, elle se recouvre d’une toile cirée de la même couleur que la banquette pour se cacher — ne pas se faire violer. Il y a l’eau du fleuve pas loin. Elle se lave avec avant d’aller au travail.<br />
Plus loin encore, sous le pont de la voie ferrée. Encoignure de la taille d’un carton replié de machine à laver. Un sans-logis l’a investie. Il a planté un panneau Halte là pour signifier son campement et il lance des canettes vides à qui veut s’approcher. L’agressivité le protège.</p>
<p style="text-align: justify;">Je continue à marcher. Plus loin. Plus loin<br />
Le gris devient noir. La nuit étend ses bras sur ces mille territoires minuscules. Habités. Hantés.<br />
Broie la ville et ses âmes perdues.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie : ©Anne Sophie Bruttmann, février 2016 </em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/parcelles-habitees/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
