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	<title>tiers livre &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>tiers livre &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>#le livre comme fiction #1 &#124; l&#8217;image et le moment</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 May 2026 16:54:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[l’image du livre en train de s’écrire l’image qu’on en a, épaisseur, style, marges, caractères typographiques l’image qui vient la première fois quand on le tient entre les doigts, les mains qui bougent sur lui, le pressent, le feuillettent, le tournent et retournent pour sentir la qualité du papier, la texture(parce que le livre est &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/limage-et-le-moment/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« #le livre comme fiction #1 &#124; l&#8217;image et le moment »</span></a></p>]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">l’image du livre en train de s’écrire</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">l’image qu’on en a, épaisseur, style, marges, caractères typographiques</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">l’image qui vient la première fois quand on le tient entre les doigts, les mains qui bougent sur lui, le pressent, le feuillettent, le tournent et retournent pour sentir la qualité du papier, la texture<br />(parce que le livre est avant tout chose matérielle, objet en taille couleur épaisseur)</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on perçoit son odeur — mais peut-être qu’il n’en a pas, pas encore</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où le récit paraît derrière le titre ou au contraire se cache</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on comprend dans le rêve que ce livre a habité longtemps dans un endroit du cerveau sans qu’on le sache vraiment et qu’il a influencé notre itinéraire, et l’autre moment beaucoup plus tard quand on en retrouve un exemplaire dans la bibliothèque – mais peut-être que ça, c’est dans un autre rêve<br />(il n’a pas besoin d’être singulier, juste un livre dans ce qui le caractérise avec une couverture plus ou moins solide et des pages couvertes de signes)</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on comprend qu’il fait partie de nous, peut-être parce qu’il a été lu dans l’enfance et qu’il a compté plus que les autres livres ou tout simplement parce qu’il était le premier qu’on possédait, ou peut-être parce qu’il vient de nous, entièrement de nous, parce qu’on l’a écrit nous-mêmes au début de notre vie d’adulte, d&rsquo;ailleurs on souvient soudain du mal qu’on avait eu à décider d’un titre, à imaginer même qu’il serait lu par d’autres</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où on le referme<br />le moment où on le pose sur la table et qu’il se détache des mains, du corps, de nous</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où il n’a plus d’importance</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où il s’efface parce que la mémoire a vieilli et les articulations des mains font mal, de toute façon on ne parvient plus à mettre un nom dessus</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">le moment où, même dans l’oubli une fois la mémoire dissoute, il reste rattaché à notre pensée comme intégré au ciment de nos os et on ne se souvient d’aucun mot, juste d’une impression, une couleur de forêt, un silence de vallée aride</p>



<div style="height:47px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1280" height="960" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3.jpg" alt="" class="wp-image-7248" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3.jpg 1280w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2026/05/Ohpasbienlarge_3-824x618.jpg 824w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" data-mwl-img-id="7248" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph"><em>écrit sur une proposition de l&rsquo;atelier Tiers Livre, « Le livre comme fiction », le 3 mai 2026<br /> Photographies françoise renaud</em></p>
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		<title>accident</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 May 2021 12:03:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[accident]]></category>
		<category><![CDATA[Dictionnaire du Comment écrire]]></category>
		<category><![CDATA[petites solitudes immobiles]]></category>
		<category><![CDATA[tiers livre]]></category>
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					<description><![CDATA[Vous allez le comprendre, je suis à nouveau arrêtée dans ma course. Repos forcé, nouvelle épreuve, mais ça va aller&#8230; J&#8217;en profite pour écrire sur ces circonstances &#8212; une contribution au Dictionnaire du « Comment écrire » sur Tiers Livre autour de ce terrible mot Accident. Vivre &#8211; écrire- traverser le temps et l&#8217;espace &#8211; accueillir &#8211; &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/accident/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« accident »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 15px;">Vous allez le comprendre, je suis à nouveau arrêtée dans ma course. Repos forcé, nouvelle épreuve, mais ça va aller&#8230; J&rsquo;en profite pour écrire sur ces circonstances &#8212; une contribution au Dictionnaire du « Comment écrire » sur Tiers Livre autour de ce terrible mot <em>Accident</em>.<br />
Vivre &#8211; écrire- traverser le temps et l&rsquo;espace &#8211; accueillir &#8211; participer à son devenir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Fait imprévu intervenant au beau milieu de la vie. Choc violent, chute, culbute, torsion, bouleversement, anéantissement, interruption momentanée ou définitive de l’image. L’accident arrive sans crier gare. Il touche soi ou les autres. Quand il s’agit d’un proche, c’est comme si c’était soi, pire même. L’accident déchire la toile, détruit la perception qu’on a du temps. Tout ce qui était bâti ou en train de s’inventer s’effondre. En un éclair l’accident reconfigure le monde – comme une mise à jour. Forcément générateur d’écriture à plus ou moins long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque accident dont j’ai été victime, a planté ses griffes dans la chair et la mémoire, a secoué l’idée de la mort tout en creusant une zone grise dans le livre en cours d’écriture. Hier j’étais heureuse de mon escapade dans l’ouest, de mes carrés de potager en espérance de soleil, de mes petits projets. Et voilà qu’un linteau de porte me stoppe net. Je me fracture le dos. Corps à terre, douleur aigüe. Le printemps a brusquement changé de visage. Il y a deux ans : la cheville tourne, le corps bascule dans un trou creusé par une pelleteuse dans la rue – combien de fois déjà, cet enracinement défaillant ? Ou encore, à la mort du père : l’escalier aux marches mouillées, tibia brisé.</p>
<p style="text-align: justify;">L’accident réclame nécessairement des mots &#8212; écrits ou simplement prononcés &#8212; afin qu’ils constituent une douce enveloppe, caressent nos os et nos joues, engendrant une sorte de psalmodie consolante alors qu’on voudrait encore marcher le long  du fleuve, se donner une chance de voir le paysage plus loin. L’accident crée des inclusions dans le texte pareils aux insectes saisis à jamais dans l’ambre, petites solitudes immobiles.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie : Iris couchés au jardin, Françoise Renaud, mai 2021</em></p>
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