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	<title>secret &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>secret &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>repli dans un temps qui viendra</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 May 2023 15:56:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 28 mai 2023 peu de temps pour lire, rien qu&#8217;une poignée d&#8217;ouvrages dressés au chevet et sur la table de travail, les autres au repos dans des cartons entreposés dans le hangar, comme il me tarde de les sortir, oui mais il faut attendre encore, ce n&#8217;est pas le moment, chantier dans &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/repli-dans-un-temps-qui-viendra/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« repli dans un temps qui viendra »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation | <em>28 mai 2023</em></h2>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">peu de temps pour lire, rien qu&rsquo;une poignée d&rsquo;ouvrages dressés au chevet et sur la table de travail, les autres au repos dans des cartons entreposés dans le hangar, comme il me tarde de les sortir, oui mais il faut attendre encore, ce n&rsquo;est pas le moment, chantier dans ces parties de la maison qui accueilleront mon quartier d&rsquo;écriture et mes petites bibliothèques &#8212; mot qui me donne à imaginer les rayonnages avec les livres aimés des auteurs qui comptent plus que d&rsquo;autres, les coquillages, les petits objets issus de voyages et les photographies &#8211;, pour le moment me contenter de quelques livres et de cette connivence inattendue qui s&rsquo;est installée avec eux parce que je les prends dans mes mains, les parcours le matin au réveil avec le chant du monde dans la fenêtre, il n&rsquo;y a guère de villes par ici, je suis entrée dans une zone de terres et de forêts où les livres n&rsquo;existent pas sinon ceux greffés dans ma mémoire comme épitaphes sur des stèles ou signes gravés sur des murailles dressées témoignant de certaines vies d&rsquo;homme, de leurs voix grêles ou puissantes, de leurs visages, de leurs mains rudes</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);">et leurs voix contenues dans les livres habitées de syllabe en syllabe</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(17.905px, 1.119rem + ((1vw - 3.2px) * 1.147), 28px);">murmures morsures</p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">à cette saison les sillons de la terre sont cachés par les herbes longues et secouées de vent, au hasard de loin en loin des groupes de bâtiments d&rsquo;aspect inébranlable aux portes closes, il y a des sources, il y a des talus où la roche érodée paraît, des creux avec des étangs investis d&rsquo;oiseaux, il n&rsquo;y a guère de villes mais des routes sinueuses aux courbes gracieuses au ras des bosquets qui conduisent d&rsquo;un bourg à l&rsquo;autre, toujours un rapace ou deux qui planent au-dessus des genêts, il y a des routes sans fin où presque personne ne passe, elles mènent pourtant quelque part, vers une ferme, un château ancien doté de remparts-lisières rongés de clématite et de lierre &#8212; vestiges d&rsquo;une vie plus intense sans doute &#8211;, il y a des champs broutés par les troupeaux de bêtes heureuses fauves et lourdes, il y a des filons aurifères, il y a des arbres aux feuillages vernissés, oui décidément peu de villes, une étrange respiration saisit à la gorge et au ventre et il se dessine comme des replis dans le jour,</p>



<div class="wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);">des vastitudes dans un temps incertain</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);">des pauses au secret du rocher</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">on s&rsquo;adosse au muret pour accueillir les lueurs entre nuages infusées</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
</div>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">UN PLI DANS LE TEMPS A VENIR</p>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">un pli dans le temps et il faut y entrer</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><em>Photographie </em><em>©</em>Françoise Renaud &#8211; route des Fougères, mai 2023</p>
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		<title>organique et sombre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Apr 2023 07:57:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 9 avril 2023 Terre assoupie depuis plusieurs années, toute en herbe, hérissée de jaune pissenlit. Terre abandonnée. Terre en attente. Terre réclamant qu&#8217;on la bêche pour retrouver son aspect organique et sombre, révéler les lombriciens qui s&#8217;y tortillent en nombre, garants de sa texture et de sa qualité. Terre pressée qu&#8217;on l&#8217;entreprenne, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/organique-et-sombre/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« organique et sombre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">carnet d&rsquo;installation |<em> 9 avril 2023</em></h3>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Terre assoupie depuis plusieurs années, toute en herbe, hérissée de jaune pissenlit. Terre abandonnée. Terre en attente. Terre réclamant qu&rsquo;on la bêche pour retrouver son aspect organique