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	<title>temps &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>temps &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>traversées du temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 13:25:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[moments]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[traversées]]></category>
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					<description><![CDATA[moment de la venue au jourmoment du cri, la douleur de chair chez elle escortée par le cri  moments suspendus, seule avec le tout-petit avant de rentrer à la maison moments de séparation, le passé le présent, le noir le blanc, l’avancée le retrait, quand tout se défait s’enflamme se déballe se détruitmoment au centre &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/traversees-du-temps/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« traversées du temps »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">moment de la venue au jour<br />moment du cri, la douleur de chair chez elle escortée par le cri  <br />moments suspendus, seule avec le tout-petit avant de rentrer à la maison</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">moments de séparation, le passé le présent, le noir le blanc, l’avancée le retrait, quand tout se défait s’enflamme se déballe se détruit<br />moment au centre du bâtiment où se promènent les monstres et les fantômes de la nuit</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">l’espace, la chute sans fin, le corps qui plonge dans la stupeur à cause des pensées noires  <br />sans cesse l’enfance à rebours<br />sans cesse l’appel à la tendresse</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">et puis la peur à cause de l’autre incapable de tendre la main, à cause des résurgences brûlantes de l’enfance qui obscurcissent le cerveau et déroulent des scènes oubliées, film muet en noir et blanc projeté en boucle et en arrière-plan &nbsp;&nbsp;</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">moments à peine entrevus dans la brièveté d’une lumière clignotante, aveuglante, chargée des poussières de planètes lointaines, le genre de lumière qui réanime d’autres moments écartés du souvenir comme passés à la trappe<br />moments exempts de sens avec sensation de déchirure si intense qu’elle ne peut être dite<br />moment de miracle face à l’aube nouvelle toute habitée de piaillements d’oiseaux</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">basculements arrachements lignes brisées secousses séismes violences rapprochements soudains</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">moments en d’autres pays qui racontent des histoires ignorées<br />moments de décomposition de l’espoir</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">secrets rages débordements ardeur des sentiments et des saisons flamboyantes qui tournent en tempêtes&nbsp;</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">moments d’étreinte, chaleur, mains serrés, regards pour se réconcilier<br />moments de l’abandon du corps à cause de la fièvre ou de l’amour<br />moments de grâce avant le soir</p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<pre class="wp-block-verse has-text-align-center has-x-small-font-size">écrit autour d'un texte d'Henri Michaux "Moments, traversées du temps"<br /><br /><em>présences multiples<br />enlace... entrelace... ce qui entrelace...<br />l’infini est serpent<br />« L’habitant de la face en désordre<br />n’abandonne pas. »</em><br /><br /><em>Photographie - mon jardin ©Françoise Renaud, mars 2025</em></pre>



<p></p>
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		<title>parler pour moi parler en moi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2024 17:33:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[maison détruite]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[perte]]></category>
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					<description><![CDATA[j&#8217;aurais dû j&#8217;aurais dû prendre note de l&#8217;évolution des choses j&#8217;aurais dû tenir un carnet de désinstallation pendant ces mois au cours desquels la maison de famille a commencé à devenir le centre de mes préoccupations puis à glisser dans l&#8217;oubli, progressivement vidée des matières qui faisaient qu&#8217;elle avait été vivante : papiers, livres, bibelots, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/parler-pour-moi-parler-en-moi/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« parler pour moi parler en moi »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-medium-font-size">j&rsquo;aurais dû <br />j&rsquo;aurais dû prendre note de l&rsquo;évolution des choses <br />j&rsquo;aurais dû tenir un carnet de désinstallation pendant ces mois au cours desquels la maison de famille a commencé à devenir le centre de mes préoccupations puis à glisser dans l&rsquo;oubli, progressivement vidée des matières qui faisaient qu&rsquo;elle avait été vivante : papiers, livres, bibelots, casseroles, vaisselle, fiches de cuisine, épicerie dans le placard, vêtements, chaussures, petit linge, draps de lit, portraits, broderies encadrées accrochées au mur (fierté de ma mère), objets mémoire, objets autour de ma sœur morte, albums de photographies, et ce sentiment d&rsquo;une immense tâche à accomplir entre entassement et sédimentation, la quête de recyclage pour chaque chose comme on cherche à placer au mieux des enfants orphelins, ne pas jeter, si possible donner, le sentiment d&rsquo;un immense gaspillage<br />soixante-quinze ans de vie entre ces murs érigés par mon père dans les années cinquante</p>



