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	<title>oublier &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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		<title>rien que pour vous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Nov 2015 09:52:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Attentats de Paris, vendredi 13 novembre 2015. &#160; Il y a deux jours, un ami m&#8217;a envoyé la liste des assassinés du Bataclan. J&#8217;ai commencé à lire. Stéphane, Nick, Jean-Jacques, Halima, Hodda, Chloé. Après le prénom et le nom, étaient inscrits l&#8217;âge, la nationalité. J&#8217;ai imaginé leurs visages. J&#8217;ai imaginé ce qu&#8217;ils s&#8217;étaient en train &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/rien-que-pour-vous/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« rien que pour vous »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/11/Marc-Riboud-Huangshan-Mountains-China1986.jpeg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-331" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/11/Marc-Riboud-Huangshan-Mountains-China1986-1024x685.jpeg" alt="Marc-Riboud-Huangshan Mountains, China1986" width="730" height="488" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/11/Marc-Riboud-Huangshan-Mountains-China1986-1024x685.jpeg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/11/Marc-Riboud-Huangshan-Mountains-China1986-300x201.jpeg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/11/Marc-Riboud-Huangshan-Mountains-China1986-600x400.jpeg 600w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/11/Marc-Riboud-Huangshan-Mountains-China1986.jpeg 1196w" sizes="(max-width: 730px) 100vw, 730px" /></a></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>Attentats de Paris, vendredi 13 novembre 2015.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a deux jours, un ami m&rsquo;a envoyé la liste des assassinés du Bataclan. J&rsquo;ai commencé à lire. Stéphane, Nick, Jean-Jacques, Halima, Hodda, Chloé. Après le prénom et le nom, étaient inscrits l&rsquo;âge, la nationalité. J&rsquo;ai imaginé leurs visages. J&rsquo;ai imaginé ce qu&rsquo;ils s&rsquo;étaient en train de se dire juste avant que la chose arrive. Ils étaient français, anglais, tunisiens, roumains, vénézuéliens. Peut-être qu&rsquo;ils riaient ou se tenaient la main.<br />
Je n&rsquo;ai pas prêté beaucoup d&rsquo;attention aux chaînes de télé qui ont raconté —  rabâché — l&rsquo;histoire minute après minute pour faire de l&rsquo;audience, si bien que je ne sais pas comment les fous de Dieu étaient entrés, avaient engagé leurs chargeurs et avaient pointé leurs fusils pour imposer leur loi, donner la leçon à ces innocents, Emmanuel, Macathéo, Élodie, tous les autres qui se trouvaient là pour la musique. Ils avaient affirmé que la guerre n&rsquo;était qu&rsquo;en son début et, à ce qu&rsquo;il paraît, avaient réclamé l&rsquo;assentiment de ceux qu&rsquo;ils tenaient en joue — enfin, comment leur donner raison ? Depuis cet instant où l&rsquo;info a commencé à circuler, mon cerveau a cherché à se représenter cette folie. Les types cagoulés en vêtements sombres ou treillis militaires, leurs voix gutturales, leurs gestes avec l&rsquo;arme luisante dans leurs bras. Et puis la scène de carnage. Même la nuit. Dans mon sommeil. C&rsquo;était le diable à coup sûr qui avait généré un tel événement. Pour échapper au sort certains avaient couru comme s&rsquo;ils avaient fui une coulée de lave, un incendie. Même avec une balle dans la cuisse. Leurs cheveux étaient collés du sang des autres. Ils portaient l&rsquo;horreur dans leurs yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Vendredi 13. Personne n&rsquo;oubliera.<span id="more-326"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Du monde partout bien sûr. C&rsquo;était un vendredi soir. Dans les stades de foot, les cafés, les terrasses, les cinémas, les salles de spectacle, les restaurants, les théâtres. On avait entendu des explosions. Du côté du stade. Ailleurs aussi. Et puis une prise d&rsquo;otage dans une salle de concert, c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils avaient dit. Un journaliste qui habitait le quartier avait vu depuis son troisième étage des jeunes sortir à l&rsquo;arrière du bâtiment puis courir en hurlant jusqu&rsquo;à tomber, se fracasser les genoux sur le trottoir, haletant, pleurant.<br />
Mais qu&rsquo;est ce qui se passe ?<br />
Il avait crié. Personne n&rsquo;avait répondu, ses mots s&rsquo;étaient dissouts. La peur les conduisait hors champ.<br />
Gorge serrée, il avait filmé les cris avec son téléphone.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ceux retenus à l&rsquo;intérieur qui participaient à la scène, voyaient partout le sang répandu, les membres explosés, les fragments de chair dispersés sur leurs vêtements. Olivier, Pierri, Charlotte, Lamia. Terrorisés. Ils voyaient leur fin. La salle obscure était jonchée de débris issus des corps, pareille à un champ de bataille. L&rsquo;air vibrait de rage. Si terrible le bruit des rafales, à jamais inscrit sous leurs peaux. Maintenant comment vivre avec ça ?<br />
Mais je ne vais pas continuer. Impossible. La liste est trop longue, la douleur trop grande.<br />
Je ne peux que joindre ma douleur à celle de tous les endeuillés, hébétés, qui cherchent à comprendre aujourd&rsquo;hui encore, à celle des gens de la rue qui continuent à déposer des bougies à l&rsquo;orée de la nuit, juste pour rendre hommage à nos victimes.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme on vous aime, vous tous partis trop tôt, Suzon, Cédric, Nohémi fusillés en pleine jeunesse, assassinés pour d&rsquo;absurdes raisons. Et vous aussi blessés profondément, en suspens entre limbes et lumière. Vous nous manquez terriblement, vous manquez à vos parents, à vos amis, à l&rsquo;humanité toute entière. Rien que pour vous, il faudrait rayer de la carte les marchands d&rsquo;armes, les corrompus, les assoiffés de fortune. Il faudrait recomposer les paysages du monde, vous venger par l&rsquo;amour, sublimer votre départ par l&rsquo;art et par la création. Par exemple peindre vos sourires, écrire des livres pour dire et laisser trace et puis tout effacer pour parler de la beauté. Car rien en dehors de la beauté ne peut apaiser les plaies engendrées en cette soirée funeste. Exactement ce que nous allons faire : sourire, danser, dessiner, écrire des poèmes en couleurs et des morceaux de musique pour que vos images scintillent, pareilles à de nouvelles planètes poussées au firmament.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><em> Photographie : © Marc Riboud, Huangshan Mountains, China, 1986.</em></p>
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