{"id":5305,"date":"2024-09-04T09:49:45","date_gmt":"2024-09-04T08:49:45","guid":{"rendered":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/?p=5305"},"modified":"2024-09-05T18:09:27","modified_gmt":"2024-09-05T17:09:27","slug":"porter-son-corps-devant-soi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/porter-son-corps-devant-soi\/","title":{"rendered":"porter son corps devant soi"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:51px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">je marche par tous les temps, parfois je cours, je ne m\u2019arr\u00eate jamais jusqu\u2019\u00e0 trouver un nid pour passer la nuit, je ne sais plus qui je suis ni d\u2019o\u00f9 je viens, par tous les temps j\u2019ai travers\u00e9 des villes et des campagnes et franchi des fronti\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 me mettre dans cet \u00e9tat, je suis n\u00e9 loin au Nord dans un pays dont j\u2019ai oubli\u00e9 le nom et l\u2019exacte position g\u00e9ographique, un pays ravag\u00e9 par une sorte de terrible guerre, et j\u2019ai fui en serrant la main de mon p\u00e8re, ma m\u00e8re elle n\u2019a pas tenu bon, trop de chagrin et d\u2019\u00e9puisement sans compter le d\u00e9racinement et la faim et le froid, j\u2019ai serr\u00e9 fort la main de mon p\u00e8re, il n\u2019y avait que lui pour me tirer vers la lumi\u00e8re et mes petites jambes couraient dans la neige alors que lui marchait sa casquette tir\u00e9e sur les yeux, \u00e0 pr\u00e9sent qu\u2019il a c\u00e9d\u00e9 lui aussi, je marche seul avec tout mon sang br\u00fblant circulant dans un frisson de source et me poussant vers l\u2019avant, tout mon corps port\u00e9 devant habit\u00e9 par une rage insatiable de vivre, quelques fruits glan\u00e9s dans les vergers et un quignon de pain me suffisent, \u00e0 pr\u00e9sent que je n\u2019ai plus mon p\u00e8re pour me r\u00e9conforter je me blottis dans le foin pour trouver le sommeil et je laisse les r\u00eaves tourbillonner en moi comme le sang et aussi br\u00fblants que le sang, je n\u2019ai peur de rien, je peux travailler autant que trois hommes r\u00e9unis, je porte mon corps devant moi et parfois je le laisse danser, partir dans la transe, les gens me jettent quelques pi\u00e8ces d\u2019argent quand je danse pour eux autour du feu, ils per\u00e7oivent dans mes gestes funambules l\u2019existence d\u2019une force sauvage et la possibilit\u00e9 d\u2019un autre monde \u00e0 toucher de la main comme si les \u00e9toiles soudain devenaient toutes proches, je marche, je suis ouvrier-saisonnier et propose mes services dans les domaines agricoles que je traverse, je danse pour eux quand ils font de grands feux ou sacrifient des b\u00eates pour attirer le bon \u0153il, je ne dis rien \u00e0 personne mais je cherche mon \u00e2me-s\u0153ur, je sais que je pourrais reconna\u00eetre quand je la verrai<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:38px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><em><strong>un extrait de mon chantier de roman en cours<\/strong><\/em><br \/><em><strong>le portrait de Jude se dessine un peu plus fort et nettement chaque jour&#8230;<br \/>dans la patience et la force des mots, mon roman \u00ab\u00a0Pays aux 1000 taillis\u00a0\u00bb se construit&#8230;<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Photographie \u00a9Fran\u00e7oise Renaud, au  jardin, janvier 202<\/em>4<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>je marche par tous les temps, parfois je cours, je ne m\u2019arr\u00eate jamais jusqu\u2019\u00e0 trouver un nid pour passer la nuit, je ne sais plus qui je suis ni d\u2019o\u00f9 je viens, par tous les temps j\u2019ai travers\u00e9 des villes et des campagnes et franchi des fronti\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 me mettre dans cet \u00e9tat, je suis &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/porter-son-corps-devant-soi\/\" class=\"more-link\">Lire la suite de<span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0porter son corps devant soi\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5309,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[718],"tags":[],"class_list":["post-5305","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-au-bord-du-jour-2024"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5305","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5305"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5305\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5314,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5305\/revisions\/5314"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5309"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5305"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5305"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5305"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}