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	<title>échanges &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>échanges &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>Vases Communicants avec Dominique Hasselmann &#124; décembre 2016</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Dec 2016 07:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[vers l'horizon perdu]]></category>
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					<description><![CDATA[Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de François Bon et Jérôme Denis. Marie-Noëlle Bertrand coordonne les publications et stimule les échanges sur le blog associé le rendez-vous des Vases. Il existe aussi une page Facebook. Aux blogueurs de se rencontrer à leur façon, de définir un &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases Communicants avec Dominique Hasselmann &#124; décembre 2016 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);"><em>Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<strong><a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> </strong>et <strong><a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a></strong>. <strong><a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> </strong>coordonne les publications et stimule les échanges sur le blog associé le<strong><a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des Vases</a></strong>. Il existe aussi une <strong><a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a></strong>. Aux blogueurs de se rencontrer à leur façon, de définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.<br />On peut retrouvez la liste des Vases Communicants du mois de décembre <strong><a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/2016/12/micro-recension-des-vases-communicants.html">ici</a></strong>.</em></p>



<div style="height:44px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><span style="color: #657a25;">J&rsquo;accueille avec joie et curiosité <strong>Dominique Hasselmann. </strong>Textes, photos, vidéos, il aime tout. Son blog <span style="color: #999999;"><strong><a style="color: #999999;" href="https://hadominique75.wordpress.com/2016/12/02/vers-lhorizon-perdu-12/">Métronomiques </a></strong></span>nous interpelle, nous déroute, nous comble. À découvrir.<br />Nous avons décidé d&rsquo;un partage autour d&rsquo;un échange de photographies. Ville/Campagne. Vallée perdue/Horizon perdu. Vous verrez bien&#8230; Une exploration en deux volets. Voici la sienne. Mon texte <span style="color: #000000;"><em>Vers l&rsquo;horizon perdu [1/2] </em></span>est à retrouver sur <strong><a href="https://hadominique75.wordpress.com/2016/12/02/vers-lhorizon-perdu-12/">Métronomiques</a></strong>.<br /></span></p>



<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading">VERS L&rsquo;HORIZON PERDU [2/2]</h3>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Nous avions trouvé ce village un peu par hasard, en naviguant sur Internet. Il nous avait plu parce qu’il était apparemment abandonné, nous ne serions donc pas soumises à des visites de touristes ou à des voisins grincheux. L’abbaye pouvait être retapée sans problème, une architecte des environs s’y était attelée et nous disposions maintenant d’une grande maison bien à nous, avec une dizaine de chambres et un confort spartiate qui nous plaisait tout à fait : ce lieu de méditation gardait ses hautes voûtes, ses pierres de taille et un parfum mystique aptes à élever nos âmes et nos corps.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Il avait suffi de faire fonctionner le bouche à oreille (plus tard le bouche-à-bouche viendrait) pour que nous nous retrouvions ensemble à une vingtaine de femmes. Cette communauté ressuscitait un peu les espoirs de l’après-68 où, las des expériences politiques plus ou moins avortées (maoïsme, spontanéisme, trotskysme, anarchisme…) nombre de militants partirent « s’établir » loin des usines et rejoindre quelque part, au Larzac ou à Ibiza, l’utopie américaine des hippies et autres amateurs du mythe fondateur « On the road again ».</p>



<span id="more-919"></span>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Pour vivre ici, nous avions installé une mini-boulangerie grâce au four à pain délaissé et nous avions créé dans le vaste jardin un joli potager qui, grâce à un soleil généreux, nous fournissait tomates, haricots, radis, concombres, pommes de terre. Concernant la viande et le poisson – nous n’étions pas toutes végétariennes voire, pour l’une d’entre nous, «&nbsp;végétalienne&nbsp;» – un supermarché ouvrait ses portes à une dizaine de kilomètres et, à tour de rôle, nous prenions la Kangoo pour aller nous ravitailler.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">L’argent ne nous manquait pas&nbsp;; la plupart d’entre nous avaient soit amassé des économies au cours de leurs carrières professionnelles (publicité, médecine, mode, médias, traduction…), soit bénéficiaient de retraites correctes (Éducation nationale, culture, bibliothèques, transports…) qui permettaient ainsi de subvenir à une vie agréable et sans soucis matériels autres que ceux de l’entretien de l’abbaye&nbsp;: une fuite d’eau ici, une tuile à remplacer là et quelques artisans locaux pouvaient venir nous dépanner.