{"id":3430,"date":"2022-03-31T16:14:12","date_gmt":"2022-03-31T16:14:12","guid":{"rendered":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/?p=3430"},"modified":"2022-04-07T08:13:47","modified_gmt":"2022-04-07T08:13:47","slug":"instant-brulant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/instant-brulant\/","title":{"rendered":"instant br\u00fblant"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\">Jean-Philippe Toussaint vient de faire para\u00eetre, chez Minuit, un livre bref constitu\u00e9 de neuf blocs ind\u00e9pendants, neuf paragraphes d\u2019une page \u00e0 trois pages, chacun s&rsquo;appuyant sur le m\u00eame incipit, qui fait aussi le titre du livre : \u00ab Je veux saisir Monet l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis o\u00f9 il pousse la porte de l\u2019atelier\u2026 \u00bb. Et dans cette inspiration, j&rsquo;ai recherch\u00e9 Richarme, j&rsquo;ai emprunt\u00e9 \u00e0 nouveau le seuil de son atelier au mas Psalmodie, celui que j&rsquo;ai franchi de nombreuses fois lorsque je travaillais sur sa biographie po\u00e9tique Au-del\u00e0 du blanc (CLC \u00e9ditions, 2010). J&rsquo;ai essay\u00e9 de retrouver l&rsquo;atmosph\u00e8re, les gestes, les fen\u00eatres et la chaleur dehors, et puis les outils, l\u2019\u0153uvre en cours&#8230;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"517\" height=\"629\" data-id=\"3444\" src=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H65-12-Neige-61x50-Schl.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3444\" srcset=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H65-12-Neige-61x50-Schl.jpg 517w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H65-12-Neige-61x50-Schl-247x300.jpg 247w\" sizes=\"auto, (max-width: 517px) 100vw, 517px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"824\" height=\"578\" data-id=\"3445\" src=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-824x578.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3445\" srcset=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-824x578.jpg 824w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-300x210.jpg 300w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-768x538.jpg 768w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-1200x841.jpg 1200w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1.jpg 1492w\" sizes=\"auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"536\" height=\"824\" data-id=\"3446\" src=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-536x824.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3446\" srcset=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-536x824.jpg 536w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-195x300.jpg 195w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-768x1180.jpg 768w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-1000x1536.jpg 1000w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-scaled.jpg 1333w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-1200x1843.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 536px) 100vw, 536px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">J<strong><em>e veux saisir Richarme l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis<\/em><\/strong> o\u00f9 elle grimpe l\u2019escalier qui conduit \u00e0 son atelier. Une fois les affaires quotidiennes exp\u00e9di\u00e9es, elle peut penser \u00e0 la peinture et elle se hisse en se tenant au m\u00e9tal de la rampe. Son corps est lourd, \u00e2g\u00e9 d\u00e9j\u00e0. Nous sommes en \u00e9t\u00e9 1980 en Languedoc. Elle monte lentement comme si elle avan\u00e7ait vers son destin. Elle interrompt parfois le pas, prend une respiration. La canicule fait craquer l\u2019oliveraie autour de la maison et attise les lavandes. Elle aime ce mas, ce lieu, et elle y travaillera tant qu\u2019elle pourra monter l\u2019escalier, tant qu\u2019elle pourra rester debout devant le chevalet orient\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re du nord. Si elle pensait \u00e0 quelque chose d\u2019autre qu\u2019\u00e0 la peinture, ce serait \u00e0 ses filles qui s\u2019inqui\u00e8tent souvent pour elle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Je veux saisir Richarme l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis<\/em> <\/strong>o\u00f9 