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	<title>recherches sur la nouvelle &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>recherches sur la nouvelle &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>en 4000 mots #7 &#124; Virginia Woolf : contexte de l’écriture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Feb 2019 14:11:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'hiver 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Journal]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[recherches sur la nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #7, écrire sans sujet à partir de &#8216;Journal&#8217; de Virginia  Woolf (écrire le contexte du lieu de l&#8217;écriture, les conditions matérielles, les heures, la fatigue&#8230;)   Mercredi 6 février Quand est ce que ça vient et où est-ce &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-7-virginia-woolf-contexte-de-lecriture/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #7 &#124; Virginia Woolf : contexte de l’écriture »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#7<em>, écrire sans sujet à partir de &lsquo;Journal&rsquo; de Virginia  Woolf<br />
(écrire le contexte du lieu de l&rsquo;écriture, les conditions matérielles, les heures, la fatigue&#8230;)</em></p>
<p><em> <a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-1929" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="580" height="580" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré.jpg 2048w" sizes="(max-width: 580px) 100vw, 580px" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mercredi 6 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">Quand est ce que ça vient et où est-ce que ça va ? trop chaud trop froid, trop vite trop tard. Peut-être dans ce moment au sortir du sommeil : cerveau en mode oubli, respiration inaudible et bruits feutrés comme s’il avait neigé. Rester dans l’abandon de la nuit une heure encore dans la chambre douce en lumière, là où les choses se disent à voix basse et où les douleurs – tous les genres de douleur – sont plus vives, les perceptions plus profondes qu’à vivre en plein soleil. Il y a cette quantité folle de mots passés en revue dans le noir avant le sommeil et dans ces interstices où l’on croit ne pas dormir. Je me souviens, alors le livre s’écrivait tout seul dans une extrême lucidité, rien de flou, chaque élément parfaitement en place, et puis cette multitude d’images traînant à la queue leu leu avant de filer loin.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jeudi 7 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui je ne sais plus où j’en suis avec ce roman, si je suis sur la bonne voie. Je crois avancer, par petits bonds, un peu comme les oiseaux qui volètent dans les bras de l’arbre ou les écureuils. En fait non, ça n’avance pas. Il me faut tout recommencer, changer de point de vue, changer de temps pour raconter. Je m’effraie de la suite et je reste au tiède du lit pour ne pas sentir le découragement. <span id="more-1927"></span>Du thé à volonté, boisson précieuse et parfumée dans son pot anglais : Earl Grey à fleurs bleues, goût connu comme un repère nécessaire. Rester au tiède du lit – le feu n’est pas encore allumé dans le Gaudin &#8211;, couvertures sur les pieds, ordi posé sur les cuisses. Continuer. Juste un groupe de mots, une phrase. Regarder le bloc où sont posées des notes, des phrases que j’aime qui pourraient me servir. Le lit, le chaud, le thé, le calme de la maison, le silence de la vallée, l’immensité du ciel et la petite fenêtre qui rappelle que dehors le monde existe. Une heure, deux heures. Je reste avec moi-même, peut-être que j’ai tort.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vendredi 8 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">La page s’est enrichie et il reste encore un peu de thé. Je poursuis, je persévère, j’hésite, je fatigue, je médite, enfin je relis tout haut ce que je viens d’écrire. Trop tard trop vite. Près de la lampe il y a des livres pareils à des morceaux de mon âme, ils peuvent me happer ou me redonner confiance pour peu que je les prenne en main. Les pistes ouvertes se sont refermées et les images de la nuit ne sont plus que des fantômes, pourtant le roman est là, en moi. Il flotte à la fois présent et irréel. Je connais la couleur de ses veines, la fragilité de ses articulations. Il y a du bruit dans la ruelle, un chien qui aboie, quelqu’un qui frappe à la porte, je m’en moque. Où est-ce que ça va, les mots ? Je m’en moque, je travaille, je caresse les livres et la chatte venue me