et sombre, révéler les lombriciens qui s&rsquo;y tortillent en nombre, garants de sa texture et de sa qualité. Terre pressée qu&rsquo;on l&rsquo;entreprenne, qu&rsquo;on la bouscule, qu&rsquo;on la fouille, qu&rsquo;on lui restitue son beau grain avant de lui confier arbustes bulbes plantules et graines de fleurs, toutes choses prêtes à raciner et à croître au soleil montant. Tout de même elle résiste au mouvement de l&rsquo;outil, lourde à soulever, mottes innombrables à piétiner ou émietter à la main jusqu&rsquo;à la rendre lisse et noire, prête à semer ou planter. Une bonne surprise : peu de cailloux vite rassemblés au fond de bacs à fleurs pour servir de drainage. Chaque parcelle ratissée se voit dotée d&rsquo;une barrière rustique en bois de châtaignier récolté dans le taillis sur l&rsquo;autre bord du coteau. </p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Le travail est long mais le plaisir est grand. </p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">Je suis loin des villes mais je suis proche de la terre qui donne. Je suis loin des foules mais j&rsquo;observe le peuple des oiseaux affairé à ses ouvrages de printemps. Je suis loin des grandes bibliothèques et des lieux de conférence mais j&rsquo;ai sous la main tout ce qu&rsquo;il faut pour apprendre et affûter mes perceptions de vivante. Je suis sans amis proches mais pour toutes sortes de raisons je me sens entourée et sais qu&rsquo;on veille sur moi. Je suis loin de l&rsquo;aspiration des grandes capitales mais je détiens de grands espaces simples et bruts comme avant, quand l&rsquo;homme s&rsquo;occupait lui-même de ce qu&rsquo;il mangeait. Je suis loin des musées et des cabinets de philosophie mais je dispose de toutes les prairies et de toutes les clameurs du ciel. Je demeure sans fioritures et sans manières. Ici les fantaisies sont inutiles, ciel bleu grand lavé, champs ouverts et forêts mystérieuses à portée de pas. Il est temps de se satisfaire du présent à l&rsquo;heure des plantations miraculeuses. Oignons échalotes salades rouges framboisiers petits pois et pommes de terre précoces sont en terre. Ils profiteront d&rsquo;une surveillance quotidienne et composeront d&rsquo;ici peu quelques assiettes croquantes.</p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180247-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3971" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180247-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180247-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180247-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180247-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180247-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180247-1200x674.jpg 1200w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



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<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img decoding="async" width="824" height="463" data-id="3952" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180214-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3952" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180214-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180214-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180214-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180214-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180214-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180214-1200x674.jpg 1200w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img decoding="async" width="824" height="463" data-id="3951" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180216-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3951" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180216-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180216-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180216-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180216-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180216-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180216-1200x674.jpg 1200w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>
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<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



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<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="463" data-id="3958" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180228-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3958" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180228-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180228-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180228-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180228-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180228-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180228-1200x674.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="463" data-id="3957" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180226-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3957" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180226-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180226-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180226-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180226-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180226-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180226-1200x674.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>