<p class="has-medium-font-size">on ne peut imaginer tout ce qui s&rsquo;entasse, se sédimente (dessous il y a en a encore)</p>



<p class="has-medium-font-size">à présent une sorte de vide qui résonne dans mon corps</p>



<p class="has-medium-font-size">lui le père est dans la tombe, plus exactement ses os, car il n&rsquo;est plus depuis sept ans, en vérité je ne compte plus les années, ce n&rsquo;est pas nécessaire<br />dans ma cheville droite la mémoire de son décès, tête du tibia cassée la veille de son inhumation à cause d&rsquo;une mauvaise chute dans l&rsquo;escalier conduisant à la cuisine, mon pied valide sautillant autour du cercueil disposé à la croisée des allées de sable dans le cimetière de Sainte Marie<br /><br />parler pour moi<br />parler en moi<br /></p>



<p class="has-medium-font-size">parler au passé alors que la maison est désormais prête à la vente (restent les rideaux oubliés aux fenêtres), une maison qui va être détruite, définitivement rayée de la carte, surface remise à zéro, elle s&rsquo;était bâtie autrefois sur une parcelle appartenant à un grand-oncle, faisant elle-même partie d&rsquo;une grande propriété qui remontait loin dans le chemin creux (adjectif qui en dit long sur ce qu&rsquo;était ce chemin à l&rsquo;époque), finalement ce n&rsquo;est pas plus mal, tout va se dissoudre avec eux qui s&rsquo;étaient mariés en juin 1949 et avaient eu l&rsquo;année suivante une petite fille qui avait marqué tous ceux qui l&rsquo;avaient connue avant qu&rsquo;elle ne disparaisse (elle n&rsquo;avait pas encore dix ans), happée par une maladie de sang, de toute façon trop fragile et trop douce pour avoir une longue existence et affronter les violences du monde</p>



<p class="has-medium-font-size">parler pour dire les pensées qui ne font que me traverser <br />pensées qui reviendront plus tard en boucle dans mes rêves</p>



<p class="has-medium-font-size">oui j&rsquo;aurais dû <br />j&rsquo;aurais dû inventer autre chose pour dire encore, une autre forme, pas seulement un carnet de mise au rebut qui aurait retracé les différentes séquences vécues depuis le mois de mai : la prise de décision, le déménagement de maman, la mise en vente, les visites, les rapports avec l&rsquo;agent immobilier, les réactions du voisinage, les rapports difficiles avec la fratrie, mais ça n&rsquo;aurait pas servi à grand chose puisque de tout façon je me serais retrouvée au même point avec le paquetage sur le dos et la contrainte d&rsquo;avancer dans le temps pour que tout se retrouve derrière, détruit, gravats emportés en décharge, sol remué, fruitiers plantés l&rsquo;année de ma naissance arrachés et jardins disparus, élaborer le projet peut-être d&rsquo;écrire un autre livre, un livre qui parlerait de la petite mais d&rsquo;une autre façon jamais utilisée à partir de l&rsquo;ombre et de la lumière qu&rsquo;elle a laissées et toute la douleur aussi comme une trace d&rsquo;huile sur le bitume </p>



<p class="has-medium-font-size">ne reste plus que les photos et la splendeur du pays de mer qui m&rsquo;a appris la beauté</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="618" height="824" data-id="5450" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-5450" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