rejoindre, je lui parle &#8212; elle aussi aime la tiédeur du lit le matin avec le soleil parfois dans la petite fenêtre. Les événements minuscules viennent se tatouer dans la phrase en train de se construire et dans la trame du livre, par exemple l’aboiement du chien, le facteur qui dépose un paquet, le mauvais temps, un coup de fil inattendu, Bernard qui vient livrer du bois. De toute façon je ne sais pas ce que je vais écrire – quel écrivain pourrait le savoir ? &#8211;, il y a seulement que je travaille et il arrive des moments où le roman coule dans le moule comme une pâte à gâteaux. Tout ou rien. Le livre en train de s’écrire est libre. Il a déjà un visage vers lequel je m’avance.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (toujours la série « Le cadavre dans l&rsquo;escalier », 2017)<br />
Ici le lien vers le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></em></p>
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		<title>en 4000 mots #6 &#124; Robert Walser : un tout petit clou</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jan 2019 11:43:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'hiver 2019]]></category>
		<category><![CDATA[l'amant russe]]></category>
		<category><![CDATA[recherches sur la nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Walser]]></category>
		<category><![CDATA[un tout petit clou]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #6, écrire sans sujet à partir de &#8216;Vie de poète&#8217; de Robert Walser (écrire sur rien, à partir de rien, « en un seul bloc »&#8230; j&#8217;ai écrit cette variation en prolongement de #2 : écriture avec écrivain) Il &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-6-robert-walser-un-tout-petit-clou/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #6 &#124; Robert Walser : un tout petit clou »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#6<em>, écrire sans sujet à partir de &lsquo;Vie de poète&rsquo; de Robert Walser<br />
(écrire sur rien, à partir de rien, « en un seul bloc »&#8230; j&rsquo;ai écrit cette variation en prolongement de #2 : <strong><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-2-ecriture-avec-ecrivain/">écriture avec écrivain</a></strong>)</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1913" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-1022x1024.jpg" alt="" width="580" height="581" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-1022x1024.jpg 1022w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-768x769.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-1200x1202.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré.jpg 2044w" sizes="(max-width: 580px) 100vw, 580px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;"><strong>I</strong>l y a grande soirée à l’ambassade. Pas la peine de rêver, il ne viendra pas. Toute la semaine sans le voir – la troisième au total. Elle n’arrivera pas à travailler, encore moins à dormir : les ombres dehors, le vent, le cri déchirant des chats qui se défient. Elle va avoir la fièvre de lui. Alors se fixer sur rien ou pas grand-chose, par exemple une tache d’humidité au plafond, une rayure, un bout de carte postale qui dépasse d’un livre. Fouiller désespérément le noir pour se raccrocher à ce rien qui pourrait la sauver. Elle ne boit jamais seule d’habitude, mais là c’est différent — juste une rasade parce qu’elle ne supporte pas d’attendre. Elle cherche un clou entre deux lés de tapisserie, un élytre d’insecte dans le rideau, une carapace de coccinelle, <span id="more-1910"></span>ou alors des indices de dégradation du miroir. Vodka. Elle est perdue, elle s’obstine à chercher une petite chose inouïe qui pourrait retenir son attention, la ramener à elle-même. Peut-être que l’amant russe est un homme à femmes, qu’il a d’autres maîtresses. Tout à fait possible, elle sait comment il fait pour devenir irrésistible, elle l’a déjà vu faire… Se fixer, ne pas déraper, rester digne&#8230; Et bien sûr qu’un clou, même minuscule, ça n’est pas rien : une possibilité de suspendre un tableau, un portrait de famille, un trousseau de clés. Et une carapace de coccinelle ça n’est pas rien non plus, quelques milligrammes et sept points noirs sur le dos. Mais ni clou ni insecte dans les parages, seulement la bouteille qu’elle a achetée pour leur soirée et la page de son cahier – elle trouve pratique d’écrire dans des cahiers, au moins tout est ensemble. Quelques mots comme : L’attendre fait mal ou Je l’imagine souriant à côté de sa femme dans une robe affreuse. Trop nul. Vodka encore. Elle déambule dans le studio, regarde