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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180235-1-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3963" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180235-1-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180235-1-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180235-1-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180235-1-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180235-1-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2023/04/P1180235-1-1200x674.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><em>Photographies Françoise Renaud</em>©<em>, avril 2023  </em></p>



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		<title>miroitements</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Jun 2021 09:03:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[ateliers Tiers Livre]]></category>
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		<category><![CDATA[endormissements]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier d&#8217;été Tiers Livre &#8211; cycle Progression #1 &#8211; autour de Georges Perec  » Espèces d&#8217;espaces » L’intime se détache de nous-même, devient imaginaire pour qui le découvre en lisant&#8230; (innombrables lieux où j’ai dormi&#8230; voir ce qui va venir) tout de suite odeur de draps sales – y avait-il seulement des draps ? –, tenace cette &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/miroitements/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« miroitements »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left; font-size: 14px;"><em>Atelier d&rsquo;été Tiers Livre &#8211; cycle Progression #1 &#8211; autour de Georges Perec  » Espèces d&rsquo;espaces »<br />
L’intime se détache de nous-même, devient imaginaire pour qui le découvre en lisant&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">(innombrables lieux où j’ai dormi&#8230; voir ce qui va venir)</p>
<p style="text-align: justify;">tout de suite odeur de draps sales – y avait-il seulement des draps ? –, tenace cette odeur de linge qui a longtemps servi dans lequel on peine à se coucher, moisi, odeurs corporelles, draps chiffon, draps de chambre d’étudiant où s’attarder rien qu’un bout de nuit sans importance</p>
<p style="text-align: justify;">étranges résonnances quand des gens parlent alors que d’autres dorment dans cette église désaffectée transformée en auberge de jeunesse (ça se passe en pays étranger mais on s’en fiche, enfin pas tout à fait car c’est l’hiver, il y a de la glace dans les mares des parcs et les canards tournent en rond), c’est un hiver froid avec des pluies fréquentes, donc se réfugier dans ce lieu repaire et mesurer l’impressionnante hauteur de la nef au-dessus des couchettes juxtaposées demeurant perceptible jusque dans le sommeil</p>
<p style="text-align: justify;">temps non compté alors qu’il dort en sécurité, et je dors moi aussi tout en veillant sur lui, notre chambre d’enfance partagée, nos deux lits calés dans les coins, meuble cosy cognant parfois contre le mur</p>
<p style="text-align: justify;">Highlands – le lieu revient d’abord, indissociable de l’image, du coup le nommer –, pluie, beauté, oiseaux de mer nichant innombrables, toile de tente de couleur orange plantée au milieu de la lande, terre fragile, pluie, beauté, cris d’oiseaux, arrachements d’herbe mouillée, pas de matelas, rien qu’un sac de couchage</p>
<p style="text-align: justify;">dormir pas dormir, désirer, attendre au bord du lit étroit, caresses dénuées de sens et nuit noire</p>
<p style="text-align: justify;">couette en plumes servant de matelas installée au grenier (car une partie de la maison est louée en août à des vacanciers), somnolence d’après-midi alors que j’ai de la fièvre, le soleil a tourné déjà du côté de l’ouest, les pas de maman douce montant l’escalier et portant de l’eau et un bol de compote dans un panier, dans mon rêve j’ouvre les yeux, elle a poussé la porte à fond et la lumière inonde les combles</p>
<p style="text-align: justify;">sentir en travers du sommeil les rafales de vent fort qui ravage la côte et hurle par-dessus la toiture, frissonner jusque dans le songe en cours d’élaboration</p>
<p style="text-align: justify;">désir pénombre séduction sortilège, peau inconnue sous les doigts dans un appartement inconnu, vague assoupissement avant de s’enfuir juste avant le lever du jour – surtout ne pas trop dire de soi –, déjà au cœur de l’assoupissement cette sensation de fuite de gâchis de fureur</p>
<p style="text-align: justify;">six couchettes par compartiment, la mienne celle d’en haut, pas rassurée</p>
<p style="text-align: justify;">souffle puissant du vent venu de l’océan indien et rasant les collines de sable qui constituent la côte, cabane recouverte de palmes avec juste un grabat rempli de végétal séché, rumeur des vagues immenses, nuit étoilée, sommeil peuplé d’odeurs de mer et de foin</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie Nathalie Holt, juin 2021</em></p>
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		<title>monter aux Falguières</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 15:28:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[promenade]]></category>