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<div style="height:28px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-large"><img decoding="async" width="824" height="618" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-5460" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-2000x1500.jpg 2000w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size"><em>Photographies Françoise Renaud, décembre 2024</em></p>
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		<title>en écrivant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 16:35:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[carnet d'installation]]></category>
		<category><![CDATA[coquelicot]]></category>
		<category><![CDATA[écrire]]></category>
		<category><![CDATA[en lisant en écrivant]]></category>
		<category><![CDATA[fleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Gracq]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 2 juillet 2023 &#124; le temps a filé tout seul, je n&#8217;ai rien vu, je ne sais pas où il est allé &#124; je sais que j&#8217;ai cherché à le rattraper &#124; je sais que la pluie est venue, que la terre s&#8217;est réjouie de cette source céleste manifestée au moment parfait, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-ecrivant/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en écrivant »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading" id="block-5e6f4aba-3b53-48e6-a789-82c7775176ff">carnet d&rsquo;installation | <em>2 juillet 2023</em></h2>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">| le temps a filé tout seul, je n&rsquo;ai rien vu, je ne sais pas où il est allé |  je sais que j&rsquo;ai cherché à le rattraper | je sais que la pluie est venue, que la terre s&rsquo;est réjouie de cette source céleste manifestée au moment parfait, c&rsquo;était une soirée et une nuit à suivre de la semaine dernière, les services météo l&rsquo;avaient promis depuis quelques jours oui sans doute, mais rien ne venait, chaque fois de l&rsquo;orage au loin, quelques grondements, rien de plus | et puis un soir de grand gris par-dessus le dôme du ciel, enfin elle est venue | légumes abreuvés vivifiés redressés : tomates grandies, melons telles de petites balles à dorer, haricots à l&rsquo;assaut des palissades, salades jeunes en train de s&rsquo;installer, courgettes déjà belles | ne pas oublier les fleurs bien sûr, sauges enracinées s&rsquo;épanchant s&rsquo;affirmant, tournesols ouvrant leur cœur, et multiples têtes colorées dont j&rsquo;ai oublié les noms listés sur le sachet de graines |</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);">et c&rsquo;est <em>en écrivant</em> </p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);">que je sens le temps filé absorbé par ma chair de vivante tout comme l&rsquo;eau absorbée par le corps de la plante, tandis que je conduis les tâches quotidiennes afin que la vie se poursuive, </p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);">tout comme l&rsquo;eau </p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">| désormais impossible d&rsquo;écrire ces deux mots <em>en écrivant</em> sans les associer à deux autres si proches, en fait devenus indissociables | <em>en lisant en écrivant</em>  | cet  ouvrage de Julien Gracq que j&rsquo;ai dû acheter plusieurs fois et lu sans relâche, impérissable | et c&rsquo;est <em>en écrivant</em> que je vois les blés chevaucher le coteau et offrir leurs épis dans l&rsquo;axe de la plus grande lumière pour les mûrir, je vois les derniers coquelicots au bord du fossé, les composées blanches et jaune tendre au plus frais de l&rsquo;herbe | <em>en écrivant</em> je place les choses dans le tableau à leur place, j&rsquo;ajuste et m&rsquo;oblige à préciser leur présent pour fixer les images quelque part dans mon avenir, pour ne pas oublier | <em>en écrivant </em>l ne pas oublier, jamais |</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><em>Photographie Françoise Renaud &#8211; à l&rsquo;orée du domaine, mi juin 2023</em></p>
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		<title>plumage d&#8217;une tourterelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Feb 2023 15:05:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[lumière]]></category>
		<category><![CDATA[oiseau]]></category>
		<category><![CDATA[plumage]]></category>
		<category><![CDATA[saison]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[tourterelle]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 13 février 2023 L&#8217;année a avancé l&#8217;air de rien et a déjà fait bouger la saison. Les matins sont moins blancs et les pousses d&#8217;iris pointent le nez dans la mousse mais la masse de choses à accomplir est lente à remuer. Tout nécessite du temps. Du temps pour déchiffrer la lumière &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/plumage-dune-tourterelle/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« plumage d&#8217;une tourterelle »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation | <em>13 février 2023</em></h3>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">L&rsquo;année a avancé l&rsquo;air de rien et a déjà fait bouger la saison. Les matins sont moins blancs et les pousses d&rsquo;iris pointent le nez dans la mousse mais la masse de choses à accomplir est lente à remuer. Tout nécessite du temps. Du temps pour déchiffrer la lumière qui filtre sous le volet le matin et indique l&rsquo;heure qu&rsquo;il est. Du temps pour repérer les lattes du plancher qui craquent fort. Du temps pour percevoir l&rsquo;apaisement des arbres quand le vent chute, trouver le réglage idéal du four, dénicher le bon artisan pour avancer une part de chantier, affiner les parcours quotidiens. On ne s&rsquo;accoutume pas si facilement après un tel bouleversement et on peut vite sentir l&#8217;emprise des difficultés se resserrer autour de soi. S&rsquo;accoutumer, s&rsquo;acclimater, s&rsquo;accommoder, apprivoiser les éléments du moment et reprendre sa respiration tout en fermant les yeux, visage comme enfoui dans le plumage d&rsquo;une tourterelle. <em>Quelque chose comme un floconnement de molécules d&rsquo;une infinité de gris très doux</em> comme le décrit Claudie Hunzinger dans son très beau <em>Un chien à ma table</em>. Ainsi qu&rsquo;un rituel de réconciliation je pense au ventre doux de l&rsquo;oiseau, retourne au lit, reprends le livre pour un moment tranquille loin des nécessités et à l&rsquo;écoute de la palpitation du jour montant.</p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><em>Photographie Françoise Renaud©</em> &#8211; février 2023</p>



