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	<title>Terrain fragile &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>Terrain fragile &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>pousser la langue  #04&#124; chemin des Horts</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2019 08:30:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[végétal]]></category>
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		<category><![CDATA[atelier d'été 2019]]></category>
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					<description><![CDATA[Affinité pour la description : se saisir d’un élément dans le grand dehors du monde, pas dans l’environnement privé, et en faire un objet texte… peu importe ce qui est choisi, mais plutôt l’échelle avec laquelle on en saisit la matière, le détail&#8230; dans l&#8217;inspiration de Gertrud Stein « Acquaintance with description » Le Tiers livre ici &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/pousser-la-langue-04-affinite-pour-la-description/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« pousser la langue  #04&#124; chemin des Horts »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 15px;"><span style="color: #a86d2d;"><em><span style="color: #287a51;">Affinité pour la description : se saisir d’un élément dans le grand dehors du monde, pas dans l’environnement privé, et en faire un objet texte… peu importe ce qui est choisi, mais plutôt l’échelle avec laquelle on en saisit la matière, le détail&#8230; dans l&rsquo;inspiration de Gertrud Stein « Acquaintance with description »</span><br />
<a href="http://www.tierslivre.net/ateliers/proposition-04-affinite-pour-la-description/">Le Tiers livre ici</a></em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce trouble qui envahit à emprunter le sentier, ce vague sentiment d’insécurité à se retrouver corps soudain contenu dans la marge étroite définie par deux murs suffisamment élevés pour dominer le marcheur et abondamment couronnés de lianes et autres plantes envahissantes au point de procurer une sensation de jungle – fouillis adhérant ou griffu retombant en de nombreux points le long des parois, genre de luxuriance qui habille en un rien de temps les murailles –, cette impression d’enfouissement qui pesait sur la poitrine et précipitait un peu la respiration (à peine mais accélération tout de même discernable) bien que le ciel demeurât immense au-dessus de la tête, ciel tendu en effet entre les collines forestières pentues occultant les horizons de l’est et de l’ouest, en même temps cette sensation d’aspiration vers le haut de la vallée encore invisible (on en devine l’existence à l’échancrure du ciel, au loin, qui prédit un col entre les bosses) à progresser ainsi sur le sentier faufilé entre les murailles jadis construites avec les pierres du torrent, simples pierres grises, parfois tirant sur le jaune ou le rouille, déformées au fil de l’histoire tectonique régionale puis érodées forcément, à présent hérissées de lycopodes dans ses entrebâillements, de nombrils de Vénus et autres espèces de fougères de petite taille qui se plaisent à croître dans un peu de terre maigre.</p>
<p style="text-align: justify;">En vérité le plus troublant était d’atteindre ce virage qui s’amorçait juste après le jardin abandonné qu’on entrevoyait en passant devant le portail défoncé par la dernière inondation et qui bien sûr réveillait de la peine, un virage qui n’en finissait pas de se dessiner, une courbe lente et magnifique qui avait dû donner du fil à retordre à ses bâtisseurs et qui suivait habilement le versant à mi-hauteur tout en contournant le traversier en jachère situé au-dessus, c’est alors qu’on pouvait ressentir la sécheresse des pierres contrastant avec la verdure omniprésente, en observer les détails, les toucher même : linéations, déformations, minéraux incrustés, facettes oxydées donnant idée du ventre des montagnes. Y surprendre dans la portion la plus ensoleillée un lézard attentif ou une bande de papillons s’éparpillant à la moindre alerte. Enfin percevoir la rumeur légèrement résonnante du torrent qui roulait à une vingtaine de mètres par-delà le rempart accompagnée de bruissements d’insectes et de chants d’oiseaux, rumeur plus ou moins remuante selon l’heure et plus ou moins intense selon la saison, rumeur qui de toute façon éloignait des bruits urbains fracassants. Comprendre alors combien ces hautes parois savaient accueillir dans le resserrement de leurs pans et l’ample déroulement de leur méandre – un peu à la façon d’une enceinte – , murs pareils à des structures indissociables du déplacement des personnes et des troupeaux, murs pareils à des bornes du temps aptes à raviver des sentiments intimes éprouvés dans l’enfance et des frayeurs enterrées, à la fois fragilisant et protégeant celui qui marche, seul dans la mémoire des siècles précédents, regard tendu vers le col là-bas, pleinement nourri de l’ambiance sonore et du rythme des pierres, ressentant dans son dos la masse du pays puissamment implanté qui participait de la même euphorie et du même paysage.