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	<title>enfance &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>enfance &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>la douceur des morts</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 07:56:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
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					<description><![CDATA[Je rentre d&#8217;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&#8217;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017) Lors de ce dernier voyage, j&#8217;ai revu l&#8217;escalierun escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&#8217;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-douceur-de-nos-morts/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« la douceur des morts »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);"><em>Je rentre d&rsquo;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&rsquo;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017)<br /></em></p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">Lors de ce dernier voyage, j&rsquo;ai revu l&rsquo;escalier<br />un escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&rsquo;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber — sans doute que le sol s&rsquo;était subitement dérobé sous mes pieds —<br />et j&rsquo;ai revu son visage de cendres<br />nettement</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">ce visage des derniers jours avant l&rsquo;enfouissement sous la terre alors qu&rsquo;il était couché sur le lit de glace dans la petite pièce sombre prévue pour les visites, avec de quoi s&rsquo;assoir confortablement mais pas trop, une tablette au chevet pour poser une bougie et une fleur dans un vase, un parfum de santal couvrant l&rsquo;odeur de dégradation des chairs qui déjà avait commencé et ne ferait que se poursuivre au cours des quelques jours d&rsquo;attente dans ce bâtiment prévu pour les morts et pour les vivants qui&nbsp; avaient l&rsquo;habitude de les côtoyer et ne pouvaient se détacher d&rsquo;eux aussi vite<br />donc peu de lumière, l&rsquo;exacte quantité qu&rsquo;on s&rsquo;accorde pour la prière et le recueillement<br />pourtant bien souvent les gens dérogeaient à la règle et parlaient assez fort, échangeant des nouvelles en dehors de ce qui venait d&rsquo;arriver et au-delà même du personnage qui les réunissait en ce lieu, des nouvelles du voisinage ou de la famille du côté de ma mère, des souvenirs aussi, pas mal de souvenirs</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage à lui indifférent désormais à ces affaires et ces rumeurs, apaisé finalement, tendu, grisâtre un peu comme un galet</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">à&nbsp; présent je l&rsquo;aperçois souvent</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">il existe à l&rsquo;intérieur de moi, et je l&rsquo;observe dans le détail pendant que tout est encore assez net — car j&rsquo;imagine que ça va finir par s&rsquo;estomper et que je vais enfin guérir de lui —<br />ses cheveux courts un peu en brosse parce qu&rsquo;ils venaient d&rsquo;être coupés — j&rsquo;étais présente lors de la dernière venue du coiffeur peu avant dans la cuisine —, et si doux au toucher, si doux ses cheveux de vieil homme, douceur qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à nos morts, la même douceur qui m&rsquo;avait un jour engendrée sans doute<br />et je pourrais décrire chaque centimètre carré de ses joues front paupières closes, mais ça n&rsquo;en dira pas beaucoup plus, car tout se tenait serré à l&rsquo;intérieur, étouffé, perché au-delà de la perception des hommes et des femmes rassemblés à tour de rôle autour de la dépouille, ce tout jadis déchaîné et brisé, ce tout défait et entêté qui l&rsquo;avait isolé des autres et l&rsquo;avait fait tenir longtemps dans la nuit noire et contre les assauts de la pluie auxquels rien ne résiste, ainsi j&rsquo;ai revu son visage au-delà de la texture des songes, celui que je suis seule à connaître parce qu&rsquo;il s&rsquo;est coulé dans mes sillons intimes — et de la même façon dans ceux de mon frère — comme pour se prolonger et transmettre le mieux qu&rsquo;il y avait à sauver, à nous mettre sous la dent quand nous étions en train de grandir</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage proche désormais d&rsquo;un dessin au crayon, d&rsquo;une esquisse à la craie blanche mêlée de sang sur un pan de calcite, sorte d&rsquo;enluminure primitive oubliée dans une cache, un repli de falaise ou d&rsquo;obscures catacombes</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">je n&rsquo;ai pas fait de photo sur son lit de glace&nbsp;— je me demande pourquoi —, sans doute parce que ce n&rsquo;est pas une chose convenable, pourtant j&rsquo;aurais dû afin de presser l&rsquo;image contre moi de mes deux mains tremblantes longtemps après son départ comme un livre rare capable d&#8217;empoigner, de raconter et donner un dernier tour de vis à l&rsquo;histoire qui sans lui n&rsquo;aurait jamais eu lieu</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">au bord du bassin, le lion qu&rsquo;il avait sculpté jadis à ses heures perdues, me regarde depuis son repos de pierre</p>



<div style="height:62px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="751" height="750" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" alt="" class="wp-image-1117" style="width:1185px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg 751w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-300x300.jpg 300w" sizes="(max-width: 751px) 100vw, 751px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size"><em>Texte et photographie (Lion, créature de mon père, 2015 ), Françoise Renaud, 15 juin 2017<br /></em></p>
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		<title>toujours la lumière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Oct 2024 10:02:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
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					<description><![CDATA[au pays de naissance, les émotions sont puissanteselles me remplissent, me rendent joyeuse d&#8217;être vivante, affûtent ma perception de l&#8217;airje suis animal qui respire saute de rocher en rocherainsi j&#8217;étais adolescente en quête de niches d&#8217;observation, des heures à l&#8217;affût du vent et de la maréel&#8217;image de l&#8217;île en face brumeuse, violette, invisible à certaines &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/lumieres/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« toujours la lumière »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center has-small-font-size">au pays de naissance, les émotions sont puissantes<br />elles me remplissent, me rendent joyeuse d&rsquo;être vivante, affûtent ma perception de l&rsquo;air<br />je suis animal qui respire saute de rocher en rocher<br />ainsi j&rsquo;étais adolescente en quête de niches d&rsquo;observation, des heures à l&rsquo;affût du vent et de la marée<br />l&rsquo;image de l&rsquo;île en face brumeuse, violette, invisible à certaines heures, s&rsquo;est incrustée dans mes yeux<br />ces vastes nuages, cette blancheur</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="618" height="824" data-id="5372" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_182637-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-5372" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_182637-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_182637-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_182637-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_182637-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="618" height="824" data-id="5391" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183333-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-5391" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183333-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183333-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183333-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183333-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="618" height="824" data-id="5392" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183411-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-5392" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183411-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183411-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183411-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183411-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="618" height="824" data-id="5393" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183200-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-5393" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183200-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183200-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183200-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/10/20240926_183200-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>