<p class="has-medium-font-size"> </p>
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		<title>étreindre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Jan 2022 18:09:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[blanc]]></category>
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		<category><![CDATA[versant]]></category>
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					<description><![CDATA[journée du 25 janvier Quoi tenter d’étreindre ce matin en ces heures de gel encore. Ciel pâle alors qu’en arrière du versant il y a davantage de couleur. Puis elle vient la couleur et remplit la vallée. Dans la timidité de l’hiver. Une gamme de jaune ocré mêlé de blanc et de beige rosé. Irruption &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/etreindre/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« étreindre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-left"><em>journée du 25 janvier</em> </p>



<p class="has-drop-cap">Quoi tenter d’étreindre ce matin en ces heures de gel encore.</p>



<p>Ciel pâle alors qu’en arrière du versant il y a davantage de couleur. Puis elle vient la couleur et remplit la vallée. Dans la timidité de l’hiver. Une gamme de jaune ocré mêlé de blanc et de beige rosé. Irruption brusque du soleil à dépasser le versant. Et cette longue trace blanche de l’avion qui amorce sa descente vers la plaine et la mer là-bas toute plate.</p>



<p>Elles deux caquètent se précipitent l’une contre l’autre. En attente de grain ou d’herbe. Elles gloussent parlent vraiment quand je passe. Je leur parle aussi. Elles me suivent observent chaque mouvement de ma silhouette. Demeurent vigilantes à ma voix. Elles ne connaissent que cela entre tanière double haie de framboisiers et ganivelles fabriquées avec du bois de rivière. Le rythme de leur attente. La pulsation chuchotée de leurs petits cœurs sous les plumes. Et puis cette flambée joyeuse en battements d’ailes effrénés quand j’entre avec de la pitance à distribuer.</p>



<p>Scintillements du jour. Soleil au maximum du possible en cette saison. S’incline sur ma lecture.</p>



<p>Il n’y a pas de récit, pas d’événement notable. Parfois simplement un sursaut dans la poitrine qui raconte la vie simple ici et maintenant.</p>



<p>Je cherche la couleur au jardin mais il n’y a presque pas. Tas de végétaux qui sèchent et se décomposent chaque jour un peu plus. Les tiges de glaïeul encore dressées sont devenues rousses. Écoulement permanent de l’eau. La rive n’est qu’enchevêtrement de bois délavés branches brindilles touffes d’herbe gelées bouts de clôture charriés par d’anciennes inondations puis chahutés rochers pris dans la masse végétale. Un peu plus haut, une petite plage aux cailloux lisses comme triés par le courant. Gris foncé gris clair et blanc.</p>



<p>Chatte tapie dans une jardinière. Elle croit que personne ne la voit. Elle affûte son espionnage. Chaque traque est un commencement. Chaque saut, une ligne dessinée dans l&rsquo;espace, un franchissement.</p>



<p>La courge coupée en deux offre sa chair sur la table de cuisine. Graines humides attachées les unes aux autres qui seront mises à sécher. Y tailler des quartiers. Peler la peau. Dans ce geste prêter attention à la trajectoire du couteau qui détache l’écorce de la matière consommable. La courbe tracée dedans. La force qu’il faut pour faire avancer le couteau. Contenus comme inscrits dans l’orangé de la chair le goût le velouté le parfum de la soupe.</p>



