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	<title>Vases communicants &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>Vases communicants &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>Vases Communicants avec Dominique Hasselmann &#124; décembre 2016</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Dec 2016 07:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
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					<description><![CDATA[Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de François Bon et Jérôme Denis. Marie-Noëlle Bertrand coordonne les publications et stimule les échanges sur le blog associé le rendez-vous des Vases. Il existe aussi une page Facebook. Aux blogueurs de se rencontrer à leur façon, de définir un &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases Communicants avec Dominique Hasselmann &#124; décembre 2016 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);"><em>Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<strong><a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> </strong>et <strong><a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a></strong>. <strong><a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> </strong>coordonne les publications et stimule les échanges sur le blog associé le<strong><a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des Vases</a></strong>. Il existe aussi une <strong><a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a></strong>. Aux blogueurs de se rencontrer à leur façon, de définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.<br />On peut retrouvez la liste des Vases Communicants du mois de décembre <strong><a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/2016/12/micro-recension-des-vases-communicants.html">ici</a></strong>.</em></p>



<div style="height:44px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><span style="color: #657a25;">J&rsquo;accueille avec joie et curiosité <strong>Dominique Hasselmann. </strong>Textes, photos, vidéos, il aime tout. Son blog <span style="color: #999999;"><strong><a style="color: #999999;" href="https://hadominique75.wordpress.com/2016/12/02/vers-lhorizon-perdu-12/">Métronomiques </a></strong></span>nous interpelle, nous déroute, nous comble. À découvrir.<br />Nous avons décidé d&rsquo;un partage autour d&rsquo;un échange de photographies. Ville/Campagne. Vallée perdue/Horizon perdu. Vous verrez bien&#8230; Une exploration en deux volets. Voici la sienne. Mon texte <span style="color: #000000;"><em>Vers l&rsquo;horizon perdu [1/2] </em></span>est à retrouver sur <strong><a href="https://hadominique75.wordpress.com/2016/12/02/vers-lhorizon-perdu-12/">Métronomiques</a></strong>.<br /></span></p>



<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading">VERS L&rsquo;HORIZON PERDU [2/2]</h3>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Nous avions trouvé ce village un peu par hasard, en naviguant sur Internet. Il nous avait plu parce qu’il était apparemment abandonné, nous ne serions donc pas soumises à des visites de touristes ou à des voisins grincheux. L’abbaye pouvait être retapée sans problème, une architecte des environs s’y était attelée et nous disposions maintenant d’une grande maison bien à nous, avec une dizaine de chambres et un confort spartiate qui nous plaisait tout à fait : ce lieu de méditation gardait ses hautes voûtes, ses pierres de taille et un parfum mystique aptes à élever nos âmes et nos corps.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Il avait suffi de faire fonctionner le bouche à oreille (plus tard le bouche-à-bouche viendrait) pour que nous nous retrouvions ensemble à une vingtaine de femmes. Cette communauté ressuscitait un peu les espoirs de l’après-68 où, las des expériences politiques plus ou moins avortées (maoïsme, spontanéisme, trotskysme, anarchisme…) nombre de militants partirent « s’établir » loin des usines et rejoindre quelque part, au Larzac ou à Ibiza, l’utopie américaine des hippies et autres amateurs du mythe fondateur « On the road again ».</p>



<span id="more-919"></span>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Pour vivre ici, nous avions installé une mini-boulangerie grâce au four à pain délaissé et nous avions créé dans le vaste jardin un joli potager qui, grâce à un soleil généreux, nous fournissait tomates, haricots, radis, concombres, pommes de terre. Concernant la viande et le poisson – nous n’étions pas toutes végétariennes voire, pour l’une d’entre nous, «&nbsp;végétalienne&nbsp;» – un supermarché ouvrait ses portes à une dizaine de kilomètres et, à tour de rôle, nous prenions la Kangoo pour aller nous ravitailler.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">L’argent ne nous manquait pas&nbsp;; la plupart d’entre nous avaient soit amassé des économies au cours de leurs carrières professionnelles (publicité, médecine, mode, médias, traduction…), soit bénéficiaient de retraites correctes (Éducation nationale, culture, bibliothèques, transports…) qui permettaient ainsi de subvenir à une vie agréable et sans soucis matériels autres que ceux de l’entretien de l’abbaye&nbsp;: une fuite d’eau ici, une tuile à remplacer là et quelques artisans locaux pouvaient venir nous dépanner.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">Notre «&nbsp;Communauté des sœurs sans peur&nbsp;» (c’était le nom que nous avions choisi pour ce groupe de femmes libres) n’avait produit apparemment aucune inimitié dans les villages alentour. De temps en temps, une voiture grimpait sur le monticule et passait au ralenti devant notre belle bâtisse mais personne ne s’arrêtait&nbsp;: on ne désirait manifestement pas nous déranger dans nos activités qui semblaient toutes purement bucoliques.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size wp-block-paragraph">Le soir, nous organisions des concerts sans autres spectatrices que nous-mêmes : quelques-unes parmi nous, musiciennes, avaient rapatrié leurs instruments : un piano Steinway à queue, quelques violons, une contrebasse, une viole de gambe, une flûte traversière. L’enjeu était de dénicher les partitions pouvant s’adapter à l’offre actuelle d’interprétation et non le contraire. On allumait alors des chandelles et du feu dans la cheminée. Bach et Mozart étaient nos seuls invités masculins. Une fois la nuit tombée et la musique achevée, nous regagnions nos chambres individuelles. Là, des petits rendez-vous coquins pouvaient se mettre en branle, les portes se fermaient doucement tandis que des cris d’amour retentissaient parfois, comme impossibles à réfréner. Des couples se formaient, se défaisaient, mais <em>l’harmonie</em> (au sens que Fourier donna pour ses projets de phalanstère) régnait, à l’abri de nos murs épais, comme une discipline singulière et partagée.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size wp-block-paragraph">Le matin, nous étions toutes assises de chaque côté de la longue table de bois où les bols de café fumant, les céréales, le pain grillé, le beurre salé, la confiture de fraises du jardin, le lait «&nbsp;bio&nbsp;» de chez Cora, nous rassasiaient après les dépenses nocturnes effectuées par certaines d’entre nous. La politique avait disparu de notre esprit&nbsp;: nous n’avions installé ni radio ni télévision, seuls quelques ordinateurs nous reliaient au monde.</p>



<p class="has-text-align-left has-medium-font-size wp-block-paragraph">Un jour, je me souviens qu’il s’agissait d’Astrid, une voix aiguë cria qu’un fourgon bleu de la gendarmerie nationale se dirigeait vers notre village. Nous sortîmes sur la terrasse qui dominait la vallée : aucune méprise n’était permise, on venait nous embêter ! Les hommes en uniformes descendirent de leur véhicule et nous montrèrent un arrêté du préfet nous priant de vouloir bien quitter les lieux dans les quarante-huit heures pour cause de « trouble à la morale publique », sur plaintes de riverains éloignés et anonymes. Nous encaissâmes le choc : il n’y avait pas de chef parmi nous, seuls le charisme et la personnalité de chacune jouaient ce rôle toujours intermittent. Nous répondîmes que nous nous plierions à la loi, et que sous le gouvernement du président de la République Fillon il fallait s’attendre à tout. Déjà, Laure et Odile avaient branché leurs Mac et cherchaient dans quels coins géographiques cachés – comme cet horizon perdu – nous pourrions continuer notre aventure d’amitié, de rencontres et d’amour. Les perspectives semblaient de plus en plus réduites mais notre combativité n’avait pas faibli et se renforçait même face à l’adversité politique de la réaction et à sa cousine, la morale bien-pensante trempée dans un bénitier puis essorée devant nos yeux sur les dalles de notre refuge temporel.</p>



