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	<title>Virginia Woolf &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>Virginia Woolf &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>en 4000 mots #7 &#124; Virginia Woolf : contexte de l’écriture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Feb 2019 14:11:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'hiver 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Journal]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[recherches sur la nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #7, écrire sans sujet à partir de &#8216;Journal&#8217; de Virginia  Woolf (écrire le contexte du lieu de l&#8217;écriture, les conditions matérielles, les heures, la fatigue&#8230;)   Mercredi 6 février Quand est ce que ça vient et où est-ce &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-7-virginia-woolf-contexte-de-lecriture/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #7 &#124; Virginia Woolf : contexte de l’écriture »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#7<em>, écrire sans sujet à partir de &lsquo;Journal&rsquo; de Virginia  Woolf<br />
(écrire le contexte du lieu de l&rsquo;écriture, les conditions matérielles, les heures, la fatigue&#8230;)</em></p>
<p><em> <a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-1929" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="580" height="580" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré.jpg 2048w" sizes="(max-width: 580px) 100vw, 580px" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mercredi 6 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">Quand est ce que ça vient et où est-ce que ça va ? trop chaud trop froid, trop vite trop tard. Peut-être dans ce moment au sortir du sommeil : cerveau en mode oubli, respiration inaudible et bruits feutrés comme s’il avait neigé. Rester dans l’abandon de la nuit une heure encore dans la chambre douce en lumière, là où les choses se disent à voix basse et où les douleurs – tous les genres de douleur – sont plus vives, les perceptions plus profondes qu’à vivre en plein soleil. Il y a cette quantité folle de mots passés en revue dans le noir avant le sommeil et dans ces interstices où l’on croit ne pas dormir. Je me souviens, alors le livre s’écrivait tout seul dans une extrême lucidité, rien de flou, chaque élément parfaitement en place, et puis cette multitude d’images traînant à la queue leu leu avant de filer loin.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jeudi 7 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui je ne sais plus où j’en suis avec ce roman, si je suis sur la bonne voie. Je crois avancer, par petits bonds, un peu comme les oiseaux qui volètent dans les bras de l’arbre ou les écureuils. En fait non, ça n’avance pas. Il me faut tout recommencer, changer de point de vue, changer de temps pour raconter. Je m’effraie de la suite et je reste au tiède du lit pour ne pas sentir le découragement. <span id="more-1927"></span>Du thé à volonté, boisson précieuse et parfumée dans son pot anglais : Earl Grey à fleurs bleues, goût connu comme un repère nécessaire. Rester au tiède du lit – le feu n’est pas encore allumé dans le Gaudin &#8211;, couvertures sur les pieds, ordi posé sur les cuisses. Continuer. Juste un groupe de mots, une phrase. Regarder le bloc où sont posées des notes, des phrases que j’aime qui pourraient me servir. Le lit, le chaud, le thé, le calme de la maison, le silence de la vallée, l’immensité du ciel et la petite fenêtre qui rappelle que dehors le monde existe. Une heure, deux heures. Je reste avec moi-même, peut-être que j’ai tort.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vendredi 8 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">La page s’est enrichie et il reste encore un peu de thé. Je poursuis, je persévère, j’hésite, je fatigue, je médite, enfin je relis tout haut ce que je viens d’écrire. Trop tard trop vite. Près de la lampe il y a des livres pareils à des morceaux de mon âme, ils peuvent me happer ou me redonner confiance pour peu que je les prenne en main. Les pistes ouvertes se sont refermées et les images de la nuit ne sont plus que des fantômes, pourtant le roman est là, en moi. Il flotte à la fois présent et irréel. Je connais la couleur de ses veines, la fragilité de ses articulations. Il y a du bruit dans la ruelle, un chien qui aboie, quelqu’un qui frappe à la porte, je m’en moque. Où est-ce que ça va, les mots ? Je m’en moque, je travaille, je caresse les livres et la chatte venue me rejoindre, je lui parle &#8212; elle aussi aime la tiédeur du lit le matin avec le soleil parfois dans la petite fenêtre. Les événements minuscules viennent se tatouer dans la phrase en train de se construire et dans la trame du livre, par exemple l’aboiement du chien, le facteur qui dépose un paquet, le mauvais temps, un coup de fil inattendu, Bernard qui vient livrer du bois. De toute façon je ne sais pas ce que je vais écrire – quel écrivain pourrait le savoir ? &#8211;, il y a seulement que je travaille et il arrive des moments où le roman coule dans le moule comme une pâte à gâteaux. Tout ou rien. Le livre en train de s’écrire est libre. Il a déjà un visage vers lequel je m’avance.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (toujours la série « Le cadavre dans l&rsquo;escalier », 2017)<br />