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-2233" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/08/P1050797_carré-822x824.jpg" alt="" width="640" height="641" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/08/P1050797_carré-822x824.jpg 822w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/08/P1050797_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/08/P1050797_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/08/P1050797_carré-768x770.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/08/P1050797_carré-1200x1202.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/08/P1050797_carré.jpg 2044w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographies : Chemin des Horts,  françoise renaud, juillet 2019</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>mais qu&#8217;est-ce qui t&#8217;arrive ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2019 13:44:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[il peut se faire que la terre se dérobe sous tes pieds [sous tes pieds &#8211; la terre &#8211; dérobée] et juste après comme une bascule, un chavirement que le corps ne peut pas comprendre, informations fausses ou incomplètes ou contradictoires envahissant le cerveau, alors plus de coordination forcément, plus rien d&#8217;un coup (comme débranché), &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/mais-quest-ce-qui-tarrive/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« mais qu&#8217;est-ce qui t&#8217;arrive ? »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1988" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/04/bouchedégout_NB-824x824.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/04/bouchedégout_NB-824x824.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/04/bouchedégout_NB-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/04/bouchedégout_NB-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/04/bouchedégout_NB-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/04/bouchedégout_NB-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/04/bouchedégout_NB.jpg 2048w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p style="text-align: justify;">il peut se faire que la terre se dérobe sous tes pieds [sous tes pieds &#8211; la terre &#8211; dérobée] et juste après comme une bascule, un chavirement que le corps ne peut pas comprendre, informations fausses ou incomplètes ou contradictoires envahissant le cerveau, alors plus de coordination forcément, plus rien d&rsquo;un coup (comme débranché), ça va très vite, jambes bras corps en soleil, poitrine qui va cogner durement contre le sol — le sol : hétéroclite à cause du chantier qui n&rsquo;en finit pas dans la rue qui passe devant chez toi, le sol donc composé de gravats, morceaux de route, cailloux, gravillons, gravier grossier, sable, terre brune, bitume —, au cours de la chute une pierre qui a dû rencontrer le buste (à moins que ce ne soit la deuxième marche du petit escalier qui conduit à l&rsquo;habitation), onde de choc, alors dedans tu ressens comme un cisaillement, <span id="more-1974"></span>un écrasement, l&rsquo;os pareil à la roche sous pression qui finalement cède se fissure se fracture, quelque chose qu&rsquo;on comprend immédiatement à cause de l&rsquo;intensité de la douleur dans le dos, reins rompus, respiration coupée, nausée, tout de ton être chaviré dans le chaos de la route défoncée</p>
<p style="text-align: justify;">eh voilà que ça vient d&rsquo;arriver justement [terre dérobée &#8211; sous tes pieds &#8211; oui dérobée] pas plus tard qu&rsquo;il y a deux ou trois jours (maintenant tu ne comptes plus les jours, seulement les heures pour prendre les antidouleurs au moment adéquat), tu ne t&rsquo;y attendais pas, non tu ne t&rsquo;attendais sûrement pas à ce que le fil de ta vie composée de brefs voyages en ville, activités diverses, courses et compagnie, donc à ce que le fil de ta vie plutôt bien organisée vole en éclats d&rsquo;une seconde à l&rsquo;autre, programme anéanti, douleur pénétrante qui coupe le souffle et donne envie de vomir, « mais qu&rsquo;est-ce qui se passe, qu&rsquo;est-ce que je fais là, par terre comme abattue par balle ? », pourtant se relever, appeler à l&rsquo;aide, tituber jusqu&rsquo;au bout du jardin, crier quelque chose comme « je suis tombée oui, je me suis fracassée parce que trop pressée, c&rsquo;est de ma faute&#8230; », et tu expliques que tu as mal regardé où ton pied gauche se posait alors que le droit demeurait encore sur la marche supérieure, que juste après tu as chaviré dans le vide, et maintenant oui je sais, tu as mal, très mal, impossible d&rsquo;envisager la suite — c&rsquo;est grave, tu l&rsquo;as deviné tout de suite —, tassé écrasé effrité fissuré, voilà ce qu&rsquo;on dit pour décrire une fracture de vertèbre (l&rsquo;une de celles qui rattachent le dos aux reins, dite L1 par les spécialistes), car jusque là tu ne savais pas que tasser voulait dire fracturer, du moins pour un corps vertébral, et tu connais désormais cette sensation de cisaillement, tu regrettes mais trop tard (etjamais on ne revient en arrière sauf dans les histoires), on va inexorablement vers l&rsquo;avant, vers la guérison qui n&rsquo;est guère que la fin d&rsquo;une séquence puis un autre à sa suite</p>