<div style="height:54px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="680" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-680x1024.jpg" alt="saint_bresson" class="wp-image-921" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-680x1024.jpg 680w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-199x300.jpg 199w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-768x1157.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson-1200x1807.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/saint_bresson.jpg 1360w" sizes="(max-width: 680px) 100vw, 680px" data-mwl-img-id="921" /></a></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong>texte&nbsp;: Dominique Hasselmann<br />photographie : Françoise Renaud</strong></em></p>
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		<title>vers l&#8217;horizon perdu [1/2]</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2016 15:21:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce texte a été écrit dans le cadre des Vases Communicants en liaison avec celui de Dominique Hasselmann qu&#8217;on peut retrouver ici. il sortait en général avant la tombée de la nuit — sans doute qu&#8217;il n&#8217;aimait pas le soleil —, il sortait de l&#8217;immeuble et se faufilait dans le flot des voitures et des &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vers-lhorizon-perdu-12/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« vers l&#8217;horizon perdu [1/2] »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce texte a été écrit dans le cadre des Vases Communicants en liaison avec celui de Dominique Hasselmann qu&rsquo;on peut retrouver <strong><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-decembre-2016-avec-dominique-hasselmann/">ici</a></strong>.</em></p>



<div style="height:47px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">il sortait en général avant la tombée de la nuit — sans doute qu&rsquo;il n&rsquo;aimait pas le soleil —, il sortait de l&rsquo;immeuble et se faufilait dans le flot des voitures et des passants en se faisant remarquer le moins possible&nbsp;— sans doute qu&rsquo;il n&rsquo;aimait pas se distinguer non plus, raison pour laquelle il portait des vêtements de couleur neutre, pantalon gris, gabardine d&rsquo;un genre que tout le monde porte en ville et qui n&rsquo;éveille aucun soupçon, jamais de chapeau ni autre fantaisie</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">tout de même cette façon singulière qu&rsquo;il avait de se glisser entre les éléments qui encombraient son parcours : arbres, bancs, lampadaires, poussettes, fourgonnettes, laissait imaginer qu&rsquo;il était suivi ou même étroitement surveillé ou qu&rsquo;il pensait l&rsquo;être, ce mouvement rapide du bras qui rabattait le pan du manteau tout en jetant un regard derrière lui, cette inquiétude perceptible au front, cette accélération du pas, cette réticence à dire parler sourire, même au boulanger qui lui servait quotidiennement sa baguette de campagne, voire un gâteau le samedi soir, rarement deux, ce qui laissait supposer qu&rsquo;il vivait seul dans cet immeuble d&rsquo;où il avait surgi comme en retard juste avant la fermeture des boutiques du quartier, certaines demeurant éclairées au-delà des horaires affichés sur la porte, chose qu&rsquo;il avait bien notée et dont il profitait souvent</p>



<span id="more-899"></span>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">à vrai dire parler n&rsquo;était pas nécessaire dans sa situation puisque le boulanger savait exactement ce qu&rsquo;il voulait — tous les jours la même chose et même qu&rsquo;il la lui mettait de côté, sa baguette —, pour ce qui était du gâteau il le lui désignait du doigt à travers la vitrine avec un pincement de lèvres et à l&rsquo;épicerie il déposait sur le comptoir ce qu&rsquo;il avait glané dans les rayons, d&rsquo;ailleurs tout se passait dans une effervescence liée à tous ceux qui entraient et sortaient et aux conversations qui se croisaient, ce qui lui permettait d&rsquo;échapper aux échanges de politesses, et il se contentait de saluer d&rsquo;un signe de tête en sortant, du coup personne ne savait rien sur lui : sur son histoire, sur ce qu&rsquo;il faisait comme métier, s&rsquo;il avait une famille, des enfants, si même il était né ici ou s&rsquo;il avait débarqué un jour de l&rsquo;étranger, s&rsquo;il avait été artiste ou auteur d&rsquo;actes héroïques, en tout cas sa tenue était propre et soignée, là-dessus rien à dire, et il ne faisait de mal à personne, après tout c&rsquo;était son droit de rester silencieux et de marcher furtivement en regardant derrière lui</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">en fait il était attentif au crépuscule dont les lueurs le bouleversaient — il n&rsquo;aurait su dire d&rsquo;où ça lui venait ni pourquoi, quelque chose d&rsquo;attaché à sa petite enfance —, oui ces lueurs capables de projeter de la féérie au ciel l&rsquo;impressionnaient, c&rsquo;était là son ultime horizon avant le grand noir, et comme il ne voulait pas rater une opportunité de le saisir, surtout quand il avait plu ou allait pleuvoir — les palettes violettes et orangées étaient alors plus puissantes —  et comme la toile se modifiait à chaque seconde, il se retournait encore et encore, et cette fois il avait bien fait, le ciel s&rsquo;était embrasé d&rsquo;un coup et la façade de l&rsquo;immeuble était devenue rouge au point qu&rsquo;il s&rsquo;était arrêté net, sac de courses à bout de bras, un landau l&rsquo;avait heurté et le bébé s&rsquo;était mis à pleurer, forcément la mère avait grommelé, s&rsquo;arrêter au milieu du trottoir comme ça brutalement, il aurait pu faire attention tout de même, tandis qu&rsquo;il regardait l&rsquo;univers fantastique projeté une paire de minutes au-dessus de sa tête<br />il ne s&rsquo;était pas aperçu qu&rsquo;il avait commencé à grignoter sa baguette<br />et quand le noir avait dominé la couleur il avait regagné son appartement, essayant de conserver en mémoire ce décor éphémère, peut-être qu&rsquo;il l&rsquo;avait écrit ou dessiné, allez savoir ce qui se passe dans ces chambres où les gens vivent et ressentent plus ou moins vivement leur solitude après avoir surpris et perdu la beauté, espoir proposé sitôt retiré</p>



<div style="height:59px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH-768x1024.jpg" alt="quai-de-valmy-paris-10e-22-11-16_dh" class="wp-image-900" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/11/Quai-de-Valmy-Paris-10e-22.11.16_DH.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" data-mwl-img-id="900" /></a></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Texte : Françoise Renaud<br />Photographie : Dominique Hasselmann</em></p>