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<p class="has-text-align-center" style="font-size:12px"><em>Photographies Françoise Renaud, septembre 2024</em></p>



<p></p>
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		<title>fond du jardin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Sep 2022 06:41:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
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					<description><![CDATA[L’année de ses douze ans peut-être, loin en arrière, sorte de niche au sortir de l’enfance. En fait il y a plusieurs instants de même nature dont elle pourrait s’emparer et fouiller. L’un avec la grand-tante, l’autre avec le frère, l’autre avec les chiens, tous assemblés en cette même heure, durée d’une visite en ce &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/fond-du-jardin/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« fond du jardin »</span></a></p>]]></description>
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<p class="has-medium-font-size">L’année de ses douze ans peut-être, loin en arrière, sorte de niche au sortir de l’enfance. En fait il y a plusieurs instants de même nature dont elle pourrait s’emparer et fouiller. L’un avec la grand-tante, l’autre avec le frère, l’autre avec les chiens, tous assemblés en cette même heure, durée d’une visite en ce village où son père a été recueilli à la fin de la guerre. Le village se situe dans l’arrière-pays maritime fait de bocage, champs de pommiers et prés riches en herbe pour les gros animaux. Le père reconnaissant souhaite entretenir le lien avec ceux qui lui avaient proposé leur chambre à patates pour gîte et l’avaient nourri en des circonstances difficiles. Sans doute veut-il aussi donner à voir ses enfants, fille et garçon, qui grandissent si bien. De beaux enfants en somme.  </p>



<p class="has-medium-font-size">C’est en hiver, le jardin semble mort, les bâtiments de la ferme tassés et bien alignés le long du chemin. Elle aime les reconnaître dans l’instant où la voiture dépasse l’étang, bifurque à droite et se range sur le terre-plein. Tout de suite les chiens alertés se précipitent, leur lèchent les mains sitôt qu&rsquo;ils descendent. Les enfants n’ont que faire des adultes qui échangent des nouvelles un moment au jardin puis s’installent dans la cuisine pour partager une cerise à l’eau-de-vie ou un blanc sec — elle a déjà évoqué ces conversations autour de la table au bois noir griffé par l’usage et a déjà décrit les objets posés sur le buffet devant le miroir déformant. <em>Venez donc par ici, je vais vous donner un gâteau</em>. La tante qui vivra bien au-delà des cent ans, a la voix bourrue. Gentille. Sa face grimace, lèvres fendillées, poils au menton. Franchement elle n’aime pas trop l’embrasser, cette tante-là, elle n’aime pas l’odeur de son sarrau pas lavé. Mais ce regard affûté qu’elle a, comme l’œil noir d’une poule qui secoue la tête d’un bord sur l’autre. Mais cette pogne aussi qu’elle a, solide et intraitable pareille à un vérin de pressoir. <em>Mais oui vous pouvez en prendre deux. Allez mes petits ! Un dans la bouche, un dans la poche</em>. Ils se servent et repartent en courant vers le fond du jardin avec les chiens. Là, un drôle d’appentis entouré de broussailles. Porte déglinguée qui ne tient qu’avec un pauvre crochet. Curieux qu’ils ne l’aient jamais remarqué. Ils entrent, la porte se referme brusquement derrière eux à cause d’une rafale de vent, c’est sombre et sale et encombré. Dehors les chiens gémissent. Elle retient le bras de son frère. <em>On ne devrait pas, on va se faire gronder.</em> Pourtant elle ouvre grand les yeux, s’accroupit, il y a des craquements de planches et de tôle, pas de fenêtres sinon un trou dans le mur du fond, il fait froid, elle pose les mains sur les formes autour d’elle pour essayer de les reconnaître, cageots, meubles remisés, toiles d’araignée, vieux sacs de jute, elle ne sait plus où est son frère, ça sent le vieux, la fumée, le cafard, la pomme pourrie, le légume fermenté, toute la pénombre chargée d’histoires effrayantes. Un des chiens aboie dehors. Elle voudrait savoir pourquoi, elle voudrait les rejoindre. Hiver. Une forme a bougé dans le recoin contre le mur. Elle recule, porte la main vers sa poche où elle a rangé le biscuit.</p>
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		<title>confidence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 May 2022 16:41:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[avenir des clans]]></category>
		<category><![CDATA[dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
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					<description><![CDATA[Vous livrer ici un fragment de mon travail en chantier. Une sorte de dialogue sans mots entre guillemets, mais dialogue quand même. Alors que Waralin le survivant et Riks le jeune fomentent un projet important pour l&#8217;avenir des clans, l&#8217;enfant Doria les surprend et les observe. L&#8217;enfant Doria — fille de Mermel — a franchi &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/confidence/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« confidence »</span></a></p>]]></description>
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<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em>Vous livrer ici un fragment de mon travail en chantier. Une sorte de dialogue sans mots entre guillemets, mais dialogue quand même. </em></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em>Alors que Waralin le survivant et Riks le jeune fomentent un projet important pour l&rsquo;avenir des clans, l&rsquo;enfant Doria les surprend et les observe.</em></p>



<p class="has-drop-cap has-medium-font-size">L&rsquo;enfant Doria — fille de Mermel — a franchi les remparts, elle cherche des petites choses à enfiler pour faire des colliers, elle pense que sur le talus là-bas en marchant vers la forêt la neige sera moins épaisse et qu’elle y trouvera des graines enfouies, elle avance et soudain elle les voit, elle les reconnaît tout de suite même s’ils sont loin, Waralin le survivant et le jeune Riks, et comme elle a enfreint la règle imposée aux enfants de ne pas quitter seuls le camp, elle se cache, les observe, observe la silhouette de Waralin installée dans le traîneau — d’habitude si tassée renfrognée, contrainte par l&rsquo;infirmité — qui s’agite, danse des mains et des bras en même temps que le torse participe aux courants de l’air et que les épaules se tournent comme pour indiquer une direction, elle se dit que s’il bouge de cette façon désordonnée c’est qu’il est en train de parler et c’est forcément qu’il a quelque chose d’important à dire pour déployer les bras, les mettre en branle à ce point, elle le sait, elle le comprend, elle ne l’a jamais vu dans cet état ou alors en transe lorsqu’il racontait sa chute à flanc de glacier alors que tous étaient réunis dans la grande hutte en rondins de bouleau — elle n’a pas oublié le bleu cinglant presque surnaturel de ses yeux —, donc Waralin a quelque chose d’important à dire à Riks et ça concerne la survie et l’avenir des tribus, la possibilité d’un nouveau printemps avec la floraison des épineux, la prolifération des lapins et le retour des grands mammifères, elle imagine tout cela, le suce comme un petit fruit de prunelier, Riks plus jeune que Waralin est dressé de toute sa hauteur près du traîneau, il a l’air d’un géant mais ce qui frappe l’enfant Doria c’est le fait qu’il soit légèrement penché vers l’avant, et aussi son extrême immobilité, on dirait qu’il est entièrement concentré sur le visage de Waralin et qu’il se laisse uniquement toucher par l’air brassé par les mains — une sorte d’inversion des rôles dans ce moment de conversation, indice supplémentaire pour penser que les mots prononcés sont importants et de l’ordre de la confidence —, elle s’est rapprochée de la scène pour en être sûre, c’est alors que Riks prend les mains de Waralin dans les siennes, son visage paraît changé, un long moment ils se regardent comme partageant un même projet, un rêve de voyage, une pensée audacieuse et clandestine avec le temps qui s’accroche aux brumes et l’oiseau noir qui décrit des cercles au-dessus de leurs têtes et lance des cris scandant leur pacte, entre eux il se trame quelque chose, maintenant elle en est tout à fait sûre, ils échangent encore des mots en se tenant par le coude —&nbsp;des mots qu’elle n’entend pas&nbsp;— et tandis qu’ils lèvent d’un même mouvement leurs visages vers le ciel, l&rsquo;enfant Doria quitte sa cachette et se met à courir comme une folle en direction des remparts.&nbsp;</p>
