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	<title>perte &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>perte &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>parler pour moi parler en moi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2024 17:33:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[maison détruite]]></category>
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					<description><![CDATA[j&#8217;aurais dû j&#8217;aurais dû prendre note de l&#8217;évolution des choses j&#8217;aurais dû tenir un carnet de désinstallation pendant ces mois au cours desquels la maison de famille a commencé à devenir le centre de mes préoccupations puis à glisser dans l&#8217;oubli, progressivement vidée des matières qui faisaient qu&#8217;elle avait été vivante : papiers, livres, bibelots, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/parler-pour-moi-parler-en-moi/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« parler pour moi parler en moi »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-medium-font-size">j&rsquo;aurais dû <br />j&rsquo;aurais dû prendre note de l&rsquo;évolution des choses <br />j&rsquo;aurais dû tenir un carnet de désinstallation pendant ces mois au cours desquels la maison de famille a commencé à devenir le centre de mes préoccupations puis à glisser dans l&rsquo;oubli, progressivement vidée des matières qui faisaient qu&rsquo;elle avait été vivante : papiers, livres, bibelots, casseroles, vaisselle, fiches de cuisine, épicerie dans le placard, vêtements, chaussures, petit linge, draps de lit, portraits, broderies encadrées accrochées au mur (fierté de ma mère), objets mémoire, objets autour de ma sœur morte, albums de photographies, et ce sentiment d&rsquo;une immense tâche à accomplir entre entassement et sédimentation, la quête de recyclage pour chaque chose comme on cherche à placer au mieux des enfants orphelins, ne pas jeter, si possible donner, le sentiment d&rsquo;un immense gaspillage<br />soixante-quinze ans de vie entre ces murs érigés par mon père dans les années cinquante</p>



<p class="has-medium-font-size">on ne peut imaginer tout ce qui s&rsquo;entasse, se sédimente (dessous il y a en a encore)</p>



<p class="has-medium-font-size">à présent une sorte de vide qui résonne dans mon corps</p>



<p class="has-medium-font-size">lui le père est dans la tombe, plus exactement ses os, car il n&rsquo;est plus depuis sept ans, en vérité je ne compte plus les années, ce n&rsquo;est pas nécessaire<br />dans ma cheville droite la mémoire de son décès, tête du tibia cassée la veille de son inhumation à cause d&rsquo;une mauvaise chute dans l&rsquo;escalier conduisant à la cuisine, mon pied valide sautillant autour du cercueil disposé à la croisée des allées de sable dans le cimetière de Sainte Marie<br /><br />parler pour moi<br />parler en moi<br /></p>



<p class="has-medium-font-size">parler au passé alors que la maison est désormais prête à la vente (restent les rideaux oubliés aux fenêtres), une maison qui va être détruite, définitivement rayée de la carte, surface remise à zéro, elle s&rsquo;était bâtie autrefois sur une parcelle appartenant à un grand-oncle, faisant elle-même partie d&rsquo;une grande propriété qui remontait loin dans le chemin creux (adjectif qui en dit long sur ce qu&rsquo;était ce chemin à l&rsquo;époque), finalement ce n&rsquo;est pas plus mal, tout va se dissoudre avec eux qui s&rsquo;étaient mariés en juin 1949 et avaient eu l&rsquo;année suivante une petite fille qui avait marqué tous ceux qui l&rsquo;avaient connue avant qu&rsquo;elle ne disparaisse (elle n&rsquo;avait pas encore dix ans), happée par une maladie de sang, de toute façon trop fragile et trop douce pour avoir une longue existence et affronter les violences du monde</p>



<p class="has-medium-font-size">parler pour dire les pensées qui ne font que me traverser <br />pensées qui reviendront plus tard en boucle dans mes rêves</p>



<p class="has-medium-font-size">oui j&rsquo;aurais dû <br />j&rsquo;aurais dû inventer autre chose pour dire encore, une autre forme, pas seulement un carnet de mise au rebut qui aurait retracé les différentes séquences vécues depuis le mois de mai : la prise de décision, le déménagement de maman, la mise en vente, les visites, les rapports avec l&rsquo;agent immobilier, les réactions du voisinage, les rapports difficiles avec la fratrie, mais ça n&rsquo;aurait pas servi à grand chose puisque de tout façon je me serais retrouvée au même point avec le paquetage sur le dos et la contrainte d&rsquo;avancer dans le temps pour que tout se retrouve derrière, détruit, gravats emportés en décharge, sol remué, fruitiers plantés l&rsquo;année de ma naissance arrachés et jardins disparus, élaborer le projet peut-être d&rsquo;écrire un autre livre, un livre qui parlerait de la petite mais d&rsquo;une autre façon jamais utilisée à partir de l&rsquo;ombre et de la lumière qu&rsquo;elle a laissées et toute la douleur aussi comme une trace d&rsquo;huile sur le bitume </p>