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Notre «&nbsp;Communauté des sœurs sans peur&nbsp;» (c’était le nom que nous avions choisi pour ce groupe de femmes libres) n’avait produit apparemment aucune inimitié dans les villages alentour. De temps en temps, une voiture grimpait sur le monticule et passait au ralenti devant notre belle bâtisse mais personne ne s’arrêtait&nbsp;: on ne désirait manifestement pas nous déranger dans nos activités qui semblaient toutes purement bucoliques.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size wp-block-paragraph">Le soir, nous organisions des concerts sans autres spectatrices que nous-mêmes : quelques-unes parmi nous, musiciennes, avaient rapatrié leurs instruments : un piano Steinway à queue, quelques violons, une contrebasse, une viole de gambe, une flûte traversière. L’enjeu était de dénicher les partitions pouvant s’adapter à l’offre actuelle d’interprétation et non le contraire. On allumait alors des chandelles et du feu dans la cheminée. Bach et Mozart étaient nos seuls invités masculins. Une fois la nuit tombée et la musique achevée, nous regagnions nos chambres individuelles. Là, des petits rendez-vous coquins pouvaient se mettre en branle, les portes se fermaient doucement tandis que des cris d’amour retentissaient parfois, comme impossibles à réfréner. Des couples se formaient, se défaisaient, mais <em>l’harmonie</em> (au sens que Fourier donna pour ses projets de phalanstère) régnait, à l’abri de nos murs épais, comme une discipline singulière et partagée.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size wp-block-paragraph">Le matin, nous étions toutes assises de chaque côté de la longue table de bois où les bols de café fumant, les céréales, le pain grillé, le beurre salé, la confiture de fraises du jardin, le lait «&nbsp;bio&nbsp;» de chez Cora, nous rassasiaient après les dépenses nocturnes effectuées par certaines d’entre nous. La politique avait disparu de notre esprit&nbsp;: nous n’avions installé ni radio ni télévision, seuls quelques ordinateurs nous reliaient au monde.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size wp-block-paragraph">Un jour, je me souviens qu’il s’agissait d’Astrid, une voix aiguë cria qu’un fourgon bleu de la gendarmerie nationale se dirigeait vers notre village. Nous sortîmes sur la terrasse qui dominait la vallée : aucune méprise n’était permise, on venait nous embêter ! Les hommes en uniformes descendirent de leur véhicule et nous montrèrent un arrêté du préfet nous priant de vouloir bien quitter les lieux dans les quarante-huit heures pour cause de « trouble à la morale publique », sur plaintes de riverains éloignés et anonymes. Nous encaissâmes le choc : il n’y avait pas de chef parmi nous, seuls le charisme et la personnalité de chacune jouaient ce rôle toujours intermittent. Nous répondîmes que nous nous plierions à la loi, et que sous le gouvernement du président de la République Fillon il fallait s’attendre à tout. Déjà, Laure et Odile avaient branché leurs Mac et cherchaient dans quels coins géographiques cachés – comme cet horizon perdu – nous pourrions continuer notre aventure d’amitié, de rencontres et d’amour. Les perspectives semblaient de plus en plus réduites mais notre combativité n’avait pas faibli et se renforçait même face à l’adversité politique de la réaction et à sa cousine, la morale bien-pensante trempée dans un bénitier puis essorée devant nos yeux sur les dalles de notre refuge temporel.</p>



<div style="height:54px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="680" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-680x1024.jpg" alt="saint_bresson" class="wp-image-921" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-680x1024.jpg 680w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-199x300.jpg 199w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-768x1157.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-1200x1807.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson.jpg 1360w" sizes="(max-width: 680px) 100vw, 680px" data-mwl-img-id="921" /></a></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong>texte&nbsp;: Dominique Hasselmann<br />photographie : Françoise Renaud</strong></em></p>
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		<title>Vases communicants de juillet, avec Louise Imagine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jul 2016 08:24:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[intime]]></category>
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		<category><![CDATA[Louise Imagine]]></category>