Ici le lien vers le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></em></p>
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		<title>Libre et paisible</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2015 08:09:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[écrire]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[paix]]></category>
		<category><![CDATA[textes]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>
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					<description><![CDATA[« L&#8217;art de création exige la liberté et la paix. Aucune roue ne doit grincer, aucune lumière vaciller. Les rideaux doivent être bien tirés. L&#8217;écrivain, pensais-je, une fois que son expérience est terminée, doit pouvoir s&#8217;abandonner et laisser son esprit célébrer ses noces dans l&#8217;obscurité. Il ne faut pas qu&#8217;il regarde ce qui se passe &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/libre-et-paisible/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Libre et paisible »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/07/DSCF5202.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone  wp-image-264" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/07/DSCF5202-1024x768.jpg" alt="Eau vive, photographie de Françoise Renaud, 2014" width="659" height="495" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/07/DSCF5202-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/07/DSCF5202-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/07/DSCF5202-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/07/DSCF5202.jpg 2048w" sizes="(max-width: 659px) 100vw, 659px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« L&rsquo;art de création exige la liberté et la paix. Aucune roue ne doit grincer, aucune lumière vaciller. Les rideaux doivent être bien tirés. L&rsquo;écrivain, pensais-je, une fois que son expérience est terminée, doit pouvoir s&rsquo;abandonner et laisser son esprit célébrer ses noces dans l&rsquo;obscurité. Il ne faut pas qu&rsquo;il regarde ce qui se passe ou qu&rsquo;il pose des questions concernant ce qu&rsquo;il fait. Il doit bien plutôt arracher les pétales d&rsquo;une rose ou regarder les cygnes doucement se laisser emporter par le fleuve. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà que je m&rsquo;en retourne vers Virginia Woolf qui prônait une chambre à soi, quelques livres sterling de rente et suffisamment de solitude pour avoir accès à la lumière blanche de la vérité. Et je m&rsquo;en retourne aussi vers l&rsquo;écriture, cette expression incessante de l&rsquo;être qui se réveille, respire tout le jour et s&rsquo;endort avec difficulté parce que rien n&rsquo;est encore accompli de l’œuvre − cette inquiétude de ne jamais atteindre le seuil, de ne pas travailler avec assez de force, de ne pas s&rsquo;enfoncer suffisamment profond dans la matière du fleuve. Virginia l&rsquo;avait fait. Pour en finir. Elle l&rsquo;avait choisi. Elle était entrée dans la rivière Ouse, résolue.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis née bien après elle et je n&rsquo;ai pas besoin de cacher mes manuscrits des yeux fureteurs d&rsquo;un père ou d&rsquo;un mari, ou de mettre sous cloche mon esprit. Je peux exprimer ce qui me tourmente et ce qui me réjouit, m&rsquo;émerveiller ou m’apitoyer, et c&rsquo;est là une chose inestimable. Je peux inventer des personnages de roman, hommes et femmes, les faire se rencontrer, se détester, puiser dans la société qui s&rsquo;agite pour restituer des émotions et des histoires. Je peux m&rsquo;aventurer dans les forêts, au milieu des lacs et des mers. Je peux ouvrir des passages secrets, ensanglanter des visages, dépeindre des visions d&rsquo;enfer ou de paradis. Je peux aussi m&rsquo;adonner à la contemplation et à la poésie, griffonner des chroniques, des textes brefs pour mon blog sur la toile. En bref, je peux écrire. Créer.<br />
En liberté.<br />
Ou presque.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est arrivé que certains de mes textes touchent si justement − si durement − que j&rsquo;ai été mise en demeure de les retirer du domaine public, par soit-disant respect pour les défunts ou autres arguments du même genre. Vaines menaces. Ces textes disaient seulement la vérité.<br />
Les textes vivent de toute façon, ils sont publiés quelque part, sont lus, sont appréciés, aimés ou détestés, diffusés. L&rsquo;écriture se glisse dans les interstices de l&rsquo;espace-temps quels que soient ses forme et support. Je ne veux pas me résigner. Je veux continuer jusqu&rsquo;à saigner. Ma liberté crie entre les mots comme le flot jaillit entre les rochers.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;">Extrait de <i>A Room of One&rsquo;s Own, </i>de Virginia Woolf,1929<br />
Photographie de Françoise Renaud, ©2014</p>
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