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	<title>père &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>père &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>la douceur des morts</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 07:56:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
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					<description><![CDATA[Je rentre d&#8217;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&#8217;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017) Lors de ce dernier voyage, j&#8217;ai revu l&#8217;escalierun escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&#8217;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-douceur-de-nos-morts/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« la douceur des morts »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);"><em>Je rentre d&rsquo;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&rsquo;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017)<br /></em></p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">Lors de ce dernier voyage, j&rsquo;ai revu l&rsquo;escalier<br />un escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&rsquo;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber — sans doute que le sol s&rsquo;était subitement dérobé sous mes pieds —<br />et j&rsquo;ai revu son visage de cendres<br />nettement</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">ce visage des derniers jours avant l&rsquo;enfouissement sous la terre alors qu&rsquo;il était couché sur le lit de glace dans la petite pièce sombre prévue pour les visites, avec de quoi s&rsquo;assoir confortablement mais pas trop, une tablette au chevet pour poser une bougie et une fleur dans un vase, un parfum de santal couvrant l&rsquo;odeur de dégradation des chairs qui déjà avait commencé et ne ferait que se poursuivre au cours des quelques jours d&rsquo;attente dans ce bâtiment prévu pour les morts et pour les vivants qui&nbsp; avaient l&rsquo;habitude de les côtoyer et ne pouvaient se détacher d&rsquo;eux aussi vite<br />donc peu de lumière, l&rsquo;exacte quantité qu&rsquo;on s&rsquo;accorde pour la prière et le recueillement<br />pourtant bien souvent les gens dérogeaient à la règle et parlaient assez fort, échangeant des nouvelles en dehors de ce qui venait d&rsquo;arriver et au-delà même du personnage qui les réunissait en ce lieu, des nouvelles du voisinage ou de la famille du côté de ma mère, des souvenirs aussi, pas mal de souvenirs</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage à lui indifférent désormais à ces affaires et ces rumeurs, apaisé finalement, tendu, grisâtre un peu comme un galet</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">à&nbsp; présent je l&rsquo;aperçois souvent</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">il existe à l&rsquo;intérieur de moi, et je l&rsquo;observe dans le détail pendant que tout est encore assez net — car j&rsquo;imagine que ça va finir par s&rsquo;estomper et que je vais enfin guérir de lui —<br />ses cheveux courts un peu en brosse parce qu&rsquo;ils venaient d&rsquo;être coupés — j&rsquo;étais présente lors de la dernière venue du coiffeur peu avant dans la cuisine —, et si doux au toucher, si doux ses cheveux de vieil homme, douceur qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à nos morts, la même douceur qui m&rsquo;avait un jour engendrée sans doute<br />et je pourrais décrire chaque centimètre carré de ses joues front paupières closes, mais ça n&rsquo;en dira pas beaucoup plus, car tout se tenait serré à l&rsquo;intérieur, étouffé, perché au-delà de la perception des hommes et des femmes rassemblés à tour de rôle autour de la dépouille, ce tout jadis déchaîné et brisé, ce tout défait et entêté qui l&rsquo;avait isolé des autres et l&rsquo;avait fait tenir longtemps dans la nuit noire et contre les assauts de la pluie auxquels rien ne résiste, ainsi j&rsquo;ai revu son visage au-delà de la texture des songes, celui que je suis seule à connaître parce qu&rsquo;il s&rsquo;est coulé dans mes sillons intimes — et de la même façon dans ceux de mon frère — comme pour se prolonger et transmettre le mieux qu&rsquo;il y avait à sauver, à nous mettre sous la dent quand nous étions en train de grandir</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage proche désormais d&rsquo;un dessin au crayon, d&rsquo;une esquisse à la craie