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	<title>canicule &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>canicule &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>TERRAIN FRAGILE 2025 &#8211; journal d&#8217;août</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 09:22:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[journal de saison 2025-2026]]></category>
		<category><![CDATA[attente]]></category>
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					<description><![CDATA[vendredi 1er août, Les FougèresL&#8217;espace du dehors est légèrement brumeux, ça sent la prairie récemment fauchée. Dans la petite forêt, les oiseaux s&#8217;en donnent à cœur joie. Je les entends depuis la chambre d&#8217;écriture. Une amie poste à mon attention une vidéo de Jeanne Benameur où elle parle de « faire entrer l&#8217;écriture dans le quotidien ». &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/terrain-fragile-2025-journal-daout/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« TERRAIN FRAGILE 2025 &#8211; journal d&#8217;août »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>vendredi 1er août, Les Fougères</em></strong><br />L&rsquo;espace du dehors est légèrement brumeux, ça sent la prairie récemment fauchée. Dans la petite forêt, les oiseaux s&rsquo;en donnent à cœur joie. Je les entends depuis la chambre d&rsquo;écriture. Une amie poste à mon attention une vidéo de Jeanne Benameur où elle parle de « faire entrer l&rsquo;écriture dans le quotidien ». Je suis sur la voie.<br />Ne rien céder, avancer solidement dans le temps.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>samedi </strong></em><strong><em>2 août</em></strong><br />Oui, poursuivre ce « journal de vie » comme si je racontais à quelqu&rsquo;un ce qui arrive, ce qui me touche.<br />Je me replonge dans « Notes de chevet » de Sei Shônagon, autrice japonaise à la bascule de l&rsquo;an 1000.</p>



<div style="height:21px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200969-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6174" style="width:960px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200969-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200969-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200969-2000x1125.jpg 2000w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<div style="height:21px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 3 août, Chamborand face à l&rsquo;étang </em></strong><br />Je passe la journée au bord du pré brûlé devant ma table de livres. Lente déambulation des corps à travers l&rsquo;espace du champ. Certains s&rsquo;attardent devant les stands d&rsquo;artisanat. Je suis dans la patience et mon cœur est touché à chaque visiteur qui s&rsquo;avance en casquette ou chapeau. <br />Il y aura des jeux inter-villages d&rsquo;ici une heure ou deux. Des chapiteaux sont installés pour le festin du soir, places déjà réservées pour le feu d&rsquo;artifice.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>4 août</em></strong><br />Je prends une heure au jardin avec un « livre de grand air » &#8212; l&rsquo;autrice elle-même se plaît à le décrire ainsi. Les animaux qu&rsquo;elle tente d&rsquo;observer depuis l&rsquo;affût portent des noms : Pâris, Le Beau, Geronimo, Wow, Apollon.</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);"><em>Je ne le connaissais pas. Il avait des bois très sombres, simples, peu ramifiés, avec des maîtres andouillers très longs, extraordinairement longs et courbes, ouverts, magnifiques. » Apollon est devenu l&rsquo;héritier de Wow, Il est pareil à un chef de tribu indienne. Il a acquis sa nature et son langage au contact des autres. </em><br /><em>Je voudrais qu&rsquo;il reste encore là, tout près, naseaux frémissants, libre.</em></p>



<div style="height:27px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="824" height="618" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250708_160934-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-6063" style="width:1002px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250708_160934-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250708_160934-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250708_160934-2000x1500.jpg 2000w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mardi 5 août</em></strong><br />Matin doux avec nuages. Un air jazzy me parvient depuis la cuisine. Je repense aux grands cerfs. J&rsquo;irai volontiers les retrouver dans le livre. Quant aux poulettes libérées de l&rsquo;enclos, elles courent à travers la prairie tondue, chassant des petits criquets blancs au point d&rsquo;en devenir ivres. Ivres d&rsquo;air et de criquets.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mercredi 6 août</em></strong><br />Écrire quelques lignes chaque jour devient rituel. <br />J&rsquo;avais pensé que ce cadre étroit réduirait le champ d&rsquo;expression. Au contraire je ressens ma liberté augmentée, amplifiée, comme un souffle plus net et plus puissant de l&rsquo;écriture. Il n&rsquo;y a pas de but, seulement un processus qui met le corps aux aguets.</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);"><em>horizon caché<br />là-bas derrière les arbres<br />comme un rivage</em></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>jeudi 7 août</em></strong><br />Régulièrement mon attention se porte vers les fruits qui mûrissent, vers la chaleur qui revient en force. Précautions mises en place pour protéger la maison. Et me revoilà repartie écrire dans le désert africain avec l&rsquo;appui d&rsquo;une boîte pleine d&rsquo;images qui aurait été retrouvée dans une armoire chez le colonel Armand. Rien qu&rsquo;une invention romanesque, même si je pense que les photos existent vraiment. <br />Sur la Toile, je déniche une série de clichés prises lors de la bataille de Timimoun (Sahara, 1957). Un noir et blanc impressionnant, sans doute provoqué par l&rsquo;intensité de la lumière. <br />Les images d&rsquo;une force inouïe m&rsquo;obsèdent toute la journée.