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		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi de juillet. Une journée chaude. Et c&#8217;est Louise Imagine que j&#8217;accueille avec joie. Louise codirige actuellement la revue graphique et littéraire La Piscine. Elle est également directrice de la collection photographique Horizons chez Publie.net. Je l&#8217;ai rencontrée récemment, en chair et en os. À présent je découvre ses ouvrages. Certains titres m’interpellent fortement. &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-juillet-avec-louise-imagine/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de juillet, avec Louise Imagine »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Premier vendredi de juillet. Une journée chaude. Et c&rsquo;est</span> <span style="color: #cc5f16;"><strong><a href="https://ilpleuvrademain.com/author/louiseimagine/">Louise Imagine</a> </strong><span style="color: #167087;">que j&rsquo;accueille avec joie.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #cc5f16;"><span style="color: #993366;"><span style="color: #167087;">Louise codirige actuellement la revue graphique et littéraire</span> </span><a href="https://revuelapiscine.com/category/le-pediluve/"><strong><em>La Piscine</em></strong></a><span style="color: #800000;">. <span style="color: #167087;">Elle est également directrice de la collection photographique Horizons chez Publie.net.</span></span><br />
<span style="color: #167087;"> Je l&rsquo;ai rencontrée récemment, en chair et en os. À présent je découvre ses ouvrages. Certains titres m’interpellent fortement. </span><strong><em><a href="http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371710078/inlands">Inlands</a></em><span style="color: #167087;">,</span> </strong><em><a href="http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771000/blancs"><strong>Blancs</strong>.  </a></em><span style="color: #167087;">Étranges passerelles jetées soudain entre nous comme des évidences. Posée là, une question qui est aussi la mienne : La poésie, la peinture : que disent-­elles, en somme ?</span><br />
<span style="color: #167087;"> Et puis ses photographies. Travaux souvent exposés (Transphotographiques, rencontres d’Arles) et édités (<em>Blancs</em>, <em>Instant T</em>, <em>La Croisée des Marelles</em>), photographies de plateau, portraits, reportages… tout l&rsquo;intéresse. L&rsquo;enfance, les rivages, l&rsquo;intime&#8230; décidément au cœur de notre rencontre.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Nous voici donc réunies à la croisée de l&rsquo;image et de la poésie, entre énigme et lumière. Nous avons écrit sur un duo de ses photos. Et pour commencer voici son texte.</span><em><span style="color: #cc5f16;"><br />
</span></em></p>
<h1>LE LAC</h1>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-568" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1024x1024.jpg" alt="image1_LouiseImagine" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine.jpg 1390w" sizes="(max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’été à peine installé, la pluie l’avait accueilli.<br />
Aucun nuage n’en avait pourtant annoncé la venue.</p>
<p style="text-align: justify;">La journée s’était déroulée chaudement. Une de ces journées claires où l’on prévoit par hasard de se retrouver entre amis au bord du lac.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions préparé le pique-nique et les bouteilles d’eau, entassé à la va-vite maillots et serviettes dans un grand sac, pris les masques de plongée des petites, la crème solaire en spray — plus facile à étaler. Nous avions marché quelques temps côte à côte, pressées d’arriver, et malgré nos pieds soulevant la poussière, nos têtes déjà naviguaient dans l’eau douce, apaisante, barbotaient aux côtés des algues noires et poissons argentés.<br />
Après avoir quitté la route, nous nous étions engagés sur le chemin caillouteux <span id="more-561"></span>qui s’élève mollement à flanc de colline pour rejoindre le sentier plus sage et balisé ceinturant le lac.</p>
<p style="text-align: justify;">De là-haut, sous nos pieds, le lac s’ouvrait tel un puits de lumière épousant le ciel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le soleil tapait encore fort et nous plissions les yeux. La luminosité se réverbérait sur le sol calcaire. La nature nous livrait sans timidité chaque détail étincelant de sa beauté : vent chaud contre nos peaux dénuées, papillons irisés sur fleurs épanouies, herbes folles aux arômes entêtants, lichens vert-gris sur écorce brute, et plus loin encore, saturant l’air, le calme profond des plans d’eau teintés des cris joyeux des enfants.<br />
Nous croisions les baigneurs de l’après-midi qui rentraient chez eux, alourdis par la nage, cheveux en bataille et joues rougies, sacs trop lourds et pas traînants.<br />
Mais nous, nous arrivions.<br />
Et la journée ronronnait au creux de nos poitrines.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois les affaires posées pêle-mêle sur la grève, nous nous étions éclaboussés pour atténuer la morsure de l’eau sombre — avions pris notre temps pour rentrer peu à peu — avions plongés d’un coup, narines pincées.<br />