<p style="text-align: justify;">reste à réparer, consolider les fissures, trouver un meilleur soutien, une meilleure confiance en soi, passer en revue les douleurs expérimentées depuis le début de la vie comme un album-photos, une cartographie vivante de soi, un bien drôle de panorama constitué de blessures, d&rsquo;accidents, de réparations et de rétablissements, aussi de joies nouvelles qui émanent comme une lumière pâle de cette succession d&rsquo;événements implacables, joie de vaincre le sort, et surtout cette détermination à se remettre en selle tout en se disant qu&rsquo;on fera plus attention la prochaine fois blablabla blablabla</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie : Françoise Renaud, 2018</em></p>
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		<title>en 4000 mots #5 &#124; Sarraute : scénographie des voix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2019 16:50:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[Nathalie Sarraute]]></category>
		<category><![CDATA[recherches sur la nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Terrain fragile]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #5, à partir de &#8216;Vous les entendez&#8217; de Nathalie Sarraute (tentative de dialogue et de mise en scène du dialogue « en un bloc ») Approche voyons, n’aie pas peur, toutes les filles passent par là un jour ou &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-5-sarraute-scenographie-des-voix/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #5 &#124; Sarraute : scénographie des voix »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#5<em>, à partir de &lsquo;Vous les entendez&rsquo; de Nathalie Sarraute<br />
(tentative de dialogue et de mise en scène du dialogue « en un bloc »)<br />
</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1900" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="560" height="559" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-768x767.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-1200x1198.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré.jpg 2048w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;"><strong>A</strong>pproche voyons, n’aie pas peur, toutes les filles passent par là un jour ou l’autre, ça ne sert à rien de te faire du mouron… La voix est déformée à cause des épingles retenues entre les dents, pourtant douce, rassurante… Voilà, rentrer un peu plus le galon, ah c’est beaucoup mieux, plus élégant ; en général elles attendent toutes ce moment-là, elles piaffent, c’est comme inscrit dans leur sang… Les gens parlent toujours à tort et à travers, qu’est-ce qu’ils savent les gens de nos vrais sentiments ?… Quand même tu devrais être contente, et puis ça vaut mieux que de ne plaire à personne et de rester en rade, après on devient vite trop vieille, combien de fois je te l’ai dit… Un battement d’aile peut dévier la courbe, un simple geste orienter le destin, on sait bien : un regard appuyé ou détourné, une main qui s’approche ou refuse, mais un mari pour la vie, elle n’est pas sûre d’avoir vraiment choisi… <span id="more-1898"></span>De toute façon ça ne pouvait pas durer cette affaire-là : lui venait du bord de la mer en vélo — ça faisait une sacrée trotte —, tous ces kilomètres juste pour me parler une heure ou deux, à la rigueur me tenir la main quand on se promenait dans les champs, alors il a fallu que je me décide, que je réponde à ses avances ; lui ou un autre, je me demande… La femme aux épingles entre les dents tourne autour de la robe, se baisse, défripe les volants… Il est plutôt beau garçon dis donc, par contre ce qu’il a vraiment dans le crâne, tu ne le sauras qu’à l’usage… Elles se taisent. Bruit de tissu qu’on froisse, pieds frottant le sol, ciseaux à couture qui tombent et vont rebondir contre l’armoire… Ah si on savait à l’avance, tout serait différent&#8230; La fille vêtue de la robe attrape un mouchoir dans sa manche, renifle plusieurs fois… On ne peut pas dire que de mon côté ça a été une réussite ; un fainéant pour ne pas dire autrement, par chance il est parti jeune – un pauvre gars en fin de compte —, mais on a beau faire, ces choses-là on ne peut pas les savoir à l’avance… Le visage de fille se contracte, rictus, elle répète : on ne peut