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		<title>Tu cherches l&#8217;amour dans ses yeux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Aug 2021 13:29:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d&#039;écriture]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[frémissement]]></category>
		<category><![CDATA[soeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Une proposition d'atelier m'a reconduite vers cette enfant née six ans avant moi, qui est donc ma sœur et que je n'ai que peu connue... peut-être là les prémices de ce texte-récit-roman que je veux lui consacrer depuis longtemps... Tu es seule, assise par terre dans le jardin. Tu sembles manipuler un petit objet. Tes &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tu-cherches-lamour-dans-ses-yeux/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Tu cherches l&#8217;amour dans ses yeux »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse has-small-font-size"><em>Une proposition d'atelier m'a reconduite vers cette enfant née six ans avant moi, qui est donc ma sœur et que je n'ai que peu connue</em>... <em>peut-être là les prémices de ce texte-récit-roman que je veux lui consacrer depuis longtemps...</em></pre>



<p class="has-drop-cap">Tu es seule, assise par terre dans le jardin. Tu sembles manipuler un petit objet. Tes doigts sont un peu courts, maladroits, tu ne parviens pas à faire ce que tu voudrais mais tu ne t’énerves pas. Tu caresses l’objet, tu le lèches, tu le suces. Le temps n’existe pas pour toi en cet instant. Un monde familier t’entoure dans lequel tu as tes repères. Quand tu veux te redresser, tu pousses un cri rauque. Peut-être qu’on se demande où tu t’es cachée, alors ton cri rassure.</p>



<p>Tu as quelques jouets bien à toi, une espèce de poussette pour promener tes deux poupées. De récupération certainement. L’armature est rouillée par endroits et le tissu déchiré mais tes poupées sont contentes. Et tu vas ainsi avec ta poussette et tu sillonnes les allées du jardin. Tu leur montres les arbres et les herbes en émettant des sons joyeux qui ressemblent à des mots.</p>



<p>Tu n’as pas encore de vocabulaire et tu as du mal dans la prononciation de certaines syllabes. Tu comprends certainement tous les mots qu’on t’adresse mais toi tu ne peux pas les prononcer. Dans ton regard cette impuissance que tu reconnais et ressens comme part de toi, cette tristesse infinie.</p>



<p>Tu es prisonnière de ton corps incomplet, ou plutôt déformé, hors normes à cause d’une malformation congénitale — une chose qu’on n’a pas envisagée tout de suite. À un moment donné de ton développement, tu sais que tu es différente des autres et tu en souffres. Tu vois les enfants qui s’amusent et participent à la joie du groupe. Tu te sens seule dans ta peau trop blanche et tes yeux trop plissés. Tu te réfugies dans les parages de ta mère qui veille beaucoup sur toi.</p>



<span id="more-3248"></span>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Ah cette langue qui sort de ta bouche et que tu ne peux maîtriser. Rentre ta langue, dit maman. Un acte difficile à cause de la laxité ligamentaire de tes muscles. Tu ne veux pourtant pas la décevoir. Tu t’appliques à le faire. Tu cherches l’amour dans ses yeux à elle pour le faire plus longtemps, pour tenir encore. Elle te prend dans ses bras et te serre contre elle.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Tu te tiens aux aguets près de la porte de la cuisine, tu sais qu’il va rentrer bientôt. Tu as posé ses chaussons à côté de la cuisinière à bois. C’est l’hiver, le jardin est nu, les arbres figés. Tous les soirs d’hiver tu le fais pour lui. Tu l’attends près de la porte. Quand il franchit le seuil, tu t’avances et tu lui tends ses pantoufles tiédies par la proximité du feu, tu es si heureuse d’avoir inventé ce geste d’accueil, tu veux tellement lui faire plaisir. Il les prend, hoche la tête. Il préfère quand tu restes dans la maison, il ne supporte pas le regard des gens sur toi. Trop dur pour lui, tu sais.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Tu es sur la photo dans les bras de ton père, tu lui tiens le cou dans un geste émouvant. Il a plié ses genoux et t’a déposée les pieds dans l’eau. C’est marée basse, foule de petites mares se sont réchauffées au soleil. C’est bon pour toi les bains de mer, le docteur l’a dit plusieurs fois. Alors ils t’emmènent souvent à la plage, dès qu’ils le peuvent, dès que ton père a du temps, le dimanche surtout. Il arrose tes jambes gentiment, il réajuste ton chapeau blanc, te donne un petit seau pour y déposer des bigorneaux et des coquillages. Il le fait avec toi. Il n’a jamais été rude, presque doux dans l’approche de ton corps fragile. Pour une fois il oublie le monde autour.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Mais qui es-tu, petite fille, petite sœur&nbsp;? Qui es-tu pour détenir tant de bonté en toi et développer tant de clairvoyance&nbsp;? Tu ne peux imaginer ce qu’est le monde en vérité. Si tous les êtres étaient aussi bons que toi, la vie sur terre serait infiniment plus douce. C’est un dimanche matin. Tu manipules des cubes en bois, tu n’y parviens pas bien, on veut t’apporter de l’aide mais tu refuses. Tu dis&nbsp;: «&nbsp;ma sœur, elle sait&nbsp;». Tu préfères te reposer sur cette fillette haute comme trois pommes qui tient à peine sur ses jambes et ne peut encore se souvenir. Tu as totale confiance en elle. Elle est ta sœur, elle est ton trésor.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Tu es dans le lit blanc. Ton visage est gonflé, tes yeux humides presque fermés. Tu as mal à tes jambes. Maman te pose des compresses chaudes pour calmer le mal, tu t’agites, elle caresse ton front, tu gémis, elle te fait boire un peu d’eau. Il n’y a pas de remède, elle le sait, pourtant elle espère et elle tiendra jusqu’au dernier jour, jusqu’à ton dernier soupir. La tempête est violente. Tu lui souris, tu tends les bras pour attraper son cou. Un long moment dans cette tension. Tu gémis à nouveau. Tu as si mal. Elle fait tout ce qu’elle peut, elle s’acharne, elle s’ingénie à trouver des méthodes pour te soulager. Elle ne dit pas «&nbsp;Je t’aime&nbsp;», elle ne sait pas le dire mais tu le ressens, tu le comprends. C’est exactement ça qu’elle devrait dire, c’est si fort entre vous et ça prendrait toute la place si elle le disait. Elle sait pourtant que tu n’as plus beaucoup de jours. Enfin tu t’endors. Elle reste là, assise tout près. Souvent elle te tient la main, caresse ton front.  Tu respires par saccades. Tu respires.</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>Photographie : Marée basse, côte de Jade, F Renaud</em></p>
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		<title>récit de l&#8217;ouest sauvage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2020 14:06:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[mer]]></category>
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		<category><![CDATA[coffret]]></category>
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		<category><![CDATA[pêche]]></category>
		<category><![CDATA[port Atlantique]]></category>
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					<description><![CDATA[à chaque retour au bord de la mer dans la maison d&#8217;enfance, je trouve le moyen de grimper au grenier &#8212;  quand nous étions enfants c&#8217;était un vrai grenier, transformé depuis, du moins en partie &#8212; et je revisionne des phases de vie, des événements qui avaient marqué la famille, des moments d&#8217;adolescence, des jours &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/histoire-de-louest/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« récit de l&#8217;ouest sauvage »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">à chaque retour au bord de la mer dans la maison d&rsquo;enfance, je trouve le moyen de grimper au grenier &#8212;  quand nous étions enfants c&rsquo;était un vrai grenier, transformé depuis, du moins en partie &#8212; et je revisionne des phases de vie, des événements qui avaient marqué la famille, des moments d&rsquo;adolescence, des jours de solitude et même certaines heures de jeu avec mes cousines, je retrouve des courriers ficelés avec des écritures connues, je m&#8217;empare de livres écornés et fouille le fond des placards comme si j&rsquo;allais y dénicher quelque objet insolite, vêtement ou jeu de sept familles s&rsquo;attachant à d&rsquo;insoupçonnables souvenirs, et cette fois c&rsquo;est un coffret en bois au décor bien modeste qui retient mon attention : modeste mais quand même, joli format carré, teinte sombre, dessin gravé sur le couvercle puis peint de façon élégante si bien qu&rsquo;il paraît presque presque fondu dans le bois sauf le col blanc du personnage qui contraste avec le fond, et aussi le mot de six lettres inscrit en bas et un peu en travers apposé telle une signature et venant préciser le nom du port de pêche de Loire-Atlantique où je suis née et où s&rsquo;est déroulée mon enfance, objet proposé au tourisme balbutiant dans l&rsquo;immédiat après-guerre dans les boutiques à souvenirs installées sur le môle</p>