Le lac, soudain, nous avait paru à la température  idéale… Nous avions lancé le ballon dans l’eau pour s’empresser d’aller le rechercher, baladé les plus petits sur un bateau gonflable. Nous avions nagé jusqu’à l’autre rive puis, après une courte halte, rebroussé chemin. Nous avions fait la planche, perdu un masque de plongée, joué à le retrouver, battu des bras et des palmes pour mimer d’étranges cétacés.<br />
Puis, sur un coin de serviette, nous avions mis eau et nourriture en commun. Et chacun à son rythme était venu picorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fils du temps, il y eut peut-être un fond d’air un peu plus frais. Une légère teinte vive dans la texture du vent. Les gilets furent sortis du sac, posés consciencieusement sur les épaules agacées des enfants. Puis — sans surprise — ramassés par terre entre les herbes sèches et la poussière, secoués vigoureusement et replacés sur les jeunes insouciants. Nous avions finalement repris peu à peu le chemin du retour. Serviettes rangées et sacs fermés.<br />
Le ciel résonnait d’une harmonie d’ocres, de roses et de dorés.</p>
<p style="text-align: justify;">L’été à peine installé, la pluie l’avait accueilli.<br />
Une pluie chaude et lourde, accompagnée du soir et de sa nuée d’étoiles.<br />
Une pluie imprévisible, impétueuse, à en faire chanter les tuiles de la maison.</p>
<p style="text-align: justify;">Le printemps s’est enfui, dilué dans la plus douce des mélodies. Aucun nuage n’en avait pourtant annoncé la venue…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine.jpg" rel="lightbox-1"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-581" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1024x1024.jpg" alt="image2_LouiseImagine" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine.jpg 1432w" sizes="(max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <a href="http://wp.me/pE9rZ-Dh"><span style="color: #ff9900;"><em><strong>Le lac </strong></em></span></a>est à retrouver <a href="https://ilpleuvrademain.com/2016/07/01/le-lac-010716-francoise-renaud/" target="_blank" rel="noopener"><strong>chez elle</strong></a>.</h3>
<p style="text-align: right;"><em>Photographies ©Louise Imagine<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;"></h3>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jun 2016 07:47:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[passage]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce texte a été publié sur le blog de Sylvie Pollastri pour les Vases communicants, juin 2016. Il était sorti prendre l’air. Tard le soir. Il avait entendu un hurlement de chien et il avait suivi le chemin qui s’annonçait devant lui en se demandant où diable le chien se terrait. S’il était en train &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/passage/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« passage »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Ce texte a été publié sur le blog de Sylvie Pollastri pour les Vases communicants, juin 2016.</p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-539" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI.jpg" alt="phto_POLLASTRI" width="465" height="620" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI.jpg 720w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/05/phto_POLLASTRI-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il était sorti prendre l’air. Tard le soir. Il avait entendu un hurlement de chien et il avait suivi le chemin qui s’annonçait devant lui en se demandant où diable le chien se terrait. S’il était en train de se battre ou s’il souffrait.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chemin avait l’allure d’une berge de rivière, longeait des bâtiments ou des jardins. Allez savoir ce qui se niche derrière ce type de murailles, des propriétés où la vie est bien organisée, où les gens cherchent à être tranquilles au bord de la vieillesse en dépit de familles déglinguées, essayant d’oublier les histoires sans queue ni tête qui constituent leur héritage au même titre que leurs biens, n’étant jamais dupes des visites qu’ils reçoivent. Murailles par endroits crépies au sable ou pierres empilés visibles, parfaitement imbriquées pour durer. Ruelles au sol pavé rongé par d’innombrables passages, lents ou précipités. Ces gens-là essayaient d’oublier ce qu’ils avaient traversé, en vérité ils étaient terrifiés. Ils hurlaient parfois un peu comme des chiens souffrant de maladie ou de solitude. Et lui entendait tout cela, tard dans la nuit, à travers le hurlement de cette bête qu’il traquait à présent pour en avoir le cœur net.