pas savoir à l’avance. Comme une bouffée d’appréhension qui plisse son front et soulève sa poitrine…. Approche un peu, oui comme çà, encore un petit point sous l’aisselle, ne pas oublier d’ajuster la couronne, on ne sera jamais prêtes… Bruits à l’extérieur de la chambre, mouvements et cris &#8212; comme une rumeur. Les gens commencent à se rassembler devant la maison… Allez souris un peu, c’est ton jour, un très beau jour, tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer, c’est idiot de pleurer le plus jour de sa vie… En fait elle a peur qu’il lui fasse des choses qu’elle ne veut pas, qu’il soit violent avec elle, et ça elle ne peut pas le dire, c’est de la lave dans sa bouche, ça l’empêche de respirer (la blessure entre le blanc des cuisses, le sang, la peau, le ventre doux), tout ça parce que sa mère ne lui a rien dit, parce que les femmes ne disent jamais, elles acceptent… On toque à la porte : Est-ce qu’on peut entrer ? on voudrait bien la voir&#8230; Ah non impossible, ça porte malheur !&#8230; Qui a dit ça ? rien que des bêtises, parce que nous on en a marre d’attendre, on aimerait bien… Rires d’enfant derrière la cloison, pas précipités, déjà les petites filles sont reparties vers le jardin. Le père grogne sans doute… Tous ils t&rsquo;attendent… Il y a quelque chose dans son cœur de fille qui retient, elle ne peut pas l’expliquer et ça commence à couler sur ses joues… Allons, reste tranquille sinon je ne vais pas y arriver, dis donc c’est que tu es drôlement jolie ! on a bien fait de récupérer la robe de ta sœur, au fond rien que de petits ajustements, et c’est une drôle d’économie pour ton fiancé… Chuchotements encore, il faut se dépêcher… Enfin dis-moi, est-ce que tu as été un peu heureuse avec ton gars ?… Ah ça j’en sais trop rien, quoiqu’au début… Tu l’aimais n&rsquo;est-ce pas ? et tu avais envie qu’il s’allonge avec toi dans le lit ? s’il-te-plaît dis-le moi… Oui oui bien sûr… Elle ôte les dernières épingles, les plante dans le coussin à couture, s’affaire autour de la couronne… Enfin ce n’est pas toujours ce qu’on croit la première fois, tu verras bien, tu finiras par t’habituer… Des mots qui rongent, inquiètent… Maintenant il est temps, ton père va te conduire jusqu’à l’autel… Et lui, il a déjà mis son costume, tu crois ?&#8230; Ah ça sûrement qu’il est fin prêt, coiffé avec sa raie sur le côté, gominé… J’ai peur de ne pas y arriver… Du calme, la belle, souviens-toi, le mieux à faire est de fermer les yeux… Il pourra toujours raconter que je ne voulais pas enlever ma robe, qu’au dernier moment je m’étais refusée comme un animal ; il faut comprendre aussi, foncer vers l’inconnu ou tomber dans le vide c’est pareil, raide sur ma chaise d’église, le goût salé des larmes, accrochée des deux mains à mes jupons… Eh bien c’est là qu’il faut plier l’échine, se forcer, en vérité ça ne dure pas bien longtemps. Ouf ça y est, tu es vraiment jolie tu sais&#8230; Pousser la porte de la chambre, traverser la cuisine — trop tard pour reculer —, applaudissements… Regarde, ils sont tous là… grand temps de partir… mais… arrêter de penser, se forcer… et puis</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)<br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></em></p>
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		<title>en 4000 mots #4 &#124; Duras quatuor à dire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jan 2019 13:26:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #4, à partir de &#8216;La mort du jeune aviateur anglais&#8217; de Marguerite Duras Je n’existais pas encore au moment où ça s’est passé, mais je peux le concevoir, ce moment, redessiner le lieu à l’aune de nos &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-4-durasquatuoradire/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #4 &#124; Duras quatuor à dire »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#4<em>, à partir de &lsquo;La mort du jeune aviateur anglais&rsquo; de Marguerite Duras<br />
</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1891" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="560" height="560" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;"><strong>J</strong>e n’existais pas encore au moment où ça s’est passé, mais je peux le concevoir, ce moment, redessiner le lieu à l’aune de nos brefs séjours après le long voyage dans la voiture de mon père jusqu’à ce pays éloigné du bord de la mer. Un lieu pauvre et perdu, soumis à l’empire de l’ombre, peuplé de gens affairés à la terre : semeurs, jardiniers, éleveurs de bêtes. Un lieu-dit portant un nom d’arbre. Le Noyer. Situé dans le département de la Loire Inférieure – image dégradante résonnant avec l’odeur de fumier, forte autour des fermes basses et des prés descendant jusqu’à l’eau (souvenir aussi d’un enfant retrouvé noyé, mais c’est une autre histoire). Un hameau difficile à distinguer des autres du même genre éparpillés dans cette campagne, pourtant différent ce jour-là à cause d’un mariage en train de se préparer. Enfin une certaine effervescence, le pavé lavé de frais, des chaises disposées en rang d’oignon devant la maison pour le monde qui commence à venir, des petits gâteaux et des verres sur une table pour les hommes qui voudraient un blanc sec.