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		<title>de l&#8217;océan 1/2</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Sep 2016 15:21:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[blanc]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce te texte a été publié le premier vendredi de septembre 2016 sur le blog de Marie-Christine Grimard dans le cadre des Vases Communicants. À la surface, ça court ça glisse comme sur une peau. On voit les petites langues levées par le vent puissant. La ligne de rencontre entre ciel et mer est dure &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/de-locean-12/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« de l&#8217;océan 1/2 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>Ce te texte a été publié le premier vendredi de septembre 2016 sur le <a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/2016/09/02/vases-communicants-de-septembre-2/">blog de Marie-Christine Grimard</a> dans le cadre des<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/"> Vases Communicants</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/09/1234250_462857803821839_179530492_n.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-705" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/09/1234250_462857803821839_179530492_n.jpg" alt="1234250_462857803821839_179530492_n" width="960" height="639" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">À la surface, ça court ça glisse comme sur une peau. On voit les petites langues levées par le vent puissant.<br />
La ligne de rencontre entre ciel et mer est dure et précise, sans nuages.<br />
Comme soulignée à la plume violette.</p>
<p style="text-align: justify;">Les vagues s’annoncent au loin, à bonne distance de la côte. Chacune ressemble à une boursoufflure. Puis à une faille à travers le bleu brossé d’écume, à une tranchée. On y voit l’intérieur du ventre de la mer. On voit combien dedans ça bouscule et rugit, ça brasse et fracasse. Un corps d’homme serait irrésistiblement aspiré, emporté, chamboulé, avant d’être rejeté à demi-mort sur le sable.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand nous étions jeunes, nous enfants de la côte, nous adorions les tempêtes. Elles soulevaient des vagues énormes et remplissaient les criques jusqu’à la goule à marée haute, refoulant la marmaille estivante sur les bancs qui bordaient la corniche. Nous espérions l’orage qui ne manquait pas d’arriver autour du 15 août, accompagné d’un bref coup de vent. Ce jour-là nous enfourchions nos vélos pour gagner des rivages plus sauvages à l’écart du bourg. Plages réputées dangereuses. On ne disait rien à personne. On y allait, on déposait nos vélos à travers les genêts et on se jetait dans la bataille. Pendant plusieurs heures.<br />
Cette ivresse à éprouver la force démente de l’eau,<br />
le corps broyé,<br />
les membres écartelés, la chevelure mêlée de sable et de sel.<br />
Jusqu’à épuisement.<br />
Chaque mur déferlant nous avalait, proposant quelque chose d’effrayant, et nous poussions des cris que nul n’entendait à cause du fracas monumental. Nous n’avions jamais peur, nous n’avions aucune mesure du danger. Parfois une vague plus vicieuse que les autres nous déportait vers la barrière noire des rochers. Nous sortions roués de coups, éraflés, ensanglantés. Nos mères nous demanderaient où donc nous étions encore allés nous fourrer. Nous dirions que ce n’était rien, ces bobos. Rien du tout. De toute façon nous nous en moquions, le paysage et le vacarme étaient nôtres, l’océan nous possédait, nous ne voulions rien d’autre qu’appartenir à ce monde qui nous avait vus naître et qui nous poussait vers l’avant avec en germe la conscience de la phosphorescence et de l’extrême beauté.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie : Port Bourgenay, Vendée &#8211; ©Marie-Christine Grimard, 2014</em></p>
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		<title>Vases communicants de septembre, avec Marie-Christine Grimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Sep 2016 08:47:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[océan]]></category>
		<category><![CDATA[promenade]]></category>
		<category><![CDATA[Terrain fragile]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi de septembre. Période caniculaire. On a besoin de frais, d&#8217;océan . Et c&#8217;est Marie-Christine Grimard que j&#8217;accueille dans ma page. Son blog s&#8217;appelle Promenades en ailleurs. Marie-Christine aime ressentir et donner à ressentir. Elle aime photographier. « Elle aime avancer tout droit, seule sous le vent. » Nous avons le même goût des paysages de &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-septembre-avec-marie-christine-grimard/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de septembre, avec Marie-Christine Grimard »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Premier vendredi de septembre. Période caniculaire. On a besoin de frais, d&rsquo;océan . Et c&rsquo;est</span> <span style="color: #cc5f16;"><strong><a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/">Marie-Christine Grimard</a> </strong><span style="color: #167087;">que j&rsquo;accueille dans ma page.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #cc5f16;"><span style="color: #993366;"><span style="color: #167087;">Son blog s&rsquo;appelle <strong><a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/">Promenades en ailleurs</a></strong>. Marie-Christine aime ressentir et donner à ressentir. Elle aime photographier. « Elle aime avancer tout droit, seule sous le vent. » Nous avons le même goût des paysages de mer. Voilà pourquoi je lui ai proposé l&rsquo;océan en partage autour d&rsquo;un échange de nos photographies.<br />
Nous voici réunies pour chevaucher les déferlantes. Un texte en deux volets. Pour commencer voici le sien.</span><em><span style="color: #cc5f16;"><br />
</span></em></span></span></p>
<h2>DE L&rsquo;OCÉAN (2/2)</h2>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-668" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-768x1024.jpg" alt="falaise, côte atlantique, photographie de Françoise Renaud" width="497" height="663" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697-1200x1600.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/08/DSCF3697.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 497px) 100vw, 497px" /></a></p>
<p>Ce matin l’air a un goût saumâtre.<br />
Ou peut-être n’est-ce que mon état d’esprit du jour…<br />
Le vent d’ouest laisse sur mes lèvres un goût amer, un goût de rentrée !</p>
<p>Dernier matin ; j’ai rangé la maison, nettoyé le réfrigérateur, remisé les fauteuils de jardin, vérifié l’irrigation des hortensias, bouclé les valises.<br />
Avant de fermer les volets sur la saison achevée, j’irai faire un dernier tour sur la falaise histoire de regarder la mer danser, histoire de ne pas oublier les heures dorées de cet été envolé.<br />
Je sais qu’il sera là, m’attendant comme chaque matin au bord de la falaise.<br />
Je sais qu’il me verra approcher de son regard latéral et qu’au dernier moment il poussera un cri strident pour me signifier de ne pas franchir la limite qu’il a choisi pour nos échanges.<br />
Je m’arrêterai tout au bord du sentier et l’écouterai en silence.<br />
Il me racontera le parfum des embruns mêlés de résine de pin, le bruit des galets glissant sous l’écume, la chanson secrète des coquillages nacrés.</p>
<p>Je lui dirai le sourire que l’océan dessine sur le visage des enfants, la caresse que le vent distille dans les cheveux de ma fille, le frisson du sable ondulant entre mes orteils lorsque la vague se retire.<br />
Il m’aidera à me souvenir du temps sucré des jours de liberté.<br />
Et quand la brume se lèvera sur la mer, je prendrai la route.<br />
Je laisserai les kilomètres défiler et mon esprit vagabonder sur ce rivage blond.</p>
<p>Il me restera quelques nuits pour rêver, à plat-ventre sur le sable, le menton sur les paumes, les cheveux ondulant sous le vent en phase avec les graminées de la dune.<br />
Il suffira de ne pas se réveiller, pas encore, pas tout de suite.<br />
Sur ce matin de rentrée&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie : Côte atlantique  ©Françoise Renaud, 2015<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications, stimule et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/2016/09/02/vases-communicants-de-septembre-2/"><span style="color: #ff9900;"><em><strong>de l&rsquo;océan (1/2) </strong></em></span></a>est à retrouver <a href="https://mariechristinegrimard.wordpress.com/2016/09/02/vases-communicants-de-septembre-2/" target="_blank" rel="noopener"><strong>ici chez elle</strong></a>.</h3>