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					<description><![CDATA[Grand vent dehors. Sans doute lui qui chasse les pensées mauvaises qui m&#8217;ont agitée cette nuit et ranime certaines images prises à la belle saison il y a quatre ou cinq ans déjà. Rendez-vous était pris avec Jean pour monter aux Falguières, un hameau abandonné là-haut sur le plateau au-dessus du village. Le temps était &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/monter-aux-falguieres/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« monter aux Falguières »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Grand vent dehors. Sans doute lui qui chasse les pensées mauvaises qui m&rsquo;ont agitée cette nuit et ranime certaines images prises à la belle saison il y a quatre ou cinq ans déjà.</p>
<p style="text-align: justify;">Rendez-vous était pris avec Jean pour monter aux Falguières, un hameau abandonné là-haut sur le plateau au-dessus du village. Le temps était beau, le versant couvert de châtaigniers très abrupt. Jean souffre d&rsquo;une maladie qui le ronge et limite ses forces, et il s&rsquo;était donné pour challenge de le grimper pendant qu&rsquo;il le pouvait encore. Une course à se fabriquer des souvenirs, à raviver dans ses muscles une tension du vivre. On avait pris le temps qu&rsquo;il fallait, pas à pas, nous ménageant de fréquentes pauses pour éponger la sueur. Le paysage avait été récompense. On avait visité les maisons presque toutes en ruine, mangé des petits sandwiches au jambon cru et donné une part au chat noir et blanc qui nous avait tenu compagnie. On avait regardé autour de nous cette magie non dénuée de candeur comme une évidence. Puis nous étions redescendus par l&rsquo;autre bord sous les pins dans la lumière majestueuse.</p>
<p style="text-align: justify;">On évoque assez souvent cette promenade. Jean dit qu&rsquo;elle réclamerait trop d&rsquo;effort pour lui aujourd&rsquo;hui.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-3056" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/20160628_133748-824x464.jpg" alt="" width="730" height="411" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/20160628_133748-824x464.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/20160628_133748-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/20160628_133748-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/20160628_133748-1536x864.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/20160628_133748-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/20160628_133748-1200x675.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-3062" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020904-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020904-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020904-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020904-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020904-1536x1152.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020904-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020904-1200x900.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-3059" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020907-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020907-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020907-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020907-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020907-1536x1152.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020907-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020907-1200x900.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-3060" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020911-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020911-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020911-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020911-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020911-1536x1152.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020911-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020911-1200x900.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-3057" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020920-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020920-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020920-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020920-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020920-1536x1152.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020920-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2021/01/P1020920-1200x900.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
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		<title>espèces de décor (1)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2020 08:22:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>