<span id="more-1890"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais où est la mariée ? en train de passer sa robe, mais où et avec l’aide de qui ? Parce qu’à la regarder sur les photographies, elle n’a pas bien l’air facile à enfiler, cette robe réalisée par une couturière, ajustée au galbe des seins, empiècement satiné marquant la taille et boutonnée dans le dos &#8212; vous savez, ces petits boutons faits du même tissu que la robe difficile à passer dans les trous &#8211;, mais personne ne se souvient vraiment. S’en référer aux sœurs. Une autre fois peut-être. Enfin, il n’y a pas trente-six solutions, ça s’est forcément passé à la ferme puisque le cortège est parti du hameau pour gagner l’église au bout de la ligne droite (des images du cortège le prouvent), donc dans l’une des chambres à l’arrière qui ne voient guère le soleil. La couturière étant marraine de la mariée, c’est elle qui a dû l’assister, épingles serrées entre les dents et aiguillée de coton toute prête pour un dernier ajustement. Cette femme, morte il y a déjà des années, ne peut rien confirmer. Rien confirmer non plus du cri que la jeune fille a poussé au moment de glisser la tête dans l’encolure en mousseline blanche.</p>
<p style="text-align: justify;">Étrange comme je l’entends crier moi aussi au seuil d’épouser l’homme qu’elle ne connaît pas ou si peu. Elle a vu quelque chose, quelque chose logé dans les plis qui l’a épouvantée : bête noire, mouton de poussière, pétale séché, papillon, quelque chose de non identifié qui s’est mué en mauvais présage. Suit la peur. De partir. De quitter sa terre et les siens. De commencer une autre vie. Peur de ce qui va arriver. Si elle le savait, elle se cacherait dans un coffre ou dans une armoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Aller y voir de plus près, y aller à pleines mains, ne pas se gêner, fouiller le tissu à des années de distance, soulever les plis, fourrager dans le jupon, défroisser les volants, identifier la chose qu’elle a vue (après elle n’a plus voulu bouger), la robe lâchée par terre, le temps passant, le monde s’impatientant &#8212; aujourd’hui le dire même si ça ne sert à rien &#8212; dérouler le fil des secondes pour décortiquer l’affreux pressentiment &#8212; l’écrire, lui et tout ce qui en a découlé – ce serait comme un morceau de film, une scène au ralenti avec la robe posée successivement sur le lit, puis le fauteuil, puis tombée au sol, puis habillant le corps jeune et svelte à vingt ans &#8212; écrire la peur ancrée dans la chair de ma mère, transmise à chacun de ses enfants &#8212; je la questionne au téléphone, c’est si loin, elle confond les dates, finalement elle se souvient de la chambre à l’arrière, elle dit « la chambre de maman », elle dit aussi que c’était la robe de sa sœur mariée six mois plus tôt – le film proposerait des visages, ceux des proches et des gens présents à la cérémonie, demi-souriants, la plupart silencieux, aujourd’hui disparus &#8212; se pencher sur la page – écrire le contraste entre le noir et le blanc, entre la mousseline et le corps de l’insecte, entre l’espoir et la terreur &#8212; griffer les mots pour elle – griffer comme si je brodais son intraduisible émoi &#8212; se pencher – évoquer le cri &#8212; griffer les mots – dire – dire – coudre &#8212; écrire</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)</em><br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></p>
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		<title>tout un été d&#8217;écriture #33 &#124; transactions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Oct 2018 11:48:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[tout un été d'écriture 2018]]></category>
		<category><![CDATA[ville]]></category>
		<category><![CDATA[construire une ville avec des mots]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
