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	<title>le livre comme fiction &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>le livre comme fiction &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>#le livre comme fiction #4 &#124; bibliothèque à construire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 15:10:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le livre comme fiction]]></category>
		<category><![CDATA[bibliothèque]]></category>
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					<description><![CDATA[constituer au fil des années quelques rayonnages de livres bien à soi comme on glane dans les champs bouquets graines et coques de noixun jour emballer transporter déballer réinstaller La dernière fois ça s&#8217;était passé un peu avant Noël (le déménagement). La date approchait, il fallait agir, mise en carton quasi aléatoire de mes livres &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/livre-4-bibliotheque-a-construire/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #le livre comme fiction #4 &#124; bibliothèque à construire »</span></a></p>]]></description>
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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);"><em>constituer au fil des années quelques rayonnages de livres bien à soi comme on glane dans les champs bouquets graines et coques de noix</em><br /><em>un jour emballer transporter déballer réinstaller</em></p>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">La dernière fois ça s&rsquo;était passé un peu avant Noël (le déménagement). La date approchait, il fallait agir, mise en carton quasi aléatoire de mes livres personnels &#8212; ceux achetés à bas prix, ceux dits classiques, ceux qui ont compté parce qu’offerts pour une occasion ou simplement adorés, ceux qui me servent à écrire. Désherbage au passage, piles constituées en vue de remplir la boîte à livres la plus proche ou d’enrichir la bibliothèque de la voisine. Ainsi des livres aux histoires singulières se retrouvant à cohabiter dans le même espace confiné pour un temps indéterminé, caisses stockées à la va-vite par de jeunes hommes employés par la société de déménagement au milieu d’un capharnaüm sans nom, sous un hangar en pays inconnu.</p>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);"><em>pour un temps indéterminé, oui, parce que la bibliothèque, il fallait la construire</em><br /><em>et même la pièce autour</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">À ce moment-là, rien que haute charpente certes magnifique hébergeant araignées, chouettes et chauve-souris, sol en béton tout de même et vaste porte vitrée coulissante déjà positionnée. Plusieurs mois de chantier nécessaires pour réviser la toiture, consolider la charpente, installer un plafond suspendu d&rsquo;au moins 150 mètres carrés. Imaginer ensuite la configuration des lieux afin de créer le futur bureau face aux jardins entre chambre et salon blanc, monter des cloisons, isoler, enduire peindre enfin ce qu’on veut, un jour monter des colonnes parées de travertin pour y sceller des étagères aussi nombreuses que possible en vérifiant la hauteur de certaines collections et en aménageant des niches dans l’intention d’y exposer les ouvrages particulièrement précieux, finalement prolonger plus loin dans le recoin et jusqu’en haut pour augmenter le volume de rangement. Tellement de fatigue à la longue, épuisement même. On me demande encore comment on a pu en arriver à cet autre jour de l’hiver suivant où il a été question d’ouvrir le premier carton où végétaient les livres depuis plus de quatre cents jours. Ils me manquaient tellement.</p>



<div style="height:26px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);"><em>comment s’y prendre&nbsp;</em><br /><em>par où commencer et comment avancer efficacement</em></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Il m’a fallu un temps infini pour vider une seule petite caisse, m&rsquo;interrogeant d&rsquo;abord sur l&rsquo;état des ouvrages après un long séjour en zone humide, puis retombant sur l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, le feuilletant, regardant la date à laquelle il avait été acheté, d’où il venait, à quoi ressemblait la langue, s’il contenait un marque-pages ou une vieille carte postale ou un petit papier avec des notes. Une fois sortis par poignées du carton, tenter d’initier une ligne romans récits en langue française. Décider que ce sera plutôt par ici, la poésie par là, certains demeurant sur le carreau, ne pouvant se classer sur le champ dans un genre plutôt qu’un autre. Il m’a fallu un certain nombre de semaines pour en venir à bout, adaptant selon la place disponible et selon le format, le sujet, l&rsquo;épaisseur, la langue maternelle de l’auteur, l’importance affective acquise par l’ouvrage depuis qu&rsquo;il habite chez moi. Donc le coin anglo-saxon, le rayon langue espagnole, la collection japonaise, les livres des amis tout en bas, les indispensables en écriture à portée de main. Quelques livres d’art, la plupart exposés dans le salon blanc.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Déjà une bonne année que ma bibliothèque a été installée. Aujourd’hui pourtant, chaque fois que je cherche un titre, je dois tout parcourir avant de mettre la main dessus. Autant dire que ce nouvel ordre largement improvisé bricolé m’échappe encore.</p>