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>vendredi 8 août</em></strong><br />Encore des balles de foin dans les vallons à rentrer à l&rsquo;abri.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>samedi 9 août</em></strong>,<strong><em> Le Grand Bourg</em></strong><br />Bourse aux livres. Les brocanteurs se sont installés bien avant moi. La chaleur monte irrésistiblement. En début d&rsquo;après-midi, l&rsquo;air devient étouffant. Douces rencontres avec Marie de Saint-Priest, Bernadette friande de mes concombres, Sandrine aux yeux limpides. Au retour je dépose un carton de légumes au petit restaurant. Nina, fille de Simon et d&rsquo;Élodie, profitera des courgettes fondantes sans pesticides. Elle gambade à présent, accrochée aux jupes qu&rsquo;elle connaît bien.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 10 août</em></strong><br />Ré-apprivoiser la chaleur.</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em>chacun des matins<br />chercher le poème caché<br />d’un trait révélé</em></p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>lundi 11 août, La Salandrouze près de Crocq</em></strong><br />Voyage vers l&rsquo;est à travers vallons et forêts. On arrive chez elles, deux amies installées dans un hameau perdu. Les chiens nous accueillent, on pousse la barrière, on s&rsquo;exclame, on s&#8217;embrasse. Et puis comme une torpeur bienheureuse qui s&rsquo;installe, un flottement émouvant qui parcourt cette terrasse où nous passons quelques heures à parler. <br />Pas un souffle. La vie intense en nos yeux.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mercredi 13, retour aux Fougères</em></strong><br />Je retrouve un oiseau sur la petite terrasse que la chatte a dû déposer. Grande beauté des plumes sombres, magie fauve et noire. La cruauté du vivant me frappe au visage et s&rsquo;avive dans ma poitrine. <br />Mes premières recherches me dirigent vers le merle noir juvénile <em>Turdus merula</em>. J&rsquo;inaugure le cimetière des oiseaux et pense à Isabelle.</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210102-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6104" style="width:1000px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210102-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210102-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210102-2000x1125.jpg 2000w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200991-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6085" style="width:1000px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200991-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200991-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200991-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>jeudi 14 août</strong></em></p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);"><em>pluie brève de nuit<br />prairie aux aguets<br />reste les arbres et l’ombre</em></p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>vendredi 15 août</strong></em><br />Même si les melons mûrissent et les courges s&rsquo;arrondissent, on dirait qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais plu sur cette terre. La terre est dure. On ne peut plus déterrer les oignons et je me demande comment les petites salades frisées tiennent encore le coup. Et mon poème se dissout dans le macadam de la route qui serpente entre les espaces de campagne. Quelque chose de figé soudain.<br />Je déjeune avec Sandrine et sa fille Jade dans une vieille grange réhabilitée, habillée d&rsquo;objets de brocante. On s&rsquo;y sent bien à l&rsquo;ombre. De retour aux Fougères, je travaille sur l&rsquo;atelier d&rsquo;écriture prévu à Montpellier début septembre. Une nouvelle édition intitulée : <em>Terre</em>. Elle est tout ce que nous avons.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>samedi 16 aoû</em></strong><em><strong>t</strong></em><br />Je rêve de silence. <br />La brûlure du ciel crie. <br />Peut-être qu&rsquo;il un peu plus doux aujourd&rsquo;hui. <br />J&rsquo;attends le jour où l&rsquo;eau tombera du ciel &#8212; prévu pour la semaine prochaine. Dans cette perspective, apprivoiser la chaleur et la solitude.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 17 août</em></strong><br />Atelier Tiers Livre. Après avoir enquêté sur l&rsquo;ancienne mine d&rsquo;or de la Petite Faye, j&rsquo;ai découvert l&rsquo;histoire cachée dans le cœur du colonel Armand récemment rencontré au village et me suis retrouvée aux confins du désert saharien pendant la guerre d&rsquo;indépendance. Je ne m&rsquo;attendais pas à ça&#8230;. <br />Alors écrire autour de la vie précaire et de la peur, <br />écrire autour du scorpion blanc qui danse avant de piquer, <br />écrire la guerre et les mirages, les souffrances, les hallucinations et la déformation des images, <br />écrire l&rsquo;amitié entre deux hommes, <br />écrire Solange qui attend l&rsquo;un d&rsquo;eux dans une ferme en France, <br />écrire son visage qui s&rsquo;efface sur la photographie au fur et à mesure que le sable la ronge et que le lien se fragilise.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);">« <em>Tout cela, je le rassemble depuis le début de l&rsquo;été ainsi qu&rsquo;une palette d&rsquo;impressions et de couleurs, le blanc des dunes, l&rsquo;éventration bleue du ciel, les mirages, la paix de l&rsquo;oasis, le sang séché dans les creux de la peau </em><br /> <em>999. René-Jean, mon ami<br /> 1000. cuits aveuglés déracinés… les corps abandonnés au sable sang soleil… bou  che  ou  ver  te</em></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>lundi 18 août, Bénévent-l&rsquo;Abbaye</strong></em><br />Patricia est en visite. Je lui propose de découvrir le jardin médiéval installé en terrasses au pied de l&rsquo;abbatiale. Par hasard nous y rencontrons Marc Bricard, créateur et gardien du temple. Un moment passionnant à découvrir les plantes médicinales, textiles et colorantes, à aborder la complexité d&rsquo;une reconstruction botanique. De quoi décupler mon envie de jardin et de chasser le découragement lié à la saison trop sèche qui a brûlé certaines de mes plantations. Me reste à éprouver la force de l&rsquo;ombre après la brûlure.</p>