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		<category><![CDATA[transactions]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est comme autant de vies secrètes qui se frôlent, parfois se heurtent, réagissent, crient, se faufilent tels des poissons glissants, rebondissent à l’image de bulles de savon sur les trottoirs ou contre les murs secs, empruntent les transports en commun à se toucher le bras ou l’épaule et parfois davantage aux heures bondées, se regardent, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tout-un-ete-decriture-33-transactions/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« tout un été d&#8217;écriture #33 &#124; transactions »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-medium-font-size">C’est comme autant de vies secrètes qui se frôlent, parfois se heurtent, réagissent, crient, se faufilent tels des poissons glissants, rebondissent à l’image de bulles de savon sur les trottoirs ou contre les murs secs, empruntent les transports en commun à se toucher le bras ou l’épaule et parfois davantage aux heures bondées, se regardent, se confrontent ou s’évitent, tous en vrac dans la cité captifs du même présent se pressant dans les bus, les halls de gare, les banques, les centres commerciaux, les bâtiments administratifs, les écoles, les cinémas. Vies secrètes qui pourraient se raconter autour d’un feu de camp – il suffirait d’un rien &#8211;, se dévoiler lentement autour d’un verre dans un café ou assis sur un banc du parc à regarder les oiseaux : les mêmes maux, les mêmes petites joies, les mêmes passions et interrogations sur la vie la mort la souffrance le bonheur à des degrés divers, car l’air vibre de ces mélanges et croisements possibles dans la ville qui ne cesse de s’étendre jusqu’à rejoindre les collines, et on bien a conscience qu’on pourrait noyer son interlocuteur si toutefois une relation s’établissait et si on prenait les choses depuis le commencement, tonnes de paroles déversées sans préméditation – autour de la naissance, des parents, de l’enfance vécue dans un autre contrée, peut-être un autre pays – et certains mots reviendraient plus fréquemment que d’autres, entraînant des développements fortuits (famille, mariage, enfant, maladie, exil). Comme çà qu’on en viendrait à raconter une peine récente, un ennui, une situation compliquée à résoudre, et bien sûr ça prendrait un peu de temps parce qu’il faudrait citer les noms des intervenants dans l’affaire (mon mari, mon fils, ma mère, mon patron, mon propriétaire), les replacer les uns par rapport aux autres tout en expliquant que c’est difficile de s’en sortir, qu’il n’existe pas de solution miracle, ce qui engagerait en retour des encouragements, des élans de compassion, des confidences, échanges pareils à des ruisseaux qui affluent vers la même rivière.</p>



<p class="has-medium-font-size">Et donc ça arrive, cette fois à la boulangerie, mon chien est mort, on l’a piqué, ah c’est dur de perdre son animal de compagnie, et tout cela est si sincère qu’on pleure presque même si on n’a jamais rencontré l’animal, parce que tout simplement on a déjà vécu l’événement soi-même, et on repart dans l’autre sens en imaginant le chien, la jeune fille caressant la tête du chien, son chagrin. Une autre fois chez le coiffeur ou dans le tram : mon fils s’est fait larguer, quel malheur, ou bien j’ai perdu mon boulot. Et le type est si en colère, ses mots si agressifs qu’on n’a pas envie de l’aider, seulement s’éloigner et passer à autre chose. Fuir le routard qui traîne sur les marches du théâtre et réclame qu’on lui jette une pièce, fusiller du regard la sans-gêne qui tripote les fruits sur l’étal avant d’en choisir deux, éviter l’étudiant qui distribue des publicités ou mène une enquête pour une rétribution minime. Parfois céder à l’attraction d’un visage, acheter des bonbons à un gars qui sourit, flirter, se relier. Tant de fortunes diverses, croisements, frottements. Dans la plupart des espaces de la ville le kaléidoscope est en marche, d’un jour à l’autre presque identique avec personnages interchangeables – paroles gestes mimiques permettant de les situer sur l’échelle sociale, de peser leur besoin, la nature des liens entre eux. Le silence aussi parfois entre les mondes, le repli des corps, les barrières infranchissables, les déserts. Oui, impossible parfois de se rejoindre dans le dédale des rues, des âges et des origines.</p>



<div style="height:72px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-right"><em>texte écrit par Françoise Renaud dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;été 2018 proposé par François Bon <strong> <a href="http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article210"> « Construire une ville avec des mots »</a></strong></em><br /><em><strong><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 15px; color: #993366;">La proposition d&rsquo;écriture </span></span></strong></em><em><strong><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 15px; color: #993366;"> / #33 : <i>souffler la pierre et le ciment, pour une accumulation de tous les gestes, métiers, chantiers, actions, échanges </i>.<br /></span></span></strong></em></p>



<figure class="wp-block-image is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1790" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/FrançoiseRENAUD_Vies-secrètes.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-right"><em>Photographie : Françoise Renaud, 2017<br /></em></p>