</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait bifurqué à la faveur d’une placette, grimpé une série d’escaliers trapus. Il essayait de se guider au bruit qui résonnait contre les parois de pierre. Désormais tout proche. Le chien, là, couché dans un recoin avec une plaie au ventre. Le malheureux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’était approché de lui parlant, lui avait caressé la tête — geste qui l’avait apaisé. Puis il l’avait soulevé entre ses bras après l’avoir protégé de sa veste dans l’intention de le conduire chez un soigneur — pas sûr qu’il l’aurait fait pour un mendiant, un indigent. Il se souvenait avoir repéré une clinique pour animaux dans le quartier là-bas, mais elle était fermée à cette heure. Il avait attendu devant la porte, pleurant avec le chien, toutes ces heures l’accompagnant. Et puis ce soubresaut. Comme un nuage de sauterelles obscurcissant le ciel.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>D&rsquo;après une photographie de Sylvie Pollastri</em></p>
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		<title>Vases communicants de mai, avec Christophe Sanchez</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 May 2016 08:06:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[fut-il]]></category>
		<category><![CDATA[la montre-oignon]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi de mai. Je reçois Christophe Sanchez sur Terrain fragile. Je le connais peu – très peu. Je l&#8217;ai vu en photo les pieds dans l&#8217;eau au bord de la mer. Je fréquente son blog FUT-IL où il écrit Les gens, ses promenades, ses lectures. J&#8217;ai aimé le texte Le buffet pour sa précision, L&#8217;espingoin &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-christophe-sanchez/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de mai, avec Christophe Sanchez »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Premier vendredi de mai. Je reçois</span></span><strong> <a href="http://www.fut-il.net/" target="_blank" rel="noopener">Christophe Sanchez</a></strong><span style="color: #bf4e19;"> sur Terrain fragile.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;"> Je le connais peu – très peu. Je l&rsquo;ai vu en photo les pieds dans l&rsquo;eau au bord de la mer. Je fréquente son blog <span style="color: #782850; font-size: 16px;"> <a href="http://www.fut-il.net/p/a-propos.html"><strong>FUT-IL</strong> </a></span>où il écrit Les gens, ses promenades, ses lectures. J&rsquo;ai aimé le texte</span> <a href="http://www.fut-il.net/2016/04/le-buffet.html">Le buffet</a> <span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;">pour sa précision,</span> <a href="http://www.fut-il.net/2016/04/lespingouin.html">L&rsquo;espingoin</a> <span style="color: #782850; font-size: 16px;"><span style="color: #bf4e19;">autour de son père d&rsquo;origine étrangère. Il a l&rsquo;air d&rsquo;apprécier les plaisirs simples, » les pieds dans les sandalettes qui glissent sur les cailloux, l’odeur du plein printemps qui s’aligne sur nos pas. » Alors je suis contente que vous le connaissiez aussi.</span> <span style="color: #bf4e19;"><br />
Christophe Sanchez écrit en ligne depuis dix ans. Il est co-revuiste à la revue littéraire et graphique</span><strong><a href="http://www.revuelapiscine.com/" target="_blank" rel="noopener"> La piscine</a><span style="color: #993366;"><span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;">. </span></span></strong><span style="color: #993366;"><span style="color: #bf4e19;">Nous nous sommes proposés un échange libre. <span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Voici son texte.</span></span></span></span></span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>La montre-oignon</h3>
<p style="text-align: justify;">Il avait une montre dans sa poche. Pas une vulgaire montre-bracelet, banale, avec son ornement en cuir ou en métal ; pas une montre commune, pas de celles qu’on met au poignet tous les jours – comme tout le monde. Non, il avait une montre-oignon ! Alors, ça ! C’était étrange ! Comment avait-on pu marier une montre et un oignon pour en faire un seul et même objet ? Ou plante potagère ? Parce que, finalement, de quelle espèce était sa montre-oignon ? Où la trouvait-on ? Chez l’horloger ou le primeur ? Mi-temps, mi-primeur. Une primeur du temps, sans nul doute : une fraîcheur de première qualité, une montre-oignon cueillie du matin avec la rosée qui perle sur la trotteuse. L’objet – parce qu’il s’agissait bien d’un objet, je le voyais bien, même si le doute n’arrêtait pas de tourner ses aiguilles dans ma tête – faisait onduler les heures sur sa face d’oignon, à grands coups de tics et de tacs dérobés sous un bulbe de verre.