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	<title>fleur de cactus &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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		<title>quand la terre appartenait à tous ses habitants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jun 2019 12:56:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[poursuivre ce journal de convalescence au rythme de la solitude, des événements de rien et des vents de printemps 27 mai « Chacun allait où il voulait et y restait aussi longtemps qu’il voulait »&#8230; ainsi écrivait Stephan Zweig dans Le monde d&#8217;hier, souvenir d&#8217;un européen, c&#8217;était en 1942&#8230; aujourd&#8217;hui passeports certificats autorisations spéciales sont nécessaires pour &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/quand-la-terre-appartenait-a-tous-ses-habitants/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« quand la terre appartenait à tous ses habitants »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-2114" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1050237_carré-824x824.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1050237_carré-824x824.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1050237_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1050237_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1050237_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1050237_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/P1050237_carré.jpg 2048w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em><span style="font-size: 14px;">poursuivre ce journal de convalescence au rythme de la solitude, des événements de rien et des vents de printemps</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">27 mai<br />
« Chacun allait où il voulait et y restait aussi longtemps qu’il voulait »&#8230; ainsi écrivait Stephan Zweig dans <em>Le monde d&rsquo;hier, souvenir d&rsquo;un européen</em>, c&rsquo;était en 1942&#8230; aujourd&rsquo;hui passeports certificats autorisations spéciales sont nécessaires pour circuler : rétrécissement de l&rsquo;espace, disparition d&rsquo;espèces animales et végétales, pollution généralisée, tout le monde veut aller partout, consomme du voyage — mais pour quoi faire  ? —, contribuant à la dégradation de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air, des rivages, des milieux naturels, et pillant les ressources<br />
tout cela t&rsquo;effraie et tu veux définitivement porter ton attention sur ce qu&rsquo;il est possible de faire au quotidien pour cesser de salir détruire, te fondre dans le décor avec humilité, devenir léger<span id="more-2102"></span></p>
<p style="text-align: justify;">28 mai<br />
première sortie hors de tes murs, seule (sans soutien)<br />
tu te rends au chalet de tes amis un peu plus haut dans la vallée pour admirer la floraison de certains cactus installés on ne sait plus quand au flanc du jardin (tu aimes te nourrir de ces événements improbables rattachés aux conditions climatiques, aux réserves insoupçonnées des plantes et aussi au rêve&#8230; les amis le savent), tout un moment à contempler le blanc ombré d&rsquo;or, le vert anisé des sépales, l&rsquo;organisation des étamines dans la gueule semblables aux papilles d&rsquo;une langue et le pistil aux allures de créature marine — comment créer après ça ? —, tu ressens comme une piqûre la puissance qui anime les choses du vivant et les horizons de brume ou de feu ou de glace et les paysages que tu as eu l&rsquo;occasion d&rsquo;observer depuis que tu respires, le sublime des formes et des mots contre l&rsquo;incontournable de la mort, la couleur contre la destruction</p>
<p style="text-align: justify;">29 mai<br />
tu réapprends des gestes simples avec la conscience du placement et de la verticale, tu en reviens naturellement aux époques pas si lointaines où l&rsquo;homme s&rsquo;était redressé pour regarder le monde d&rsquo;une nouvelle façon, alors il avait commencé à parler</p>
<p style="text-align: justify;">2 juin<br />
casser le corps engendre des interrogations, ébranle, ranime la peur de la fin, ce qui hier était chose banale est devenu objet de désir — on le sait pourtant que tout est précaire, éphémère, en équilibre entre le tout et le rien, la lumière et les ténèbres —, et tu te souviens de tous ceux qui ont habité la ville, avec qui tu as partagé des repas, des conversations, dont le numéro de téléphone était inscrit dans ton agenda, un numéro qui désormais ne répond plus&#8230; et donc coûte que coûte, tu essaies de rester du côté de la lumière et de faire confiance à l&rsquo;étincelant</p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="font-size: 14px;">photographie : Françoise Renaud, mai 2019</span></em></p>
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