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		<title>Vases communicants de septembre, avec Marie-Christine Grimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Sep 2016 08:47:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[océan]]></category>
		<category><![CDATA[promenade]]></category>
		<category><![CDATA[Terrain fragile]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi de septembre. Période caniculaire. On a besoin de frais, d&#8217;océan . Et c&#8217;est Marie-Christine Grimard que j&#8217;accueille dans ma page. Son blog s&#8217;appelle Promenades en ailleurs. Marie-Christine aime ressentir et donner à ressentir. Elle aime photographier. « Elle aime avancer tout droit, seule sous le vent. » Nous avons le même goût des paysages de &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-septembre-avec-marie-christine-grimard/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de septembre, avec Marie-Christine Grimard »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Premier vendredi de septembre. Période caniculaire. On a besoin de frais, d&rsquo;océan . Et c&rsquo;est</span> <span style="color: #cc5f16;"><strong><a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/">Marie-Christine Grimard</a> </strong><span style="color: #167087;">que j&rsquo;accueille dans ma page.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #cc5f16;"><span style="color: #993366;"><span style="color: #167087;">Son blog s&rsquo;appelle <strong><a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/">Promenades en ailleurs</a></strong>. Marie-Christine aime ressentir et donner à ressentir. Elle aime photographier. « Elle aime avancer tout droit, seule sous le vent. » Nous avons le même goût des paysages de mer. Voilà pourquoi je lui ai proposé l&rsquo;océan en partage autour d&rsquo;un échange de nos photographies.<br />
Nous voici réunies pour chevaucher les déferlantes. Un texte en deux volets. Pour commencer voici le sien.</span><em><span style="color: #cc5f16;"><br />
</span></em></span></span></p>
<h2>DE L&rsquo;OCÉAN (2/2)</h2>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-668" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-768x1024.jpg" alt="falaise, côte atlantique, photographie de Françoise Renaud" width="497" height="663" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-1200x1600.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 497px) 100vw, 497px" /></a></p>
<p>Ce matin l’air a un goût saumâtre.<br />
Ou peut-être n’est-ce que mon état d’esprit du jour…<br />
Le vent d’ouest laisse sur mes lèvres un goût amer, un goût de rentrée !</p>
<p>Dernier matin ; j’ai rangé la maison, nettoyé le réfrigérateur, remisé les fauteuils de jardin, vérifié l’irrigation des hortensias, bouclé les valises.<br />
Avant de fermer les volets sur la saison achevée, j’irai faire un dernier tour sur la falaise histoire de regarder la mer danser, histoire de ne pas oublier les heures dorées de cet été envolé.<br />
Je sais qu’il sera là, m’attendant comme chaque matin au bord de la falaise.<br />
Je sais qu’il me verra approcher de son regard latéral et qu’au dernier moment il poussera un cri strident pour me signifier de ne pas franchir la limite qu’il a choisi pour nos échanges.<br />
Je m’arrêterai tout au bord du sentier et l’écouterai en silence.<br />
Il me racontera le parfum des embruns mêlés de résine de pin, le bruit des galets glissant sous l’écume, la chanson secrète des coquillages nacrés.</p>
<p>Je lui dirai le sourire que l’océan dessine sur le visage des enfants, la caresse que le vent distille dans les cheveux de ma fille, le frisson du sable ondulant entre mes orteils lorsque la vague se retire.<br />
Il m’aidera à me souvenir du temps sucré des jours de liberté.<br />
Et quand la brume se lèvera sur la mer, je prendrai la route.<br />
Je laisserai les kilomètres défiler et mon esprit vagabonder sur ce rivage blond.</p>
<p>Il me restera quelques nuits pour rêver, à plat-ventre sur le sable, le menton sur les paumes, les cheveux ondulant sous le vent en phase avec les graminées de la dune.<br />
Il suffira de ne pas se réveiller, pas encore, pas tout de suite.<br />
Sur ce matin de rentrée&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie : Côte atlantique  ©Françoise Renaud, 2015<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications, stimule et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/2016/09/02/vases-communicants-de-septembre-2/"><span style="color: #ff9900;"><em><strong>de l&rsquo;océan (1/2) </strong></em></span></a>est à retrouver <a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/2016/09/02/vases-communicants-de-septembre-2/" target="_blank" rel="noopener"><strong>ici chez elle</strong></a>.</h3>
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		<title>Le couteau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Feb 2016 14:14:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[Rien que du bruit]]></category>