<div style="height:23px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="618" data-id="6123" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_115112-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-6123" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_115112-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_115112-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_115112-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



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</figure>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><br />Au retour, nous grimpons jusqu&rsquo;au donjon du château-fort ayant appartenu au seigneur de Chamborand au XIVe siècle. Bien qu&rsquo;à l&rsquo;état de vestige, on reste impressionnées par la puissance des murs et le silence qui règne sur les lieux. Un ami m&rsquo;en fait un commentaire : « Ce donjon me rappelle la Tour de Ballylee, celle de William B. Yeats, en Irlande. Il y a 43 ans, j&rsquo;avais pédalé bien plus que nécessaire pour faire un crochet jusque&nbsp;là et je n&rsquo;ai jamais oublié les mots gravés :</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);"><em>May these characters remain / when all is ruin once again&#8230;</em><br /><em>Que ces personnages demeurent / quand tout sera de nouveau en ruine</em>« <br /></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="618" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145606-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-6128" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145606-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145606-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145606-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="618" height="824" data-id="6134" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145513-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-6134" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145513-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145513-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145513-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145513-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="618" height="824" data-id="6136" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145335-618x824.jpg" alt="" class="wp-image-6136" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145335-618x824.jpg 618w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145335-225x300.jpg 225w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145335-2000x2667.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/20250818_145335-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>
</figure>



<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>19 août</em></strong><br />Elle a repris la route ce matin sous un ciel orageux. Un peu plus haut je prononçais le mot Terre et je disais qu&rsquo;elle était tout ce que nous avions. Mais nous avons aussi la joie. Lente ou fulgurante.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mercredi 20 août</em></strong><br />Le figuier ne semble pas avoir été traumatisé par la chaleur. Son vert est électrique et ses fruits innombrables. Le retour du temps frais touche profondément nos corps. Pourrions-nous dire que nous sommes heureux ? Nous ne pensons plus à l&rsquo;avenir, seulement aux couleurs ravivées composant des tableaux inédits.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>jeudi 21 août</strong></em><br />Autour de midi, j&rsquo;ai planté des batavias brunes Corcovado et des Florine. Le potager revit avec la bruine du matin. Le ciel va rester gris jusqu&rsquo;au soir. Je ressens la vie et la regarde de façon plus dégagée. <br />Hier je parlais du bonheur. Il surgit comme l&rsquo;eau d&rsquo;une source.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>vendredi 22 août</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);"><em>hier minuit la hulotte<br />souffle puissant en saccades<br />déchaînée</em><br /></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>samedi 23</em></strong><br />« En fait j&rsquo;ai tous les âges à l’intérieur de moi et, sur mon visage, celui que les autres me donnent. » écrit Laure Adler dans <em>La Voyageuse de Nuit</em> (Grasset, 2020), vaste réflexion autour de la vieillesse. <br />Une phrase s&rsquo;inscrit en moi : Nous vivons contre la mort. Ainsi sans doute nous entrons dans le temps.</p>