<p style="text-align: justify;">le personnage : homme jeune croqué en plan américain avec costume et chapeau qu&rsquo;on identifie tout de suite comme bretons en dépit du croquis plutôt rustique, joli port de tête, sourire doux, regard tourné sur le côté comme s&rsquo;il regardait quelque chose d&rsquo;agréable, quant à la veste elle est vert sombre et propose plusieurs revers avec, juste en-dessous, un plastron en tissu rouge</p>
<p style="text-align: justify;">le coffret a été acheté en 1946, ma petite mère avait alors dix-sept ans</p>
<p style="text-align: justify;">elle me le dit sans même prendre un instant pour rechercher la date exacte quand je lui montre l&rsquo;objet, elle s&rsquo;en souvient très bien, c&rsquo;était lors d&rsquo;un voyage de jeunes filles organisé par une commune de l&rsquo;arrière-pays où elle passait sa première année en tant que maîtresse d&rsquo;école et toutes étaient allées à la mer pour une joyeuse partie de pêche, ce qui ne lui avait pas spécialement plu à elle, enfin le fait d&rsquo;être entre jeunes filles oui peut-être, mais le fait de marcher dans l&rsquo;eau froide et de fouiller la vase avec la main ou un outil, ça pas tellement &#8212; non franchement la pêche ne serait pas quelque chose dont elle pourrait raffoler un jour &#8211;, en fait elle ne se doutait pas que de proches événements allaient la ramener en ce lieu de mer et qu&rsquo;elle y passerait une très large part de sa vie, y aurait des enfants, y vivrait des bonheurs et des chagrins, y résiderait encore en son grand âge et visiterait ses morts enterrés de plus en plus nombreux dans le grand champ de sable ceinturé de vieux murs, enfin voilà ce qu&rsquo;elle me dit maintenant que je suis devant elle, coffret entre les mains, affirmant que si elle n&rsquo;avait pas eu de goût pour la pêche ou la baignade &#8212; il est vrai qu&rsquo;elle ne possédait pas de costume pour cela &#8211;, elle avait apprécié en revanche la balade sur le port, les oiseaux qui criaient, les bateaux amarrés où s&rsquo;affairaient des hommes aux mains puissantes, et c&rsquo;est en cette occasion qu&rsquo;elle avait acheté la boîte en bois, boîte à trésors que j&rsquo;ai tout de suite rangée dans mon bagage, elle m&rsquo;a affirmé que je pouvais, qu&rsquo;elle serait mieux chez moi que dans un placard du grenier et en plus si ça me faisait plaisir, alors c&rsquo;était parfait, cette même boîte désormais posée à ma droite sur le bureau où je travaille, me rappelant au fait qu&rsquo;une grande part de mémoire est forcément perdue, effacée, à un moment donné inaccessible</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-2898 aligncenter" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/09/montbeau4_mai2012-618x824.jpg" alt="" width="618" height="824" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/09/montbeau4_mai2012-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/09/montbeau4_mai2012-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/09/montbeau4_mai2012-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/09/montbeau4_mai2012-1152x1536.jpg 1152w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/09/montbeau4_mai2012-scaled.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/09/montbeau4_mai2012-1200x1600.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></p>
<p style="font-size: 13px; text-align: center;"><em>Photographies : Côte de Jade  &#8211; Françoise Renaud</em></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>pousser la langue #06 &#124; corps vents fenêtres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Aug 2019 08:27:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'été 2019]]></category>
		<category><![CDATA[corps vents fenêtres]]></category>
		<category><![CDATA[fenêtres]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
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					<description><![CDATA[Une proposition de naviguer de fenêtre en fenêtre jusqu&#8217;à entremêler différentes époques de notre vie, à les révéler&#8230; et sans ponctuation&#8230; Le Tiers livre ici &#160; Elle levait les yeux pour la voir elle le faisait souvent pour attraper la lumière du dehors et les nuages qui semblaient faire partie du verre elle pensait à &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/pousser-la-langue-06-il-elle-fenetre/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« pousser la langue #06 &#124; corps vents fenêtres »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left; font-size: 16px;"><span style="color: #228585;"><em>Une proposition de naviguer de fenêtre en fenêtre jusqu&rsquo;à entremêler différentes époques de notre vie, à les révéler&#8230; et sans ponctuation&#8230; </em></span><a href="http://www.tierslivre.net/ateliers/proposition-04-affinite-pour-la-description/">Le Tiers livre ici</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Elle levait les yeux pour la voir elle le faisait souvent pour attraper la lumière du dehors et les nuages qui semblaient faire partie du verre elle pensait à la suite très loin dans le futur elle pensait à d’autres lieux qu’elle habiterait d’autres fenêtres comme celle de la cuisine de la rue Pouget grande avec volets verts donnant sur des jardins de faubourg celui d’en face reconnaissable au bananier qui revenait chaque année toujours aussi dépenaillé à cause des vents forts ou celle encore qu’elle avait contemplée trente ans plus tard allongée dans un lit blanc de chambre aseptisée genre de fenêtre-mur à volet roulant bruyant à manipuler en fait c’était il n’y a pas longtemps nuit sans dormir avec douleur intense canicule sur la ville et traces de sable sur la paroi rappelant des coulures de larmes sur un visage tout ça intimement imbriqué avec irisations de lumière électrique et sirènes d’ambulance rêves pensées reflets fusionnés le matin très tôt avec le soleil émergeant au-dessus des petites montagnes tout change si vite dans la minuscule ouverture de la vieille maison bordée de toiles d’araignée cadre en bois et verre datant de quelques décennies sans doute car épais et légèrement trouble ce qui la reconduit à ce haut vitrage vers lequel elle levait souvent les yeux composé d’éléments 30 x 30 ce doit être à peu près ça mais ça n’a pas d’importance cahier d’enfance posé sous le coude et encrier avec le printemps chassant l’hiver et toutes les odeurs de poêle à mesure que le soleil gagnait du terrain et grimpait contre l’épaulement de la fenêtre parfois pluies intenses à cause de la proximité de la mer et violentes bourrasques qui faisaient vibrer aussi les carreaux de la cuisine avec rideau en dentelle blanche largement repoussé afin d’observer les mouvements à l’entour elle fenêtres maisons habitées par les corps les vents les arbres et les villes elle pensait rêvait de la haute fenêtre de la salle de classe regardait les lumières regarde les reflets des différents mondes traversés absorbés par les épaules les cheveux elle ne sait rien du temps qui prend la peau surprenant parfois dans le cadre quelque reflet de sa propre silhouette.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photo <a href="https://unsplash.com/@eiskonen?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText">Hans Eiskonen</a> </em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>en 4000 mots #3 &#124; quand Kafka s&#8217;amuse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Jan 2019 14:53:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'hiver 2018]]></category>
		<category><![CDATA[construction d'une nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Kafka]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[quand Kafka s'amuse]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #3,  renversements et variations sur un thème (inspiré du « Prométhée » de Kafka) Qui s’inquiète aujourd’hui de l’enfant de Marie-Jeanne Louërat, fille de notables durement mise à l’écart et même reniée pour s’être laissée tenter par le diable ? &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-3-quand-kafka-samuse/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #3 &#124; quand Kafka s&#8217;amuse »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#<em>3,  renversements et variations sur un thème (inspiré du « Prométhée » de Kafka)</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1866" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="560" height="560" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/12/P1020960_carré.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;">Qui s’inquiète aujourd’hui de l’enfant de Marie-Jeanne Louërat, fille de notables durement mise à l’écart et même reniée pour s’être laissée tenter par le diable ? Différentes versions ont traversé des années de guerre où l’ordre des familles était bouleversé par l’absence des hommes, les esprits affectés par le manque et les annonces de décès.</p>
