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	<title>atelier d&rsquo;hiver 2019 &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>atelier d&rsquo;hiver 2019 &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>en 4000 mots #9  &#124; textes apocryphes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Mar 2019 13:01:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'hiver 2019]]></category>
		<category><![CDATA[brume]]></category>
		<category><![CDATA[idée d'apocryphe]]></category>
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		<category><![CDATA[textes apocryphes]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #9, entrer dans le texte de l’autre avec l’attention de le compléter, l’interroger, rajouter de la fiction sur la fiction, écrire un apocryphe&#8230; toujours avec bienveillance&#8230; Source de l&#8217;apocryphe ici ( #7 de Marlen Sauvage) Le moment &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-9-textes-apocryphes/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #9  &#124; textes apocryphes »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle</strong></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#9<em>, entrer dans le texte de l’autre avec l’attention de le compléter, l’interroger, rajouter de la fiction sur la fiction, écrire un apocryphe&#8230; toujours avec bienveillance&#8230;</em></p>
<p><em><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-1953" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/03/P1020949-822x824.jpg" alt="" width="640" height="641" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/03/P1020949-822x824.jpg 822w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/03/P1020949-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/03/P1020949-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/03/P1020949-768x770.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/03/P1020949-1200x1202.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/03/P1020949.jpg 2044w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></em></p>
<p><a href="http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article418#7">Source de l&rsquo;apocryphe ici ( #7 de Marlen Sauvage)</a></p>
<p style="text-align: justify;">Le moment viendrait où les images suffiraient à remplacer les mots, où le cerveau pourrait se reposer la nuit plutôt que de se préoccuper, mâcher et remâcher tout ce qui pourrait s’écrire et qui s’enfuit à chaque seconde. Le moment viendrait où le corps pourrait oublier cette urgence, échapper au carcan des pages et à la tyrannie des phrases. Le moment viendrait où le lit serait juste chaud pour traîner le matin tout en écoutant l’autre remuer dans la cuisine, faire le thé ou le café, où le coin de canapé serait juste là avec coussins et livres déjà écrits juste offerts au temps, où l’après-midi ne serait plus ouragan tsunami déferlante qui oblige à remanier sans cesse la matière de l’existence et le poids des mille émotions épuisantes qui hantent le roman en train de s’écrire – il vibre en soi, tourbillonne déborde possède. Le moment viendrait où on stopperait la voiture sur le pont à trois arches et on regarderait l’eau née sous le causse qui dévale de six ou sept mètres en cascade fumante certains matins de gel et anime la vallée de ses brumes silencieuses. Le moment viendrait où le carnet en moleskine rouge ne serait plus nécessaire oh non ni le dictaphone ni l’appareil photo. La solitude oui elle, toujours. Et il ne surgirait plus que du néant le désir de respirer, de se relâcher, de vivre l’instant même qu’il soit d’hiver ou d’été, de terre ou de mer, de noir ou de blanc, avec ou sans chat, avec ou sans livre à écrire, avec la peau souple et gonflée d’amour pour tout ce qui arrive autour de soi. Rien d’autre. Le rire dans la rue, la cloche de l’église toute proche, le renard à l’orée des bois et le paysage remué d’eau déchiqueté par l’hiver.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article471#3">Source de l&rsquo;apocryphe ici</a><a href="http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article471#3"> (</a><a href="http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article471#3">#3 de Philippe Castelneau)<br />
</a></p>
<p style="text-align: justify;">Il a toujours un appareil photographique sur lui, il connaît parfaitement les réglages au point qu’ils sont devenus automatiques. Il regarde le ciel, jauge la lumière et il sait. L’appareil sait. Il cadre, le doigt appuie. Rien du monde pour autant n’est changé. C’est quoi la photographie ? Il ne saurait pas très bien dire. Des instants retenus dans la mémoire de la boîte noire qu’il peut explorer à l’envie, c’est ce qu’il explique. Une histoire de liberté de mouvement à travers les planches d’images &#8212; mais est-ce bien cela ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il aura beau énumérer toutes les précautions à prendre avant d’appuyer : se positionner, se rapprocher – oui encore un peu &#8211;, oser, tenter, recommencer, reculer, rien n’est garanti. Il cherche l’angle, l’instant fou, l’improbable, le juste reflet. Il cherche.&lt;</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre jour il parlera du voyage de l’œil, de la solitude du photographe, de la beauté fugace. Fasciné, bouleversé, un autre jour encore il aura les mains vides. La boîte noire est rivée aux os de son crâne, pas bien loin des zones primitives qui dictaient aux hommes de se relever pour marcher, de grandir, de garder la tête haute, d’observer de loin la migration des oiseaux et le mouvement des grands animaux de savane.</p>