blanche mêlée de sang sur un pan de calcite, sorte d&rsquo;enluminure primitive oubliée dans une cache, un repli de falaise ou d&rsquo;obscures catacombes</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">je n&rsquo;ai pas fait de photo sur son lit de glace&nbsp;— je me demande pourquoi —, sans doute parce que ce n&rsquo;est pas une chose convenable, pourtant j&rsquo;aurais dû afin de presser l&rsquo;image contre moi de mes deux mains tremblantes longtemps après son départ comme un livre rare capable d&#8217;empoigner, de raconter et donner un dernier tour de vis à l&rsquo;histoire qui sans lui n&rsquo;aurait jamais eu lieu</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">au bord du bassin, le lion qu&rsquo;il avait sculpté jadis à ses heures perdues, me regarde depuis son repos de pierre</p>



<div style="height:62px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="751" height="750" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" alt="" class="wp-image-1117" style="width:1185px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg 751w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-300x300.jpg 300w" sizes="(max-width: 751px) 100vw, 751px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size"><em>Texte et photographie (Lion, créature de mon père, 2015 ), Françoise Renaud, 15 juin 2017<br /></em></p>
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		<title>temps très changeant au mois de mai</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 May 2019 13:10:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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		<category><![CDATA[chirurgien]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
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		<category><![CDATA[poussières en suspens]]></category>
		<category><![CDATA[texte]]></category>
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					<description><![CDATA[8 mai un jour à écouter la pluie tomber, à imaginer qu&#8217;elle abreuve les jardins et s&#8217;accumule dans les canaux de la terre pour l&#8217;été (qui sera chaud peut-être, personne ne sait), tu demeures presque privée de pensées, flottant dans cet après-midi froide et brumeuse, rien qu&#8217;à écouter la pluie 9 et 10 mai le &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/temps-tres-changeant-au-mois-de-mai/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« temps très changeant au mois de mai »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="alignnone wp-image-2054" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-822x824.jpg" alt="" width="640" height="641" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-822x824.jpg 822w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-768x770.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-1200x1202.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré.jpg 2044w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p style="text-align: justify;">8 mai</p>
<p style="text-align: justify;">un jour à écouter la pluie tomber, à imaginer qu&rsquo;elle abreuve les jardins et s&rsquo;accumule dans les canaux de la terre pour l&rsquo;été (qui sera chaud peut-être, personne ne sait), tu demeures presque privée de pensées, flottant dans cet après-midi froide et brumeuse, rien qu&rsquo;à écouter la pluie</p>
<p style="text-align: justify;">9 et 10 mai</p>
<p style="text-align: justify;">le retour du soleil dynamise à nouveau l&rsquo;espace, c&rsquo;est ce que tu ressens en observant les poussières qui dansent  autour de toi, poussières qui semblent te relier aux mouvements et aux paysages perdus (du moins pour le moment), <span id="more-2030"></span>au rythme vital qui possède toute chose, aux mystères et aux éclipses de ta mémoire souvent sollicitée dans tes récits et tes fictions — y a-t-il une réelle différence ? —, fouillée comme un terreau noir où se dissimulent mille particules nutritives et mille êtres invisibles&#8230; de ton côté tu parleras plus volontiers de textes (mot qui d&rsquo;après toi peut tout désigner, tout englober, autant les lacunes que les points brûlants, toujours révélateurs d&rsquo;un parcours indomptable), textes à parcourir à pied et avec les yeux tout comme les lieux géographiques, visibles, tangibles, capables de redessiner l&rsquo;inconsolable — pertes, peurs, rivalités dans l&rsquo;amour, accidents, maladies, tout ce qui entrave le cours du quotidien et nous laisse exsangue au bord de la route, pourtant inutile de pleurer sur la liberté perdue, juste réunir le courage avant de repartir à l&rsquo;assaut  —, oui tu aimes parler de textes à saisir dans la pogne ainsi qu&rsquo;une miche de pain pour s&rsquo;y tailler de beaux morceaux&#8230; d&rsquo;ailleurs c&rsquo;est ce que tu fais en ces jours où le temps s&rsquo;alanguit, tu t&#8217;empares des livres et des mots et tu les dévores et tu observes les poussières qui dansent dans la chambre, leur chute interminable révélant les jeux de la gravité et de la relativité comme des composantes inhérentes à tout objet, à tout corps vivant</p>