elle atteint la porte de l\u2019atelier au bout du couloir en ces heures chaudes o\u00f9 tout s\u2019immobilise. Elle connait bien la br\u00fblure des \u00e9t\u00e9s dans le Midi. Elle a quitt\u00e9 Paris en 1937 et depuis elle y vit. C\u2019est une de ces journ\u00e9es ardentes qui attaquent la moelle au fond de l\u2019os et extirpe du ventre la violence des couleurs. Elle pense \u00e0 sa toile en cours install\u00e9e sur le chevalet. Elle la visualise, remue mille questionnements \u00e0 propos du dessin et des passages d\u2019une teinte \u00e0 l\u2019autre. Elle n\u2019est jamais satisfaite, toujours \u00e0 la recherche de nouveaux \u00e9quilibres, pourtant elle croit dur comme fer en ce qu\u2019elle fait m\u00eame si rien n\u2019est directement&nbsp; mesurable des avantages r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 accomplir ce genre de t\u00e2che et elle est capable de travailler des heures jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement. Au stade o\u00f9 elle en est arriv\u00e9e et \u00e0 ce moment-l\u00e0 de la partie, elle ne pense plus au commencement des choses. Seulement au jour en train de passer, \u00e0 la toile qui l\u2019attend, au sentiment en train de l\u2019habiter. Tout para\u00eet maill\u00e9 dans cet instant o\u00f9 elle est au bord de pousser la porte et d\u2019entrer : grain de la toile, grain de la peau, souffle, rythme, couleur. Et puis elle le sait, elle finira par trouver le chemin qui convient au projet qu\u2019elle nourrit. Main pos\u00e9e sur la poign\u00e9e, elle ressent l\u2019atelier qui respire dans son obscurit\u00e9. Les volets des fen\u00eatres sont ferm\u00e9s pour garder un peu de fra\u00eecheur jusqu\u2019au soir. Elle ne les ouvre jamais c\u00f4t\u00e9 sud, pr\u00e9f\u00e8re la lumi\u00e8re du nord. De toute fa\u00e7on elle craint la poussi\u00e8re qui pourrait se m\u00ealer \u00e0 la p\u00e2te et en g\u00e2ter la finesse. Ou alors les insectes, on ne sait jamais. Le mas est aux abords de la ville, autant dire en pleine campagne en ces temps-l\u00e0, il n\u2019y avait pas de lotissements ni d\u2019immeubles. Elle per\u00e7oit la chaleur qui r\u00e8gne puissante sur le jardin, elle entend des oiseaux ou des chats qui se battent mais elle n\u2019y pr\u00eate pas d\u2019attention particuli\u00e8re. Elle est heureuse dans cette partie pr\u00e9serv\u00e9e de la maison, pas question de la d\u00e9ranger, une chose que tout le monde sait. Aujourd\u2019hui elle ne souffre pas. La toile est une \u00e9tendue \u00e0 explorer, un territoire vierge, un pr\u00e9 \u00e0 traverser.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Je veux saisir Richarme l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis<\/strong> <\/em>o\u00f9 elle pousse la porte de l\u2019atelier, franchit le seuil, oublie tout de sa vie ordinaire, oublie son histoire depuis la Chine o\u00f9 elle est n\u00e9e en 1904, la Savoie o\u00f9 elle a grandi et pass\u00e9 son adolescence, les ateliers \u00e0 Paris pour apprendre l&rsquo;Huile, plus tard cette installation \u00e0 Montpellier pour suivre son mari qu\u2019elle a v\u00e9cue comme un exil. L\u2019atelier est devenu son nid, son antre, sa barque, sa tour d\u2019ivoire, son modeste ermitage. Nul ne s\u2019y risque. Et nul ne saurait pr\u00e9ciser quand elle a commenc\u00e9 de vivre comme \u00e7a, avec la marche du soleil et le cycle des saisons et la peinture au ventre. Elle entre, bient\u00f4t va s\u2019installer devant le chevalet. \u00c0 port\u00e9e de main : outils \u00e0 dessiner et \u00e0 peindre, couleurs, palettes, cartons pour m\u00e9langer les couleurs et chercher des accords, toutes sortes de papiers, carnets, cahiers, bouquets de fleurs s\u00e9ch\u00e9es, objets en poterie utiles pour la composition des natures mortes. Elle remue ses doigts comme pour les assouplir, concentre son esprit. Quelque chose d\u2019important qu\u2019elle s\u2019est mise \u00e0 faire d\u00e8s sa jeunesse sans savoir ni pourquoi ni comment, quelque chose proche de la faim, d\u2019une faim infiltr\u00e9e dans sa poitrine depuis la nuit des temps capable de stimuler son d\u00e9sir de respirer, capable de modifier sa mani\u00e8re d\u2019avancer de marcher de penser. Non pas une simple faim suscit\u00e9e par les