<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>la douceur des morts &#8211; Terrain Fragile</title>
	<atom:link href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tag/la-douceur-des-morts/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile</link>
	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 Oct 2025 08:51:46 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/12/cropped-arbres-32x32.jpg</url>
	<title>la douceur des morts &#8211; Terrain Fragile</title>
	<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>la douceur des morts</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-douceur-de-nos-morts/</link>
					<comments>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-douceur-de-nos-morts/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 07:56:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[la douceur des morts]]></category>
		<category><![CDATA[père]]></category>
		<category><![CDATA[visage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=1100</guid>

					<description><![CDATA[Je rentre d&#8217;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&#8217;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017) Lors de ce dernier voyage, j&#8217;ai revu l&#8217;escalierun escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&#8217;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-douceur-de-nos-morts/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« la douceur des morts »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);"><em>Je rentre d&rsquo;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&rsquo;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017)<br /></em></p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">Lors de ce dernier voyage, j&rsquo;ai revu l&rsquo;escalier<br />un escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&rsquo;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber — sans doute que le sol s&rsquo;était subitement dérobé sous mes pieds —<br />et j&rsquo;ai revu son visage de cendres<br />nettement</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">ce visage des derniers jours avant l&rsquo;enfouissement sous la terre alors qu&rsquo;il était couché sur le lit de glace dans la petite pièce sombre prévue pour les visites, avec de quoi s&rsquo;assoir confortablement mais pas trop, une tablette au chevet pour poser une bougie et une fleur dans un vase, un parfum de santal couvrant l&rsquo;odeur de dégradation des chairs qui déjà avait commencé et ne ferait que se poursuivre au cours des quelques jours d&rsquo;attente dans ce bâtiment prévu pour les morts et pour les vivants qui&nbsp; avaient l&rsquo;habitude de les côtoyer et ne pouvaient se détacher d&rsquo;eux aussi vite<br />donc peu de lumière, l&rsquo;exacte quantité qu&rsquo;on s&rsquo;accorde pour la prière et le recueillement<br />pourtant bien souvent les gens dérogeaient à la règle et parlaient assez fort, échangeant des nouvelles en dehors de ce qui venait d&rsquo;arriver et au-delà même du personnage qui les réunissait en ce lieu, des nouvelles du voisinage ou de la famille du côté de ma mère, des souvenirs aussi, pas mal de souvenirs</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage à lui indifférent désormais à ces affaires et ces rumeurs, apaisé finalement, tendu, grisâtre un peu comme un galet</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">à&nbsp; présent je l&rsquo;aperçois souvent</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">il existe à l&rsquo;intérieur de moi, et je l&rsquo;observe dans le détail pendant que tout est encore assez net — car j&rsquo;imagine que ça va finir par s&rsquo;estomper et que je vais enfin guérir de lui —<br />ses cheveux courts un peu en brosse parce qu&rsquo;ils venaient d&rsquo;être coupés — j&rsquo;étais présente lors de la dernière venue du coiffeur peu avant dans la cuisine —, et si doux au toucher, si doux ses cheveux de vieil homme, douceur qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à nos morts, la même douceur qui m&rsquo;avait un jour engendrée sans doute<br />et je pourrais décrire chaque centimètre carré de ses joues front paupières closes, mais ça n&rsquo;en dira pas beaucoup plus, car tout se tenait serré à l&rsquo;intérieur, étouffé, perché au-delà de la perception des hommes et des femmes rassemblés à tour de rôle autour de la dépouille, ce tout jadis déchaîné et brisé, ce tout défait et entêté qui l&rsquo;avait isolé des autres et l&rsquo;avait fait tenir longtemps dans la nuit noire et contre les assauts de la pluie auxquels rien ne résiste, ainsi j&rsquo;ai revu son visage au-delà de la texture des songes, celui que je suis seule à connaître parce qu&rsquo;il s&rsquo;est coulé dans mes sillons intimes — et de la même façon dans ceux de mon frère — comme pour se prolonger et transmettre le mieux qu&rsquo;il y avait à sauver, à nous mettre sous la dent quand nous étions en train de grandir</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage proche désormais d&rsquo;un dessin au crayon, d&rsquo;une esquisse à la craie blanche mêlée de sang sur un pan de calcite, sorte d&rsquo;enluminure primitive oubliée dans une cache, un repli de falaise ou d&rsquo;obscures catacombes</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">je n&rsquo;ai pas fait de photo sur son lit de glace&nbsp;— je me demande pourquoi —, sans doute parce que ce n&rsquo;est pas une chose convenable, pourtant j&rsquo;aurais dû afin de presser l&rsquo;image contre moi de mes deux mains tremblantes longtemps après son départ comme un livre rare capable d&#8217;empoigner, de raconter et donner un dernier tour de vis à l&rsquo;histoire qui sans lui n&rsquo;aurait jamais eu lieu</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">au bord du bassin, le lion qu&rsquo;il avait sculpté jadis à ses heures perdues, me regarde depuis son repos de pierre</p>



<div style="height:62px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="751" height="750" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" alt="" class="wp-image-1117" style="width:1185px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg 751w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-300x300.jpg 300w" sizes="(max-width: 751px) 100vw, 751px" data-mwl-img-id="1117" /></a></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Texte et photographie (Lion, créature de mon père, 2015 ), Françoise Renaud, 15 juin 2017<br /></em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-douceur-de-nos-morts/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>26</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