<p>De quoi s’emparer à présent que le vent est rentré, vent du nord frigorifiant soufflant par les collines les berges les ruelles.</p>



<p>Le feu danse salvateur. Tourbillons flammes élans dans le désordre bois sombre braises. J’offre mon corps au feu après le froid comme s’il s’agissait d’un soleil comme au premier jour de la vie. Je profite de la peau qui se réchauffe en fourmillements un peu douloureux. Cède à l’attraction de la contemplation du brasier qui active souvenirs agonies séparations dans l’avancée irréductible des secondes qui nous pousse hors du champ.</p>



<pre class="wp-block-verse has-text-align-center">regarder, regarder encore, saisir des choses imperceptibles et essentielles
ensuite trouver le chemin de l'écriture

et non il n'a pas neigé mais c'est un peu ce sentiment de blancheur et de silence que j'ai recherché 
et puis user seulement de phrases courtes et simples, 
sans virgules... 
juste des points classiques...
</pre>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>Photographies : FR, au jardin en hiver 2018</em></p>
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		<title>en mon for intérieur &#8211; jour #25</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2020 08:10:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[en mon for intérieur]]></category>
		<category><![CDATA[atelier corps visage]]></category>
		<category><![CDATA[ateliers Tiers Livre]]></category>
		<category><![CDATA[la blancheur]]></category>
		<category><![CDATA[semaine pascale]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[vendredi saint]]></category>
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					<description><![CDATA[J&#8217;ai décidé en ce vendredi particulier, jour #25 du confinement, de publier un texte achevé tout juste hier, en réponse à une proposition Ateliers de François Bon autour de Pierre Bergounioux &#8212; un atelier intitulé : temps référentiel &#38; temps du récit. Ou encore : « de comment rendre compte narrativement d’un morceau complexe du réel &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-mon-for-interieur-jour-25/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en mon for intérieur &#8211; jour #25 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 15px;"><span style="color: #450303;">J&rsquo;ai décidé en ce vendredi particulier, jour #25 du confinement, de publier un texte achevé tout juste hier, en réponse à une proposition Ateliers de François Bon autour de Pierre Bergounioux &#8212; un atelier intitulé : <strong><a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3826">temps référentiel &amp; temps du récit</a>.</strong><br />
Ou encore : « de comment rendre compte narrativement d’un morceau complexe du réel avec durée »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>la blancheur</h2>
<p style="text-align: justify;">Un long moment elle a parcouru les endroits de sa vie récente à la recherche d’un événement cyclique, d’une circonstance, d’une simple scène qu’elle aurait observée ou à laquelle elle aurait participé et qui se serait répétée suffisamment de fois pour être saisie en écriture et restituer une sensation de temps écoulé, mais elle n’a pas trouvé. Depuis qu’elle vit par ses propres moyens, elle s’est appliquée à échapper aux traditions et aux obligations familiales. Pas de vacances dans la même maison à la mer ou à la campagne — pas de vacances du tout —, pas de lieux fétiches, pas tellement d’habitudes. Une nouvelle fois elle s’oriente vers l’enfance alors que les parents dictaient la marche à suivre et décidaient de la tournure des choses. Et dans ce monde où ils étaient tous nés, dans ce pays qui était le leur, les fêtes chrétiennes s’imposaient pareilles à des bornes immémoriales, précieuses car constituant la partition du temps et concourant à l’organisation de la société rurale, occasions d’inviter la famille, d’assister ensemble aux cérémonies et de partager un repas. Mais elle n’avait jamais aimé les messes, les banquets et tout ça. Une réaction envers sa mère qui elle au contraire se réjouissait de ces rassemblements, les entourait en rouge sur le calendrier et veillait à leur réussite. Ne lui restait plus qu’à se carrer dans sa solitude, garder ses distances tout en se demandant pourquoi il fallait être dérangé par autant de monde à la fois, faire semblant d’être content, bien se tenir quoi. Et de cet événement qui survenait au cœur d’avril et qui chamboulait les rythmes domestiques, elle se souvient à priori de peu de chose.