<p style="text-align: justify;">La première nous est proposée dans un mot griffonné par le frère aîné combattant sur le front de l’Est en réponse à une lettre d’Yvonne, la troisième des sœurs. Il semblait répéter la nouvelle : l’enfant n’avait même pas crié, bleu au sortir du ventre, ainsi l’affaire était réglée (et il avait souligné ces trois mots). Il semblait satisfait. On comprend là que cette grossesse était une honte pour la famille.<span id="more-1864"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Selon la deuxième, paroles d’une des femmes qui auraient assisté à l’accouchement, la naissance aurait été plus difficile que prévu. L’enfant se présentant par le siège, il aurait fallu anesthésier la mère, la déchirer pour sortir le bébé, et il y aurait eu des complications. Le petit aurait cruellement manqué d’oxygène, ce qui était pire que la mort puisqu’il n’aurait pas pu connaître un développement normal, alors on l’aurait écarté tout comme sa mère ou abandonné à un fermier en bordure du pays. Il serait devenu ce garçon fêlé qu’on surnommait Folop, qui gardait les bêtes aux champs, posait des pièges, torturait les oiseaux et effrayait les gens.</p>
<p style="text-align: justify;">Une troisième version nous est suggérée à travers une mèche de cheveux retrouvée dans une boîte en fer avec des photos et des cartes postales, mèche courte et soyeuse du même blanc-blond qu’un ventre de chardonneret. Couleur parlant d’elle-même, laissant penser que le géniteur était étranger puisque les hommes du coin étaient tous noirauds de poil et de peau &#8212; un homme donc du camp ennemi &#8211;, laissant imaginer aussi le sentiment coupable de celle qui avait coupé la mèche et l’avait conservée telle une relique – une femme forcément : Marie-Jeanne elle-même ou alors Yvonne ou leur mère. Enfant mort avant de naître ou juste après, là rien n’est clair.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais n’avait-il jamais profité du jour, cet enfant-là, fruit d’amours interdites, n’avait-il jamais ressenti la lumière qui rentrait par la lucarne et venait jouer sur sa figure, tout petit d&rsquo;homme ballotté par les circonstances et les vents mauvais ? Bien sûr que si. Et peu importait la durée de sa vie à lui et de sa vie à elle. Ainsi la quatrième version proposerait de s’en tenir au lien de chair inaltérable entre mère et enfant, à cette joie qu’elle avait éprouvée à le serrer à peine sorti des limbes envers et contre toutes les lois de la famille et les rigidités de la société, et quand bien même pour quelques poignées de secondes dans une chambre sombre et froide.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>En dire un peu plus sur la proposition d&rsquo;atelier : « on est encore dans le travail préparatoire, le rapport qu’on a avec l’instant où ça s’écrit, la structure, qu’est ce qui va se jouer dans l’espace clos du récit ?&#8230; . »<br />
</em></p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)</em><br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></p>
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		<title>tout un été d&#8217;écriture #22 &#124;  première cuisine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Aug 2018 08:44:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[tout un été d'écriture 2018]]></category>
		<category><![CDATA[construire une ville avec des mots]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[première cuisine]]></category>
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					<description><![CDATA[Sans doute que l’entrée dans la pièce depuis le jardin se faisait par un petit escalier mal fichu – modifié par la suite. Une pièce où tout aurait dû être pensé pour ce soit pratique, en fait seulement conçue au fur et à mesure de l’évolution des besoins et de l’agrandissement de la famille, en &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tout-un-ete-decriture-22-premiere-cuisine/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« tout un été d&#8217;écriture #22 &#124;  première cuisine »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-medium-font-size">Sans doute que l’entrée dans la pièce depuis le jardin se faisait par un petit escalier mal fichu – modifié par la suite. Une pièce où tout aurait dû être pensé pour ce soit pratique, en fait seulement conçue au fur et à mesure de l’évolution des besoins et de l’agrandissement de la famille, en quelque sorte bricolée. Contre le mur de gauche, évier blanc à deux bacs avec bouchon séparé de son cordon métallique traînant à côté de l’éponge bonne à jeter, du tampon Gex à décrasser le cul des marmites et d’un pain de savon à tout faire. Mais sans doute qu’en ce début des années soixante, il ne s’agissait que d’une cuvette en pierre sans eau chaude avec évacuation directe vers la buanderie située niveau jardin (l’image est assez floue, incertaine). Et sans doute que le plan de travail carrelé en 12 x 12 blanc (tout ce qu’il y a de plus basique avec joints en ciment) n’était qu’un rajout en bois &#8212; étagère ou petit meuble de récupération &#8212; inséré entre l’évier sommaire et la cuisinière à charbon (dite à feu continu) qui servait à chauffer la maison et à cuire la soupe. Aussi à conserver les briques chaudes à emporter le soir dans une feuille de papier journal pour réchauffer le lit quand l’hiver était rude. Table au milieu toute simple, en bois, sans tiroirs avec nappe en toile cirée (à carreaux écossais). Suffisante pour rassembler quatre personnes et un bébé sur la chaise haute avec boulier pour qu’il s’amuse tandis qu’on le fait manger, un peu plus tard pour quatre personnes seulement &#8212; dont le bébé. Une chaise était retirée contre le mur toujours à la même place (marque horizontale sur le mur à hauteur du dossier comme si la surface du mur avait été grattée), une place spéciale pour une personne spéciale &#8212; sûrement le chef de famille. Donc chaise en bois, avec assise ornée comme les autres de petits trous organisés en deux cercles concentriques. Contre le mur de droite : placards en enfilade, calendrier des Postes accroché à un clou, tablette avec récepteur radio (plutôt neuf), quelques courriers empilés, des journaux du coin à titrages rouges, un fatras de clés, deux cachets d’Aspro dans leur emballage rose, une maquette en métal du paquebot Normandie, une photo d’enfants jeunes assis devant la maison et un portrait du général De Gaulle découpé dans la presse. Tout en-dessous, une chemise en carton gris avec des articles relatifs à la libération de la poche de Saint-Nazaire. Le sol : propre, récemment carrelé. Formats 10 x 10 (petits comparés à ceux d’aujourd’hui), de trois ou quatre motifs différents : crème uni, rouge brun uni, gris granité et jaune granité &#8212; ce qui donnait un effet mosaïque pas vilain et les enfants pouvaient jouer par terre (mieux que la terre battue des cuisines de ferme ou le ciment brut). Une statue de vierge quelque part, c’est sûr, à côté de la radio, et un crucifix avec brin de romarin consacré aux derniers Rameaux.</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-right" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em> textes écrits dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;été 2018 Tiers Livre<strong><a href="http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article210"> « Construire une ville avec des mots »</a></strong></em><br /><em><strong><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 15px; color: #993366;">La proposition d&rsquo;écriture (toujours en 20 minutes) / #22 : <i>absolument nécessaire avoir fait la 21 avant celle-ci : ce qu’on a fait au présent, et sur le réel qui vous environne immédiatement, on applique le même principe de construction et détail discontinu pioché dans la mémoire : votre première cuisine&#8230; votre première table à écrire ?&#8230;</i><br /></span></span></strong></em></p>



<p class="has-text-align-right" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em>Photographie Françoise Renaud, 2018<br /></em></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" width="1359" height="1359" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4.jpg" alt="" class="wp-image-1692" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4.jpg 1359w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/08/cuisineNB4-1200x1200.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1359px) 100vw, 1359px" /></a></figure>
