{"id":1927,"date":"2019-02-14T14:11:53","date_gmt":"2019-02-14T14:11:53","guid":{"rendered":"http:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/?p=1927"},"modified":"2023-12-16T18:37:50","modified_gmt":"2023-12-16T17:37:50","slug":"en-4000-mots-7-virginia-woolf-contexte-de-lecriture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/en-4000-mots-7-virginia-woolf-contexte-de-lecriture\/","title":{"rendered":"en 4000 mots #7 | Virginia Woolf : contexte de l\u2019\u00e9criture"},"content":{"rendered":"<address><span style=\"color: #808080;\"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 \/ 2019<br \/>\nrecherches sur la nouvelle<br \/>\n<\/strong><\/span><\/address>\n<p style=\"font-size: 14px; text-align: left;\"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver <\/em>#7<em>, \u00e9crire sans sujet \u00e0 partir de &lsquo;Journal&rsquo; de Virginia\u00a0 Woolf<br \/>\n(\u00e9crire le contexte du lieu de l&rsquo;\u00e9criture, les conditions mat\u00e9rielles, les heures, la fatigue&#8230;)<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<a href=\"http:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9.jpg\" rel=\"lightbox-0\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1929\" src=\"http:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9-1024x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"580\" height=\"580\" srcset=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9-150x150.jpg 150w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9-300x300.jpg 300w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9-768x768.jpg 768w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9-1200x1200.jpg 1200w, https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/P1020967_carr\u00e9.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Mercredi 6 f\u00e9vrier<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand est ce que \u00e7a vient\u00a0et o\u00f9 est-ce que \u00e7a va ? trop chaud trop froid, trop vite trop tard. Peut-\u00eatre dans ce moment au sortir du sommeil\u00a0: cerveau en mode oubli, respiration inaudible et bruits feutr\u00e9s comme s\u2019il avait neig\u00e9. Rester dans l\u2019abandon de la nuit une heure encore dans la chambre douce en lumi\u00e8re, l\u00e0 o\u00f9 les choses se disent \u00e0 voix basse et o\u00f9 les douleurs \u2013 tous les genres de douleur \u2013 sont plus vives, les perceptions plus profondes qu\u2019\u00e0 vivre en plein soleil. Il y a cette quantit\u00e9 folle de mots pass\u00e9s en revue dans le noir avant le sommeil et dans ces interstices o\u00f9 l\u2019on croit ne pas dormir. Je me souviens, alors le livre s\u2019\u00e9crivait tout seul dans une extr\u00eame lucidit\u00e9, rien de flou, chaque \u00e9l\u00e9ment parfaitement en place, et puis cette multitude d\u2019images tra\u00eenant \u00e0 la queue leu leu avant de filer loin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Jeudi 7 f\u00e9vrier<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd\u2019hui je ne sais plus o\u00f9 j\u2019en suis avec ce roman, si je suis sur la bonne voie. Je crois avancer, par petits bonds, un peu comme les oiseaux qui vol\u00e8tent dans les bras de l\u2019arbre ou les \u00e9cureuils. En fait non, \u00e7a n\u2019avance pas. Il me faut tout recommencer, changer de point de vue, changer de temps pour raconter. Je m\u2019effraie de la suite et je reste au ti\u00e8de du lit pour ne pas sentir le d\u00e9couragement. <!