<span id="more-2635"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Elle se souvient du temps, généralement beau. Les jardins renaissaient. Les arbres fleurissaient. Oiseaux. Premiers papillons. Lumière en abondance, ce qui changeait les perceptions et la respiration.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se souvient des corps abandonnant les vêtements d’hiver — un événement en soi. Du sombre on passait au clair, une mutation prévue de longue date, la mère confectionnant de nouvelles robes ou rafraîchissant celles de l’année précédente en ajoutant un col brodé ou un galon. De même pour les chapeaux sortis du dessus de l’armoire, en un tour de main parés d’un ruban en organdi ou d’un petit bouquet de fleurs sèches. L’occasion aussi d’acheter de nouvelles chaussures dans la mesure de l’argent disponible. À bien considérer les choses, l’événement commençait donc dans l’avant-printemps quand la mère installait son atelier de couture et œuvrait à leurs tenues pascales, puis s’échelonnait en petites séquences — difficiles de les lister toutes — jusqu’au grand Jour. Car, avant de profiter des vêtements neufs, il fallait accepter les privations du Carême et assister aux différentes étapes de la passion du Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se souvient du vendredi saint. Elle et sa mère descendaient à l’église du bourg — était-ce donc une histoire de femmes qui se jouait là, capacité à la compassion et compréhension de la douleur faisant partie de leurs savoirs innés. En tout cas chaque année l’homme martyr portait son fardeau et toute la peine du monde ce vendredi-là à travers une foule de gens excités et haineux et c’était infiniment douloureux de revivre sa terrible agonie au long des quatorze panneaux en bois peint accrochés aux murs de l’église qui racontaient toute l’histoire. L’assemblée des dévots suivait des yeux la petite procession qui déambulait en habits de circonstance et psalmodiait à chaque station. Le rite était puissant, les tableaux expressifs, les actes cruels. Et elle, l’enfant, retenait son souffle quand le supplicié tombait, quand les clous s’enfonçaient dans ses mains, quand l’éponge vinaigrée s’approchait de sa bouche. Chaque détail venait lui trouer le ventre. Au terme de quoi, Jésus sur la croix dressée mourait. Le dimanche, la pierre du tombeau avait roulé sur le côté et le corps avait disparu. Et sans doute était-ce la succession des vendredis saints et des dimanches de Pâques, alternance de souffrance et de lumière, qui lui avait parlé très tôt de la blancheur. Blancheur des robes, des fleurs de fruitier, des nuages au ciel. Blancheur du corps nu supplicié, du linge tendu par Véronique, du suaire. Blancheur de la résurrection. Ou alors était-ce quelque chose qui lui était apparu lentement au fil des séquences inlassablement répétés comme on s’aperçoit que la saison change, comme on comprend après une bonne moitié de vie qu’imperceptiblement le monde autour de soi n’est plus tout à fait le même que la veille. La blancheur avait pris beaucoup d’importance. Elle était joie après la douleur, indice de métamorphose, preuve que le temps glissait en dehors de la conscience humaine et qu’il n’y avait pas d’hier ni de demain, seulement le présent qui passait, nous entrait avec rage dans la chair, nous percutait, nous changeait autant que le décor ou le paysage.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se souvient du moment où la famille débarquait en voiture le dimanche par le chemin derrière la maison, tous endimanchés, heureux des retrouvailles, s’empressant d’oublier la résurrection du sauveur pour passer à l’apéritif et profiter du festin avec plats de poisson et de viande. Il y avait alors un épisode crucial, l’instant beurre blanc, domaine dans lequel la mère avait sa réputation à défendre. Si malheureusement elle était dans ses lunes, une tante prenait le relais par crainte que la sauce tourne. Étrange croyance populaire qui allait s’inscrire dans son subconscient tel un lien établi entre le sang de femme et la sauce au beurre capable de lui donner la nausée.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se souvient aussi des regards appuyés de quelques hommes sur ses jambes découvertes et le tissu blanc de la robe tendu par la pointe de ses seins naissants.</p>
<p style="font-size: 15px; text-align: right;"><em>Illustration : Flagellation du Christ, Le Caravage, 1607</em></p>
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		<title>peu à peu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 May 2019 15:26:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[odeurs de vent]]></category>