<p style="text-align: justify;">L’exercice quotidien de la vie se charge de fixer les choses. Il met son casque de moto, baisse la visière, fonce sur la double voie. Le vent fouette son corps à cheval sur la machine, tout défile, lignes des arbres devenues floues, vitesse, griserie, plus de réglages qui tiennent. Il vit, c’est tout.</p>
<p style="text-align: justify;">
</address>
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		<title>en 4000 mots #7 &#124; Virginia Woolf : contexte de l’écriture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Feb 2019 14:11:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'hiver 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Journal]]></category>
		<category><![CDATA[le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[recherches sur la nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #7, écrire sans sujet à partir de &#8216;Journal&#8217; de Virginia  Woolf (écrire le contexte du lieu de l&#8217;écriture, les conditions matérielles, les heures, la fatigue&#8230;)   Mercredi 6 février Quand est ce que ça vient et où est-ce &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-7-virginia-woolf-contexte-de-lecriture/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #7 &#124; Virginia Woolf : contexte de l’écriture »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#7<em>, écrire sans sujet à partir de &lsquo;Journal&rsquo; de Virginia  Woolf<br />
(écrire le contexte du lieu de l&rsquo;écriture, les conditions matérielles, les heures, la fatigue&#8230;)</em></p>
<p><em> <a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1929" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1024x1024.jpg" alt="" width="580" height="580" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1024x1024.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/02/P1020967_carré.jpg 2048w" sizes="(max-width: 580px) 100vw, 580px" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mercredi 6 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">Quand est ce que ça vient et où est-ce que ça va ? trop chaud trop froid, trop vite trop tard. Peut-être dans ce moment au sortir du sommeil : cerveau en mode oubli, respiration inaudible et bruits feutrés comme s’il avait neigé. Rester dans l’abandon de la nuit une heure encore dans la chambre douce en lumière, là où les choses se disent à voix basse et où les douleurs – tous les genres de douleur – sont plus vives, les perceptions plus profondes qu’à vivre en plein soleil. Il y a cette quantité folle de mots passés en revue dans le noir avant le sommeil et dans ces interstices où l’on croit ne pas dormir. Je me souviens, alors le livre s’écrivait tout seul dans une extrême lucidité, rien de flou, chaque élément parfaitement en place, et puis cette multitude d’images traînant à la queue leu leu avant de filer loin.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jeudi 7 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui je ne sais plus où j’en suis avec ce roman, si je suis sur la bonne voie. Je crois avancer, par petits bonds, un peu comme les oiseaux qui volètent dans les bras de l’arbre ou les écureuils. En fait non, ça n’avance pas. Il me faut tout recommencer, changer de point de vue, changer de temps pour raconter. Je m’effraie de la suite et je reste au tiède du lit pour ne pas sentir le découragement. <span id="more-1927"></span>Du thé à volonté, boisson précieuse et parfumée dans son pot anglais : Earl Grey à fleurs bleues, goût connu comme un repère nécessaire. Rester au tiède du lit – le feu n’est pas encore allumé dans le Gaudin &#8211;, couvertures sur les pieds, ordi posé sur les cuisses. Continuer. Juste un groupe de mots, une phrase. Regarder le bloc où sont posées des notes, des phrases que j’aime qui pourraient me servir. Le lit, le chaud, le thé, le calme de la maison, le silence de la vallée, l’immensité du ciel et la petite fenêtre qui rappelle que dehors le monde existe. Une heure, deux heures. Je reste avec moi-même, peut-être que j’ai tort.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vendredi 8 février</em></p>
<p style="text-align: justify;">La page s’est enrichie et il reste encore un peu de thé. Je poursuis, je persévère, j’hésite, je fatigue, je médite, enfin je relis tout haut ce que je viens d’écrire. Trop tard trop vite. Près de la lampe il y a des livres pareils à des morceaux de mon âme, ils peuvent me happer ou me redonner confiance pour peu que je les prenne en main. Les pistes ouvertes se sont refermées et les images de la nuit ne sont plus que des fantômes, pourtant le roman est là, en moi. Il flotte à la fois présent et irréel. Je connais la couleur de ses veines, la fragilité de ses articulations. Il y a du bruit dans la ruelle, un chien qui aboie, quelqu’un qui frappe à la porte, je m’en moque. Où est-ce que ça va, les mots ? Je m’en moque, je travaille, je caresse les livres et la chatte venue me rejoindre, je lui parle &#8212; elle aussi aime la tiédeur du lit le matin avec le soleil parfois dans la petite fenêtre. Les événements minuscules viennent se tatouer dans la phrase en train de se construire et dans la trame du livre, par exemple l’aboiement du chien, le facteur qui dépose un paquet, le mauvais temps, un coup de fil inattendu, Bernard qui vient livrer du bois. De toute façon je ne sais pas ce que je vais écrire – quel écrivain pourrait le savoir ? &#8211;, il y a seulement que je travaille et il arrive des moments où le roman coule dans le moule comme une pâte à gâteaux. Tout ou rien. Le livre en train de s’écrire est libre. Il a déjà un visage vers lequel je m’avance.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (toujours la série « Le cadavre dans l&rsquo;escalier », 2017)<br />
Ici le lien vers le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></em></p>