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		<title>existence soudain fragmentée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 15:50:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[divers]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[coeurs brisés]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce te texte a été publié le 5 août 2016 sur le blog de Marie-Noëlle Bertrand dans le cadre des Vases Communicants. Nuit jour. Dedans dehors. Corps agissant, résonnant, travaillant, pleurant, communiquant, dormant, se taisant. Les murs sont des frontières entre le ciel illimité et la chambre où ils vivent. C’est la matière qui les &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/existence-soudain-fragmentee/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« existence soudain fragmentée »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>Ce te texte a été publié le 5 août 2016 sur le <a href="https://ilpleuvrademain.com/2016/07/01/le-lac-010716-francoise-renaud/">blog de Marie-Noëlle Bertrand</a> dans le cadre des<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/"> Vases Communicants</a>.</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-629" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg" alt="3793503856_f58c156297_z" width="740" height="527" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg 640w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z-300x214.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 740px) 100vw, 740px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nuit jour. Dedans dehors. Corps agissant, résonnant, travaillant, pleurant, communiquant, dormant, se taisant. Les murs sont des frontières entre le ciel illimité et la chambre où ils vivent. C’est la matière qui les guide. La matière du réel, du dehors et du dedans, de la nuit et du jour, du désir et de l’ombre. De l’univers dans tous ses états. Parfois ils se demandent de quoi il s’agit, là sur cette terre, dans ce monde tel qu’il s’est façonné autour d’eux. Ils savent éprouver joie, contrariété, terreur. Mais quand la matière se fige, ça fait des creux dans le temps. Juste après, les heures ne passent plus de la même manière. Les cœurs sont brisés. L’avenir anéanti.</p>
<p style="text-align: justify;">Drames toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Inscrits dans l’ocre du sable.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils apprennent le dernier en date par la télévision, par la Toile. Le lendemain au café ou sur le marché en faisant les courses. Un coup de folie entre nuit et jour. Haine et colère. Tout le monde en parle, parle de l’existence soudain fragmentée. Le dehors a fait irruption dans le dedans. L’architecture des bâtiments se moule autour du corps des hommes et des femmes qui pleurent devant le carnage  — personne n’aurait pu l’empêcher d’arriver. Brèches. Chambres noires. Froid et chaud. Certains voudraient s’en retourner dans les espaces du ventre d’où ils sont venus  ou d’un autre semblable, petites huttes en peau munies d’une porte pareille à une vulve — une forme qui s’oppose au rectiligne des rues, des écrans, des fenêtres. Qui s’oppose à la douleur. Pour s’y abriter. Jusqu’au soir. Mon amour. Je te tiens par la main. Il ne t’arrivera rien.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie ©Marie-Noëlle Bertrand</em></p>
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		<title>Vases communicants d&#8217;août, avec Marie-Noëlle Bertrand</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2016 08:45:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[Françoise Renaud]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Noëlle Bertrand]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi d&#8217;août. Je reçois Marie-Noëlle Bertrand sur Terrain fragile. Avec joie. Les Vases Communicants ont suscité notre rencontre. Marie-Noëlle est blogueuse depuis 2010. Son blog : La Dilettante Elle se définit comme passeuse de l&#8217;écriture des autres. Elle sème des fragments de textes, isolés ou combinés. Aussi des sons et des photographies. Elle partage &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-marie-noelle-bertrand/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants d&#8217;août, avec Marie-Noëlle Bertrand »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Premier vendredi d&rsquo;août. Je reçois Marie-Noëlle Bertrand sur Terrain fragile. Avec joie. Les Vases Communicants ont suscité notre rencontre.</span></span></em><br />
<em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><br />
Marie-Noëlle est blogueuse depuis 2010. Son blog : <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/"><strong>La Dilettante</strong></a><br />
Elle se définit comme passeuse de l&rsquo;écriture des autres. Elle sème des fragments de textes, isolés ou combinés. Aussi <strong><a href="https://soundcloud.com/eclectante">des sons</a></strong> et <strong><a href="https://www.flickr.com/photos/8989278@N03/">des photographies</a></strong>. Elle partage sa récolte avec ceux qui lui rendent visite. Elle dit aussi : « Je ne « travaille » pas beaucoup. Éclectique et dilettante, je suis&#8230; ».  Ajouter qu&rsquo;elle côtoie beaucoup les livres, travaillant en bibliothèque.<br />
Nous avons décidé d&rsquo;écrire chacune sur une photographie de l&rsquo;autre et je la remercie pour ce partage.<br />
Voici son texte : <strong>Dérisoire</strong>. Vous trouverez le mien </span></span></em><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><strong><a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/2016/08/vases-communicants-du-5-aout-2016.html">chez elle ici</a></strong> : <strong>E</strong></span></span></em><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;"><strong>xistence soudain fragmentée</strong>.<br />
</span></span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>S’ouvrent les vannes du plaisir</h2>
<p><em><span style="color: #782850; font-size: 16px;"><span style="color: #bf4e19;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-624" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1024x768.jpg" alt="P1020737" width="618" height="464" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/P1020737.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></a></span></span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour bricoler, il n&rsquo;était pas à son affaire mais il aimait bien y mettre son grain de sel quand quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre s’y collait. Dans ces moments-là, nous le surnommions « la mouche du coche ».</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le jardin, là c&rsquo;était autre chose. Ne sait si on doit parler de passion ou de lien à la terre. Lui qui, jusqu’à son retour du service militaire, s’était occupé à divers travaux agricoles, descendait chaque jour dans les entrailles de la terre — il était mineur de fond. Il consacrait son temps libre aux jardins potagers agrémentés de quelques fruits et fleurs.<br />
Dans mon souvenir, il en a toujours fait au moins deux et là il ne me viendrait pas à l’idée de remplacer faire par un autre verbe comme l’on nous y incitait dans les exercices scolaires. Faire le jardin, c’est tout à la fois l’agencer et en prendre soin.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Les outils n’étaient pas aussi bien rangés qu’ils le sont là. Leur place était contre la paroi du garage et ils étaient chargés sur la brouette ou dans le coffre de la voiture en fonction des travaux qu’il projetait.<br />
Des verbes fusent : biner, désherber, bêcher, piocher, ratisser,  sarcler, planter, fumer, repiquer, labourer, faucher… presque tous corrélés à des outils que je serais incapable de reconnaître.<br />
La pelote, la grosse ficelle qu’on déroule, on la tend entre les deux piquets pour que le rang soit droit ; un jeu d’enfant auquel nous affectionnions de nous prêter. Suivre le fil avec la pioche,  creuser un léger sillon pour accueillir les graines. Les recouvrir, arroser légèrement, voir naître une rivière dérisoire dans la terre sèche.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Deux verbes nous faisaient prendre la poudre d’escampette : cueillir et ramasser. Les cornichons d’abord, il les récoltait aux aurores afin qu’ils ne forcissent pas sous la chaleur du soleil  — c’est vrai que chez nous les cornichons nous les adorons quand ils sont petits. Il fallait les brosser avant de les immerger dans la marinade que nous préparions avec ma mère.<br />