		<category><![CDATA[os]]></category>
		<category><![CDATA[père]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
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					<description><![CDATA[29 avril sortie du bloc opératoire, tu ressens de la confusion et du soulagement, et puis une certaine dose d&#8217;euphorie à retourner de nuit à la chambre 201 (encore inondée de soleil il y a quelques heures), euphorie qui d&#8217;ici l&#8217;aube se transforme en fatigue profonde, indice que ça recommence tout en bas suite à &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/peu-a-peu/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« peu à peu »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-2024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-618x824.jpg" alt="" width="525" height="700" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-768x1024.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668-1200x1600.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/1949_janvier_1-e1557217513668.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 525px) 100vw, 525px" /></p>
<p style="text-align: justify;">29 avril</p>
<p style="text-align: justify;">sortie du bloc opératoire, tu ressens de la confusion et du soulagement, et puis une certaine dose d&rsquo;euphorie à retourner de nuit à la chambre 201 (encore inondée de soleil il y a quelques heures), euphorie qui d&rsquo;ici l&rsquo;aube se transforme en fatigue profonde, indice que ça recommence tout en bas suite à l&rsquo;épreuve  — recommencer : commencer à nouveau, se lever pour la première fois, marcher, se laver menu comme si les compteurs étaient soudain retombés à zéro —</p>
<p style="text-align: justify;">30 avril</p>
<p style="text-align: justify;">tu rentres chez toi soutenue par deux hommes solides et gais, tu as du mal à supporter la lumière, la chatte grise t&rsquo;a entendue venir (elle sait bien qu&rsquo;il s&rsquo;est passé quelque chose), d&rsquo;ailleurs elle se montre sitôt que tu franchis le portail, tu lui parles, elle se frotte à ta jambe <span id="more-2017"></span>et miaule, tu lui parles avec infinie tendresse, il y a de l&rsquo;émotion à revenir sur les lieux de ta vie réelle, du bonheur simple et presque des larmes</p>
<p>4 mai</p>
<p style="text-align: justify;">le chamboulement t&rsquo;a brassé le corps et l&rsquo;esprit à la façon d&rsquo;une marée qui brasse le sable et les algues, il t&rsquo;apporte des lots d&rsquo;images anciennes — certaines claires, d&rsquo;autres en partie effacées —, tu restes calme étendue sur le lit où la chatte se plaît à ronronner au milieu des silences et des odeurs de vent, et puis tu oses glisser à l&rsquo;intérieur du temps fragile (pareil à l&rsquo;os, périssable, <em>effritable </em>et changeant de texture), tu abandonnes ta paume sur le drap, livres épars, et tu ressens combien le silence des arbres grandis sur le coteau ouvre sur un espace très lointain</p>
<p>5 et 6 mai</p>
<p style="text-align: justify;">tu dialogues avec ton frère venu de l&rsquo;autre bout du pays pour deux jours complices (<em>on fera avec</em> avait-il annoncé et tu avais acquiescé), avoir un frère est finalement une chose étrange, relation unique et irremplaçable où se choquent et se maillent des bribes d&rsquo;enfance, l&rsquo;évidence de la mutation des corps à travers l&rsquo;âge et la brillance des yeux — toujours la même — chargée des mille et une histoires si souvent racontées lors des repas de fête dans la maison au bord de la mer bâtie par le père dans les années cinquante, avec l&rsquo;odeur de l&rsquo;herbe, des fruits blets et des fagots d&rsquo;osier écorcé en attente d&rsquo;être vanné, dans l&rsquo;après-midi vous regardez ensemble quelques photographies et tu soulignes encore une fois son visage si bouffi et fermé dans les derniers mois (visage si beau quand il était jeune homme), tu penses que les lieux de l&rsquo;enfance ne cesseront jamais d&rsquo;être reparcourus</p>
<p>7 mai</p>
<p>à nouveau solitude de la chambre dans cette confrontation avec mon propre corps, avec cette douleur sourde qui enveloppe le lieu blessé ainsi qu&rsquo;une carapace, douleur légère mais présente — juste ce qu&rsquo;il faut pour te rappeler au calme et espérer</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie : Père et mère,  janvier 1949</em></p>