<p style="text-align: justify;">et tu reviens sur le mot rivalité, soudain si important si cinglant, car au fond pour le père tu étais une rivale, tu le supplantais dans des domaines qui avaient toujours été les siens (le jardin par exemple), tu le dominais sur le plan de la parole et de la créativité, tu prenais de la place — sa place — si bien qu&rsquo;en ta présence il se taisait, était sur le recul, ne voulait pas combattre — surtout ne pas admirer le moindre de tes talents, il s&rsquo;en serait écorché la bouche —, son ombre toujours violente à évoquer à chaque tournant,  pourtant tu l&rsquo;aimais tant</p>
<p>ce qui demeure en toi après tout ça</p>
<p>« encore une fiction ? — une vérité »</p>
<p style="text-align: justify;">13 mai</p>
<p style="text-align: justify;">la pression au niveau de ta lombaire se fait moins cruelle, les crispations s&rsquo;estompent, tu épies le moindre signe de réparation comme si tu surveillais un feu qui couve et menace de reprendre, parfois tu touches du doigt le pansement dans le dos ou la page d&rsquo;agenda où est griffé en rouge ton prochain rendez-vous avec le chirurgien — délai configuré en jours et non plus en semaines —, cet homme artisan de ta reconstruction qui doit conserver souvenir de ses patients à travers des clichés de leur colonne vertébrale fracturée, à peine le temps de le rencontrer, de lui poser toutes les questions qui rôdent dans ton esprit inquiet, enfin tu alignes tes mots pour décrire toujours à l&rsquo;autre (aux autres) ce que tu deviens</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie : Atelier de Père</em><em>, Françoise Renaud, 2017<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>peu à peu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 May 2019 15:26:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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		<category><![CDATA[odeurs de vent]]></category>
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					<description><![CDATA[29 avril sortie du bloc opératoire, tu ressens de la confusion et du soulagement, et puis une certaine dose d&#8217;euphorie à retourner de nuit à la chambre 201 (encore inondée de soleil il y a quelques heures), euphorie qui d&#8217;ici l&#8217;aube se transforme en fatigue profonde, indice que ça recommence tout en bas suite à &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/peu-a-peu/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« peu à peu »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-2024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-618x824.jpg" alt="" width="525" height="700" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-1200x1600.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668.jpg 1536w" sizes="(max-width: 525px) 100vw, 525px" /></p>
<p style="text-align: justify;">29 avril</p>
<p style="text-align: justify;">sortie du bloc opératoire, tu ressens de la confusion et du soulagement, et puis une certaine dose d&rsquo;euphorie à retourner de nuit à la chambre 201 (encore inondée de soleil il y a quelques heures), euphorie qui d&rsquo;ici l&rsquo;aube se transforme en fatigue profonde, indice que ça recommence tout en bas suite à l&rsquo;épreuve  — recommencer : commencer à nouveau, se lever pour la première fois, marcher, se laver menu comme si les compteurs étaient soudain retombés à zéro —</p>
<p style="text-align: justify;">30 avril</p>
<p style="text-align: justify;">tu rentres chez toi soutenue par deux hommes solides et gais, tu as du mal à supporter la lumière, la chatte grise t&rsquo;a entendue venir (elle sait bien qu&rsquo;il s&rsquo;est passé quelque chose), d&rsquo;ailleurs elle se montre sitôt que tu franchis le portail, tu lui parles, elle se frotte à ta jambe <span id="more-2017"></span>et miaule, tu lui parles avec infinie tendresse, il y a de l&rsquo;émotion à revenir sur les lieux de ta vie réelle, du bonheur simple et presque des larmes</p>