<span id="more-507"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, j’ai compris en grandissant ce qu’était une montre-oignon. Mais mon grand-père ne m’en a jamais rien dit, soutenant le mystère avec malice, allant même jusqu’à me faire croire que dans son jardin il cultivait des plants de montres-oignons, qu’il en faisait des récoltes abondantes, de quoi assurer la pérennité de sa petite exploitation pour des générations et des générations – une descendance qui, grâce à cette culture ultramoderne, pourrait gaspiller oignons et temps comme bon lui semblerait, ad vitam æternam. Faut dire qu’elle a bien traversé le temps, cette montre. Symbole à elle seule du patriarcat et de la prédominance de mon aïeul sur toute la famille. Logée dans son bleu de travail, suspendue à une chaînette en argent qui dépassait ostensiblement de sa ceinture, il prenait un malin plaisir à la sortir à toute occasion en la serrant entre ses doigts crochus. Goguenard, il traçait sur ses joues des larmes chaudes en me souriant largement.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien plus tard, une fois que grand-père ne fut plus du monde des oignons comme de celui des hommes, je l’ai retrouvée dans l’armoire normande entre deux piles de gros draps brodés à ses initiales. Les aiguilles arrêtées indiquaient treize heures, l’heure habituelle de sa sieste. Ce jour-là, j’ai senti que la montre-oignon m’irritait les yeux. Je l’ai saisie avec précaution avec le pouce et l’index. Je l’ai tournée, pile, face, ai épluché quelques souvenirs, cligné des paupières pour rafraîchir la brûlure, puis je l’ai reposée dans son cocon avec un peu de mon eau pour qu’il en pousse d’autres.</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <em><strong>fil bleu des lèvres</strong></em> est à retrouver sur <a href="http://www.fut-il.net/2016/05/fil-bleu-des-levres-vasesco-francoise.html" target="_blank" rel="noopener"><strong>son blog FUT-IL</strong></a>.</h3>
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		<title>ne rien perdre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2016 10:36:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[chemin]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marlen Sauvage]]></category>
		<category><![CDATA[Ne rien perdre]]></category>
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					<description><![CDATA[Il va sans souci. Sans fatigue. Plus léger à l’heure fraîche. Il va, porte le vent. Glisse au flanc du versant. S’incurve, se resserre quand il faut, bientôt raidit sa pente pour entraîner vers le col. On va avec lui, on le suit — on lui fait confiance. On essaie de sentir tout ce qu’il &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ne-rien-perdre-vases-communicants-avril-2016/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« ne rien perdre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06.jpg" rel="attachment wp-att-461 lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-461" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-681x1024.jpg" alt="marlen06" width="488" height="734" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-681x1024.jpg 681w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-199x300.jpg 199w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-768x1155.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06.jpg 851w" sizes="auto, (max-width: 488px) 100vw, 488px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il va sans souci. Sans fatigue. Plus léger à l’heure fraîche. Il va, porte le vent. Glisse au flanc du versant. S’incurve, se resserre quand il faut, bientôt raidit sa pente pour entraîner vers le col.<br />
On va avec lui, on le suit — on lui fait confiance.<br />
On essaie de sentir tout ce qu’il y a dans l’instant de formes, de textures, de parfums, de murmures. On ne veut rien manquer. La couleur de l’air. Le ruiné du rocher. Le port des arbres rares. La sensation d’altitude. Et puis le dessin des crêtes contre le ciel, les nuages échevelés, la résonance de l’horizon. Le tressaillement des bêtes cachées. Toutes ces choses émanant du dehors proposées au cours de la marche, cette profusion d’événements minuscules engageant le regard et les autres sens, nous reconduisant dans le giron de la nature. Finalement nous procurant un sentiment de plénitude et d’amour sans réserve pour ce monde qui bouleverse.<br />
Sentiment qui gagne en nous. Pénètre.<span id="more-460"></span><br />
Et on regrette de ne pas voir humer toucher avec plus d’acuité. On regrette d’être ignorant : tant de variétés de plantes sauvages d’insectes d’oiseaux, tant de nuances de vert de bleu. On voudrait voir profond. On voudrait voir la sève circuler dans les tiges, la pluie glisser dans la terre, les cristaux se transformer dans la pierre. L’âme dans le corps s’émerveille. Surtout ne rien perdre.<br />
Qu’importe, on y va. On va dans la joie du paysage.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du tournant l’air surprend et coule sur le visage. On a les joues rouges. On devient chemin, rocher, bout de ciel. On froisse la tête des bruyères du plat de la main, si douce couleur — couleur d’invisibles baisers — tout en se hissant jusqu’au plateau aride, râpé par les courants puissants du vent.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie ©Marlen Sauvage<br />
Ce texte a été écrit dans le cadre des Vases communicants avril 2016 et publié sur le blog de Marlen Sauvage</em></p>
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