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	<title>corps &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>corps &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>fractures</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 May 2024 14:56:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[fracture]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[rien à faire d&#8217;autre sinon continuer à creuser, respirer, réunir les fragments de désir dispersés et partagés sur les interfaces de partage qui permettent de pousser plus loin le curseur, continuer d&#8217;explorer les remous de la mémoire intime — événements doux ou rugueux, souvenirs de cours de récréation, animaux fréquentés dans l&#8217;enfance, envies de mer, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/fractures/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« fractures »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:51px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-medium-font-size">rien à faire d&rsquo;autre sinon continuer à creuser, respirer, réunir les fragments de désir dispersés et partagés sur les interfaces de partage qui permettent de pousser plus loin le curseur, continuer d&rsquo;explorer les remous de la mémoire intime — événements doux ou rugueux, souvenirs de cours de récréation, animaux fréquentés dans l&rsquo;enfance, envies de mer, de niches entre les rochers, réunions de famille (pas envie d&rsquo;y aller, pas envie de mettre une robe), mécontentements du père, murs du jardin fissurés, petites voitures et soldats dans le sable à faire courir dans les pistes fabriquées par mon frère, babioles très vieilles au grenier, livres de contes en lambeaux, ours râpé, indifférence des gens, seulement la mer en récompense toujours folle et verte et profonde aux abysses effrayantes —</p>



<p class="has-medium-font-size">la mémoire intime serait creuset pour l’écriture</p>



<p class="has-medium-font-size">j&rsquo;attrape mon livre de lecture du jour</p>



<p class="has-medium-font-size">je lis et relis : « Les fractures dessinent dans la matière même son histoire et les coutures témoignent de son honneur d&rsquo;avoir été cassé. » (<em>Kintsugi</em>, Isabel Gutierrez, La fosse aux Ours, 2024)</p>



<p class="has-medium-font-size">il est question là d&rsquo;un bol rafistolé, ce qui me ramène au corps et me propose de répertorier mes propres fractures, coutures et cicatrices visibles ou non, d&rsquo;envisager chaque accident comme une aventure, je me dis : « Vivre la continuité de la vie, d&rsquo;île en île avec ou sans bateau », fractures dont les consolidations approximatives dessinent des sillons sur la peau froissée, des zones de compression, et créent des douleurs passagères, aiguës parfois, fractures et autres blessures dont on se demande toujours si on va s&rsquo;en relever, pouvoir marcher comme avant, retrouver le doux flux naturel des choses, et on y parvient oui, on s&rsquo;en remet à la fluidité intérieure, au pouvoir des nuits de lisser les mauvais rêves et d&rsquo;éloigner les obsessions, on s&rsquo;en remet à cette force invincible et durable qui occupe les failles du corps et le ventre depuis le sortir de l&rsquo;enfance, une source qui permet de poursuivre sans conditions, combattre l&rsquo;ombre et le découragement, se protéger des vents glacés des hivers</p>



<p style="font-size:13px"><em>(work in progress)</em></p>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size"><em>Photographie Françoise Renaud, &lsquo;sauge et coriandre&rsquo;, mai 2024 </em></p>
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		<title>un hiver personnages #1 &#124; cap des tempêtes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Dec 2019 10:02:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[cap des tempêtes]]></category>
		<category><![CDATA[personnages]]></category>
		<category><![CDATA[visage]]></category>
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					<description><![CDATA[Nouveau cycle d&#8217;ateliers avec Tiers Livre et François Bon intitulé « Un hiver personnages ». Première proposition : « A nul moment je n&#8217;ai décrit votre visage. » inspirée par Edmond Jabès. Donc un travail d’éclatement, de fragments, où chaque piste mène vers le même visage, mais depuis une source ou une forme différente. En savoir plus ici. &#160; &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/cap-des-tempetes/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« un hiver personnages #1 &#124; cap des tempêtes »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left; font-size: 15px;"><em>Nouveau cycle d&rsquo;ateliers avec Tiers Livre et François Bon intitulé « Un hiver personnages ». Première proposition : « A nul moment je n&rsquo;ai décrit votre visage. » inspirée par Edmond Jabès. Donc un travail d’éclatement, de fragments, où chaque piste mène vers le même visage, mais depuis une source ou une forme différente. <a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4867">En savoir plus ici</a>.