les moutons de poussière réfugiés au ras du plancher, en ordre de marche tel un bataillon velu, personne ne sait d’où ils viennent, comment ils se forment. Et puis là-bas une chose roulée en boule, pièce de linge oubliée, culotte en coton gris. Un de ces slips larges, propriété de l’amant, dont elle s’est souvent moquée, assez inélégant mais confortable — de fabrication moscovite elle suppose —, donc un objet qui a touché le corps adoré et même ses parties intimes. Cette façon qu’il a toujours de l’ôter, grand corps pas vraiment athlétique mais étonnamment souple à se jeter sur le lit l’attirer l’étreindre. Doux le tissu qu’elle caresse – il a été beaucoup porté, lavé —, s’en sert comme d’un mouchoir ou carré de velours. Et voilà qu’elle pleure toutes les larmes de son corps, inconsolable de solitude et d’amour. Pitoyable de pleurer comme ça à son âge pour un slip, pour un homme, rien qu’une histoire passagère – tout était clair dès le départ —, non mais à quels états cette passion la réduit. Désolée, engloutie, elle s’en fiche, étreint ce rien du tout, ce bout de chiffon, étrange témoin de ses plaisirs.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)<br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></em></p>
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		<title>en 4000 mots #5 &#124; Sarraute : scénographie des voix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2019 16:50:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[Nathalie Sarraute]]></category>
		<category><![CDATA[recherches sur la nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Terrain fragile]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #5, à partir de &#8216;Vous les entendez&#8217; de Nathalie Sarraute (tentative de dialogue et de mise en scène du dialogue « en un bloc ») Approche voyons, n’aie pas peur, toutes les filles passent par là un jour ou &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-5-sarraute-scenographie-des-voix/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #5 &#124; Sarraute : scénographie des voix »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#5<em>, à partir de &lsquo;Vous les entendez&rsquo; de Nathalie Sarraute<br />
(tentative de dialogue et de mise en scène du dialogue « en un bloc »)<br />
</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1900" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="560" height="559" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-768x767.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré-1200x1198.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020948_carré.jpg 2048w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;"><strong>A</strong>pproche voyons, n’aie pas peur, toutes les filles passent par là un jour ou l’autre, ça ne sert à rien de te faire du mouron… La voix est déformée à cause des épingles retenues entre les dents, pourtant douce, rassurante… Voilà, rentrer un peu plus le galon, ah c’est beaucoup mieux, plus élégant ; en général elles attendent toutes ce moment-là, elles piaffent, c’est comme inscrit dans leur sang… Les gens parlent toujours à tort et à travers, qu’est-ce qu’ils savent les gens de nos vrais sentiments ?… Quand même tu devrais être contente, et puis ça vaut mieux que de ne plaire à personne et de rester en rade, après on devient vite trop vieille, combien de fois je te l’ai dit… Un battement d’aile peut dévier la courbe, un simple geste orienter le destin, on sait bien : un regard appuyé ou détourné, une main qui s’approche ou refuse, mais un mari pour la vie, elle n’est pas sûre d’avoir vraiment choisi… <span id="more-1898"></span>De toute façon ça ne pouvait pas durer cette affaire-là : lui venait du bord de la mer en vélo — ça faisait une sacrée trotte —, tous ces kilomètres juste pour me parler une heure ou deux, à la rigueur me tenir la main quand on se promenait dans les champs, alors il a fallu que je me décide, que je réponde à ses avances ; lui ou un autre, je me demande… La femme aux épingles entre les dents tourne autour de la robe, se baisse, défripe les volants… Il est plutôt beau garçon dis donc, par contre ce qu’il a vraiment dans le crâne, tu ne le sauras qu’à l’usage… Elles se taisent. Bruit de tissu qu’on froisse, pieds frottant le sol, ciseaux à couture qui tombent et vont rebondir contre l’armoire… Ah si on savait à l’avance, tout serait différent&#8230; La fille vêtue de la robe attrape un mouchoir dans sa manche, renifle plusieurs fois… On ne peut pas dire que de mon côté ça a été une réussite ; un fainéant pour ne pas dire autrement, par