{"id":293,"date":"2015-10-01T07:54:35","date_gmt":"2015-10-01T07:54:35","guid":{"rendered":"http:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/?p=293"},"modified":"2023-12-16T16:46:03","modified_gmt":"2023-12-16T15:46:03","slug":"changement-de-saison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/changement-de-saison\/","title":{"rendered":"changement de saison"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"azer&quot;ezr\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-295\" src=\"http:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/1459684_10153598922008810_7127311015818742785_n.jpg\" alt=\"Photograhie de Sylvia Bahri\" width=\"573\" height=\"573\" srcset=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/1459684_10153598922008810_7127311015818742785_n.jpg 960w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/1459684_10153598922008810_7127311015818742785_n-150x150.jpg 150w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/1459684_10153598922008810_7127311015818742785_n-300x300.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 573px) 100vw, 573px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 14px;\"><em>\u00e9crire au jour le jour entre contrainte et d\u00e9sir, faire ses gammes, chercher les mots pour dire au mieux ce qui arrive devant soi, autour de soi, ce qui arrive au ciel, ce que la terre suinte et raconte d&rsquo;histoires animales et v\u00e9g\u00e9tales, g\u00e9mir aussi parce que c&rsquo;est incroyable de vivre comme \u00e7a, l\u00e0, aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;observer les choses, les paysages, les gens, d&rsquo;\u00e9crire, tout \u00e7a plus vrai encore avec les mots qui p\u00e9n\u00e8trent le papier ou la toile&#8230;<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Insensiblement.<br \/>\nLe soleil baisse.<br \/>\nIl n&rsquo;\u00e9merge plus au m\u00eame point de l&rsquo;est derri\u00e8re la colline et il ne se hisse plus suffisamment \u00e0 midi pour frapper la fen\u00eatre de toit au-dessus de mon lit. Le soir, l&rsquo;air tourne frais sit\u00f4t que la lumi\u00e8re bascule. Moins d&rsquo;oiseaux, certains partis vers le sud pour l&rsquo;autre saison.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0. Oui.<br \/>\n\u00c0 deux reprises ces derniers jours, j&rsquo;ai vu un grand \u00e9chassier. Un h\u00e9ron cendr\u00e9, enfin je crois. Il planait \u00e0 remonter le ruisseau, pattes tendues \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame comme un danseur volant. Il avait d\u00fb voir quelque chose d&rsquo;int\u00e9ressant pour glisser comme \u00e7a le long de la fracture d&rsquo;eau bruissante, quelque chose \u00e0 attraper et manger \u2212 musaraigne, crapaud, poisson, l\u00e9zard fuyant au milieu du fouillis de pierres. On aurait dit qu&rsquo;il dessinait d&rsquo;un trait une ligne de vent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 25px;\">Avec la saison qui avance, on ne vit plus le paysage de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce morceau de pays se transforme au rythme des saisons depuis le fond des \u00e2ges. Les gens d&rsquo;ici en savent les d\u00e9tails. Ce n&rsquo;est que mon deuxi\u00e8me automne, aussi je ne connais pas encore le programme de ces transformations : fleurs survivantes, lente mutation des arbres, perte en densit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale, palette des rouges jaunes ocres bruns bronzes alternant avec le socle rocheux et les arrachements de terre, le tout dans ma fen\u00eatre comme dans un cadre de t\u00e9l\u00e9vision. Tableaux \u00e0 d\u00e9couvrir sans cesse mouvants. Ils se fixent, ordre et rythme, s&rsquo;incrustent dans un coin du cerveau encore libre pour former une nouvelle g\u00e9ographie. Ou plut\u00f4t galerie. Tout sera l\u00e0, inscrit. Il suffira d&rsquo;y retourner les ann\u00e9es suivantes pour reconna\u00eetre les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9pertori\u00e9s ainsi que des images virtuelles, les visiter du bout des doigts, du bout des yeux. Une sorte de nouveau langage associ\u00e9 au pays, aux orages et \u00e0 certaines \u00e9motions singuli\u00e8res.<br \/>\nAu jardin, foison de floraisons, ce qui me contente. Pas encore l&rsquo;endormissement \u2212 ce sera plus tard.<br \/>\nDeuxi\u00e8me \u00e9lan pour les sauges, cosmos largement resem\u00e9s \u00e0 travers l&rsquo;herbe (on me l&rsquo;avait promis), verveines rampantes \u00e0 l&rsquo;odeur divine, bouquets de soucis (il faut que j&rsquo;en ramasse bient\u00f4t les graines), dahlias \u00e0 tige noire resplendissants (penser aux graines aussi encapsul\u00e9es), folles capucines. Et puis les poivrons rougissent, les courges fignolent leurs rondeurs au milieu des verveines et les fraisiers produisent en quantit\u00e9, de quoi me remplir la main chaque matin.<br \/>\nAutant d&rsquo;\u00e9tonnements, de d\u00e9lices li\u00e9s au regain de vie apr\u00e8s les pluies violentes, \u00e0 la douceur de ces journ\u00e9es sans vent, divines, comme sait en d\u00e9livrer l&rsquo;automne. Du coup j&rsquo;ai fait quelques photographies. Elles pourront me reconduire quand je le voudrai vers ces zones de monde qui tranquillement sont en train de devenir miennes \u2212 jardin, verger, ruisseau, vieux murs, \u00e9boulis, petite montagne\u00a0\u2212 quand l&rsquo;hiver sera rude, \u00e0 l&rsquo;encoignure du soir, blottie contre le feu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Photographie : Sylvia Bahri, 2015<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00e9crire au jour le jour entre contrainte et d\u00e9sir, faire ses gammes, chercher les mots pour dire au mieux ce qui arrive devant soi, autour de soi, ce qui arrive au ciel, ce que la terre suinte et raconte d&rsquo;histoires animales et v\u00e9g\u00e9tales, g\u00e9mir aussi parce que c&rsquo;est incroyable de vivre comme \u00e7a, l\u00e0, aujourd&rsquo;hui, &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/changement-de-saison\/\" class=\"more-link\">Lire la suite de<span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0changement de saison\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46,65],"tags":[67,30,68,47,641,66],"class_list":["post-293","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-jardin","category-pays","tag-automne","tag-desir","tag-heron","tag-jardin","tag-papier","tag-saison"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/293","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=293"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/293\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":307,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/293\/revisions\/307"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=293"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=293"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=293"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}