<div style="height:23px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200925-1-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6090" style="width:995px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200925-1-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200925-1-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200925-1-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210080-1-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6087" style="width:992px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210080-1-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210080-1-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210080-1-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200970-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6176" style="width:988px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200970-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200970-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1200970-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<div style="height:25px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 24 août</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);"><em>fin d’été<br />dans la fraîcheur du vent<br />comme un suspens</em></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><br />Continuer à poser trois vers chaque jour vers Philippe, sorte d&rsquo;encouragement à vivre le présent, notations autour du vent et du territoire, observations fines au gré des heures lentes &#8212; arbres, visages, chants d&rsquo;oiseau. Tout s&rsquo;inscrit facilement, petites créations comme douées de respiration en écho les unes contre les autres.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>lundi 25 août</em></strong><br />Et si la pluie voulait bien venir&#8230; tension chaleur attente&#8230; pas un souffle.<br />Une amie écrit dans son blog : « Une sorte d’aspiration au calme et au repos après la frénésie et les peines de l’été pour résister au sec. »</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mercredi 27 août</em></strong><br />Un orage est venu dans la nuit. Je suis sortie pieds nus pour éprouver la pluie sur moi. J&rsquo;ai pensé aux mots mousson et délivrance.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>jeudi 28 août</em></strong><br />Je reçois des nouvelles de Serge, un ami de loin dans le temps, un amoureux de mots et de livres. Il me parle de poésie et de paysage. Il est bon d&rsquo;avoir renoué contact avec lui et avec sa belle finesse d&rsquo;observation.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>vendredi 29 août</em></strong><br />Il pleut enfin pour de vrai. On en est grandement ébahi. Aux alentours de midi, on se promène dans un immense jardin entre zones potagères et lisières arborées. On sent la pulsation retrouvée de la nature avec l&rsquo;eau du ciel. Les couleurs sont fortes, les odeurs intenses. Sur la table, ce qu&rsquo;il faut de légumes pour composer un taboulé libanais. J&rsquo;apprécie ces bouts de vie partagée autant qu&rsquo;un voyage oriental. <br />Ici aussi, les rivages sont inconnus.</p>



<div style="height:23px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210126-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6192" style="width:1074px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210126-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210126-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210126-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210131-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6193" style="width:1066px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210131-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210131-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210131-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210133-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-6194" style="width:1058px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210133-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210133-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210133-2000x1125.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210133.jpg 2036w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210125-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-6196" style="width:1052px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210125-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210125-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/08/P1210125-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<div style="height:23px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>samedi 30 août</em></strong><br />J&rsquo;observe sans me lasser les oscillations des plantes dans le vent entre deux grains. Cette vie toute en retenue offerte à de rares regards. <br />J&rsquo;ai reçu une lettre de Virginie, tendre et intime, depuis Lodève. Je la relis plusieurs fois et prends du temps pour lui répondre, lui envoie des images d&rsquo;ici, apaisantes et fruitées.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 31 août</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.227), 16px);"><em>en cœur de nuit<br />une chanson douce et bleue<br />et des cris de vent</em><br /></p>



<div style="height:23px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:33px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:13px"><em>Photographies ©Françoise Renaud, août 2025</em></p>
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		<title>TERRAIN FRAGILE 2025 &#8211; journal de juin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 16:36:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[journal de saison 2025-2026]]></category>
		<category><![CDATA[canicule]]></category>
		<category><![CDATA[hirondelles]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