chance il est parti jeune – un pauvre gars en fin de compte —, mais on a beau faire, ces choses-là on ne peut pas les savoir à l’avance… Le visage de fille se contracte, rictus, elle répète : on ne peut pas savoir à l’avance. Comme une bouffée d’appréhension qui plisse son front et soulève sa poitrine…. Approche un peu, oui comme çà, encore un petit point sous l’aisselle, ne pas oublier d’ajuster la couronne, on ne sera jamais prêtes… Bruits à l’extérieur de la chambre, mouvements et cris &#8212; comme une rumeur. Les gens commencent à se rassembler devant la maison… Allez souris un peu, c’est ton jour, un très beau jour, tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer, c’est idiot de pleurer le plus jour de sa vie… En fait elle a peur qu’il lui fasse des choses qu’elle ne veut pas, qu’il soit violent avec elle, et ça elle ne peut pas le dire, c’est de la lave dans sa bouche, ça l’empêche de respirer (la blessure entre le blanc des cuisses, le sang, la peau, le ventre doux), tout ça parce que sa mère ne lui a rien dit, parce que les femmes ne disent jamais, elles acceptent… On toque à la porte : Est-ce qu’on peut entrer ? on voudrait bien la voir&#8230; Ah non impossible, ça porte malheur !&#8230; Qui a dit ça ? rien que des bêtises, parce que nous on en a marre d’attendre, on aimerait bien… Rires d’enfant derrière la cloison, pas précipités, déjà les petites filles sont reparties vers le jardin. Le père grogne sans doute… Tous ils t&rsquo;attendent… Il y a quelque chose dans son cœur de fille qui retient, elle ne peut pas l’expliquer et ça commence à couler sur ses joues… Allons, reste tranquille sinon je ne vais pas y arriver, dis donc c’est que tu es drôlement jolie ! on a bien fait de récupérer la robe de ta sœur, au fond rien que de petits ajustements, et c’est une drôle d’économie pour ton fiancé… Chuchotements encore, il faut se dépêcher… Enfin dis-moi, est-ce que tu as été un peu heureuse avec ton gars ?… Ah ça j’en sais trop rien, quoiqu’au début… Tu l’aimais n&rsquo;est-ce pas ? et tu avais envie qu’il s’allonge avec toi dans le lit ? s’il-te-plaît dis-le moi… Oui oui bien sûr… Elle ôte les dernières épingles, les plante dans le coussin à couture, s’affaire autour de la couronne… Enfin ce n’est pas toujours ce qu’on croit la première fois, tu verras bien, tu finiras par t’habituer… Des mots qui rongent, inquiètent… Maintenant il est temps, ton père va te conduire jusqu’à l’autel… Et lui, il a déjà mis son costume, tu crois ?&#8230; Ah ça sûrement qu’il est fin prêt, coiffé avec sa raie sur le côté, gominé… J’ai peur de ne pas y arriver… Du calme, la belle, souviens-toi, le mieux à faire est de fermer les yeux… Il pourra toujours raconter que je ne voulais pas enlever ma robe, qu’au dernier moment je m’étais refusée comme un animal ; il faut comprendre aussi, foncer vers l’inconnu ou tomber dans le vide c’est pareil, raide sur ma chaise d’église, le goût salé des larmes, accrochée des deux mains à mes jupons… Eh bien c’est là qu’il faut plier l’échine, se forcer, en vérité ça ne dure pas bien longtemps. Ouf ça y est, tu es vraiment jolie tu sais&#8230; Pousser la porte de la chambre, traverser la cuisine — trop tard pour reculer —, applaudissements… Regarde, ils sont tous là… grand temps de partir… mais… arrêter de penser, se forcer… et puis</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)<br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></em></p>
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		<title>en 4000 mots #4 &#124; Duras quatuor à dire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jan 2019 13:26:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
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		<category><![CDATA[La mort du jeune aviateur anglais]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #4, à partir de &#8216;La mort du jeune aviateur anglais&#8217; de Marguerite Duras Je n’existais pas encore au moment où ça s’est passé, mais je peux le concevoir, ce moment, redessiner le lieu à l’aune de nos &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-4-durasquatuoradire/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #4 &#124; Duras quatuor à dire »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#4<em>, à partir de &lsquo;La mort du jeune aviateur anglais&rsquo; de Marguerite Duras<br />
