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	<title>Calvino et les morts &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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		<title>tout un été d&#8217;écriture #31 &#124; Calvino et les morts</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Sep 2018 16:41:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[4ème cycle : route des utopies En marchant dans la ville on ne pense qu’aux vivants, aux autres qui marchent comme soi. On ne voit que la ville des vivants. Et puis un indice : une stèle, une dalle gravée, un nom de rue, une statue, une plaque commémorative, une enceinte en pierre avec des silhouettes &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tout-un-ete-decriture-31-calvino-et-les-morts/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« tout un été d&#8217;écriture #31 &#124; Calvino et les morts »</span></a></p>]]></description>
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<h3 class="wp-block-heading"><em>4ème cycle : route des utopies</em></h3>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">En marchant dans la ville on ne pense qu’aux vivants, aux autres qui marchent comme soi. On ne voit que la ville des vivants. Et puis un indice : une stèle, une dalle gravée, un nom de rue, une statue, une plaque commémorative, une enceinte en pierre avec des silhouettes d’arbres, un fourgon noir. Des figures confuses surgissent tout à coup, nous étreignent la poitrine en ce jour pourtant où tout va si bien, on se retrouve assis sur un banc de l’esplanade à réfléchir et se souvenir, à suivre une rue au nom d’un musicien disparu. La ville porte trace de tous ceux qui ont crié en naissant, elle brasse les visages et bruit de multiples histoires. La ville est pareille à une entité géologique, sans cesse remaniant ses terrains, étendant ses cendres et poussant ses grondements du tréfonds des tombes à travers les fissures d’écorce. La ville est comme vivante de ses morts. Et il y a des endroits où on sent davantage la multitude passée à la trappe. Par exemple les parkings souterrains, les tunnels, les caves d’opéra ou de salle de concert. Un genre d’humidité suinte à travers les épaisseurs de ciment, pique les yeux. Sûrement l’âme du musicien adoré qui remonte ainsi que l’eau, mélodies infiltrées par tous les canaux de la terre. Personne ne sait mais il est là encore, ça vibre sous les pieds de la foule qui traverse la place au dallage glissant, ça improvise. C’est lui sûrement – comment la ville ne pourrait-elle pas se souvenir ? Assise sur le banc elle pense à lui. Elle se souvient de sa voix douce, de la façon qu’il avait de se déplacer sur la scène, d’étreindre son instrument tel un corps à faire danser. Si vite emporté. Elle se souvient de certaines nuits de musique et de poésie, du concert lorsqu’on a brûlé sa dépouille. La vie est pareille à une courbe, à une trajectoire d’étoile. Il y a aussi ce vieil ami qui aimait bavarder et arpentait la ville à bicyclette, jambes piquetées de taches rousses. Un jour son cerveau s’est vrillé. Maintenant il repose dans une case de St Lazare auprès de sa mère, un vaste lieu protégé de cyprès avec chapelle pour se recueillir. On y entre par un lourd portail rouillé, on s’y promène, on évoque les noms à haute voix, toutes ces plaques offertes au soleil dans cette extension singulière et mélancolique de la cité. Elle pense à son père enseveli il y a peu sous la terre et le ciel atlantique. La nuit d’avant le rituel, il y avait eu une tempête et le ciel au-dessus de l’église près des plages était bouleversé de nuées blanches qui couraient en travers. Plus de bâtiments, plus de tombes, rien que du ciel. Partout les traces des morts demeurent, tatouées dans le ciel et la chair de nos villes.</p>



<div style="height:63px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em> texte écrit par Françoise Renaud dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;été 2018 proposé par François Bon <strong> <a href="http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article210"> « Construire une ville avec des mots »</a></strong></em><br /><em><strong><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 15px; color: #993366;">La proposition d&rsquo;écriture (toujours en 20 minutes) / #31 : <i>non pas mimer les allégories que déploie Italo Calvino, mais s’en appuyer comme d’une autorisation mentale à explorer ce qu’on sait, soi-même, de la mort dans ce lieu qu’on bâtit</i>.<br /></span></span></strong></em></p>



<figure class="wp-block-image is-style-default"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1022" height="1024" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre-1022x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1745" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre-1022x1024.jpg 1022w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre-768x770.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre-1200x1202.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre-2000x2004.jpg 2000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2018/09/façadeverre.jpg 2044w" sizes="(max-width: 1022px) 100vw, 1022px" data-mwl-img-id="1745" /></a></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Photographie : Françoise Renaud, septembre 2018<br /></em></p>
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