<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Au commencement il n’y a pas de visage. Rien qu’un champ confus au voisinage d’un corps, un espace en désordre qui ne donne rien à reconnaître, qui ne veut pas, qui se refuse. Pas de rencontre possible. La main qui s’avance se heurte à un mur. Elle ne saurait dire si c’est froid ou brûlant, attirant ou repoussant, et elle ne peut s’approcher davantage pour savoir. Pas encore. Comme une noirceur, un chamboulement des distances, une sensation de substance biologique inconnu. Il faudra attendre, un autre jour bien plus tard, pour accéder aux choses véritables.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis sur le pont d’un bateau, c’est un jour magnifique, un jour où le ciel vif fabrique du vent qui fabrique lui-même une forte houle qui soulève de l’écume dans une grande lumière. On a un peu le mal de mer mais ça ne compte pas. Les natures vont se dévoiler en ces instants où bondissent les dauphins, non pas la forme des pommettes, la couleur des yeux, les proportions du visage, la façon de hocher la tête pour mieux appréhender le profil de la côte lointaine, pas cela. Plutôt chez lui, ces failles de lumière dans les prunelles, ces déchirures héritées de son histoire perceptibles au frémissement des lèvres, cette tension des joues signifiant une attente, plus encore une espérance, toutes ces affaires profondes qui se trament dans l’ombre des détails — encore faut-il les déceler —, tout passe si vite, tout est soumis aux vigueurs du temps comme le ciel dont l’immensité étreint presque à faire mal alors qu’on navigue libres et ivres, un peu malades à cause de la houle, malades à cause de l’amour qui va venir peut-être à force de traquer les traits de ce visage, inconnu de soi encore, peut-être jamais familier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">− Tu y pensais à ce moment-là, n’est-ce pas ? Hein que tu y pensais ?À quoi ?<br />
− À l’amour pardi.<br />
− Je ne sais pas. Non pas vraiment. C’était si improbable.<br />
− Oui mais si intense. Tu savais qu’il se passait quelque chose, tu ne peux pas dire le contraire.<br />
− Oui sans doute. Mais la pensée de l’autre nous trompe, le visage de l’autre. Il prend l’apparence de l’ange et puis du diable. Il reste un étranger. Je pensais que c’était mieux qu’il reste un étranger.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Il dort encore. Un peu de lumière s’infiltre à travers les rideaux tirés, suffisamment pour voir son visage, celui qu’il a quand il dort, quand il rêve, échappe à lui-même. Je pense que c’est là son vrai visage. La peau est détendue, les traits adoucis. Je ne le reconnais pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais quel âge a-t-il ? — question idiote. Je ne parle pas du corps, je parle du visage. Quel âge a ce visage ? Combien d’heures de navigation, de nuits à la barre à contempler les étoiles, de déferlantes franchies, de calmes blancs, toutes les folies de la mer réunies en un seul et unique voyage. C’était couru d’avance, tout se fracasse à un moment ou à un autre. On y croyait pourtant, même si l’espoir était maigre et fragile, ses lèvres tremblaient, s’asséchaient dans l’intensité d’un possible baiser, le visage alors si proche du mien, confondu dans l’ombre de la chambre, le scintillement de l’œil, la vigueur du désir de vivre et en même temps d’en finir d’un seul coup, guillotine qui tranche la chair et les veines et les vertèbres, surtout que tout s’achève dans l’embrasement des sens qu’on en finisse une fois pour toutes. Mais pas encore. Ne pas toucher sinon tout va se briser.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">cap des tempêtes – fragments de vie de mort – tout ça ne tient qu’à un fil – jouissance naissance fureur – qui es-tu ? – qui es-tu ? – ô visage endormi</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce désir est un rêve sans doute. Tout comme cette nuit-là où il avait bu autant qu’un russe, il titubait, ses yeux lançaient des éclairs, il était entré dans un trou noir, il avait envie de faire mal, de se faire mal, il mâchonnait des mots durs. Alors le visage méconnaissable         décomposé         tordu          il voulait mourir en passant le cap Horn sur son bateau en bois, les mots émanant de sa bouche contusionnée comme s’il s’était battu, une destruction orchestrée, il se fichait de tout. J’ouvre les yeux, tends la main, il n’y a rien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photo by Aleks Dahlberg (Unsplash)</em></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>dix jours en cage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 May 2019 09:36:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[accident]]></category>
		<category><![CDATA[corset]]></category>
		<category><![CDATA[raie manta]]></category>