--more-->Du th\u00e9 \u00e0 volont\u00e9, boisson pr\u00e9cieuse et parfum\u00e9e dans son pot anglais\u00a0: Earl Grey \u00e0 fleurs bleues, go\u00fbt connu comme un rep\u00e8re n\u00e9cessaire. Rester au ti\u00e8de du lit \u2013 le feu n\u2019est pas encore allum\u00e9 dans le Gaudin &#8211;, couvertures sur les pieds, ordi pos\u00e9 sur les cuisses. Continuer. Juste un groupe de mots, une phrase. Regarder le bloc o\u00f9 sont pos\u00e9es des notes, des phrases que j\u2019aime qui pourraient me servir. Le lit, le chaud, le th\u00e9, le calme de la maison, le silence de la vall\u00e9e, l\u2019immensit\u00e9 du ciel et la petite fen\u00eatre qui rappelle que dehors le monde existe. Une heure, deux heures. Je reste avec moi-m\u00eame, peut-\u00eatre que j\u2019ai tort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Vendredi 8 f\u00e9vrier<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La page s\u2019est enrichie et il reste encore un peu de th\u00e9. Je poursuis, je pers\u00e9v\u00e8re, j\u2019h\u00e9site, je fatigue, je m\u00e9dite, enfin je relis tout haut ce que je viens d\u2019\u00e9crire. Trop tard trop vite. Pr\u00e8s de la lampe il y a des livres pareils \u00e0 des morceaux de mon \u00e2me, ils peuvent me happer ou me redonner confiance pour peu que je les prenne en main. Les pistes ouvertes se sont referm\u00e9es et les images de la nuit ne sont plus que des fant\u00f4mes, pourtant le roman est l\u00e0, en moi. Il flotte \u00e0 la fois pr\u00e9sent et irr\u00e9el. Je connais la couleur de ses veines, la fragilit\u00e9 de ses articulations. Il y a du bruit dans la ruelle, un chien qui aboie, quelqu\u2019un qui frappe \u00e0 la porte, je m\u2019en moque. O\u00f9 est-ce que \u00e7a va, les mots\u00a0? Je m\u2019en moque, je travaille, je caresse les livres et la chatte venue me rejoindre, je lui parle &#8212; elle aussi aime la ti\u00e9deur du lit le matin avec le soleil parfois dans la petite fen\u00eatre. Les \u00e9v\u00e9nements minuscules viennent se tatouer dans la phrase en train de se construire et dans la trame du livre, par exemple l\u2019aboiement du chien, le facteur qui d\u00e9pose un paquet, le mauvais temps, un coup de fil inattendu, Bernard qui vient livrer du bois. De toute fa\u00e7on je ne sais pas ce que je vais \u00e9crire \u2013 quel \u00e9crivain pourrait le savoir\u00a0? &#8211;, il y a seulement que je travaille et il arrive des moments o\u00f9 le roman coule dans le moule comme une p\u00e2te \u00e0 g\u00e2teaux. Tout ou rien. Le livre en train de s\u2019\u00e9crire est libre. Il a d\u00e9j\u00e0 un visage vers lequel je m\u2019avance.<\/p>\n<p style=\"text-align: right; font-size: 13px;\"><em>Photographie de Fran\u00e7oise Renaud (toujours la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Le cadavre dans l&rsquo;escalier\u00a0\u00bb, 2017)<br \/>\nIci le lien vers le Tiers Livre, <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I\">\u00ab en 4000 mots \u00bb | recherches sur la nouvelle<\/a><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 \/ 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver #7, \u00e9crire sans sujet \u00e0 partir de &lsquo;Journal&rsquo; de Virginia\u00a0 Woolf (\u00e9crire le contexte du lieu de l&rsquo;\u00e9criture, les conditions mat\u00e9rielles, les heures, la fatigue&#8230;) \u00a0 Mercredi 6 f\u00e9vrier Quand est ce que \u00e7a vient\u00a0et o\u00f9 est-ce &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/en-4000-mots-7-virginia-woolf-contexte-de-lecriture\/\" class=\"more-link\">Lire la suite de<span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0en 4000 mots #7 | Virginia Woolf : contexte de l\u2019\u00e9criture\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17,689],"tags":[256,260,150,254,55],"class_list":["post-1927","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecriture","category-en-4000-mots-2019","tag-atelier-dhiver-2019","tag-journal","tag-le-tiers-livre","tag-recherches-sur-la-nouvelle","tag-virginia-woolf"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1927","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1927"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1927\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1939,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1927\/revisions\/1939"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1927"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1927"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/francoiserenaud.com\/terrainfragile\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1927"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}