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	<title>Duras &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>Duras &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>en 4000 mots #4 &#124; Duras quatuor à dire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jan 2019 13:26:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
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		<category><![CDATA[La mort du jeune aviateur anglais]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #4, à partir de &#8216;La mort du jeune aviateur anglais&#8217; de Marguerite Duras Je n’existais pas encore au moment où ça s’est passé, mais je peux le concevoir, ce moment, redessiner le lieu à l’aune de nos &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-4-durasquatuoradire/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #4 &#124; Duras quatuor à dire »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#4<em>, à partir de &lsquo;La mort du jeune aviateur anglais&rsquo; de Marguerite Duras<br />
</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-1891" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="560" height="560" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré.jpg 2048w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;"><strong>J</strong>e n’existais pas encore au moment où ça s’est passé, mais je peux le concevoir, ce moment, redessiner le lieu à l’aune de nos brefs séjours après le long voyage dans la voiture de mon père jusqu’à ce pays éloigné du bord de la mer. Un lieu pauvre et perdu, soumis à l’empire de l’ombre, peuplé de gens affairés à la terre : semeurs, jardiniers, éleveurs de bêtes. Un lieu-dit portant un nom d’arbre. Le Noyer. Situé dans le département de la Loire Inférieure – image dégradante résonnant avec l’odeur de fumier, forte autour des fermes basses et des prés descendant jusqu’à l’eau (souvenir aussi d’un enfant retrouvé noyé, mais c’est une autre histoire). Un hameau difficile à distinguer des autres du même genre éparpillés dans cette campagne, pourtant différent ce jour-là à cause d’un mariage en train de se préparer. Enfin une certaine effervescence, le pavé lavé de frais, des chaises disposées en rang d’oignon devant la maison pour le monde qui commence à venir, des petits gâteaux et des verres sur une table pour les hommes qui voudraient un blanc sec.<span id="more-1890"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais où est la mariée ? en train de passer sa robe, mais où et avec l’aide de qui ? Parce qu’à la regarder sur les photographies, elle n’a pas bien l’air facile à enfiler, cette robe réalisée par une couturière, ajustée au galbe des seins, empiècement satiné marquant la taille et boutonnée dans le dos &#8212; vous savez, ces petits boutons faits du même tissu que la robe difficile à passer dans les trous &#8211;, mais personne ne se souvient vraiment. S’en référer aux sœurs. Une autre fois peut-être. Enfin, il n’y a pas trente-six solutions, ça s’est forcément passé à la ferme puisque le cortège est parti du hameau pour gagner l’église au bout de la ligne droite (des images du cortège le prouvent), donc dans l’une des chambres à l’arrière qui ne voient guère le soleil. La couturière étant marraine de la mariée, c’est elle qui a dû l’assister, épingles serrées entre les dents et aiguillée de coton toute prête pour un dernier ajustement. Cette femme, morte il y a déjà des années, ne peut rien confirmer. Rien confirmer non plus du cri que la jeune fille a poussé au moment de glisser la tête dans l’encolure en mousseline blanche.</p>
<p style="text-align: justify;">Étrange comme je l’entends crier moi aussi au seuil d’épouser l’homme qu’elle ne connaît pas ou si peu. Elle a vu quelque chose, quelque chose logé dans les plis qui l’a épouvantée : bête noire, mouton de poussière, pétale séché, papillon, quelque chose de non identifié qui s’est mué en mauvais présage. Suit la peur. De partir. De quitter sa terre et les siens. De commencer une autre vie. Peur de ce qui va arriver. Si elle le savait, elle se cacherait dans un coffre ou dans une armoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Aller y voir de plus près, y aller à pleines mains, ne pas se gêner, fouiller le tissu à des années de distance, soulever les plis, fourrager dans le jupon, défroisser les volants, identifier la chose qu’elle a vue (après elle n’a plus voulu bouger), la robe lâchée par terre, le temps passant, le monde s’impatientant &#8212; aujourd’hui le dire même si ça ne sert à rien &#8212; dérouler le fil des secondes pour décortiquer l’affreux pressentiment &#8212; l’écrire, lui et tout ce qui en a découlé – ce serait comme un morceau de film, une scène au ralenti avec la robe posée successivement sur le lit, puis le fauteuil, puis tombée au sol, puis habillant le corps jeune et svelte à vingt ans &#8212; écrire la peur ancrée dans la chair de ma mère, transmise à chacun de ses enfants &#8212; je la questionne au téléphone, c’est si loin, elle confond les dates, finalement elle se souvient de la chambre à l’arrière, elle dit « la chambre de maman », elle dit aussi que c’était la robe de sa sœur mariée six mois plus tôt – le film proposerait des visages, ceux des proches et des gens présents à la cérémonie, demi-souriants, la plupart silencieux, aujourd’hui disparus &#8212; se pencher sur la page – écrire le contraste entre le noir et le blanc, entre la mousseline et le corps de l’insecte, entre l’espoir et la terreur &#8212; griffer les mots pour elle – griffer comme si je brodais son intraduisible émoi &#8212; se pencher – évoquer le cri &#8212; griffer les mots – dire – dire – coudre &#8212; écrire</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)</em><br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></p>