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		<title>un an déjà</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Feb 2018 17:00:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a tout juste un an, les choses avaient basculé, brusquement les choses avaient basculé, je veux dire que plus rien n&#8217;avait été tout à fait pareil, un changement d&#8217;un jour à l&#8217;autre, et presque d&#8217;une seconde à l&#8217;autre, un corps qu&#8217;on connaissait depuis longtemps avait perdu la possibilité de crier ou de murmurer, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/un-an-deja/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« un an déjà »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1343" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1-1024x1024.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/02/mains_papa1.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a tout juste un an, les choses avaient basculé,<br />
brusquement les choses avaient basculé, je veux dire que plus rien n&rsquo;avait été tout à fait pareil, un changement d&rsquo;un jour à l&rsquo;autre, et presque d&rsquo;une seconde à l&rsquo;autre, un corps qu&rsquo;on connaissait depuis longtemps avait perdu la possibilité de crier ou de murmurer, un corps s&rsquo;était absenté, vidé de son souffle, d&rsquo;une seconde à l&rsquo;autre un corps était passé sur l&rsquo;autre versant, derrière cette frontière lumineuse d&rsquo;où l&rsquo;on ne revient jamais,<br />
et ce corps était celui de mon père.</p>
<p style="text-align: justify;">Son ombre est restée dans la maison de Bretagne — encore aujourd&rsquo;hui — du côté du fauteuil où il s&rsquo;asseyait, du lit où il dormait, de la place à table qu&rsquo;il occupait, une ombre géante et puissante qu&rsquo;aucune personne étrangère n&rsquo;aurait pu percevoir, invisible mais toute puissante, et aussi l&rsquo;odeur de son bleu de travail imprégnée dans le coussin et le dossier du siège qui lui était réservé — terre, paille, cendre, sève d&rsquo;osier, limaille, sciure de bois, laine mouillée —, odeur à laquelle s&rsquo;était mêlée celle du chien dont il s&rsquo;était épris et occupé comme un tout petit enfant, et le chien le lui avait rendu comme nulle autre créature, odeur que j&rsquo;ai bien connue dans sa 2CV les lundis avant l&rsquo;aube quand il me conduisait à l&rsquo;arrêt du car pour gagner l&rsquo;internat à la ville, une sorte de souvenir sensuel parfait qui me reliait durant toute la semaine à la famille et à la maison, même si j&rsquo;avais un peu honte de venir de la campagne et de porter des chaussettes tricotées (détail qui ne passait pas inaperçu dans cet établissement fréquenté par des filles de la haute qui m&rsquo;avaient reléguée d&#8217;emblée au rang d&rsquo;élève de peu d&rsquo;intérêt mais je m&rsquo;étais durci le cœur pour ne pas en souffrir).<br />
Je me revois d&rsquo;ailleurs à cette époque, si jeune et volontaire, pleurant mon père et ma mère le soir en secret dans mon oreiller, alors que les lumières du dortoir avaient été éteintes et que la solitude étreignait ma poitrine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;ombre de mon père plane sur ce territoire insondable et ombreux de ma mémoire à cause du temps qui terrasse, à cause de tout ce qui s&rsquo;est échangé des regards et de ce qui s&rsquo;est accumulé des non-dits pendant des décennies — il a tout de même vécu très vieux et on aurait pu espérer un relâchement de la tension, un aveu, un signe d&rsquo;amour de mortel, quelque chose. La certitude de savoir que tout avait été entrepris de mon côté (et aussi du côté de mon frère) pour infiltrer suffisamment de tendresse dans le lien qui nous unissait, m&rsquo;étreint alors que son image pâlit sous l&rsquo;assaut de l&rsquo;hiver tout comme les fleurs déposées sur la pierre dans le cimetière de Sainte Marie. Au fond cet homme était bien meilleur qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait laissé paraître mais il avait refusé d&rsquo;avancer en pays inconnu et il s&rsquo;était contenté d&rsquo;assommer ceux qui acceptaient de l&rsquo;écouter, avec le récit réchauffé de ses actes soi-disant héroïques. Sans doute qu&rsquo;il avait commencé à mourir au moment où il avait rétréci son regard à son seul espace et à sa seule souffrance, lentement, s&rsquo;étouffant sans que personne ne pût lui venir en aide sous son masque de douleur.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques jours, quelques heures, une seconde encore puis une autre, le souffle s&rsquo;était arrêté. C&rsquo;était pleine nuit. Alors son corps physique en voie de refroidir dans la chambre funéraire était devenu pour la première fois accessible à mes mains et à mon chagrin suite à mon dernier long voyage vers lui. Ainsi l&rsquo;aimer encore aujourd&rsquo;hui, un an plus tard, malgré lui, malgré tout, en dépit de la décomposition de la chair.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 15px;"><em>Photographie : Françoise Renaud, 2016</em></p>
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		<title>viens donc là, tout près</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Oct 2017 16:35:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
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					<description><![CDATA[Viens donc, là, tout près. Approche. Viens te blottir dans ce coin sous mon aile, contre mon flanc tiède. Viens, approche, ne crains rien. Tu pourras y pleurer, renifler tout ton compte, y demeurer le temps que tu voudras. Tu sentiras se mêler les palpitations de mon cœur et du tien, tes sanglots et tous &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/viens-donc-la-tout-pres/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« viens donc là, tout près »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1234" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog-1024x1024.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog-768x767.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog-1200x1199.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/10/Chine_Hong_Kong_Octobre_2017-blog.jpg 1333w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Viens donc, là, tout près. Approche. Viens te blottir dans ce coin sous mon aile, contre mon flanc tiède. Viens, approche, ne crains rien. Tu pourras y pleurer, renifler tout ton compte, y demeurer le temps que tu voudras. Tu sentiras se mêler les palpitations de mon cœur et du tien, tes sanglots et tous les intervalles de silence qui résonneront entre les spasmes, occupant progressivement toute la place. Tu recevras mes caresses sur le rond de ta tête. Mes doigts voudront t’enlever le gros du chagrin venu t’envahir , chagrin surgi on ne sait d’où ni pourquoi, à ce moment-là justement alors que tu étais en train d’évoquer un moment pénible, oui c’est vrai, assez pénible mais finalement pas tant que ça puisqu’il semblait avoir glissé dans ta vie sans faire trop de vagues, douleur provisoire suite à ce passage inattendu sur le billard dont tu semblais t’être remise, douleur pour une part éloignée. Et puis soudain les larmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Douces, par petites saccades.</p>
<p style="text-align: justify;">Expression d’un regret, d’une angoisse, d’une culpabilité ? Impossible de le savoir comme ça, sur le moment, parce que ça arrivait sans le moindre signe avant-coureur et ça prenait au dépourvu celui qui était là — en l’occurrence moi — en train d’écouter le récit que tu faisais de ton expérience récente, <span id="more-1220"></span>détaillant les circonstances et décrivant les gens concernés de près ou de loin, par exemple ceux qui t’avaient prise en charge à l’hôpital, si attentifs et professionnels d’après ce que tu disais, ceux qui t’avaient gratté la paroi du cœur pour extirper de ton muscle les cellules récalcitrantes, ça n’était pas rien tout de même, tout ça concernait un organe nécessaire pour continuer à vivre. Et c’est à partir de là, du mot <em>vivre</em>, que ta parole avait changé. Alors cette phrase énoncée avec simplicité qui avait servi de transition, quelque chose comme : eh bien je suis entrée au bloc le jour où Sam, lui, sortait de trois semaines de réanimation.</p>