Le pire, notre cauchemar d’enfants : les haricots verts que nous devions équeuter et effiler. Par bonheur, il les plantaient habituellement dans le jardin de mon oncle qui vivait avec mes grands-parents. Ils étaient toujours prêts, en le voyant passer avec les seaux remplis de ces maudits légumes, à nous délivrer de cette corvée.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Mon frère, à qui il a transmis cette inclination, a pris le relais. Il m’arrive de me régaler de ses exquises productions légumières. S’ouvrent alors les vannes du plaisir des mots, des gestes et des goûts retrouvés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;font-size: 16px;"><em>Photographie ©Françoise Renaud, Dans l&rsquo;atelier de mon père, 2016</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
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		<title>le lac</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2016 13:09:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[le lac]]></category>
		<category><![CDATA[Louise Imagine]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce te texte a été publié le 1er juillet 2016 sur le blog de Louise Imagine dans le cadre des Vases Communicants. Il avait eu envie de faire la traversée. Le temps était limpide, le lac posé au milieu du paysage, contours nets et précis. Même au fond là-bas — on s’en rend compte sur &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-lac/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« le lac »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>Ce te texte a été publié le 1er juillet 2016 sur le <a href="https://ilpleuvrademain.com/2016/07/01/le-lac-010716-francoise-renaud/">blog de Louise Imagine</a> dans le cadre des Vases Communicants.</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-565" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-1024x1024.jpg" alt="photographie, Louise Imagine" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image5.jpg 1398w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il avait eu envie de faire la traversée. Le temps était limpide, le lac posé au milieu du paysage, contours nets et précis. Même au fond là-bas — on s’en rend compte sur la photo. Il distinguait chaque arbre, chaque bosquet, chaque petite plage de galets clairs. Aussi les silhouettes humaines qui déambulaient et les voiliers tirés au sec sur la grève. Plein de confiance, il était entré dans l’eau et il était parti. Lentement. Posant sa nage, regardant à droite à gauche, sans se soucier des algues en lanières enracinées au fond de l’eau qui venaient caresser son ventre. Tout allait bien. Il avançait au rythme des bras qui refoulaient l’eau vers l’arrière et des jambes qui fouettaient sous la surface. Au bout d’un moment il s’était senti en forme et il avait décidé de crawler. Une nage qui exige de s’immerger, de perdre ses repères. Du coup il ne pouvait plus surveiller le décor comme avant, seulement dans les espaces brefs de la respiration. Et l’air de rien il avait commencé à dévier de sa trajectoire, juste un peu au début — certainement à cause du courant qu’il avait négligé de considérer. Mais plus il s’éloignait du rivage, plus le courant devenait sensible et plus il s’écartait. Étant donné son manque d’entraînement, il était rapidement revenu à la brasse. Alors il avait constaté combien il s’était écarté de sa ligne de départ. Pas grave. Il avait poursuivi, certain d’accomplir son projet.</p>
<p style="text-align: justify;">Forcément il avait fini par s’essouffler. Une fatigue subite lui était venue dans les jambes et l’eau lui avait paru plus sombre, peuplée de créatures dangereuses. Il avait senti l’effroi le gagner pareil à un frisson glacé et sa nage s’était déréglée, mouvements désordonnés au point qu’il ne progressait plus ni dans un sens ni dans l’autre. Il avait commencé à s’affoler, son cœur s’était emballé, il avait levé les bras en l’air pour faire signe, espérant qu’on le verrait depuis la base nautique, il avait même tenté de crier, mais le vent était en train de forcir — comme tous les jours à la cette heure-là — et les moniteurs rentraient les voiliers, s’occupaient des gréements, ils ne regardaient pas le paysage.</p>
<p style="text-align: justify;">Des petites langues de plus en plus féroces se levaient à la surface du lac et cinglaient sa figure. Il avait résisté mais l’eau rentrait dans sa bouche, dans sa gorge. Soudain il avait eu l’impression d’étouffer, tout était allé très vite, ses mains avaient battu la surface de l’eau comme si quelque chose de sauvage l’attirait vers le fond. Irrésistiblement. Les lanières rugueuses avaient entouré ses jambes pour le faire céder. Puis plus rien. Le silence du vent frappant l’ombre.</p>
<p style="text-align: justify;">La petite l’attendait sur la rive. Sagement. Corps auréolé d’une fine poussière.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographies ©Louise Imagine<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
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		<title>Vases communicants de juillet, avec Louise Imagine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jul 2016 08:24:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[intime]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Louise Imagine]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi de juillet. Une journée chaude. Et c&#8217;est Louise Imagine que j&#8217;accueille avec joie. Louise codirige actuellement la revue graphique et littéraire La Piscine. Elle est également directrice de la collection photographique Horizons chez Publie.net. Je l&#8217;ai rencontrée récemment, en chair et en os. À présent je découvre ses ouvrages. Certains titres m’interpellent fortement. &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-juillet-avec-louise-imagine/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de juillet, avec Louise Imagine »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Premier vendredi de juillet. Une journée chaude. Et c&rsquo;est</span> <span style="color: #cc5f16;"><strong><a href="https://ilpleuvrademain.com/author/louiseimagine/">Louise Imagine</a> </strong><span style="color: #167087;">que j&rsquo;accueille avec joie.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #cc5f16;"><span style="color: #993366;"><span style="color: #167087;">Louise codirige actuellement la revue graphique et littéraire</span> </span><a href="https://revuelapiscine.com/category/le-pediluve/"><strong><em>La Piscine</em></strong></a><span style="color: #800000;">. <span style="color: #167087;">Elle est également directrice de la collection photographique Horizons chez Publie.net.</span></span><br />
<span style="color: #167087;"> Je l&rsquo;ai rencontrée récemment, en chair et en os. À présent je découvre ses ouvrages. Certains titres m’interpellent fortement. </span><strong><em><a href="http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371710078/inlands">Inlands</a></em><span style="color: #167087;">,</span> </strong><em><a href="http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771000/blancs"><strong>Blancs</strong>.  </a></em><span style="color: #167087;">Étranges passerelles jetées soudain entre nous comme des évidences. Posée là, une question qui est aussi la mienne : La poésie, la peinture : que disent-­elles, en somme ?</span><br />
<span style="color: #167087;"> Et puis ses photographies. Travaux souvent exposés (Transphotographiques, rencontres d’Arles) et édités (<em>Blancs</em>, <em>Instant T</em>, <em>La Croisée des Marelles</em>), photographies de plateau, portraits, reportages… tout l&rsquo;intéresse. L&rsquo;enfance, les rivages, l&rsquo;intime&#8230; décidément au cœur de notre rencontre.</span></span></p>
