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	<title>feuilles &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>feuilles &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>premières flambées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 15:02:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[arbre]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 10 novembre 2023 Perdue. Sensation familière puisque connue depuis l’enfance, ça vient de loin, ça vient du cœur de l’été quand déjà le soir mange un peu de lumière au jour. Perdue, pourtant je ne m’en rends pas compte —&#160;même si j’ai la vague intuition qu’on va s’inquiéter pour moi&#160;—, peu à &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/premieres-flambees/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« premières flambées »</span></a></p>]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation | <em>10 novembre 2023</em></h2>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Perdue. Sensation familière puisque connue depuis l’enfance, ça vient de loin, ça vient du cœur de l’été quand déjà le soir mange un peu de lumière au jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Perdue, pourtant je ne m’en rends pas compte —&nbsp;même si j’ai la vague intuition qu’on va s’inquiéter pour moi&nbsp;—, peu à peu glissant pénétrant m’enfonçant dans le feuillage, rentrant presque dans l’arbre, ça vient de loin, le souvenir du rugueux du tronc et de l’affaiblissement du soleil. Et recommençant plus tard, un autre jour sans doute, une autre saison, n’imaginant rien de la série d’événements qui provoquent la chute des feuilles, à la mise en veille des arbres, plus de chlorophylle, les fluides désertent les canaux des feuilles, la couleur change, pigments rouges et mauves prolongeant leur vie avant la chute.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Épais le tapis sous le châtaignier qui domine la maison bâtie sur le dos de la butte. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Regardant l’arbre alors comme guettant sa respiration, ses fruits tombés ouverts sur la terre gorgée d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Une autre fois elle revient. L’imagine vu d’en haut si large bientôt nu, ressent l’endroit où il a poussé comme lui appartenant depuis longtemps —&nbsp;il était bien avant elle sur la terre. S’enfoncer dans ses feuilles, s’enfoncer presque dans son ombre brossée de vent doux ou violent, dans ses branches fortes engendrées à son pied créant des cachettes pour jouer avec la brise et les oiseaux. Elle aime s’enfoncer dans le puissant de l&rsquo;arbre —&nbsp;elle avait oublié</p>



<div style="height:42px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(16.834px, 1.052rem + ((1vw - 3.2px) * 1.042), 26px);">ici elle est le ciel la terre l’arbre, l’automne la fait reine</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">ici elle joue à s’enfoncer dans l’arbre, ça vient de loin, la couleur change, elle se cache, les feuilles sont fauves dans le soleil</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(16.834px, 1.052rem + ((1vw - 3.2px) * 1.042), 26px);">ici la pluie vient fort, elle a six ans ou douze ans, l’arbre est une énigme vivante</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">ici maintenant revient en force la mémoire des temps anciens qu’elle n’a pas connus mais qu’on lui a racontés le soir au bord du feu, le feu raconte crépite explique ce qui s’est passé jusqu’au carrefour des civilisations, rien ne peut changer à cela, elle s’assoit, prête attention au récit de sa journée entre les branches, la rumeur de pluie et la cendre.</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographie ©Françoise Renaud, en Limousin, 10/11/2023</em></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"></p>
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		<title>la question du ciel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 09:35:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[bois]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 08 février 2023 au bout d&#8217;un moment il est forcément question du ciel, large ou restreint, profond ou brumeux, parfois tourmenté parfois presque immobile, parce qu&#8217;il y a toujours un ciel au-dessus de nos têtes qui préside à la lumière et décide des humeurs de l&#8217;air qu&#8217;on respire, et en ce pays &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-question-du-ciel/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« la question du ciel »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation |  <em>08 février 2023</em></h3>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">au bout d&rsquo;un moment il est forcément question du ciel, large ou restreint, profond ou brumeux, parfois tourmenté parfois presque immobile, parce qu&rsquo;il y a toujours un ciel au-dessus de nos têtes qui préside à la lumière et décide des humeurs de l&rsquo;air qu&rsquo;on respire, et en ce pays aucun jour n&rsquo;est pareil, ça s&rsquo;annonce le matin sur un mode et puis ça change sans qu&rsquo;on s&rsquo;en rende compte, dans l&rsquo;ensemble il s&rsquo;agit de ciels doux et tranquilles, nuages organisés en vagues successives en cents nuances, elles ressemblent de loin à des superpositions précises de nappes épaisses dans des camaïeux du noir au blanc en passant par tous les gris les nacrés les bleutés, et quand d&rsquo;une déchirure jaillit un bout de soleil il fait flamboyer les bois jonchés de feuilles rousses, le soir il y a des grandes lueurs habitées en arrière des collines arrondies, il y a eu aussi des ciels chargés de brouillard ou de neige, une neige humide qui semblait venir de tout près et qui collait aux cheveux, oui forcément au bout d&rsquo;un moment le ciel prend plus de place que la terre, il force à la contemplation afin d&rsquo;adoucir le passage des heures jusqu&rsquo;à devenir part du poème</p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photographie Françoise Renaud©</em> &#8211; <em>Au bout du chemin, 7 février 2023</em></p>
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