<p>4 mai</p>
<p style="text-align: justify;">le chamboulement t&rsquo;a brassé le corps et l&rsquo;esprit à la façon d&rsquo;une marée qui brasse le sable et les algues, il t&rsquo;apporte des lots d&rsquo;images anciennes — certaines claires, d&rsquo;autres en partie effacées —, tu restes calme étendue sur le lit où la chatte se plaît à ronronner au milieu des silences et des odeurs de vent, et puis tu oses glisser à l&rsquo;intérieur du temps fragile (pareil à l&rsquo;os, périssable, <em>effritable </em>et changeant de texture), tu abandonnes ta paume sur le drap, livres épars, et tu ressens combien le silence des arbres grandis sur le coteau ouvre sur un espace très lointain</p>
<p>5 et 6 mai</p>
<p style="text-align: justify;">tu dialogues avec ton frère venu de l&rsquo;autre bout du pays pour deux jours complices (<em>on fera avec</em> avait-il annoncé et tu avais acquiescé), avoir un frère est finalement une chose étrange, relation unique et irremplaçable où se choquent et se maillent des bribes d&rsquo;enfance, l&rsquo;évidence de la mutation des corps à travers l&rsquo;âge et la brillance des yeux — toujours la même — chargée des mille et une histoires si souvent racontées lors des repas de fête dans la maison au bord de la mer bâtie par le père dans les années cinquante, avec l&rsquo;odeur de l&rsquo;herbe, des fruits blets et des fagots d&rsquo;osier écorcé en attente d&rsquo;être vanné, dans l&rsquo;après-midi vous regardez ensemble quelques photographies et tu soulignes encore une fois son visage si bouffi et fermé dans les derniers mois (visage si beau quand il était jeune homme), tu penses que les lieux de l&rsquo;enfance ne cesseront jamais d&rsquo;être reparcourus</p>
<p>7 mai</p>
<p>à nouveau solitude de la chambre dans cette confrontation avec mon propre corps, avec cette douleur sourde qui enveloppe le lieu blessé ainsi qu&rsquo;une carapace, douleur légère mais présente — juste ce qu&rsquo;il faut pour te rappeler au calme et espérer</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie : Père et mère,  janvier 1949</em></p>
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		<title>depuis qu&#8217;il a chuté de l&#8217;arbre</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/depuis-quil-a-chute-de-larbre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2016 12:40:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[disparition]]></category>
		<category><![CDATA[père]]></category>
		<category><![CDATA[vie et mort]]></category>
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					<description><![CDATA[Le rideau est presque tombé sur la scène où vit et a vécu mon père.  Enfin c&#8217;est pour bientôt, on ne sait pas quand. Dans quelques jours quelques semaines ou plus. On ne peut pas dire. Depuis qu&#8217;il a chuté de l&#8217;arbre il y a trois semaines, abattu dans l&#8217;herbe au pied de son échelle, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/depuis-quil-a-chute-de-larbre/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« depuis qu&#8217;il a chuté de l&#8217;arbre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/P1020726.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-895 " src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/P1020726-e1479904779179-768x1024.jpg" alt="p1020726" width="450" height="600" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/P1020726-e1479904779179-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/P1020726-e1479904779179-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/P1020726-e1479904779179-1200x1600.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/P1020726-e1479904779179.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le rideau est presque tombé sur la scène où vit et a vécu mon père.  Enfin c&rsquo;est pour bientôt, on ne sait pas quand. Dans quelques jours quelques semaines ou plus. On ne peut pas dire.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis qu&rsquo;il a chuté de l&rsquo;arbre il y a trois semaines, abattu dans l&rsquo;herbe au pied de son échelle, on est aux aguets. On épie la moindre amélioration de son état — pour le moment il n&rsquo;y en a pas. L&rsquo;homme est brisé. Il ne se lève plus ou guère. Seulement un court moment pour gagner son fauteuil ou s&rsquo;assoir à la table, manger la soupe ou le plat de légumes. Ce qu&rsquo;il peut manger.  