<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>maison &#8211; Terrain Fragile</title>
	<atom:link href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tag/maison/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile</link>
	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
	<lastBuildDate>Wed, 24 Jul 2024 07:17:37 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/12/cropped-arbres-32x32.jpg</url>
	<title>maison &#8211; Terrain Fragile</title>
	<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>se moquer d&#8217;habiter</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/se-moquer-dhabiter/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/se-moquer-dhabiter/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jul 2024 16:21:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[chambre à soi]]></category>
		<category><![CDATA[habiter]]></category>
		<category><![CDATA[maison]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=5286</guid>

					<description><![CDATA[1Habiter le pays de mer pour commencer la vie, la maison construite pas loin de la côte par le père courageux soucieux d’abriter sa famille, enfants en train de naître, maison souvent décrite dans mes romans et probablement détruite d’ici quelques mois au départ de la mère, elle aussi très vieille désormais, maison qui va &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/se-moquer-dhabiter/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« se moquer d&#8217;habiter »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">1<br />Habiter le pays de mer pour commencer la vie, la maison construite pas loin de la côte par le père courageux soucieux d’abriter sa famille, enfants en train de naître, maison souvent décrite dans mes romans et probablement détruite d’ici quelques mois au départ de la mère, elle aussi très vieille désormais, maison qui va rester dans mon souvenir avec jardin aux rangs de légumes bien ordonnés et grenier transformé en chambre de jeune fille quand j’avais eu 14 ans avec de la peinture bleu ciel autour de la fenêtre et un dessus de lit assorti, fond bleu avec fleurs, souvenir intouchable façonné par les tempêtes et les étés d’adolescence</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">2<br />Habiter la ville dans la jeunesse avec la soif de nuit et de folie, la ville est un pays, la ville ouvre ses bras ses zones brûlantes ses artères, la ville crée un abri illusoire et protège ses résidents et ses passants, je la découvre sous le ciel puissant du Sud, elle est ma nouvelle maison, ma liberté</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">3<br />Se moquer d’habiter parce qu’on ne fait qu&rsquo;être dehors, que rechercher l’aventure, la chambre est vide et neutre, ne sert qu’à recueillir le corps qui dort, le corps qui apprend à voler comme un faucon dans le rêve</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">4<br />La chambre dite universitaire était située au rez-de-chaussée d’un petit bâtiment à la cité Vert-Bois nichée dans les romarins, les lentisques et les chênes verts, matière de maquis qui permettait aux voyeurs de se glisser jusqu’aux fenêtres dans l’aile des filles, trahisons des regards, intrusions dans le soi intime qu’on ne connaît pas encore ou si peu</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">5<br />Habiter rue Pouget, premier appartement rien qu&rsquo;à moi loin du pays d’enfance, loin des parents et des gens fréquentés jusque-là, petite maison désuète autant dire dans son jus pour accueillir amis amants, autrement dit deux-pièces aux murs couverts de vieilles tapisseries avec gros fauteuil en cuir datant de l’autre siècle et placard de cuisine en formica vert pâle, salle de bains bricolée, un lieu loué par un monsieur à moustache et voix métallique qui avait poursuivi une carrière d’arbitre de football, il m&rsquo;arrivait de le rencontrer en passant par le garage et je détestais ça, de toute façon ce qui comptait le plus c’était le jardin ancien avec plusieurs espèces de roses et de nombreuses plantes indisciplinées, aussi le chat blanc sourd qui venait par les toits et me visitait chaque jour, je l&rsquo;aimais tant</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">6<br />Un quartier populaire mal famé, petit logement dans un immeuble aux portes de garage taguées, rentrer à la maison par les ruelles et les recoins obscurs, le porche lui aussi sans lumière, bien vérifier, ne pas être suivie, pousser la porte, grimper rapidement l’escalier, pourtant une fois ça a bien failli mal tourner, agression une nuit d&rsquo;été, en haut ma pièce-refuge avec quelques rayons de livres récupérés et un bureau en bois qu’un ami de Frankfort m’avait donné, là où j’ai commencé à écrire</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">7<br />Apprendre à habiter, à occuper l’espace, à récupérer dans la rue des objets mis au rebut pouvant être détournés, en faire son affaire, habiller les murs et les sols, créer le cocon, apprendre à vivre seul et se sentir suffisamment bien pour tenter d&rsquo;écrire un peu la nuit</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">8<br />La cabane était faite de bambou, palmes en guise de toit, elle était comme posée sur le sable, pas encore de tourisme dans ces régions éloignées au sud de l’île de Java, rien qu&rsquo;une misérable cabane de pêcheurs qu’on m’avait louée pour quelques roupies, je m’étais envolée dans mes rêves, m&rsquo;étais laissée fasciner par les rugissements inconnus d’un monde que je notais et dessinais dans un petit carnet, et le jour je marchais courais ramassais des coquillages, la nuit j’écrivais et volais dans le ciel</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">9<br />La maison de l&rsquo;oncle Joseph était neuve dans la banlieue d’une grande ville, les pièces résonnaient tant elles étaient vides, ou alors c’était à cause de la nature du béton, j’y ai vécu pour une année près du lycée, le temps de grandir un peu plus avant de vivre la grande solitude de l’internat, comme un seuil à franchir</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">10<br />Habiter la maison d&rsquo;un artiste le temps d&rsquo;un été dans une solitude brûlante pas loin du quartier gitan, la maison grande et exempte de bruits, seulement les sons en provenance du dehors, une courette fraîche, la beauté des espaces et la présence de l&rsquo;art un peu partout accroché aux murs ou posé sur les marches de pierre</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);">11<br />Habiter, faire d’un lieu un chez soi, chercher la protection des murs et des étoiles</p>