</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1891" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="560" height="560" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020961_carré.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;"><strong>J</strong>e n’existais pas encore au moment où ça s’est passé, mais je peux le concevoir, ce moment, redessiner le lieu à l’aune de nos brefs séjours après le long voyage dans la voiture de mon père jusqu’à ce pays éloigné du bord de la mer. Un lieu pauvre et perdu, soumis à l’empire de l’ombre, peuplé de gens affairés à la terre : semeurs, jardiniers, éleveurs de bêtes. Un lieu-dit portant un nom d’arbre. Le Noyer. Situé dans le département de la Loire Inférieure – image dégradante résonnant avec l’odeur de fumier, forte autour des fermes basses et des prés descendant jusqu’à l’eau (souvenir aussi d’un enfant retrouvé noyé, mais c’est une autre histoire). Un hameau difficile à distinguer des autres du même genre éparpillés dans cette campagne, pourtant différent ce jour-là à cause d’un mariage en train de se préparer. Enfin une certaine effervescence, le pavé lavé de frais, des chaises disposées en rang d’oignon devant la maison pour le monde qui commence à venir, des petits gâteaux et des verres sur une table pour les hommes qui voudraient un blanc sec.<span id="more-1890"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais où est la mariée ? en train de passer sa robe, mais où et avec l’aide de qui ? Parce qu’à la regarder sur les photographies, elle n’a pas bien l’air facile à enfiler, cette robe réalisée par une couturière, ajustée au galbe des seins, empiècement satiné marquant la taille et boutonnée dans le dos &#8212; vous savez, ces petits boutons faits du même tissu que la robe difficile à passer dans les trous &#8211;, mais personne ne se souvient vraiment. S’en référer aux sœurs. Une autre fois peut-être. Enfin, il n’y a pas trente-six solutions, ça s’est forcément passé à la ferme puisque le cortège est parti du hameau pour gagner l’église au bout de la ligne droite (des images du cortège le prouvent), donc dans l’une des chambres à l’arrière qui ne voient guère le soleil. La couturière étant marraine de la mariée, c’est elle qui a dû l’assister, épingles serrées entre les dents et aiguillée de coton toute prête pour un dernier ajustement. Cette femme, morte il y a déjà des années, ne peut rien confirmer. Rien confirmer non plus du cri que la jeune fille a poussé au moment de glisser la tête dans l’encolure en mousseline blanche.</p>
<p style="text-align: justify;">Étrange comme je l’entends crier moi aussi au seuil d’épouser l’homme qu’elle ne connaît pas ou si peu. Elle a vu quelque chose, quelque chose logé dans les plis qui l’a épouvantée : bête noire, mouton de poussière, pétale séché, papillon, quelque chose de non identifié qui s’est mué en mauvais présage. Suit la peur. De partir. De quitter sa terre et les siens. De commencer une autre vie. Peur de ce qui va arriver. Si elle le savait, elle se cacherait dans un coffre ou dans une armoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Aller y voir de plus près, y aller à pleines mains, ne pas se gêner, fouiller le tissu à des années de distance, soulever les plis, fourrager dans le jupon, défroisser les volants, identifier la chose qu’elle a vue (après elle n’a plus voulu bouger), la robe lâchée par terre, le temps passant, le monde s’impatientant &#8212; aujourd’hui le dire même si ça ne sert à rien &#8212; dérouler le fil des secondes pour décortiquer l’affreux pressentiment &#8212; l’écrire, lui et tout ce qui en a découlé – ce serait comme un morceau de film, une scène au ralenti avec la robe posée successivement sur le lit, puis le fauteuil, puis tombée au sol, puis habillant le corps jeune et svelte à vingt ans &#8212; écrire la peur ancrée dans la chair de ma mère, transmise à chacun de ses enfants &#8212; je la questionne au téléphone, c’est si loin, elle confond les dates, finalement elle se souvient de la chambre à l’arrière, elle dit « la chambre de maman », elle dit aussi que c’était la robe de sa sœur mariée six mois plus tôt – le film proposerait des visages, ceux des proches et des gens présents à la cérémonie, demi-souriants, la plupart silencieux, aujourd’hui disparus &#8212; se pencher sur la page – écrire le contraste entre le noir et le blanc, entre la mousseline et le corps de l’insecte, entre l’espoir et la terreur &#8212; griffer les mots pour elle – griffer comme si je brodais son intraduisible émoi &#8212; se pencher – évoquer le cri &#8212; griffer les mots – dire – dire – coudre &#8212; écrire</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)</em><br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></p>
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