<p style="text-align: justify;">Je m’étais toujours un peu emmêlé les pinceaux dans les prénoms de tes multiples frères et sœurs et divers descendants si bien que je n’ai pas compris tout de suite de qui tu parlais et ce que ça voulait dire. En gros Sam était jeune, lui, — l’un des deux fils d’une de tes sœurs cadettes —, et ça n’était pas juste ce qui leur arrivait. D’abord à Sam, puisqu’il était atteint d’une maladie qui touchait les nerfs et le privait progressivement de ses mouvements, autant dire qu’il était sur le raide de la pente. Et à elle aussi, sa mère, puisque ses deux fils étaient touchés par le même mal. Aussi soudain, à dire ces mots à propos de Sam prêt à souffrir pour vivre encore grâce à l&rsquo;implantation d&rsquo;un système respiratoire de fortune, l’évidence t’avait sauté au visage à propos de cette situation intolérable — comme un froid entré par une fenêtre ouverte, une bourrasque particulièrement violente — et tu t’étais demandé comment ta sœur faisait pour tenir. Elle était drôlement forte, tu insistais. Alors un frisson t’avait traversée, t’interrogeant sur ta capacité à la réconforter quand tu la rencontrais, à  lui communiquer suffisamment de courage pour continuer. Ou alors regrettais-tu de t’être épanchée autant sur ce qui venait de t’arriver puisque tout compte fait tu étais à nouveau capable de fonctionner au quotidien peu après l&rsquo;intervention, tu n’avais besoin de personne et bientôt tu pourrais remarcher en montagne. Ce n&rsquo;était pas si grave. Alors que Sam, oui, c&rsquo;était grave. Sam voulait vivre encore, c’est ce que tu répétais. Et tout ça t’avait sauté au visage, alimentant une marée de larmes surgies de l’intérieur de ton corps, fatigué forcément, sensible, échappant à ton contrôle.</p>
<p style="text-align: justify;">Naturellement j’étais bouleversée, je découvrais à travers cette scène une fracture jamais soupçonnée chez toi, du moins en cet endroit-là, comme noyée dissimulée à cause de la complexité de l’histoire personnelle, en tout cas à mes yeux demeurée secrète. Ce déraillement dans ta voix. J’avais senti ton envie de te replier, de te refuser à toute forme de compassion ou de sollicitude.</p>
<p style="text-align: justify;">Allons, tout doux, tout doux. Voilà. Laisse-toi faire, viens tout près. Laisse le flot rouler en toi, regarde chaque émotion bien en face. Plus tard des mots viendront.<br />
Car les mots agissent sur nous, on le sait bien, toi et moi. Pour l’instant approche et viens dans le creux doux de mon bras pour sentir la vigueur du contact et la subtilité de l’instant unique qui passe et ne revient jamais.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 12px;"> texte écrit le 10 octobre 2017<br />
<em>Photographie : Hong Kong, ©Charlotte Renaud, octobre 2017</em></p>
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		<title>lieux occupés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Feb 2017 14:26:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[Françoise Renaud]]></category>
		<category><![CDATA[Retrouver le goût des fleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvia Bahri]]></category>
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					<description><![CDATA[Certains lieux comptent plus que d’autres au cours d&#8217;une vie d’homme. La maison d&#8217;enfance par exemple. Peu importe son aspect ou la nature de son jardin. Avec ou sans cabanon. Borné de grillage ou de haies. C&#8217;est là qu’une certaine géographie du paysage a commencé à s’inscrire dans le corps et dans la mémoire. Une &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/1015-2/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« lieux occupés »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/10437618_10153434740233810_4264028173952359536_n.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1016" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/10437618_10153434740233810_4264028173952359536_n.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/10437618_10153434740233810_4264028173952359536_n.jpg 640w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/10437618_10153434740233810_4264028173952359536_n-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/10437618_10153434740233810_4264028173952359536_n-300x300.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Certains lieux comptent plus que d’autres au cours d&rsquo;une vie d’homme. La maison d&rsquo;enfance par exemple. Peu importe son aspect ou la nature de son jardin. Avec ou sans cabanon. Borné de grillage ou de haies. C&rsquo;est là qu’une certaine géographie du paysage a commencé à s’inscrire dans le corps et dans la mémoire.<br />
Une nourriture qui serait venue par le dehors.<br />
Par la nature de l’air.<br />
Par la pierre des murets, les arbres au voisinage, le ciel dans tous ses états par-dessus les toitures. Par les herbes poussées au hasard des recoins dans une once de terreau gorgée de graines en sommeil. Par la nature des lumières diffusées à travers les rideaux. Les coloris, les transparences, les sons provenant de la rue, les vents faufilés par la cheminée en hiver, les orages d’août. Rien ne se serait construit pareillement de nous sans ces éléments nécessaires pour grandir, sans ces gris ces bleus, sans ces palettes de couleurs, ces murmures et fracas qu&rsquo;on mémorise avec une surprenante précision quand on est haut comme trois pommes, que tout semble crier fort autour de nous et qu&rsquo;on parcourt indéfiniment le jardin, en courant ou rampant. Jardin pareil à un espace immense, à un alpage. Aussi forcément les odeurs attachées aux saisons, aux activités de la famille et aux périodes de fête.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi les lieux occupés s’inscrivent dans l’itinéraire personnel. Appartements, maisons. Ils laissent empreinte quels que soient la durée d’occupation, la forme des fenêtres, la tapisserie, la lumière, l’ambiance, les bruits divers. Tels différents tableaux de notre galerie intime.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 17px;"><em>Extrait du roman de Françoise Renaud &lsquo; Retrouver le goût des fleurs&rsquo;, à paraître en 2017</em><br />
<em> Photographie ©Sylvia Bahri</em></p>
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		<title>lettre à mon père</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Feb 2017 12:37:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>
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					<description><![CDATA[Cher petit papa, Voici la dernière lettre que je t’écris pour t’accompagner dans ton voyage au-delà des frontières. Les souvenirs affluent en moi, déjà. Ils me poignardent, en même temps secouent la vie et l’amour que j’ai toujours eu pour toi. Je me souviens. Je me souviens de la fête au village. Nous glissions en &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/lettre-a-mon-pere/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« lettre à mon père »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/07-p7.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1009" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/07-p7-768x1024.jpg" alt="" width="494" height="658" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/07-p7-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/07-p7-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/02/07-p7.jpg 1000w" sizes="auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Cher petit papa,</p>
<p style="text-align: justify;">Voici la dernière lettre que je t’écris pour t’accompagner dans ton voyage au-delà des frontières. Les souvenirs affluent en moi, déjà. Ils me poignardent, en même temps secouent la vie et l’amour que j’ai toujours eu pour toi.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens de la fête au village.<br />
Nous glissions en auto tamponneuse sur la piste lustrée et ton bras enlaçait mes épaules  pour me protéger des chocs violents.<br />
Je me souviens que tu jouais certains airs à la trompette : <em>La mer qu’on voit danser</em> ou <em>Petite fleur de Java</em>, partitions en lambeaux juchées sur le pupitre métallique auprès du radiateur.<br />
Je me souviens que tu me présentais aux gens en disant : la fille, ce qui laissait entendre qu’il avait également un fils. Je me souviens du mot épissure que tu m’avais appris alors que tu réparais une corde. D’un pique-nique dans la pinède de Saint-Brévin. D’une partie de pêche à Préfailles. Et si je ne peux citer tous ces menus moments ranimés à force de fouille, je peux dire à quel point ils ont compté pour moi – pour toi aussi sans doute, une chose que je ne saurais jamais. Ils sont comme des parapets auxquels aujourd’hui je m’appuie, des soleils auxquels je me chauffe, et leur assemblage pourrait finir par constituer une sorte de halo étincelant autour de ta figure de père.</p>
<p style="text-align: justify;">Toi et moi, nous avons toujours partagé un goût certain pour le jardin, pour le vent d’ouest et la mer dans tous ses états. À jamais nous partagerons le même port d’attache.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’histoire s’écrit à partir du présent.</p>
<p style="text-align: justify;">Au revoir, mon papa.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 15px;"><em>Texte lu lors de ses funérailles en l&rsquo;église de Sainte Marie sur/mer le samedi 4 février 2017</em><br />