<div style="height:34px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignfull size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200001.jpg" alt="" class="wp-image-5289" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200001.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200001-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200001-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200001-2000x1125.jpg 2000w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="5289" /></figure>



<div style="height:46px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignfull size-full"><img decoding="async" width="2560" height="1440" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200004.jpg" alt="" class="wp-image-5290" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200004.jpg 2560w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200004-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200004-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2024/07/P1200004-2000x1125.jpg 2000w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" data-mwl-img-id="5290" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographies ©Françoise Renaud, campagne limousine, juillet 202</em>4</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/se-moquer-dhabiter/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>21</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>intervalle</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/intervalle/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/intervalle/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Sep 2023 16:24:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[horizon]]></category>
		<category><![CDATA[maison]]></category>
		<category><![CDATA[maison d'enfance]]></category>
		<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[océan]]></category>
		<category><![CDATA[saisons]]></category>
		<category><![CDATA[visages]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=4392</guid>

					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 17 au 24 septembre 2023 le sentiment de bénéficier d&#8217;une pause après des mois consacrés à la construction d&#8217;une vie nouvelle, une pause nécessaire après l&#8217;été mouvant pour éprouver tout ce qui advient au fil des semaines, au fil des saisons, tout ce qui arrive aux jardins autour des bâtiments et des &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/intervalle/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« intervalle »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation |<em> 17 au 24 septembre 2023</em></h2>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">le sentiment de bénéficier d&rsquo;une pause après des mois consacrés à la construction d&rsquo;une vie nouvelle, une pause nécessaire après l&rsquo;été mouvant pour éprouver tout ce qui advient au fil des semaines, au fil des saisons, tout ce qui arrive aux jardins autour des bâtiments et des zones sauvages, aux arbres, aux murs, aux corps, aux visages, à son propre corps et à son propre visage qui se sont reflétés plus jeunes dans les miroirs de cette autre maison, maison qui compte encore beaucoup et que je viens de rejoindre au sud de la Bretagne | je la retrouve bien entretenue en dépit de l&rsquo;absence définitive du père et je me surprends dans le miroir de la salle d&rsquo;eau comme on dit par ici, petit lieu resserré entre la chambre et la salle à manger avec un néon au-dessus du lavabo qui fait ressortir plus encore les rides qu&rsquo;en plein soleil, le genre de néon qu&rsquo;on n&rsquo;arrive plus à changer parce qu&rsquo;ils ne font plus ce modèle dans les magasins de bricolage | et ce visage dans le miroir est un espace sans fioritures qui se creuse peu à peu |  je ne m&rsquo;y reconnais pas dans les traits, plutôt dans les expressions et dans les ressemblances avec elle, petite mère | en fait je ne me préoccupe pas de ressemblance ni de dégradation, seulement de la ligne du regard pareille à une ligne d&rsquo;horizon parfois dissimulée par les grands cyprès bleus à s&rsquo;approcher de la côte ou noyée dans la brume marine, ligne d&rsquo;horizon faite des événements de l&rsquo;enfance, des blancs, des bleus, des tempêtes et des images de l&rsquo;île de l&rsquo;autre côté de la baie où j&rsquo;ai grandi | chacun de ces jours est un jour nouveau et l&rsquo;émotion demeure perceptible sur son visage à elle à chaque instant, comme si c&rsquo;était la dernière fois</p>