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					<description><![CDATA[texte écrit dans le cadre de l&#8217;atelier d&#8217;été Tiers Livre animé par François Bon. Cette fois il était question de produire de la matière, de décrire des contextes, des décors, sans personnages. En fait, se plier à l&#8217;exercice pour être plus fort après ! intérieurs Un moment pour s’habituer au manque de lumière, persiennes rabattues &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/especes-de-decor-1/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« espèces de décor (1) »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px; text-align: justify;"><em>texte écrit dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;été Tiers Livre animé par François Bon. Cette fois il était question de produire de la matière, de décrire des contextes, des décors, sans personnages. En fait, se plier à l&rsquo;exercice pour être plus fort après !<br />
</em></p>
<h3 style="text-align: justify;">intérieurs</h3>
<p style="text-align: justify;">Un moment pour s’habituer au manque de lumière, persiennes rabattues à cause de la chaleur. Rayonnages bourrés de livres plus ou moins en désordre, bureau massif occupant une bonne part de la surface. Quelques marches à descendre. Un moment pour observer ressentir le décor. Tapis ou non. Tableaux ou non. Bien peu d’objets personnels finalement, de ceux qu’on s’attend à trouver dans un lieu destiné à l’étude ou à l’écriture, au remuement des papiers et des souvenirs : statuettes rapportées de longs voyages, dessins à l’encre, coquillages, tissages, livrets cousus main, petites choses sans valeur chargées de sens – poterie, galet de rivière, tabatière, encrier. Rien de cela, seulement des livres à grosse couverture des cahiers des outils pour écrire. L’ensemble tout à fait immobile.</p>
<p style="text-align: justify;">Sommairement meublée, pour ça oui. Et petite avec ça. Chambre d’une dizaine de mètres carrés dotée d’une fenêtre donnant sur le ciel. Alors presque rien : un lit pas bien grand, une table en bois brut aux rainures sales pour faire la cuisine manger travailler avec une chaise qui ne prend pas de place, un évier minuscule à la fois pour se laver et prendre de l’eau, quelques pièces de vaisselle posées sur l’étagère au-dessus, et dans l’enfilade un genre de recoin fermé par un rideau, de quoi ranger des effets personnels, enfin ce qu’on possède, c’est-à-dire pas grand-chose. Oui mais fenêtre sur le ciel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cuisine où s’assoir pour manger quelque chose, prendre un café, bavarder. Cuisine où se poser au sortir du sommeil ou en rentrant d’un long périple. Cuisine avec inévitables appareils ménagers – ceux-ci relativement usagés, simplifiés, datant d’une autre époque mais fonctionnant toujours. Placards pour accueillir une batterie de plats casseroles moules marmites d’une femme qui a fait des milliers de tartes aux pommes, confectionné tant de soupes de légumes et de confitures (prune poire pomme) pour nourrir une famille. La table a été récupérée lors du décès d’une voisine sans héritiers, Yvonne ou Rose, de même quelques verres anciens chipés chez le vieux Maurice. Pas de nappe. Évier trop bas, plan de travail carrelé de blanc – le moins cher. Cuisine d’enfance. Cuisine où demeurer entre rue et jardin, entre saisons, tant qu’il y a de la vie encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Ça pourrait s’appeler un grenier, bas de plafond. Sous les poutres en fait. Il y a du fatras, des choses qui ne servent plus à rien. Odeurs indéfinissables, poussière surtout. Madriers, chaises bricolées, vieux vêtements, vieux papiers, livres d’images, lettres ficelées. Odeurs incitant au voyage dans le temps et à l’exploration intime forcément.</p>
<p style="text-align: justify;">Plutôt des lieux anciens qui se manifestent, des lieux sombres emplis de bruits domestiques, frottements au sol, battements de portes, ustensiles de cuisine qui se heurtent au matin quand on fait du café et fait griller du pain. Y pénètrent des bruits et des odeurs de jardin, de campagne, presque jamais urbains. Meubles désuets &#8212; secrétaires en vogue dans les seventies, buffets hideux mais commodes pour ranger la vaisselle, armoires en chêne léguées par une vieille tante, postes TV juchés sur des tables roulantes. Lieux à revisiter avant qu’ils ne disparaissent. Et à parcourir cet enchaînement-là de quatre cinq pièces portant des noms liés à leur usage, s’invente un seul et unique espace qui ne palpite que pour soi dans la blancheur d’un ciel de bord de mer qui se propage à la façon d’un courant d’air, alors frôler du doigt l’arête d’un meuble, aller jusqu’à la chambre puis revenir au petit cabinet de toilette repeint il y a peu, passer par la cuisine, comment dire, l’ensemble ne constituant finalement qu’une seule et unique pièce, la maison avec ses bruits familiers et ses odeurs de cire, la maison quoi ! à jamais reliée aux premières années et aux apprentissages &#8212; comment a-t-on pu un jour en partir ? &#8211;, maison sans aucune envergure ni originalité mais reliée au temps personnel et à certains événements marquants, ouverte aux humeurs de l’océan qui bat et rebat éternellement la côte sauvage.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographie : Jim Digritz (unsplash)</em></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>un hiver personnages #4 &#124; croquis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2020 08:29:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[atelier tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[me souvenir de son nom]]></category>
		<category><![CDATA[mes personnages]]></category>