Parce qu&rsquo;il a du mal avec ses dents, les mauvaises, les manquantes. Alors seulement de la soupe, du yaourt, des fruits cuits.<span id="more-884"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis qu&rsquo;il a chuté de l&rsquo;arbre, j&rsquo;imagine l&rsquo;hématome à sa cuisse, les douleurs cervicales, la rage en lui d&rsquo;être tombé. Enfin pourquoi diable a-t-il voulu s&rsquo;occuper de ces fichus pommiers, seul ? Sans doute une belle journée. Il s&rsquo;est dit : Allez, une fois encore, une dernière, je vais tailler mes fruitiers pour qu&rsquo;ils donnent. Des décennies qu&rsquo;il les a plantés, je n&rsquo;étais pas encore née.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis qu&rsquo;il a chuté de l&rsquo;arbre, je pense à lui souvent dans la journée. Je garde le fil de lui, je m&rsquo;endors avec la pensée de lui. Souvenirs de toutes époques et de toutes formes arrivant dans le désordre, se chevauchant comme des rideaux de pluie. A-t-il été heureux ? Peut-être par instants, rien n&rsquo;est moins sûr. Un homme toujours insatisfait, bougon, buté, râleur, en tout cas peu <em>aimable</em> — mot terrible. L&rsquo;image de son visage gonflé d&rsquo;une colère intérieure, puissante, rentrée, impossible à exprimer, résiste et me poursuit. D&rsquo;ailleurs avec l&rsquo;âge ses joues ont réellement gonflé, comme bourrées des mots qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais prononcés. Parler, il n&rsquo;a jamais su. Dire des mots simples et vrais, ça n&rsquo;a jamais été pour lui, un type de la campagne avec seulement son certificat d&rsquo;études et un paquet de malheurs depuis son arrivée dans le monde en 1923. Pourtant un bon bougre. Généreux avec ça. Il nous emmenait au cirque quand nous étions petits et il déposait toujours un billet dans la corbeille pour les acrobates accidentés — pourtant il n&rsquo;en avait pas beaucoup des billets, à travailler dans le bâtiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, le kiné lui a mobilisé les jambes et lui a fait faire le tour de la table. Tout à l&rsquo;heure il boira un peu de bouillon, grignotera une pomme au four avec un peu de caramel dessus. Après, il ira s&rsquo;allonger. Il dormira longtemps. La morphine est puissante. Me reste à creuser le sillon où semer les images que j&rsquo;ai de lui. Toutes. Les douces, les âpres, les très anciennes, aussi les dernières avant de déclarer : Fin du spectacle, on ferme. Je les veux toutes, je ne veux rien oublier, je veux le retenir encore un petit moment, le chérir, lui parler doucement au téléphone, juste sensible à son souffle rétréci, à son silence et à son angoisse de partir.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie ©Françoise Renaud, mai 2016<br />
</em></p>
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		<title>hors de portée du chagrin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2015 11:03:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
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					<description><![CDATA[écrire au gré d&#8217;un voyage vers l&#8217;Ouest avec la peur de me répéter&#8230; L&#8217;impression d&#8217;entailler à peine la chair, d&#8217;effleurer le sujet. Dans ces textes brefs écrits à la volée, je sens dès la première ligne que se tient là toute une matière gisante, disponible. Offerte. Ici pourtant, rien qu&#8217;un embryon qui pourrait devenir plus &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/hors-de-portee-du-chagrin/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« hors de portée du chagrin »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/10/lichen_mer_carré_web.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-313" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/10/lichen_mer_carré_web.jpg" alt="Lichen, pays de Retz, 2015, photographie de Françoise Renaud" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/10/lichen_mer_carré_web.jpg 1000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/10/lichen_mer_carré_web-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/10/lichen_mer_carré_web-300x300.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>écrire au gré d&rsquo;un voyage vers l&rsquo;Ouest avec la peur de me répéter&#8230;<br />