<p class="has-medium-font-size">ne reste plus que les photos et la splendeur du pays de mer qui m&rsquo;a appris la beauté</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="618" height="824" data-id="5450" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-5450" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_142021-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="618" height="824" data-id="5449" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_141744-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-5449" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_141744-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_141744-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_141744-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241202_141744-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>
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<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignwide size-large"><img decoding="async" width="824" height="618" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-5460" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/12/20241203_143238-2000x1500.jpg 2000w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size"><em>Photographies Françoise Renaud, décembre 2024</em></p>
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		<title>temps très changeant au mois de mai</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 May 2019 13:10:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[chirurgien]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[mois de mai]]></category>
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		<category><![CDATA[poussières en suspens]]></category>
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					<description><![CDATA[8 mai un jour à écouter la pluie tomber, à imaginer qu&#8217;elle abreuve les jardins et s&#8217;accumule dans les canaux de la terre pour l&#8217;été (qui sera chaud peut-être, personne ne sait), tu demeures presque privée de pensées, flottant dans cet après-midi froide et brumeuse, rien qu&#8217;à écouter la pluie 9 et 10 mai le &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/temps-tres-changeant-au-mois-de-mai/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« temps très changeant au mois de mai »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-2054" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-822x824.jpg" alt="" width="640" height="641" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-822x824.jpg 822w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-768x770.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré-1200x1202.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1020738_carré.jpg 2044w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p style="text-align: justify;">8 mai</p>
<p style="text-align: justify;">un jour à écouter la pluie tomber, à imaginer qu&rsquo;elle abreuve les jardins et s&rsquo;accumule dans les canaux de la terre pour l&rsquo;été (qui sera chaud peut-être, personne ne sait), tu demeures presque privée de pensées, flottant dans cet après-midi froide et brumeuse, rien qu&rsquo;à écouter la pluie</p>
<p style="text-align: justify;">9 et 10 mai</p>
<p style="text-align: justify;">le retour du soleil dynamise à nouveau l&rsquo;espace, c&rsquo;est ce que tu ressens en observant les poussières qui dansent  autour de toi, poussières qui semblent te relier aux mouvements et aux paysages perdus (du moins pour le moment), <span id="more-2030"></span>au rythme vital qui possède toute chose, aux mystères et aux éclipses de ta mémoire souvent sollicitée dans tes récits et tes fictions — y a-t-il une réelle différence ? —, fouillée comme un terreau noir où se dissimulent mille particules nutritives et mille êtres invisibles&#8230; de ton côté tu parleras plus volontiers de textes (mot qui d&rsquo;après toi peut tout désigner, tout englober, autant les lacunes que les points brûlants, toujours révélateurs d&rsquo;un parcours indomptable), textes à parcourir à pied et avec les yeux tout comme les lieux géographiques, visibles, tangibles, capables de redessiner l&rsquo;inconsolable — pertes, peurs, rivalités dans l&rsquo;amour, accidents, maladies, tout ce qui entrave le cours du quotidien et nous laisse exsangue au bord de la route, pourtant inutile de pleurer sur la liberté perdue, juste réunir le courage avant de repartir à l&rsquo;assaut  —, oui tu aimes parler de textes à saisir dans la pogne ainsi qu&rsquo;une miche de pain pour s&rsquo;y tailler de beaux morceaux&#8230; d&rsquo;ailleurs c&rsquo;est ce que tu fais en ces jours où le temps s&rsquo;alanguit, tu t&#8217;empares des livres et des mots et tu les dévores et tu observes les poussières qui dansent dans la chambre, leur chute interminable révélant les jeux de la gravité et de la relativité comme des composantes inhérentes à tout objet, à tout corps vivant</p>
<p style="text-align: justify;">et tu reviens sur le mot rivalité, soudain si important si cinglant, car au fond pour le père tu étais une rivale, tu le supplantais dans des domaines qui avaient toujours été les siens (le jardin par exemple), tu le dominais sur le plan de la parole et de la créativité, tu prenais de la place — sa place — si bien qu&rsquo;en ta présence il se taisait, était sur le recul, ne voulait pas combattre — surtout ne pas admirer le moindre de tes talents, il s&rsquo;en serait écorché la bouche —, son ombre toujours violente à évoquer à chaque tournant,  pourtant tu l&rsquo;aimais tant</p>
<p>ce qui demeure en toi après tout ça</p>
<p>« encore une fiction ? — une vérité »</p>
<p style="text-align: justify;">13 mai</p>
<p style="text-align: justify;">la pression au niveau de ta lombaire se fait moins cruelle, les crispations s&rsquo;estompent, tu épies le moindre signe de réparation comme si tu surveillais un feu qui couve et menace de reprendre, parfois tu touches du doigt le pansement dans le dos ou la page d&rsquo;agenda où est griffé en rouge ton prochain rendez-vous avec le chirurgien — délai configuré en jours et non plus en semaines —, cet homme artisan de ta reconstruction qui doit conserver souvenir de ses patients à travers des clichés de leur colonne vertébrale fracturée, à peine le temps de le rencontrer, de lui poser toutes les questions qui rôdent dans ton esprit inquiet, enfin tu alignes tes mots pour décrire toujours à l&rsquo;autre (aux autres) ce que tu deviens</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie : Atelier de Père</em><em>, Françoise Renaud, 2017<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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