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					<description><![CDATA[dimanche 1er de Pentecôte, autoroute vers PoitiersLes gens voyagent, circulent des bords de mer vers les villes où ils vivent. L&#8217;autoroute sature alors qu&#8217;ils s&#8217;en retournent chez eux. Je prends la première sortie pour échapper à l&#8217;attente. Longues lignes droites traversant des vallons arborés où il n&#8217;y a personne. J&#8217;écoute CO2 Mon Amour sur France &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/terrain-fragile-2025-journal-de-juin/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« TERRAIN FRAGILE 2025 &#8211; journal de juin »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 1er de</em> <em>Pentecôte</em>, <em>autoroute vers Poitiers</em></strong><br />Les gens voyagent, circulent des bords de mer vers les villes où ils vivent. L&rsquo;autoroute sature alors qu&rsquo;ils s&rsquo;en retournent chez eux. Je prends la première sortie pour échapper à l&rsquo;attente. Longues lignes droites traversant des vallons arborés où il n&rsquo;y a personne. <br />J&rsquo;écoute CO2 Mon Amour sur France Inter. Il est question des fous de Bassan, macareux, cormorans huppés et guillemots de la réserve des Sept-Îles en Côtes d&rsquo;Armor. Un biologiste évoque son travail de préservation. Il évoque la « blancheur vivante de l&rsquo;île » habitée par les colonies de « fous ». Je trouve l&rsquo;expression magnifique.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>lundi 2, Les Fougères</strong></em><br />Doux réveil en lieu connu, oiseaux de toutes parts. Je suis heureuse d&rsquo;être rentrée à la maison.<br />J&rsquo;appelle une amie proche dont le compagnon vient de s&rsquo;éteindre. Presque soixante années de vie ensemble. Elle évoque le grain de folie qu&rsquo;elle a apporté à cet homme au caractère taiseux né en Haute Maurienne et elle accueille ce qui arrive avec sérénité.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>mardi 3</strong></em></p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em>mémoire récente<br />odeurs de salicorne<br />et la douceur de sa main</em></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mercredi 4</em></strong><br />J&rsquo;aime aménager des espaces de jardin, élaguer, nettoyer, transplanter, composer avec les plantes sauvages. Oui, j&rsquo;aime ressentir cette satisfaction malgré la fatigue et le dos douloureux. Peut-être une façon de rechercher une sorte d&rsquo;équilibre capable de faire surgir la beauté.<br />Du temps est nécessaire pour que le décor se déploie. <br />Le jardin est une construction en devenir. À chaque saison, on observe les infimes changements telles preuves que les matières &#8211; terre végétal senteurs &#8211; sont bien vivantes.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="618" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20250530_143847-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-5807" style="width:914px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20250530_143847-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20250530_143847-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20250530_143847-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>jeudi 5</em></strong><br />J&rsquo;ébauche une galerie de photographies prises pendant mon bref voyage vers l&rsquo;Ouest. <br />Appréhender toutes les images d&rsquo;un seul regard révèle la nature de cet univers pour moi si familier, et aussi ma façon de l&rsquo;aborder. Les matières s&rsquo;assemblent : eau, ciel, rocher, végétal, sentier de corniche. L&rsquo;horizon permet au paysage tout entier de s&rsquo;appuyer et se déployer. L&rsquo;horizon est indissociable de l&rsquo;île en face au profil mauve ou argenté. <br />L&rsquo;horizon permet au paysage d&rsquo;exister.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>vendredi 6</em></strong><br />J&rsquo;ai cueilli des marguerites dans ma vaste prairie pour en faire un bouquet et il m&rsquo;a reconduit vers Richarme. L&rsquo;artiste avait réalisé sur le sujet des gouaches magnifiques. Sans se lasser et avec conviction elle avait peint les fleurs à chaque saison, les neiges, les printemps, tout ce qui se niche de blancheur dans le cœur.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="618" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200847-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-5844" style="width:920px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200847-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200847-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200847-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="618" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20240628_172501-824x618.jpg" alt="" class="wp-image-5843" style="width:918px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20240628_172501-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20240628_172501-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/20240628_172501-2000x1500.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>samedi 8</em></strong><br />Petite mère entame sa 97ème année de vie aujourd&rsquo;hui. Le haut de son dos a tendance à se voûter et la peau de ses mains est désormais si fine qu&rsquo;elle pourrait se déchirer mais sa parole reste vive et elle trotte encore comme une souris. Tout à l&rsquo;heure je vais entendre sa voix au téléphone. Je sais qu&rsquo;une amie de longue date la rejoindra avant midi et qu&rsquo;elles iront déjeuner au restaurant.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 9</em></strong><br />Dans un message, Patricia me parle d&rsquo;une artiste en résidence dans sa région qu&rsquo;elle a reçue chez elle pendant deux jours. Sylvia Pires Da Rocha. Elle peint sur des carreaux de faïence. Le cadre l&rsquo;inspire comme en photo. Feu, minéral, végétal. Entre mémoire et présence. <br />Je m&rsquo;y retrouve dans cette beauté. <br /></p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="801" data-id="5855" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/pires-da-rocha-sylvia-respire-1-2024-scaled-1-824x801.jpg" alt="" class="wp-image-5855" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/pires-da-rocha-sylvia-respire-1-2024-scaled-1-824x801.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/pires-da-rocha-sylvia-respire-1-2024-scaled-1-300x292.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/pires-da-rocha-sylvia-respire-1-2024-scaled-1-2000x1944.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="824" data-id="5856" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/Tableau9-scaled-1-824x824.jpg" alt="" class="wp-image-5856" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/Tableau9-scaled-1-824x824.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/Tableau9-scaled-1-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/Tableau9-scaled-1-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/Tableau9-scaled-1-2000x1997.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>
</figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size"><em>Faïences sensibles</em>, de Sylvia Pires Da Rocha</p>



<div style="height:13px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>lundi </strong></em><strong><em>9</em></strong><br />Hier il est arrivé un grand bonheur. J&rsquo;ai reçu les descendants de Charles et Lucie qui ont habité cette maison des Fougères dans les années 1950. Intense émotion à revisiter ensemble le domaine, le petit bois, la « cabinole » (que j&rsquo;appelle l&rsquo;observatoire), enfin la maison. Une rencontre magique qui ranime mon envie de poursuivre le roman commencé autour du lieu, autour d&rsquo;une femme qui aurait habité ce lieu. Entre fiction et imaginaire.</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em>tous en visite<br />revenus au lieu de l’enfance<br />à l’âme inchangée</em></p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mardi 10</em></strong><br />Depuis quelques jours j&rsquo;avais perdu de vue mes hirondelles. Sans doute que je ne les guettais pas aux bonnes heures. Elles sont bien là, foncent comme des fusées dans l&rsquo;ouverture de la grange et s&rsquo;en reviennent de même. Fulgurances que leurs vols si reconnaissables ainsi que leurs cris.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mercredi 11</em></strong><br />Chaleur sur la terre. Déjà l&rsquo;herbe a jauni. Le spectre d&rsquo;une sécheresse possible réapparaît, mais nul ne peut prédire ce qui arrivera au ciel dans les semaines à venir. Une surprise me détourne de ces pensées. Bruno, ami dans la vie et les mots, a écrit une note après sa lecture du C<em>arnet de Murmures</em>. C&rsquo;est beau. Il dit : « Ce carnet a pour moi la délicatesse japonaise de l’écriture des saisons. » <br />L&rsquo;ouvrage sort en librairie aujourd&rsquo;hui.<br />Il faut une bonne dose d&rsquo;instinct pour réaliser un livre qui tienne le coup, je m&rsquo;en rends compte avec l&rsquo;expérience, mais comment savoir si ça va plaire, prendre de l&rsquo;ampleur, toucher le cœur des autres ? Du coup je reçois chaque retour de lecture comme un cadeau.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>jeudi 12</em></strong><br />Corps fatigué au réveil. Il proteste alors que le ciel promet d&rsquo;être brûlant. La terre profonde m&rsquo;apparaît alors comme un soin, un abri, si toutefois je savais devenir lombric ou bactérie.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200861-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-5868" style="width:1106px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200861-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200861-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200861-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>vendredi 13</em></strong><br />Le journal ou carnet de bord serait le moyen de demeurer proche des mots chaque jour &#8212; ou presque. Impossible d&rsquo;écrire comme ça rien qu&rsquo;en claquant des doigts ou en appuyant sur un bouton de commande. Il faut être pris d&rsquo;urgence, quelque chose qui arrive quand on est plongé à corps perdu dans un texte.<br />Ça se fabrique à l&rsquo;intérieur de soi et au dehors par le rêve. Mais il faut vraiment s’atteler à l&rsquo;ouvrage pour que ça advienne, être dans le long et l&rsquo;intense. <br />En attendant l&rsquo;élan ou entre deux chantiers, le journal devient refuge.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>samedi 14</em></strong><br />Chaque signe à l&rsquo;entour me tient les yeux ouverts.<br />Pas de genre qui tienne dans la nature. Chaque vie a sa place, sa couleur, sa puissance. Son espèce et snom aussi. Neige chevreuil chêne coque-lourde. Observer fascine et on s&rsquo;agrandit de cette connaissance.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 15</em></strong><br />Le peu de pluie tombée pendant la nuit a fait grand bien au jardin. Framboises en quantité, grains de cassis bientôt mûrs, jeunes salades. La coriandre aussi a largement pointé le nez et les menthes repartent sous le romarin échevelé. Dans l&rsquo;air, un goût poivré.<br />Au fait la jeune poule rousse installée vendredi s&rsquo;est offert une escapade au moment du coucher. Mes appels ne l&rsquo;ont pas fait revenir. Envolée au-delà des barrières, elle a dû passer une nuit de tous les dangers dans le petit bois derrière la maison. On vient de la retrouver insouciante au milieu des herbes mouillées. Sûr qu&rsquo;elle recommencera.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>lundi 16</em></strong><br />À nouveau la poulette a disparu à la tombée de la nuit. Introuvable. Je me console en me disant qu&rsquo;elle va réapparaître ou alors que c&rsquo;était son destin. En revanche les bébés hirondelles sont nés déjà depuis quelques jours. Les va-et-vient vers le nid de terre se multiplient. J&rsquo;entends les pépiements.</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em>garder le vert<br />en point de repère<br />avant la chaleur annoncée</em></p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mardi 17 </em></strong><br />Juste coller à ce qui arrive pour écrire quelques lignes chaque jour. Porter le regard avec exigence. Tenir l&rsquo;écriture.