<div style="height:34px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.tierslivre.net/ateliers/wp-content/uploads/2026/05/P1190345e_2-788x1024.jpg" alt="" class="wp-image-210251" style="width:588px;height:auto" data-mwl-img-id="210251"/></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph"><em>écrit sur une proposition de l’atelier Tiers Livre, «&nbsp;Le livre comme fiction&nbsp;», 24 mai 2026</em></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:14px"><em>Photographie ©françoise renaud, tentative d&rsquo;installation,  intérieur 202</em>4</p>
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		<title>#le livre comme fiction #1 &#124; l&#8217;image et le moment</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 May 2026 16:54:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[le livre comme fiction]]></category>
		<category><![CDATA[écrire le livre]]></category>
		<category><![CDATA[le moment où]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[se détacher du livre]]></category>
		<category><![CDATA[tiers livre]]></category>
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					<description><![CDATA[l’image du livre en train de s’écrire l’image qu’on en a, épaisseur, style, marges, caractères typographiques l’image qui vient la première fois quand on le tient entre les doigts, les mains qui bougent sur lui, le pressent, le feuillettent, le tournent et retournent pour sentir la qualité du papier, la texture(parce que le livre est &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/limage-et-le-moment/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #le livre comme fiction #1 &#124; l&#8217;image et le moment »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">l’image du livre en train de s’écrire</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">l’image qu’on en a, épaisseur, style, marges, caractères typographiques</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">l’image qui vient la première fois quand on le tient entre les doigts, les mains qui bougent sur lui, le pressent, le feuillettent, le tournent et retournent pour sentir la qualité du papier, la texture<br />(parce que le livre est avant tout chose matérielle, objet en taille couleur épaisseur)</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on perçoit son odeur — mais peut-être qu’il n’en a pas, pas encore</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où le récit paraît derrière le titre ou au contraire se cache</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on comprend dans le rêve que ce livre a habité longtemps dans un endroit du cerveau sans qu’on le sache vraiment et qu’il a influencé notre itinéraire, et l’autre moment beaucoup plus tard quand on en retrouve un exemplaire dans la bibliothèque – mais peut-être que ça, c’est dans un autre rêve<br />(il n’a pas besoin d’être singulier, juste un livre dans ce qui le caractérise avec une couverture plus ou moins solide et des pages couvertes de signes)</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on comprend qu’il fait partie de nous, peut-être parce qu’il a été lu dans l’enfance et qu’il a compté plus que les autres livres ou tout simplement parce qu’il était le premier qu’on possédait, ou peut-être parce qu’il vient de nous, entièrement de nous, parce qu’on l’a écrit nous-mêmes au début de notre vie d’adulte, d&rsquo;ailleurs on souvient soudain du mal qu’on avait eu à décider d’un titre, à imaginer même qu’il serait lu par d’autres</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on le referme<br />le moment où on le pose sur la table et qu’il se détache des mains, du corps, de nous</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où il n’a plus d’importance</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où il s’efface parce que la mémoire a vieilli et les articulations des mains font mal, de toute façon on ne parvient plus à mettre un nom dessus</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où, même dans l’oubli une fois la mémoire dissoute, il reste rattaché à notre pensée comme intégré au ciment de nos os et on ne se souvient d’aucun mot, juste d’une impression, une couleur de forêt, un silence de vallée aride</p>



<div style="height:47px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1280" height="960" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3.jpg" alt="" class="wp-image-7248" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3.jpg 1280w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3-824x618.jpg 824w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" data-mwl-img-id="7248" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph"><em>écrit sur une proposition de l&rsquo;atelier Tiers Livre, « Le livre comme fiction », le 3 mai 2026<br /> Photographies françoise renaud</em></p>
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