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		<title>vers un écrire-film #02 &#8211; fleuve noir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Feb 2018 13:11:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[Je ne sais pas comment ça se passe, comment ça vient, je pourrais dire que ça prend source dans le corps comme une lumière, une image, une couleur, un mouvement infime dans le tissu du corps silencieux, un mouvement réfugié depuis longtemps dans les cellules (cellules issues de la lignée des bêtes sorties de l’eau &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/fleuve-noir/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« vers un écrire-film #02 &#8211; fleuve noir »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/p1a7nd3p7f10misfd1g9cg3ggc34.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="wp-image-1367 aligncenter" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/p1a7nd3p7f10misfd1g9cg3ggc34-1024x818.jpg" alt="" width="700" height="560" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/p1a7nd3p7f10misfd1g9cg3ggc34-1024x818.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/p1a7nd3p7f10misfd1g9cg3ggc34-300x240.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/p1a7nd3p7f10misfd1g9cg3ggc34-768x614.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/p1a7nd3p7f10misfd1g9cg3ggc34.jpg 1126w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas comment ça se passe, comment ça vient, je pourrais dire que ça prend source dans le corps comme une lumière, une image, une couleur, un mouvement infime dans le tissu du corps silencieux, un mouvement réfugié depuis longtemps dans les cellules (cellules issues de la lignée des bêtes sorties de l’eau un jour d’orage et de violence alors que la terre n’était que jungle et marécages), car les choses existent déjà en dehors de moi, en dehors de nous — mais quelle histoire racontons-nous sans cesse ? n’est-ce pas toujours un peu la même dans les livres ou les films et a-t-elle un intérêt pour quelqu’un ? —, je me souviens quand j’étais bien plus jeune, seule au bord de l’océan qui borde mon pays, je contemplais les vagues fougueuses et je les aimais infiniment parce qu’elles me donnaient à voir quelque chose d’inclassable, et cet amour me guide toujours — sûrement à cause de lui que je le fais et d’ailleurs c’est tout ce que j’avais à cet âge pour me raccrocher au monde et grandir sans poser de problème à personne : la beauté de la mer et quelques phrases à gratter dans un cahier d’école —, de même le visage de ma sœur morte me guide à travers la foule et la multitude de mes peurs de cette façon infiniment belle et particulière qu’ont les vagues — maintenant de ça je suis à peu près sûre —, elle me montre le passage, son gentil visage de condamnée à frôler le mien et le cœur labouré de ma mère et la colère de mon père, alors oui forcément que je le fais à cause de tout ce bazar qui un jour m’a fait basculer sur l’autre versant, changer de route, — je le vois plus clairement à présent —, et chaque jour tout réapprendre en le faisant, trébucher, se relever, se demander à quoi bon continuer, se laisser submerger par la joie ou le doute et reprendre une goulée d’air jusqu’à ce que ça vienne sur le papier un peu comme une vision (paysages, villes, routes, êtres vivants au bord des routes) — mots surgis bons ou inutiles, qui peut le dire  —, simplement il est temps de faire ce que j’ai à faire car je suis au plein de ma vie, alors j’écris un point c’est tout, avec des larmes et en poursuivant les méandres d’un long fleuve noir.</p>
<p style="font-size: 15px; text-align: right;"><em>Photographie : Série océan, <a href="http://marcdantan.com/">Marc Dantan</a></em></p>
<p style="font-size: 15px; text-align: right;"><em><br />
texte écrit par Françoise Renaud dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;hiver 2018 proposé par François Bon<br />
<strong><a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4735"> Vers un écrire-film</a> / #03 : Le « comment j&rsquo;ai fait » de Marguerite Duras</strong><br />
<strong><span style="color: #339966;"><span style="color: #91260c;">Il était proposé d&rsquo;écrire son « bloc noir » en un seul et unique paragraphe, installer ce qui se passe pendant des mois, une vie, toutes ces interrogations, désespoirs, jusqu&rsquo;à FAIRE&#8230;</span><br />
</span></strong></em></p>
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