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mercredi 18</em></strong><br />J&rsquo;ai peut-être élucidé les disparitions ma jeune poulette. Hier un peu avant la nuit je l&rsquo;ai trouvée perchée dans le figuier. Voilà où elle choisi de se nicher et ça m&rsquo;a épatée qu&rsquo;elle soit capable de dompter son nouveau lieu de vie, de conquérir l&rsquo;arbre. Les larges feuilles offrent une ombre parfumée alors que la chaleur monte de jour en jour. <br /></p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>jeudi 19</em></strong><br />Peu à peu je constate que l&rsquo;écriture matinale des haïkus me reconduit vers le journal, l&rsquo;intimité, le resserrement des mots.<br /></p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em>bruissement incessant<br />le vent ou le monde ?<br />l’oisillon n’a pas survécu</em><br /></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200751-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-5867" style="width:1098px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200751-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200751-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200751-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200851-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-5860" style="width:1100px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200851-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200851-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200851-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>samedi 21<br /></em></strong>Équinoxe de printemps. On se retrouve au village de Neyrat sous les châtaigniers pour parler et manger ensemble. Journée caniculaire. On veut croire à l&rsquo;amitié, on se tend dans le désir de rencontres.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>dimanche 22</em></strong><br />Depuis quelques jours j&rsquo;éprouve un sentiment de solitude intense qui m&rsquo;a empêché d&rsquo;écrire. Au fond de moi, je suis inquiète. Le 12 juin je parlais de me confondre avec la terre noire. Aujourd&rsquo;hui je voudrais me glisser dans l&rsquo;eau vive pour voyager à l&rsquo;aveugle. <br />Comme on me questionnait récemment sur l&rsquo;écriture et son rapport avec le domaine des idées, le mot qui m&rsquo;est venu pour répondre est « geste ». À mes yeux l&rsquo;écriture est geste et non tentative de formuler une idée, geste qui accompagne le présent et la circulation du corps dans le présent. L&rsquo;écriture est liée au corps et à la fluidité. L&rsquo;écriture doit échapper à l&rsquo;analyse pour être véritable. <br />La photographie serait de même nature, issue du même geste. Spontanéité, fluidité, expérience réunies en un tout petit noyau de temps.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">Me revient de ma pratique martiale l&rsquo;expression <em>Kikentai itchi</em>. Recherche de l&rsquo;unité. Tout en un seul instant.</p>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>lundi 23</em></strong><br />Les herbes sont brûlées comme en plein mois d&rsquo;août. Un orage a tourné longtemps et puis s&rsquo;en est allé. Quoi de nous souffre à entendre les soupirs d&rsquo;une nature à demi assassinée ? Bientôt ils vont récolter le blé.</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em>solitude</em><br /><em>plus grande aujourd’hui<br />y puiser de l’élan</em></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200895-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-5916" style="width:1132px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200895-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200895-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200895-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><strong><em>mardi </em>24</strong><br />J&rsquo;ai entendu d&rsquo;étranges claquements du côté de la prairie. C&rsquo;était la musique des genêts, leurs cosses devenues noires et sèches s&rsquo;étant donné le mot pour éclater aux mêmes heures, à tout vent. Ça composait un chant dont j&rsquo;ignorais tout, assistée par la chaleur. Une magnifique capacité de disséminer ses graines dans la nature. Certaines sortiront l&rsquo;an prochain, terres acides propices au développement des arbustes aux têtes d&rsquo;or.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>mercredi 25</strong></em><br />La musique déroule sa mélodie depuis la cuisine et quelques rebuffades de vent chaud annoncent les orages. On les attend, on espère qu&rsquo;ils ne seront pas trop violents.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>jeudi 26</strong></em><br />Quelque chose hésite à s&rsquo;ouvrir, à avancer avec les mots, avec le silence entre les mots. Je voudrais saisir le présent, c&rsquo;est pourtant le souvenir de ce qui demeure des heures déjà vécues qui imprègne chaque seconde. Respirer, continuer à chercher le chemin. <br /><br /><em><strong>vendredi 27</strong></em><br />La pluie a soulagé l&rsquo;atmosphère et redressé le jardin, mais un nouvel épisode de chaleur s&rsquo;annonce. Les chatons de châtaignier sont à terre.<br />Je repense à la soirée d&rsquo;hier entre filles de la gym en l&rsquo;honneur d&rsquo;Élisabeth qui a conduit le bateau durant de longues années. Je ne la connais que depuis six mois mais une douce proximité s&rsquo;est installée entre nous. Hier elle m&rsquo;a touchée dans sa petite robe rouille et ses sandales blanches alors qu&rsquo;elle recevait ses cadeaux. Je l&rsquo;imaginais fillette maigre en justaucorps noir contrairement à ses copines qui avaient choisi le rose pour leusr vêtements de danse. Je me remémore aussi Isabelle qui, après un verre d&rsquo;apéritif <em>crémant citron cointreau</em>, déclarait avoir rêvé d&rsquo;un mariage en calèche.