<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><span style="color: #167087;">Nous voici donc réunies à la croisée de l&rsquo;image et de la poésie, entre énigme et lumière. Nous avons écrit sur un duo de ses photos. Et pour commencer voici son texte.</span><em><span style="color: #cc5f16;"><br />
</span></em></p>
<h1>LE LAC</h1>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-568" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1024x1024.jpg" alt="image1_LouiseImagine" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/06/image1_LouiseImagine.jpg 1390w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’été à peine installé, la pluie l’avait accueilli.<br />
Aucun nuage n’en avait pourtant annoncé la venue.</p>
<p style="text-align: justify;">La journée s’était déroulée chaudement. Une de ces journées claires où l’on prévoit par hasard de se retrouver entre amis au bord du lac.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions préparé le pique-nique et les bouteilles d’eau, entassé à la va-vite maillots et serviettes dans un grand sac, pris les masques de plongée des petites, la crème solaire en spray — plus facile à étaler. Nous avions marché quelques temps côte à côte, pressées d’arriver, et malgré nos pieds soulevant la poussière, nos têtes déjà naviguaient dans l’eau douce, apaisante, barbotaient aux côtés des algues noires et poissons argentés.<br />
Après avoir quitté la route, nous nous étions engagés sur le chemin caillouteux <span id="more-561"></span>qui s’élève mollement à flanc de colline pour rejoindre le sentier plus sage et balisé ceinturant le lac.</p>
<p style="text-align: justify;">De là-haut, sous nos pieds, le lac s’ouvrait tel un puits de lumière épousant le ciel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le soleil tapait encore fort et nous plissions les yeux. La luminosité se réverbérait sur le sol calcaire. La nature nous livrait sans timidité chaque détail étincelant de sa beauté : vent chaud contre nos peaux dénuées, papillons irisés sur fleurs épanouies, herbes folles aux arômes entêtants, lichens vert-gris sur écorce brute, et plus loin encore, saturant l’air, le calme profond des plans d’eau teintés des cris joyeux des enfants.<br />
Nous croisions les baigneurs de l’après-midi qui rentraient chez eux, alourdis par la nage, cheveux en bataille et joues rougies, sacs trop lourds et pas traînants.<br />
Mais nous, nous arrivions.<br />
Et la journée ronronnait au creux de nos poitrines.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois les affaires posées pêle-mêle sur la grève, nous nous étions éclaboussés pour atténuer la morsure de l’eau sombre — avions pris notre temps pour rentrer peu à peu — avions plongés d’un coup, narines pincées.<br />
Le lac, soudain, nous avait paru à la température  idéale… Nous avions lancé le ballon dans l’eau pour s’empresser d’aller le rechercher, baladé les plus petits sur un bateau gonflable. Nous avions nagé jusqu’à l’autre rive puis, après une courte halte, rebroussé chemin. Nous avions fait la planche, perdu un masque de plongée, joué à le retrouver, battu des bras et des palmes pour mimer d’étranges cétacés.<br />
Puis, sur un coin de serviette, nous avions mis eau et nourriture en commun. Et chacun à son rythme était venu picorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fils du temps, il y eut peut-être un fond d’air un peu plus frais. Une légère teinte vive dans la texture du vent. Les gilets furent sortis du sac, posés consciencieusement sur les épaules agacées des enfants. Puis — sans surprise — ramassés par terre entre les herbes sèches et la poussière, secoués vigoureusement et replacés sur les jeunes insouciants. Nous avions finalement repris peu à peu le chemin du retour. Serviettes rangées et sacs fermés.<br />
Le ciel résonnait d’une harmonie d’ocres, de roses et de dorés.</p>
<p style="text-align: justify;">L’été à peine installé, la pluie l’avait accueilli.<br />
Une pluie chaude et lourde, accompagnée du soir et de sa nuée d’étoiles.<br />
Une pluie imprévisible, impétueuse, à en faire chanter les tuiles de la maison.</p>
<p style="text-align: justify;">Le printemps s’est enfui, dilué dans la plus douce des mélodies. Aucun nuage n’en avait pourtant annoncé la venue…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine.jpg" rel="lightbox-1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-581" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1024x1024.jpg" alt="image2_LouiseImagine" width="550" height="550" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/image2_LouiseImagine.jpg 1432w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px" /></a></p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <a href="http://wp.me/pE9rZ-Dh"><span style="color: #ff9900;"><em><strong>Le lac </strong></em></span></a>est à retrouver <a href="https://ilpleuvrademain.com/2016/07/01/le-lac-010716-francoise-renaud/" target="_blank" rel="noopener"><strong>chez elle</strong></a>.</h3>
<p style="text-align: right;"><em>Photographies ©Louise Imagine<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;"></h3>
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		<title>Vases communicants de mai, avec Christophe Sanchez</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 May 2016 08:06:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[fut-il]]></category>
		<category><![CDATA[la montre-oignon]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[Premier vendredi de mai. Je reçois Christophe Sanchez sur Terrain fragile. Je le connais peu – très peu. Je l&#8217;ai vu en photo les pieds dans l&#8217;eau au bord de la mer. Je fréquente son blog FUT-IL où il écrit Les gens, ses promenades, ses lectures. J&#8217;ai aimé le texte Le buffet pour sa précision, L&#8217;espingoin &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/vases-communicants-de-mai-avec-christophe-sanchez/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Vases communicants de mai, avec Christophe Sanchez »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 16px; text-align: justify;"><em><span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Premier vendredi de mai. Je reçois</span></span><strong> <a href="http://www.fut-il.net/" target="_blank" rel="noopener">Christophe Sanchez</a></strong><span style="color: #bf4e19;"> sur Terrain fragile.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;"> Je le connais peu – très peu. Je l&rsquo;ai vu en photo les pieds dans l&rsquo;eau au bord de la mer. Je fréquente son blog <span style="color: #782850; font-size: 16px;"> <a href="http://www.fut-il.net/p/a-propos.html"><strong>FUT-IL</strong> </a></span>où il écrit Les gens, ses promenades, ses lectures. J&rsquo;ai aimé le texte</span> <a href="http://www.fut-il.net/2016/04/le-buffet.html">Le buffet</a> <span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;">pour sa précision,</span> <a href="http://www.fut-il.net/2016/04/lespingouin.html">L&rsquo;espingoin</a> <span style="color: #782850; font-size: 16px;"><span style="color: #bf4e19;">autour de son père d&rsquo;origine étrangère. Il a l&rsquo;air d&rsquo;apprécier les plaisirs simples, » les pieds dans les sandalettes qui glissent sur les cailloux, l’odeur du plein printemps qui s’aligne sur nos pas. » Alors je suis contente que vous le connaissiez aussi.</span> <span style="color: #bf4e19;"><br />
Christophe Sanchez écrit en ligne depuis dix ans. Il est co-revuiste à la revue littéraire et graphique</span><strong><a href="http://www.revuelapiscine.com/" target="_blank" rel="noopener"> La piscine</a><span style="color: #993366;"><span style="color: #bf4e19; font-size: 16px;">. </span></span></strong><span style="color: #993366;"><span style="color: #bf4e19;">Nous nous sommes proposés un échange libre. <span style="color: #782850;"><span style="color: #bf4e19;">Voici son texte.</span></span></span></span></span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>La montre-oignon</h3>