<div style="height:60px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image alignfull size-large is-style-default"><img decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/09/P1190029-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-4404" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/09/P1190029-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/09/P1190029-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/09/P1190029-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/09/P1190029-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/09/P1190029-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/09/P1190029-2000x1124.jpg 2000w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" data-mwl-img-id="4404" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographies, ©Françoise Renaud &#8211; côte de Jade, 23 septembre 202</em>3</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/intervalle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>6</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ma passagère</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ma-passagere/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ma-passagere/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jun 2023 12:10:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[édredon]]></category>
		<category><![CDATA[maison]]></category>
		<category><![CDATA[mère]]></category>
		<category><![CDATA[vieillissement]]></category>
		<category><![CDATA[visiteuse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=4151</guid>

					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 18 juin 2023 Cet endroit au centre du pays devient peu à peu lieu de passage, étape entre deux points. Entre nord et sud. Entre océan et montagnes. Il est doté désormais d&#8217;une chambre d&#8217;amis, certes ornée de motifs désuets destinés à disparaître sous un nouvel enduit et encombrée par quelques cartons &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ma-passagere/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« ma passagère »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation | <em>18 juin 2023</em></h2>



<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Cet endroit au centre du pays devient peu à peu lieu de passage, étape entre deux points. Entre nord et sud. Entre océan et montagnes. Il est doté désormais d&rsquo;une chambre d&rsquo;amis, certes ornée de motifs désuets destinés à disparaître sous un nouvel enduit et encombrée par quelques cartons de livres, mais infiniment calme et apte à accueillir. Ces derniers jours, une occupante particulière : la femme qui est ma mère.  Un si bref séjour. A peine le temps de me raconter les menus événements du bord de la mer et les dernières disparitions &#8212; à son âge elle perd du monde tous les jours, famille, voisins, anciens élèves &#8212; et toujours chez elle, cette hâte à repartir à peine arrivée, cette inquiétude à accomplir le trajet en sens inverse avec le frais ou la chaleur, des orages peut-être, de la circulation sur la route, quoi qu&rsquo;un dimanche ça devrait&#8230; enfin on verra bien&#8230; cette insécurité à se déplacer hors de sa zone de vie, hors de son périmètre maîtrisé. Une chose qu&rsquo;on peut comprendre alors qu&rsquo;elle entame sa quatre-vingt-quinzième année d&rsquo;existence&#8230; et toujours de belles jambes, peu de rides, un cerveau qui fonctionne plus que bien quoi qu&rsquo;elle en dise. Tout le monde l&rsquo;envie. Je lui rappelle de saisir son présent comme il vient, d&rsquo;aller là où est son plaisir. Elle hoche la tête, sourit, me serre la main. Ainsi fait-elle passer son affection davantage que par les mots.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Ce matin, encore visibles les traces de sa venue dans le pli du couvre-pieds rouge que je déménage depuis des décennies &#8212; il appartenait à Maurice qui habitait la maison du puits et que je considérais comme mon grand-père &#8211;, dans le livre abandonné sur le rebord de fenêtre, le mouchoir oublié, le sourire envolé fixé dans une photo.</p>