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200887-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-5919" style="width:1078px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200887-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200887-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200887-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p class="has-text-align-left" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>samedi 28</strong></em><br />La maison s&rsquo;est refermée pour offrir le plus frais. L&rsquo;atmosphère est propice au travail. Je m&rsquo;en retourne au roman dont je triture les premières pages depuis des mois. <br />À force de vouloir préciser, trop en dire, la musique s&rsquo;enfuit et ça m&#8217;empêche d&rsquo;avancer. Le temps et le désordre voilent la vue. Je décide d&rsquo;en revenir à une version précédente, plus sobre. Le premier élan doit donner à voir quelque chose de la suite. La première phrase est cruciale. La voilà en huit mots, définitive.<br /></p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em>La roche avait pris le contrôle du paysage</em>.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>dimanche 29</strong></em><br />Vigilance sécheresse depuis le 25. L&rsquo;eau est rationnée et les jardins doivent attendre tard le soir pour être soulagés.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em><strong>lundi 30</strong></em><br />Les poulettes profitent de la relative fraîcheur et caquètent. Je découvre le texte de la semaine de Juliette dont les mots-clés sont chaleur et sécheresse. Les miens sont contenus dans le haïku du jour.</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);"><em>ou l’hiver ou l’été<br />à l’intérieur des mots<br />feu vent braise</em></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">Tout comme moi elle note : « Les arbres résistent encore, ils dispensent une douce ombre pour qui peut se déplacer. »</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="464" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200872-824x464.jpg" alt="" class="wp-image-5915" style="width:1020px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200872-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200872-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2025/06/P1200872-2000x1125.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>





<p class="has-text-align-center" style="font-size:12px"><em>Photographies, Les Fougères, juin 2025, ©Françoise Renaud</em></p>



<p></p>
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		<title>canicule</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Aug 2023 12:06:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 23 &#38; 24 août 2023 C&#8217;est à mes animaux que je pense le plus en ces circonstances de ciel brûlant privé de vent, juste un peu de brise le matin et puis tout refermer des portes et des fenêtres car ça grimpe vite au thermomètre, et soudain je m&#8217;inquiète pour la chatte &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/canicule/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« canicule »</span></a></p>]]></description>
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<h3 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation |<em> 23 &amp; 24 août 2</em>023</h3>



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<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">C&rsquo;est à mes animaux que je pense le plus en ces circonstances de ciel brûlant privé de vent, juste un peu de brise le matin et puis tout refermer des portes et des fenêtres car ça grimpe vite au thermomètre, et soudain je m&rsquo;inquiète pour la chatte disparue, sans doute dans un fourré bien épais où elle va attendre tout le jour, inerte et patiente, mais je m&rsquo;inquiète davantage pour les poules qui, elles, ont peu de moyens pour lutter quand bien même jouissant d&rsquo;un abri en pierres de granit, oiseaux si légers familiers, l&rsquo;une d&rsquo;elles éprise en ce moment de couvaison alors qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d’œuf fécondé à éclore. Je la sors du nid de paille. Elle se laisse faire. Je la prends sous le bras, lui parle, caresse son cou ses ailes, la dépose dans l&rsquo;herbe à l&rsquo;ombre pour qu&rsquo;elle picore quelque chose. J&rsquo;ai apporté des épluchures, un reste de rillettes oublié par de récents visiteurs, des morceaux de pain. Parce qu&rsquo;il faut bien qu&rsquo;elle s&rsquo;alimente et elle adore le pain. Je me surprends à veiller sur elle comme sur un enfant alors que les autres gambadent sous la vaste ramure du chêne. Ciel tendu à éclater, rebords du monde flouté, on ne sait plus où on en est, routes désertes déroulant leurs méandres où personne ne circule. On est prêt à se séparer de tout. On brûle, le sang aussi. On en est arrivé là, à prier pour que l&rsquo;eau tombe, pour que le feu stoppe ses ravages, pour que les forêts redeviennent de vraies forêts, pour que les ours blancs survivent, pour que les enfants dorment tranquilles à l&rsquo;abri des ouragans. </p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Je rêve de la saison où je vais bêcher à nouveau le jardin, tailler les rosiers anciens. Les tiges sèches tournent au rouille avant de se fondre à la terre. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;anges qui veillent en cette heure sans air, dilatée en brasier. Résister attendre dérouler le mystère marcher à pas lents avec le chapeau baissé sur le nez et porter de l&rsquo;eau toutes les heures là-bas sous l&rsquo;arbre comme une offrande, fabriquer une mare de fortune pour que les bêtes ailées y pataugent et les autres bêtes aussi si elles veulent, c&rsquo;est champ libre. </p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">La nuit dernière, la hulotte a chanté tard et longtemps. Je l&rsquo;ai écoutée avant de retrouver le sommeil.</p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><em>Photographie, ©Françoise Renaud &#8211; au verger, août 2023</em></p>
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