<p style="text-align: justify;">Il avait une montre dans sa poche. Pas une vulgaire montre-bracelet, banale, avec son ornement en cuir ou en métal ; pas une montre commune, pas de celles qu’on met au poignet tous les jours – comme tout le monde. Non, il avait une montre-oignon ! Alors, ça ! C’était étrange ! Comment avait-on pu marier une montre et un oignon pour en faire un seul et même objet ? Ou plante potagère ? Parce que, finalement, de quelle espèce était sa montre-oignon ? Où la trouvait-on ? Chez l’horloger ou le primeur ? Mi-temps, mi-primeur. Une primeur du temps, sans nul doute : une fraîcheur de première qualité, une montre-oignon cueillie du matin avec la rosée qui perle sur la trotteuse. L’objet – parce qu’il s’agissait bien d’un objet, je le voyais bien, même si le doute n’arrêtait pas de tourner ses aiguilles dans ma tête – faisait onduler les heures sur sa face d’oignon, à grands coups de tics et de tacs dérobés sous un bulbe de verre.<span id="more-507"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, j’ai compris en grandissant ce qu’était une montre-oignon. Mais mon grand-père ne m’en a jamais rien dit, soutenant le mystère avec malice, allant même jusqu’à me faire croire que dans son jardin il cultivait des plants de montres-oignons, qu’il en faisait des récoltes abondantes, de quoi assurer la pérennité de sa petite exploitation pour des générations et des générations – une descendance qui, grâce à cette culture ultramoderne, pourrait gaspiller oignons et temps comme bon lui semblerait, ad vitam æternam. Faut dire qu’elle a bien traversé le temps, cette montre. Symbole à elle seule du patriarcat et de la prédominance de mon aïeul sur toute la famille. Logée dans son bleu de travail, suspendue à une chaînette en argent qui dépassait ostensiblement de sa ceinture, il prenait un malin plaisir à la sortir à toute occasion en la serrant entre ses doigts crochus. Goguenard, il traçait sur ses joues des larmes chaudes en me souriant largement.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien plus tard, une fois que grand-père ne fut plus du monde des oignons comme de celui des hommes, je l’ai retrouvée dans l’armoire normande entre deux piles de gros draps brodés à ses initiales. Les aiguilles arrêtées indiquaient treize heures, l’heure habituelle de sa sieste. Ce jour-là, j’ai senti que la montre-oignon m’irritait les yeux. Je l’ai saisie avec précaution avec le pouce et l’index. Je l’ai tournée, pile, face, ai épluché quelques souvenirs, cligné des paupières pour rafraîchir la brûlure, puis je l’ai reposée dans son cocon avec un peu de mon eau pour qu’il en pousse d’autres.</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent le premier vendredi du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une <a href="https://www.facebook.com/groups/104893605886/">page Facebook</a>. Aux blogueurs de se définir un thème, d’associer des images ou du son à leur texte, l&rsquo;idée étant d’aller écrire sur le blog de l’autre.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Mon texte <em><strong>fil bleu des lèvres</strong></em> est à retrouver sur <a href="http://www.fut-il.net/2016/05/fil-bleu-des-levres-vasesco-francoise.html" target="_blank" rel="noopener"><strong>son blog FUT-IL</strong></a>.</h3>
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		<title>ne rien perdre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2016 10:36:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[chemin]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marlen Sauvage]]></category>
		<category><![CDATA[Ne rien perdre]]></category>
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					<description><![CDATA[Il va sans souci. Sans fatigue. Plus léger à l’heure fraîche. Il va, porte le vent. Glisse au flanc du versant. S’incurve, se resserre quand il faut, bientôt raidit sa pente pour entraîner vers le col. On va avec lui, on le suit — on lui fait confiance. On essaie de sentir tout ce qu’il &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ne-rien-perdre-vases-communicants-avril-2016/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« ne rien perdre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06.jpg" rel="attachment wp-att-461 lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-461" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-681x1024.jpg" alt="marlen06" width="488" height="734" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-681x1024.jpg 681w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-199x300.jpg 199w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06-768x1155.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/03/marlen06.jpg 851w" sizes="auto, (max-width: 488px) 100vw, 488px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il va sans souci. Sans fatigue. Plus léger à l’heure fraîche. Il va, porte le vent. Glisse au flanc du versant. S’incurve, se resserre quand il faut, bientôt raidit sa pente pour entraîner vers le col.<br />
On va avec lui, on le suit — on lui fait confiance.<br />
On essaie de sentir tout ce qu’il y a dans l’instant de formes, de textures, de parfums, de murmures. On ne veut rien manquer. La couleur de l’air. Le ruiné du rocher. Le port des arbres rares. La sensation d’altitude. Et puis le dessin des crêtes contre le ciel, les nuages échevelés, la résonance de l’horizon. Le tressaillement des bêtes cachées. Toutes ces choses émanant du dehors proposées au cours de la marche, cette profusion d’événements minuscules engageant le regard et les autres sens, nous reconduisant dans le giron de la nature. Finalement nous procurant un sentiment de plénitude et d’amour sans réserve pour ce monde qui bouleverse.<br />
Sentiment qui gagne en nous. Pénètre.<span id="more-460"></span><br />
Et on regrette de ne pas voir humer toucher avec plus d’acuité. On regrette d’être ignorant : tant de variétés de plantes sauvages d’insectes d’oiseaux, tant de nuances de vert de bleu. On voudrait voir profond. On voudrait voir la sève circuler dans les tiges, la pluie glisser dans la terre, les cristaux se transformer dans la pierre. L’âme dans le corps s’émerveille. Surtout ne rien perdre.<br />
Qu’importe, on y va. On va dans la joie du paysage.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du tournant l’air surprend et coule sur le visage. On a les joues rouges. On devient chemin, rocher, bout de ciel. On froisse la tête des bruyères du plat de la main, si douce couleur — couleur d’invisibles baisers — tout en se hissant jusqu’au plateau aride, râpé par les courants puissants du vent.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie ©Marlen Sauvage<br />
Ce texte a été écrit dans le cadre des Vases communicants avril 2016 et publié sur le blog de Marlen Sauvage</em></p>
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		<title>Parcelles habitées, vases communicants, mars 2016</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Mar 2016 10:21:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[ville]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[textes croisés]]></category>
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					<description><![CDATA[Voici le texte que j&#8217;ai écrit dans le cadre des Vases Communicants de mars. Échange heureux avec Anne-Sophie Bruttmann. parcelles habitées Parking numéro 10. Voiture couleur gris métallisé. Un homme penché à l’intérieur examine le dessous des sièges avec une lampe de poche. Il cherche un mégot, cheveu, bout de papier avec numéro de téléphone, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/parcelles-habitees/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Parcelles habitées, vases communicants, mars 2016 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><em>Voici le texte que j&rsquo;ai écrit dans le cadre des <strong>Vases Communicants </strong>de mars<strong>. </strong>Échange heureux avec <strong><a href="http://annesodiversetvariations.over-blog.com/" target="_blank" rel="noopener">Anne-Sophie Bruttmann</a></strong>. </em></p>
<h2 style="text-align: justify;">parcelles habitées</h2>