muscles et les organes en manque de nourriture, non. Une terrible faim capable de d\u00e9busquer jusqu\u2019aux reflets cach\u00e9s dans les cellules, aux plis des chromosomes, une faim d\u2019entrailles qui d\u00e9passe l\u2019entendement et qui l\u2019aurait probablement effray\u00e9e si elle en avait pris la mesure quand elle avait choisi cette voie. Pas le choix, un jour vient o\u00f9 l\u2019on meurt de toute fa\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Je veux saisir Richarme l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis<\/em> <\/strong>o\u00f9 elle pousse la porte de l\u2019atelier, s\u2019installe au silence du monde, \u00e9tudie les violines et les orang\u00e9s, bataille avec les verts trop crus, qu\u00eate l\u2019harmonie entre le chaud et le froid. Chaque jour elle aff\u00fbte ses armes et s\u2019affronte \u00e0 elle-m\u00eame. Parfois elle est au bord de saisir certains secrets. Alors le temps devient pareil \u00e0 celui de la pri\u00e8re. Le temps s\u2019\u00e9chappe. Le temps s\u2019\u00e9chappe entre jubilation et solitude.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Je veux saisir Richarme l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis<\/em> <\/strong>o\u00f9 elle entre dans l\u2019atelier, o\u00f9 elle veut oublier le temps, ou plut\u00f4t se glisser \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui pour se battre un jour encore avec les formes et les couleurs de lac et de ciel. Elle aime les lacs et les ciels et la grande mer o\u00f9 elle nage avec d\u00e9lectation. Elle ira jusqu\u2019au bout. Elle tiendra m\u00eame si chaque toile lui r\u00e9clame des semaines de lutte avant de se laisser conqu\u00e9rir, m\u00eame si elle joue des coudes pour se faire une place parmi les hommes du monde de la peinture. Elle s\u2019acharne. De tout son \u00eatre elle s\u2019acharne. Tout \u00e0 l\u2019heure elle allumera une cigarette et chantonnera en descendant l\u2019escalier, ce sera vers les cinq heures. Rien qu\u2019\u00e0 entendre la fa\u00e7on qu\u2019elle aura de descendre et de chanter, ses filles penseront : Tiens, maman est contente de son travail aujourd\u2019hui. Pour le moment elle est seule, inaccessible, et elle peint \u2014 sa mani\u00e8re \u00e0 elle d\u2019habiller l\u2019absence, d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019oubli.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-small-font-size\"><em>Illustration : Orage \u00e0 Valmont, Richarme, 1984 (huile sur toile 81 x 100)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.088), 15px);\"><em><strong>visiter le <a href=\"https:\/\/www.richarme.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">site Richarme ici<\/a><\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Philippe Toussaint vient de faire para\u00eetre, chez Minuit, un livre bref constitu\u00e9 de neuf blocs ind\u00e9pendants, neuf paragraphes d\u2019une page \u00e0 trois pages, chacun s&rsquo;appuyant sur le m\u00eame incipit, qui fait aussi le titre du livre : \u00ab Je veux saisir Monet l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis o\u00f9 il pousse la porte de l\u2019atelier\u2026 \u00bb. &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/instant-brulant\/\" class=\"more-link\">Lire la suite de<span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0instant br\u00fblant\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3435,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,240],"tags":[460,461,53,236],"class_list":["post-3430","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-corps","category-peinture","tag-atelier","tag-au-dela-du-blanc","tag-creation","tag-peinture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3430","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3430"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3430\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3452,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3430\/revisions\/3452"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3435"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3430"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3430"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3430"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}