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					<description><![CDATA[26 avril il faut imaginer une autre vie, un autre rythme, il le faut oui bien sûr, il faut entendre les réclamations du corps blessé corseté (une pensée pour Frida), rameuter la patience, trois mois ce n&#8217;est rien dans une existence, ah tout ce qu&#8217;on te dit (le plus souvent en connaissance de cause), d&#8217;autres &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/dix-jours-en-cage/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« dix jours en cage »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-2009" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/Nouvelle_Caledonie_Grande_Terre_Voh_lagon_vol_ULM-301-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/Nouvelle_Caledonie_Grande_Terre_Voh_lagon_vol_ULM-301-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/Nouvelle_Caledonie_Grande_Terre_Voh_lagon_vol_ULM-301-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/Nouvelle_Caledonie_Grande_Terre_Voh_lagon_vol_ULM-301-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/Nouvelle_Caledonie_Grande_Terre_Voh_lagon_vol_ULM-301-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/Nouvelle_Caledonie_Grande_Terre_Voh_lagon_vol_ULM-301.jpg 2048w" sizes="(max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p style="text-align: justify;">26 avril<br />
il faut imaginer une autre vie, un autre rythme, il le faut oui bien sûr, il faut entendre les réclamations du corps blessé corseté (une pensée pour Frida), rameuter la patience, trois mois ce n&rsquo;est rien dans une existence, ah tout ce qu&rsquo;on te dit (le plus souvent en connaissance de cause), d&rsquo;autres passés par là avant toi, et tout cela te paraît raisonnable alors que sans cesse tu revois l&rsquo;instant fatidique où ton œil a lâché la surveillance du pied en train de se poser sur le sol pour se tourner vers le seuil de la porte, sur le sac posé là, prêt à être saisi, tu n&rsquo;y peux rien, ça revient comme une scène fatale, une obsession qui donne des haut-le-cœur à revoir ton pied tordu, déboîté, en perdition, et l’éclat de violence dans le dos — satanée obsession — <span id="more-2000"></span>et tu te demandes comment tu vas bien pouvoir oublier ce minuscule fragment de temps où ça s&rsquo;est déchiré dans l&rsquo;os alors que le printemps rôdait dans les jardins occupant les terrasses au-dessus de la route les rendant magnifiques (tu as même envie de dire sublimes) — toutes espèces de verts, des blancs, des roses fragiles ou azalée, le bord crénelé et pâle des tulipes, les aulnes fouettés par le vent, les pétales d&rsquo;arbres de Judée couvrant la terre du chemin d&rsquo;un semis improvisé qui te fait penser à l&rsquo;Inde, à certaines fêtes si colorées —, d&rsquo;ailleurs tu les décriras juste après l&rsquo;accident, ces jardins-là, tu auras tout le temps de le faire et de toutes les façons possibles, tu raconteras une fois encore le déroulé des événement à un ami venu te réconforter, la fracture la beauté si fortement rapprochées dans le même espace, la douleur et la couleur, la blessure et la renaissance, tu en prends conscience soudain et ça t&rsquo;étonne, cette cohabitation — le meilleur et le pire dans le même panier, l&rsquo;amer et le sucré, est-ce là l&rsquo;équilibre proposé pour le plat que tu t&rsquo;es préparé dans ce rush incontrôlé du dernier mois écoulé ? —, et ce souvenir n&rsquo;est déjà plus qu&rsquo;une ombre sur le mur lessivé par les orages d&rsquo;avant-hier, fondu, incorporé déjà en tes eaux souterraines</p>
<p style="text-align: justify;">27 avril<br />
soleil et vent fort, les nuées bougent à vive allure, elles ont remplacé l&rsquo;obscurité d&rsquo;hier et la vie a repris autour de toi comme avant&#8230; peu à peu l&rsquo;immobilité te ramène à l&rsquo;observation des choses familières même si la perte de tout ce qui allait de soi — gestes ordinaires, toilettes, habillages, repas — reste très vive<br />
[de l&rsquo;intérêt chez toi depuis toujours, de l&rsquo;effort à comprendre les articulations de ces choses minuscules qui composent aussi bien le réel que le récit]</p>
<p style="text-align: justify;">28 avril<br />
tous les passés sont réunis en cette journée suspendue, étrange et sans repères, comme enveloppée dans un ballot de paille ou enrobée d&rsquo;ambre, les passés avec leurs lieux, leurs personnages et leurs mystères qui se côtoient et dansent d&rsquo;une façon inexprimable (il y a tant à déchiffrer de soi dans la perturbation des lignes, dans l’ébranlement inattendu du quotidien)</p>
<p style="text-align: justify;">29 avril<br />
c&rsquo;est décidé en une poignée de secondes, tu passes sur le billard tout à l&rsquo;heure, le stress monte et fait trembler l&rsquo;intérieur de la peau&#8230; allongée dans le chariot du bloc avant la prise en charge des anesthésistes, tu regardes l&rsquo;écran placé haut dans ton champ de vision qui diffuse un documentaire sur les poissons tropicaux, en particulier cette raie manta à l&rsquo;envergure impressionnante qui plane au-dessus du sable dans un rythme fascinant</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em><span style="font-size: 13px;">Photographie : ©Charlotte Renaud, 2018 (Nouvelle-Calédonie,Grande-Terre)</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>à portée de corps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Apr 2017 09:40:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[blanc]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[chair]]></category>