<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann.jpg" rel="attachment wp-att-429 lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-429" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann.jpg" alt="parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann" width="480" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann.jpg 480w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/parcellesHabitées_photoanneSophieBruttmann-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Parking numéro 10. Voiture couleur gris métallisé. Un homme penché à l’intérieur examine le dessous des sièges avec une lampe de poche. Il cherche un mégot, cheveu, bout de papier avec numéro de téléphone, objet égaré. Un début de preuve d’infidélité. Il doit être en colère pour s’acharner comme ça. Ou malade. Dans les deux cas il est malheureux. Et j’ai peur de ce qu’il va lui faire, à elle. Je souhaite soudain que les piles de la lampe se vident pour qu’il arrête.<br />
Emplacement 12 (j’ai décidé de numéroter les places en nombres pairs pour m’y retrouver). Grosse tâche d’huile. Quelqu’un a eu des ennuis récemment.<br />
Emplacement 18. Véhicule à carrosserie noire d’une marque peu répandue (je n’y connais rien en voiture). Deux types s’embrassent. Se fouillent sous les habits jusque dans les plis de peau et même à l’intérieur du corps. L’un pèse sur l’autre, ils s’agitent. Je passe au large. Quand ils auront fini, ils se démêleront, se quitteront. À vrai dire, ça m’est un peu égal.<br />
Places 20 et 22. Réservées pour les handicapés.<br />
La 32, plus loin à longer la berge. Break foncé avec banquette arrière repliée et forme allongée côté coffre. Je crois d’abord à un cadavre. Et puis je vois que ça respire. Quelqu’un là, oui. Une femme. Elle vit dans sa voiture depuis qu’elle a perdu enfants et appartement. Elle se débrouille comme elle peut. Au jour le jour. Elle a empilé ses deux valises pour pouvoir allonger les jambes et elle a étendu sa serviette de toilette par-dessus pour la faire sécher. La nuit, elle se recouvre d’une toile cirée de la même couleur que la banquette pour se cacher — ne pas se faire violer. Il y a l’eau du fleuve pas loin. Elle se lave avec avant d’aller au travail.<br />
Plus loin encore, sous le pont de la voie ferrée. Encoignure de la taille d’un carton replié de machine à laver. Un sans-logis l’a investie. Il a planté un panneau Halte là pour signifier son campement et il lance des canettes vides à qui veut s’approcher. L’agressivité le protège.</p>
<p style="text-align: justify;">Je continue à marcher. Plus loin. Plus loin<br />
Le gris devient noir. La nuit étend ses bras sur ces mille territoires minuscules. Habités. Hantés.<br />
Broie la ville et ses âmes perdues.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie : ©Anne Sophie Bruttmann, février 2016 </em></p>
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		<title>Le couteau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Feb 2016 14:14:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[Rien que du bruit]]></category>
		<category><![CDATA[Terrain fragile]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le cadre des Vases Communicants du mois de février, j&#8217;ai éprouvé beaucoup de joie à partager avec Philippe Castelneau, écrivain, libraire, ami en littérature. Nous avons échangé des photographies personnelles et nous avons écrit chacun sur la photo de l’autre. Il lui manquait un peu de lumière dans la tête, c’est vrai. Aussi un &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-couteau/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Le couteau »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 16px;"><em>Dans le cadre des <strong>Vases Communicants</strong> du mois de février, j&rsquo;ai éprouvé beaucoup de joie à partager avec<strong><a href="http://philippe-castelneau.com/" target="_blank" rel="noopener"> Philippe Castelneau</a></strong>, écrivain, libraire, ami en littérature. Nous avons échangé des photographies personnelles et nous avons écrit chacun sur la photo de l’autre.</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau.jpg" rel="attachment wp-att-424 lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-424" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau.jpg" alt="arbre_Castelneau" width="640" height="427" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau.jpg 640w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau-300x200.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/02/arbre_Castelneau-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il lui manquait un peu de lumière dans la tête, c’est vrai. Aussi un doigt qui était passé dans la scieuse. Ses mouvements étaient brusques, mal maîtrisés. Parfois il tendait ses bras au ciel comme ça et il souriait. Les gens disaient qu’il était né avec de l’avance, qu’il n’avait pas grandi comme les autres. Garçon puis petit homme. Un mètre cinquante, pas plus. Sa mère n’était pas assez solide pour cette vie, il ne lui était resté que son père qui l’avait toujours laissé faire comme il voulait — à quoi bon l’embêter ? Il l’appelait le petiot.<br />
Sa seule possession au petiot : un couteau — pas question de le lui enlever. Il s’en servait pour manger. Coupait des lamelles d’oignon et des bouts de pain. Quand il avait fini, il essuyait la lame sur sa cuisse et il sculptait des figurines – olivier, chêne, parfois bois de vigne. Des formes humaines toujours. Pour ça il était adroit, il avait de la minutie. Il parlait dans une langue trop ancienne pour être déchiffrée sinon par les gens du cru et par son père qui un jour était tombé dans la vigne. Il avait rampé sous les pampres pour aller s’effondrer au pied de l’arbre, le plus beau de la combe. Mort. <span id="more-423"></span>Une balle dans la poitrine. Un chasseur à ce qu’on avait dit. L’homme ne comptait pas pour la société, l’enquête avait tourné court et le petiot était resté seul au mas. Pour s’occuper il grimpait dans l’arbre. Son refuge. Au bout de la vigne.<br />
Ainsi juché il voyait venir les étrangers. Il attrapait des lapins avec des pièges, les égorgeait avec son couteau puis les pendait à une branche basse pour éloigner le monde. Des oiseaux aussi quelquefois, juste étouffés dans le poing. D’en haut il voyait bien l’endroit où le vieux était tombé, l’endroit précis. Il y avait enterré une figurine avec une grosse pierre par-dessus et il avait inscrit le nom de sa famille dans le tronc. Même s’il était un peu idiot, ça le travaillait au corps, cette affaire de chasseur. Et puis il s’était mis à sculpter les os des lapins après les avoir sucés. Il les enfilait sur un fil de fer et ça faisait du bruit avec le vent qui traversait les feuilles. Pour distraire le mort, pensait le petiot.</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour il avait cueilli des cerises du diable. Il savait que c’était poison, ces boutons noirs, mais ça le tentait et il les avait mangés. Il s’était senti faible alors qu’il était perché. Pris d’hallucinations, il avait perdu l’équilibre, avait chuté, le crâne avait percuté la pierre.<br />
Impact sourd. Le soleil brûlait haut.<br />
Ensuite le sang avait coulé depuis la fissure dans l’os. L’arbre trapu avait bu le sang du père et celui du fils et celui des lapins mêlés aux liqueurs de la terre.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie de Philippe Castelneau©</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;">Les Vases communicants se déroulent tous les premiers vendredis du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de<a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank" rel="noopener"> François Bon</a> et <a href="http://www.scriptopolis.fr/" target="_blank" rel="noopener">Jérôme Denis</a>. <a href="http://ladilettante1965.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Bertrand</a> coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener"> rendez-vous des vases</a>. Il existe aussi une page Facebook. Aux blogueurs de définir un thème, d’associer images ou son à leur texte et d’écrire sur le blog de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Retrouver notre échange sur le <strong><a href="http://philippe-castelneau.com/2016/02/05/le-couteau-francoise-renaud/" target="_blank" rel="noopener">blog de Philippe Castelneau Rien que du bruit</a></strong>.</p>
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