<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographie ©Françoise Renaud- au jardin, 20 juin 2023</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ma-passagere/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>10</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>début de chantier</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/debut-de-chantier/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/debut-de-chantier/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jan 2023 14:30:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[chantier]]></category>
		<category><![CDATA[granit]]></category>
		<category><![CDATA[maison]]></category>
		<category><![CDATA[matière]]></category>
		<category><![CDATA[vie ordinaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=3764</guid>

					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 22 janvier 2023 le mot chantier ravive des sensations déjà connues, je parle de confrontation avec le bâti, avec des matières lourdes et rugueuses, le ciment qui durcit les mains, les outils qui blessent, la fatigue dans les muscles à force de répéter la même tâche &#124; le mot chantier évoque une &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/debut-de-chantier/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« début de chantier »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation |<em> 22 janvier 2023</em></h3>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">le mot chantier ravive des sensations déjà connues, je parle de confrontation avec le bâti, avec des matières lourdes et rugueuses, le ciment qui durcit les mains, les outils qui blessent, la fatigue dans les muscles à force de répéter la même tâche | le mot chantier évoque une remise en cause de l&rsquo;existant, un remaniement parfois profond des structures, et donc une part à détruire, une mise à bas de pans entiers de mur s&rsquo;il le faut | j&rsquo;utilise aussi le mot chantier pour un livre en cours d&rsquo;écriture, une prise de conscience de ce qui fait tenir les choses entre elles et délivre le récit, et il faut donner de soi physiquement, se mettre en action pour que ça advienne grâce aux informations transmises par le corps, puiser loin, se risquer dans des contrées inhospitalières, dépasser les frontières | alors c&rsquo;est parti, une nouvelle fois en chantier à peine le cocon installé, casser pour reconstruire, transporter des tas de matériaux &#8212; sacs, carrelages de pierre, lames de bois &#8211;, faire des tournées de déchèterie, comme un pas de côté par rapport à l&rsquo;ordinaire, une relance de la vie pour ne pas se satisfaire </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">trop de permanence anesthésie, l&rsquo;impression d&rsquo;acquis, dos tassé, gestes ralentis, petit à petit endormis sur notre passé</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">PETIT À PETIT ENDORMIS SUR NOTRE PASSÉ </p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">le chantier fait se redresser des reins jusqu&rsquo;à la racine du crâne, se remettre aux aguets, observer, faire des plans, réfléchir, trouver des solutions à tout, bonifier ce qui existe, se dire qu&rsquo;on s&rsquo;aime infiniment et se souvenir de tout ce qu&rsquo;on a fait ensemble jusque là, battre une nouvelle fois les cartes, continuer au proche de la ligne jusqu&rsquo;au prochain virage | le chantier réactive les sens et secoue la conscience de la volupté comme soudain lancés à la recherche de la beauté, comme soudain en quête de fleurs parmi les espèces les plus sauvages et les plus magnifiques pour animer notre décor même si on sait qu&rsquo;elles finiront sur le tas de compost pour nourrir les suivantes</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">assise sur le muret encore mouillé de neige, je contemple les bâtiments en pierre de granit, je me dis que c&rsquo;était une bonne idée de se relancer à ce stade d&rsquo;existence dans un projet d&rsquo;ampleur comme enfants indisciplinés, comme frondaisons en voie de se rejoindre </p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/01/P1170921-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3781" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/01/P1170921-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/01/P1170921-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/01/P1170921-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/01/P1170921-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/01/P1170921-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/01/P1170921-1200x674.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" data-mwl-img-id="3781" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographies Françoise Renaud©</em> &#8211; <em>20 janvier 2023</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/debut-de-chantier/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>9</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