L&rsquo;impression d&rsquo;entailler à peine la chair, d&rsquo;effleurer le sujet. Dans ces textes brefs écrits à la volée, je sens dès la première ligne que se tient là toute une matière gisante, disponible. Offerte. Ici pourtant, rien qu&rsquo;un embryon qui pourrait devenir plus solide, plus universel&#8230; plus tard, sans doute&#8230;<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="text-align: justify;">Chaque fois, il me fait pleurer des larmes de sang.</h3>
<p style="text-align: justify;">Lui. Raide, bouffi. Toujours silencieux — mon père. Muré dans sa pénombre. Blindé. Fermé aux propositions de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Parler, il ne sait pas. L&rsquo;a-t-il jamais su ? (quelque chose que j&rsquo;ai déjà écrit) Nous avions passé notre jeunesse à réclamer son attention, ses mots de tendresse, son affection. Rien. Et c&rsquo;est fini maintenant, il n&rsquo;y aura rien. Rien de plus, rien de moins. Juste son corps terriblement vieilli depuis ma dernière visite. Pas courbé, non. Plutôt affaissé, accablé de fardeaux invisibles. Son visage désormais n&rsquo;est que ruine. Comme il ne porte plus ses lunettes, on voit plusieurs cernes concentriques et grisâtres lui manger les joues. Sa respiration est oppressante. Sa voix, quand elle se manifeste pour des choses vitales — réclamer du pain, dire qu&rsquo;il a assez de soupe, demander où diable est rangée sa casquette — est mal assurée, déraille même, cherchant recours dans le cri. Fines lèvres pincées à se fendre. C&rsquo;est un fait, l&rsquo;homme est prêt à crier pour un rien alors qu&rsquo;il devrait lâcher prise. Il est à cran.<br />
Peut-être qu&rsquo;il  ne supporte plus de vivre. Bientôt quatre-vingt treize ans. Trop long peut-être, trop douloureux, le corps aux articulations usées.<br />
Peut-être qu&rsquo;à force de souffrir, il est devenu indifférent. Ou qu&rsquo;il ne veut plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Jeune, il portait déjà les stigmates d&rsquo;une certaine fermeture, dureté dans les yeux et sécheresse des mains. Jamais méchant, ça non, mais agaçant avec sa perpétuelle quête de reconnaissance, jouant des coudes dans la marée humaine pour se faire voir plus que les autres. <span id="more-309"></span>Lui, plus valeureux, plus courageux, plus ardent.  Et maintenant que sa vie se réduit, il se cramponne à des bribes de passé, du moins aux plus glorieuses à ses yeux. En compagnie de voisins, il se risque une fois de plus à évoquer son courage pour creuser à la pelle les fondations de sa maison ou la générosité d&rsquo;un patron qui appréciait le travail bien fait. Jamais un mot sur nous, les autres derrière lui, sa femme, ses enfants vivants et morts, nous autres qui constituons la famille, le cercle proche  — qui sait ce qu&rsquo;il en restera quand il sera mort ? Pas un mot, pas un signe de fierté.</p>
<p style="text-align: justify;">Je le regarde, dans cet épuisement. Vieillard.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne sent pas combien je l&rsquo;aime malgré tout, combien j&rsquo;aimerais lui prendre la main, lui parler de ma vie personnelle, de mon travail d&rsquo;écriture, des légumes de mon jardin au bord d&rsquo;un ruisseau. Tant de charges pèsent sur son cou comme un joug invisible : déceptions, deuils à commencer par celui de Marie sa mère, puis de sa première fille — cette petite enfant si douce, pas comme les autres, notre sœur, mon unique —, maladies incurables, gelées d&rsquo;hiver, frustrations de chair. Toutes ces épreuves qui lui ont ôté sa substance, ne laissant qu&rsquo;un grand vide intérieur pareil au vide cosmique. Il ne peut pas.<br />
Il rumine et sa pogne est dure comme une écorce morte.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors se taire — c&rsquo;est le plus simple. Peut-être qu&rsquo;il le choisit, après tout.<br />
Ne rien remuer de ce qui fait mal sinon on pleure. Se taire. Bouger le moins possible. Ne pas pleurer, voyons ! Faire son jardin encore, tant qu&rsquo;il peut. Biner entre les rangs de fraisiers, planter. Salades d&rsquo;hiver en terre sous le châssis : scaroles, frisées. Encore un hiver devant. Tenir en dépit de ses poumons abîmés, de ses douleurs. Tenir, ne pas pleurer, ne rien dire.<br />
Rugir parfois ou alors ruminer.<br />
Une façon de se tenir hors de portée du chagrin.</p>
<p style="text-align: right;"> <em>Mer et rocher, Pays de Retz, © Françoise Renaud, octobre 2015</em></p>
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