<em> Photographie : Françoise Renaud</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tirer de l&#8217;oubli</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Oct 2016 10:13:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[campagne]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[visage]]></category>
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					<description><![CDATA[J’ai tiré du silence des images. Vieilles. En noir et blanc. Parfois couleurs passées très douces. Des roses, des sépias. Un peu floues. En ouvrant l’album de famille à même sur mes genoux. Sa couverture en cuir rouge. Odorant. J&#8217;entendais les voix venir, tout doucement se mêler. Des voix à l’accent de la campagne. Aussi &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tirer-de-loubli/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Tirer de l&#8217;oubli »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/10/P1030380-1.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-716" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/10/P1030380-1-1024x768.jpg" alt="p1030380" width="852" height="639" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/10/P1030380-1-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/10/P1030380-1-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/10/P1030380-1-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/10/P1030380-1-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/10/P1030380-1.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 852px) 100vw, 852px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai tiré du silence des images.</p>
<p style="text-align: justify;">Vieilles.<br />
En noir et blanc. Parfois couleurs passées très douces. Des roses, des sépias. Un peu floues.<br />
En ouvrant l’album de famille à même sur mes genoux.<br />
Sa couverture en cuir rouge. Odorant.<br />
J&rsquo;entendais les voix venir, tout doucement se mêler. Des voix à l’accent de la campagne. Aussi des mots, des appels. Des cris encore. Des pleurs. Et des chansons connues par cœur depuis longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai tiré de l’oubli des visages. À chaque page.<br />
Des gens quand ils étaient enfants. Des gens tout proches — parents, sœur, frère, cousins. Je les reconnaissais. Et plus loin encore, au-delà de ma naissance. Des fragments intacts tirés de l’histoire de notre tribu comme des tisons encore vivants hors du feu. Tous ces sentiments que l’existence leur avait procurés en bon comme en mauvais. Je pouvais les lire à travers les photos, je pouvais les sentir rien qu’en tournant les pages. Ô chers visages incrustés dans ces bouts de carton glacé dentelé. [&#8230;]</p>
<p style="font-size: 14px; text-align: right;"><em>Texte complet à paraître dans un recueil de textes sur l&rsquo;enfance<br />
Illustration : photothèque de l&rsquo;auteur</em></p>
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		<title>Vases communicants d&#8217;août, avec Marie-Noëlle Bertrand</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2016 08:45:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[Françoise Renaud]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Noëlle Bertrand]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi d&#8217;août. Je reçois Marie-Noëlle Bertrand sur Terrain fragile. Avec joie. Les Vases Communicants ont suscité notre rencontre. Marie-Noëlle est blogueuse depuis 2010. Son blog : La Dilettante Elle se définit comme passeuse de l&#8217;écriture des autres. Elle sème des fragments de textes, isolés ou combinés. Aussi des sons et des photographies. Elle partage &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-marie-noelle-bertrand/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants d&#8217;août, avec Marie-Noëlle Bertrand »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Premier vendredi d&rsquo;août. Je reçois Marie-Noëlle Bertrand sur Terrain fragile. Avec joie. Les Vases Communicants ont suscité notre rencontre.</span></span></em><br />
<em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><br />
Marie-Noëlle est blogueuse depuis 2010. Son blog : <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/"><strong>La Dilettante</strong></a><br />
Elle se définit comme passeuse de l&rsquo;écriture des autres. Elle sème des fragments de textes, isolés ou combinés. Aussi <strong><a href="https://soundcloud.com/eclectante">des sons</a></strong> et <strong><a href="https://www.flickr.com/photos/8989278@N03/">des photographies</a></strong>. Elle partage sa récolte avec ceux qui lui rendent visite. Elle dit aussi : « Je ne « travaille » pas beaucoup. Éclectique et dilettante, je suis&#8230; ».  Ajouter qu&rsquo;elle côtoie beaucoup les livres, travaillant en bibliothèque.<br />
Nous avons décidé d&rsquo;écrire chacune sur une photographie de l&rsquo;autre et je la remercie pour ce partage.<br />
Voici son texte : <strong>Dérisoire</strong>. Vous trouverez le mien </span></span></em><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><strong><a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/2016/08/vases-communicants-du-5-aout-2016.html">chez elle ici</a></strong> : <strong>E</strong></span></span></em><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><strong>xistence soudain fragmentée</strong>.<br />
</span></span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>S’ouvrent les vannes du plaisir</h2>
<p><em><span style="color: #782850; font-size: 16px;"><span style="color: #bf4e19;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-624" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1024x768.jpg" alt="P1020737" width="618" height="464" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></a></span></span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour bricoler, il n&rsquo;était pas à son affaire mais il aimait bien y mettre son grain de sel quand quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre s’y collait. Dans ces moments-là, nous le surnommions « la mouche du coche ».</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le jardin, là c&rsquo;était autre chose. Ne sait si on doit parler de passion ou de lien à la terre. Lui qui, jusqu’à son retour du service militaire, s’était occupé à divers travaux agricoles, descendait chaque jour dans les entrailles de la terre — il était mineur de fond. Il consacrait son temps libre aux jardins potagers agrémentés de quelques fruits et fleurs.<br />
Dans mon souvenir, il en a toujours fait au moins deux et là il ne me viendrait pas à l’idée de remplacer faire par un autre verbe comme l’on nous y incitait dans les exercices scolaires. Faire le jardin, c’est tout à la fois l’agencer et en prendre soin.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Les outils n’étaient pas aussi bien rangés qu’ils le sont là. Leur place était contre la paroi du garage et ils étaient chargés sur la brouette ou dans le coffre de la voiture en fonction des travaux qu’il projetait.<br />
Des verbes fusent : biner, désherber, bêcher, piocher, ratisser,  sarcler, planter, fumer, repiquer, labourer, faucher… presque tous corrélés à des outils que je serais incapable de reconnaître.<br />
La pelote, la grosse ficelle qu’on déroule, on la tend entre les deux piquets pour que le rang soit droit ; un jeu d’enfant auquel nous affectionnions de nous prêter. Suivre le fil avec la pioche,  creuser un léger sillon pour accueillir les graines. Les recouvrir, arroser légèrement, voir naître une rivière dérisoire dans la terre sèche.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Deux verbes nous faisaient prendre la poudre d’escampette : cueillir et ramasser. Les cornichons d’abord, il les récoltait aux aurores afin qu’ils ne forcissent pas sous la chaleur du soleil  — c’est vrai que chez nous les cornichons nous les adorons quand ils sont petits. Il fallait les brosser avant de les immerger dans la marinade que nous préparions avec ma mère.<br />
Le pire, notre cauchemar d’enfants : les haricots verts que nous devions équeuter et effiler. Par bonheur, il les plantaient habituellement dans le jardin de mon oncle qui vivait avec mes grands-parents. Ils étaient toujours prêts, en le voyant passer avec les seaux remplis de ces maudits légumes, à nous délivrer de cette corvée.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Mon frère, à qui il a transmis cette inclination, a pris le relais. Il m’arrive de me régaler de ses exquises productions légumières. S’ouvrent alors les vannes du plaisir des mots, des gestes et des goûts retrouvés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;font-size: 16px;"><em>Photographie ©Françoise Renaud, Dans l&rsquo;atelier de mon père, 2016</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
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