		<category><![CDATA[Terrain fragile]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le cadre des Vases Communicants du mois de février, j&#8217;ai éprouvé beaucoup de joie à partager avec Philippe Castelneau, écrivain, libraire, ami en littérature. Nous avons échangé des photographies personnelles et nous avons écrit chacun sur la photo de l’autre. Il lui manquait un peu de lumière dans la tête, c’est vrai. Aussi un &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-couteau/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Le couteau »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><em>Dans le cadre des <strong>Vases Communicants</strong> du mois de février, j&rsquo;ai éprouvé beaucoup de joie à partager avec<strong><a href="http://philippe-castelneau.com/" target="_blank" rel="noopener"> Philippe Castelneau</a></strong>, écrivain, libraire, ami en littérature. Nous avons échangé des photographies personnelles et nous avons écrit chacun sur la photo de l’autre.</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau.jpg" rel="attachment wp-att-424 lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-424" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau.jpg" alt="arbre_Castelneau" width="640" height="427" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau.jpg 640w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau-300x200.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il lui manquait un peu de lumière dans la tête, c’est vrai. Aussi un doigt qui était passé dans la scieuse. Ses mouvements étaient brusques, mal maîtrisés. Parfois il tendait ses bras au ciel comme ça et il souriait. Les gens disaient qu’il était né avec de l’avance, qu’il n’avait pas grandi comme les autres. Garçon puis petit homme. Un mètre cinquante, pas plus. Sa mère n’était pas assez solide pour cette vie, il ne lui était resté que son père qui l’avait toujours laissé faire comme il voulait — à quoi bon l’embêter ? Il l’appelait le petiot.<br />
Sa seule possession au petiot : un couteau — pas question de le lui enlever. Il s’en servait pour manger. Coupait des lamelles d’oignon et des bouts de pain. Quand il avait fini, il essuyait la lame sur sa cuisse et il sculptait des figurines – olivier, chêne, parfois bois de vigne. Des formes humaines toujours. Pour ça il était adroit, il avait de la minutie. Il parlait dans une langue trop ancienne pour être déchiffrée sinon par les gens du cru et par son père qui un jour était tombé dans la vigne. Il avait rampé sous les pampres pour aller s’effondrer au pied de l’arbre, le plus beau de la combe. Mort. <span id="more-423"></span>Une balle dans la poitrine. Un chasseur à ce qu’on avait dit. L’homme ne comptait pas pour la société, l’enquête avait tourné court et le petiot était resté seul au mas. Pour s’occuper il grimpait dans l’arbre. Son refuge. Au bout de la vigne.<br />
Ainsi juché il voyait venir les étrangers. Il attrapait des lapins avec des pièges, les égorgeait avec son couteau puis les pendait à une branche basse pour éloigner le monde. Des oiseaux aussi quelquefois, juste étouffés dans le poing. D’en haut il voyait bien l’endroit où le vieux était tombé, l’endroit précis. Il y avait enterré une figurine avec une grosse pierre par-dessus et il avait inscrit le nom de sa famille dans le tronc. Même s’il était un peu idiot, ça le travaillait au corps, cette affaire de chasseur. Et puis il s’était mis à sculpter les os des lapins après les avoir sucés. Il les enfilait sur un fil de fer et ça faisait du bruit avec le vent qui traversait les feuilles. Pour distraire le mort, pensait le petiot.</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour il avait cueilli des cerises du diable. Il savait que c’était poison, ces boutons noirs, mais ça le tentait et il les avait mangés. Il s’était senti faible alors qu’il était perché. Pris d’hallucinations, il avait perdu l’équilibre, avait chuté, le crâne avait percuté la pierre.<br />
Impact sourd. Le soleil brûlait haut.<br />
Ensuite le sang avait coulé depuis la fissure dans l’os. L’arbre trapu avait bu le sang du père et celui du fils et celui des lapins mêlés aux liqueurs de la terre.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie de Philippe Castelneau©</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent tous les premiers vendredis du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une page Facebook. Aux blogueurs de définir un thème, d’associer images ou son à leur texte et d’écrire sur le blog de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Retrouver notre échange sur le <strong><a href="http://philippe-castelneau.com/2016/02/05/le-couteau-francoise-renaud/" target="_blank" rel="noopener">blog de Philippe Castelneau Rien que du bruit</a></strong>.</p>
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