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		<title>à portée de corps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Apr 2017 09:40:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[blanc]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[chair]]></category>
		<category><![CDATA[désir]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[rouge]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
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					<description><![CDATA[tout cela à portée de corps, de regard ça coule, ça progresse, ça rebondit, ça abreuve les animaux qui vont sans entraves on est forcément étourdi par cette course perpétuelle, cette grâce, cette musique parce qu&#8217;elle est issue du sédiment primitif, du blanc de la naissance et de la mort, de la brume qui noie &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-rouge-des-plantes/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« à portée de corps »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1065 size-large" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-1024x768.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></a></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095.jpg" rel="lightbox-1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1063 size-large" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-1024x768.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></a></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097.jpg" rel="lightbox-2"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-1064" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-1024x768.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">tout cela à portée de corps, de regard<br />
ça coule, ça progresse, ça rebondit, ça abreuve les animaux qui vont sans entraves<br />
on est forcément étourdi par cette course perpétuelle, cette grâce, cette musique parce qu&rsquo;elle est issue du sédiment primitif, du blanc de la naissance et de la mort, de la brume qui noie les anciennes forêts poussées sur des versants vertigineux en bordure des zones habitées, parce qu&rsquo;elle se moque de l&rsquo;histoire, des aventures passées, ne se préoccupe que du présent</p>
<p style="text-align: justify;">malgré l&rsquo;intensité du spectacle, la fatigue n&rsquo;a de cesse de nous poursuivre, le désir de plaire étroitement conjugué au besoin de consolation impossible à satisfaire tandis que le temps se déploie, ou plutôt se resserre et s&rsquo;amaigrisse au point qu&rsquo;on s&rsquo;effraie, qu&rsquo;on tressaute au moindre bruit dans les fourrés</p>
<p><span id="more-1062"></span></p>
<p style="text-align: justify;">quelques livres sont glissés dans le sac, prêts à nous sauver de la mélancolie, de l&rsquo;ennui, de la tentation d&rsquo;abandonner la partie<br />
quelques fruits pour la soif<br />
assis dans l&rsquo;herbe, on lit et relit le passage où ils se retrouvent et se pressent l&rsquo;un contre l&rsquo;autre, on voudrait que ce soit vrai, qu&rsquo;ils puissent se retrouver comme ça dans la réalité et se serrer et s&#8217;embrasser jusqu&rsquo;à perdre le souffle, jusqu&rsquo;à mourir, une entente totale pareille au mouvement de l&rsquo;eau sur les galets et au reflet du ciel dans l&rsquo;eau, sans précipitation, dans l&rsquo;intensité d&rsquo;une chose qui n&rsquo;arrivera qu&rsquo;une fois – une seule – et qui parviendra sur l&rsquo;instant à compenser les manques d&rsquo;une existence entière et voilera la mémoire jusqu&rsquo;à en effacer de larges pans,<br />
et puis ils restent allongés l&rsquo;un près de l&rsquo;autre, essoufflés, émus, dans un état de fatigue extrême, l&rsquo;eau autour d&rsquo;eux et le monde et le rouge des plantes éprouvées par l&rsquo;hiver qui se ravigotent à ressentir la lumière, ils voudraient garder les sens ouverts comme ça et rouges, longtemps, loin de l&rsquo;état de souvenir, et ils ont bien conscience que ce qui vient d&rsquo;arriver sera impossible à reproduire, tout comme chaque instant écoulé quelle que soit sa nature, passé, envolé, aussi ils tentent de ne rien perdre du bruit des bouches, de l&rsquo;impact, du râle et de l&rsquo;enchevêtrement des membres – c&rsquo;est ce qui est raconté dans le livre –, ils savent que la fin est proche, qu&rsquo;il est déjà trop tard</p>
<p style="text-align: justify;">on referme le livre, on mange une poire et on se lave les mains dans le ruisseau<br />
maintenant on voudrait rentrer à la maison, apaisé, allégé du poids de la vie et de sa propre chair</p>
<p style="text-align: right; font-size: 15px;"><em>Texte et photographies : Françoise Renaud, avril 2017</em></p>
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