		<category><![CDATA[désir]]></category>
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					<description><![CDATA[tout cela à portée de corps, de regard ça coule, ça progresse, ça rebondit, ça abreuve les animaux qui vont sans entraves on est forcément étourdi par cette course perpétuelle, cette grâce, cette musique parce qu&#8217;elle est issue du sédiment primitif, du blanc de la naissance et de la mort, de la brume qui noie &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/le-rouge-des-plantes/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« à portée de corps »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1065 size-large" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-1024x768.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000094.jpg 2048w" sizes="(max-width: 730px) 100vw, 730px" /></a></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095.jpg" rel="lightbox-1"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1063 size-large" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-1024x768.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000095.jpg 2048w" sizes="(max-width: 730px) 100vw, 730px" /></a></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097.jpg" rel="lightbox-2"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-1064" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-1024x768.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-1024x768.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/04/P1000097.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">tout cela à portée de corps, de regard<br />
ça coule, ça progresse, ça rebondit, ça abreuve les animaux qui vont sans entraves<br />
on est forcément étourdi par cette course perpétuelle, cette grâce, cette musique parce qu&rsquo;elle est issue du sédiment primitif, du blanc de la naissance et de la mort, de la brume qui noie les anciennes forêts poussées sur des versants vertigineux en bordure des zones habitées, parce qu&rsquo;elle se moque de l&rsquo;histoire, des aventures passées, ne se préoccupe que du présent</p>
<p style="text-align: justify;">malgré l&rsquo;intensité du spectacle, la fatigue n&rsquo;a de cesse de nous poursuivre, le désir de plaire étroitement conjugué au besoin de consolation impossible à satisfaire tandis que le temps se déploie, ou plutôt se resserre et s&rsquo;amaigrisse au point qu&rsquo;on s&rsquo;effraie, qu&rsquo;on tressaute au moindre bruit dans les fourrés</p>
<p><span id="more-1062"></span></p>
<p style="text-align: justify;">quelques livres sont glissés dans le sac, prêts à nous sauver de la mélancolie, de l&rsquo;ennui, de la tentation d&rsquo;abandonner la partie<br />
quelques fruits pour la soif<br />
assis dans l&rsquo;herbe, on lit et relit le passage où ils se retrouvent et se pressent l&rsquo;un contre l&rsquo;autre, on voudrait que ce soit vrai, qu&rsquo;ils puissent se retrouver comme ça dans la réalité et se serrer et s&#8217;embrasser jusqu&rsquo;à perdre le souffle, jusqu&rsquo;à mourir, une entente totale pareille au mouvement de l&rsquo;eau sur les galets et au reflet du ciel dans l&rsquo;eau, sans précipitation, dans l&rsquo;intensité d&rsquo;une chose qui n&rsquo;arrivera qu&rsquo;une fois – une seule – et qui parviendra sur l&rsquo;instant à compenser les manques d&rsquo;une existence entière et voilera la mémoire jusqu&rsquo;à en effacer de larges pans,<br />
et puis ils restent allongés l&rsquo;un près de l&rsquo;autre, essoufflés, émus, dans un état de fatigue extrême, l&rsquo;eau autour d&rsquo;eux et le monde et le rouge des plantes éprouvées par l&rsquo;hiver qui se ravigotent à ressentir la lumière, ils voudraient garder les sens ouverts comme ça et rouges, longtemps, loin de l&rsquo;état de souvenir, et ils ont bien conscience que ce qui vient d&rsquo;arriver sera impossible à reproduire, tout comme chaque instant écoulé quelle que soit sa nature, passé, envolé, aussi ils tentent de ne rien perdre du bruit des bouches, de l&rsquo;impact, du râle et de l&rsquo;enchevêtrement des membres – c&rsquo;est ce qui est raconté dans le livre –, ils savent que la fin est proche, qu&rsquo;il est déjà trop tard</p>
<p style="text-align: justify;">on referme le livre, on mange une poire et on se lave les mains dans le ruisseau<br />
maintenant on voudrait rentrer à la maison, apaisé, allégé du poids de la vie et de sa propre chair</p>
<p style="text-align: right; font-size: 15px;"><em>Texte et photographies : Françoise Renaud, avril 2017</em></p>
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