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		<title>en 4000 mots #6 &#124; Robert Walser : un tout petit clou</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jan 2019 11:43:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[en 4000 mots 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'hiver 2019]]></category>
		<category><![CDATA[l'amant russe]]></category>
		<category><![CDATA[recherches sur la nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Walser]]></category>
		<category><![CDATA[un tout petit clou]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019 recherches sur la nouvelle Le Tiers Livre &#8211; atelier d&#8217;hiver #6, écrire sans sujet à partir de &#8216;Vie de poète&#8217; de Robert Walser (écrire sur rien, à partir de rien, « en un seul bloc »&#8230; j&#8217;ai écrit cette variation en prolongement de #2 : écriture avec écrivain) Il &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-6-robert-walser-un-tout-petit-clou/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« en 4000 mots #6 &#124; Robert Walser : un tout petit clou »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<address><span style="color: #808080;"><strong>Atelier Tiers Livre &#8211; hiver 2018 / 2019<br />
recherches sur la nouvelle<br />
</strong></span></address>
<p style="font-size: 14px; text-align: left;"><em>Le Tiers Livre &#8211; atelier d&rsquo;hiver </em>#6<em>, écrire sans sujet à partir de &lsquo;Vie de poète&rsquo; de Robert Walser<br />
(écrire sur rien, à partir de rien, « en un seul bloc »&#8230; j&rsquo;ai écrit cette variation en prolongement de #2 : <strong><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/en-4000-mots-2-ecriture-avec-ecrivain/">écriture avec écrivain</a></strong>)</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-1913" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-1022x1024.jpg" alt="" width="580" height="581" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-1022x1024.jpg 1022w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-768x769.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré-1200x1202.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/01/P1020963_carré.jpg 2044w" sizes="(max-width: 580px) 100vw, 580px" /></a></p>
<p class="has-drop-cap" style="text-align: justify;"><strong>I</strong>l y a grande soirée à l’ambassade. Pas la peine de rêver, il ne viendra pas. Toute la semaine sans le voir – la troisième au total. Elle n’arrivera pas à travailler, encore moins à dormir : les ombres dehors, le vent, le cri déchirant des chats qui se défient. Elle va avoir la fièvre de lui. Alors se fixer sur rien ou pas grand-chose, par exemple une tache d’humidité au plafond, une rayure, un bout de carte postale qui dépasse d’un livre. Fouiller désespérément le noir pour se raccrocher à ce rien qui pourrait la sauver. Elle ne boit jamais seule d’habitude, mais là c’est différent — juste une rasade parce qu’elle ne supporte pas d’attendre. Elle cherche un clou entre deux lés de tapisserie, un élytre d’insecte dans le rideau, une carapace de coccinelle, <span id="more-1910"></span>ou alors des indices de dégradation du miroir. Vodka. Elle est perdue, elle s’obstine à chercher une petite chose inouïe qui pourrait retenir son attention, la ramener à elle-même. Peut-être que l’amant russe est un homme à femmes, qu’il a d’autres maîtresses. Tout à fait possible, elle sait comment il fait pour devenir irrésistible, elle l’a déjà vu faire… Se fixer, ne pas déraper, rester digne&#8230; Et bien sûr qu’un clou, même minuscule, ça n’est pas rien : une possibilité de suspendre un tableau, un portrait de famille, un trousseau de clés. Et une carapace de coccinelle ça n’est pas rien non plus, quelques milligrammes et sept points noirs sur le dos. Mais ni clou ni insecte dans les parages, seulement la bouteille qu’elle a achetée pour leur soirée et la page de son cahier – elle trouve pratique d’écrire dans des cahiers, au moins tout est ensemble. Quelques mots comme : L’attendre fait mal ou Je l’imagine souriant à côté de sa femme dans une robe affreuse. Trop nul. Vodka encore. Elle déambule dans le studio, regarde les moutons de poussière réfugiés au ras du plancher, en ordre de marche tel un bataillon velu, personne ne sait d’où ils viennent, comment ils se forment. Et puis là-bas une chose roulée en boule, pièce de linge oubliée, culotte en coton gris. Un de ces slips larges, propriété de l’amant, dont elle s’est souvent moquée, assez inélégant mais confortable — de fabrication moscovite elle suppose —, donc un objet qui a touché le corps adoré et même ses parties intimes. Cette façon qu’il a toujours de l’ôter, grand corps pas vraiment athlétique mais étonnamment souple à se jeter sur le lit l’attirer l’étreindre. Doux le tissu qu’elle caresse – il a été beaucoup porté, lavé —, s’en sert comme d’un mouchoir ou carré de velours. Et voilà qu’elle pleure toutes les larmes de son corps, inconsolable de solitude et d’amour. Pitoyable de pleurer comme ça à son âge pour un slip, pour un homme, rien qu’une histoire passagère – tout était clair dès le départ —, non mais à quels états cette passion la réduit. Désolée, engloutie, elle s’en fiche, étreint ce rien du tout, ce bout de chiffon, étrange témoin de ses plaisirs.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie de Françoise Renaud (série Le cadavre dans l&rsquo;escalier, 2017)<br />
Ici le Tiers Livre, <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787&amp;fbclid=IwAR3yQKprKiC-sjlUflHJYpBoHt53DRh7USOvvBiNL_niX_Hszt-QB6EPS8I">« en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle</a></em></p>
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