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					<description><![CDATA[Cycle d&#8217;ateliers hiver 2019/2020 avec Tiers Livre et François Bon intitulé « Un hiver personnages ». Proposition 4 : « prendre le temps, dans la vie quotidienne, d’être attentif à cette pulsion qu’on a d’imaginer la vie de telles personnes inconnues ou anonymes qu’on croise, même le plus bref instant&#8230; On ne développe pas, on ébauche ces bulles &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/un-hiver-personnages-4-croquis/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« un hiver personnages #4 &#124; croquis »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px; text-align: justify;"><em>Cycle d&rsquo;ateliers hiver 2019/2020 avec Tiers Livre et François Bon intitulé « Un hiver personnages ».<br />
Proposition 4 : « prendre le temps, dans la vie quotidienne, d’être attentif à cette pulsion qu’on a d’imaginer la vie de telles personnes inconnues ou anonymes qu’on croise, même le plus bref instant&#8230; On ne développe pas, on ébauche ces bulles de vie, on revient à l’observation. » </em><em><a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4877">En savoir plus ici</a>. </em></p>
<h3 style="text-align: justify;">me souvenir de son nom</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-2517" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/03/cristian-newman-CeZypKDceQc-unsplash-548x824.jpg" alt="" width="650" height="977" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/03/cristian-newman-CeZypKDceQc-unsplash-548x824.jpg 548w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/03/cristian-newman-CeZypKDceQc-unsplash-199x300.jpg 199w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/03/cristian-newman-CeZypKDceQc-unsplash-768x1155.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/03/cristian-newman-CeZypKDceQc-unsplash-1021x1536.jpg 1021w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/03/cristian-newman-CeZypKDceQc-unsplash-scaled.jpg 1362w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/03/cristian-newman-CeZypKDceQc-unsplash-1200x1805.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /></p>
<p style="text-align: justify;">Je les croise en allant à la mairie ou à la poste. Je les vois furtivement, les surprends dans une posture ou une autre. En train de sortir de leur maison, de parler à quelqu’un ou simplement de marcher dans la rue en portant des paquets. D’eux je ne sais rien. Je ne sais que ce que l’un ou l’autre voisin a bien voulu me dire de ce qu’il savait lui-même, donc matériau récolté au hasard de petites conversations conduites ci et là. Je ne sais pas si c’est du réel ou du transformé. Je choisis de penser qu’il y a forcément du vrai dans ces bribes restituées, forcément quelque chose de ce que ces gens sont ou ont été. J’ajoute ces informations à mes observations et les rassemble dans un coin de cerveau. J’en dessine une sorte de tableau. Peu à peu ça devient une vaste histoire. Ça ressemble à une carte de géographie, sauf que ce ne sont pas des lieux qui y sont inscrits ou des routes qui y sont tracées, mais des événements, des notations (corporelles ou vestimentaires ou sentimentales), des  détails intimes, des paroles volées auxquels s’ajoutent — je m’en rends bien compte — des scènes imaginées.<span id="more-2516"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Un jour elle disait : « J’ai eu peur quand il y a eu la panne. À minuit j’ai appelé le maire… j’aurais pas dû. Il était pas content. » Un autre jour elle était en panique à cause d’une fuite à la chasse d’eau. Petite et maigre. Parler méridional imagé. En blouse de ménage à petits motifs (pois, fleurs, motifs géométriques) à peine distincts sur fond bleu sombre, deux grandes poches pour le côté pratique, liserés unis soulignant le plastron. Elle tourne avec deux ou trois du même genre (non seulement pratique mais économique), probablement achetées au marché du vendredi. En été rien dessous, en hiver des couches de lainage et bas épais qui cachent la peau. Jamais observé ses chaussures. Quel âge ? Quatre-vingt-cinq ou six ou plus. Maintenant que j’en parle, il me semble qu’elle fait souvent référence à son âge : « Dame, ça ne vaut plus le coup. Pour le temps qui reste… », ce qui veut dire qu’elle est lucide et envisage la fin.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais qu’est-ce qu’elle fait là, assise sur une chaise devant sa porte pendant des heures ? Elle prend le frais, elle attend, s’ennuie, supplie. Elle est fondue dans le décor. A quoi pense-t-elle ? Quelquefois Geneviève lui tient compagnie. Quelquefois elles vont marcher le long de la rivière, surtout depuis qu’un nouveau sentier a été aménagé à passer devant l’école. Encore ce courage d’aller marcher, avancer dans la terre mêlée de gravier en parlant des affaires courantes, du passé, des petits-enfants qui grandissent et font des études pour devenir on ne sait quoi — pas facile de nos jours de trouver la bonne orientation, de faire quelque chose qui plaît. Tout a tellement changé.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a dû naître dans un de ces hameaux de montagne. Son père travaillait à la mine ou gardait des moutons. J’opte plutôt pour la mine. Travail de forçat qui permettait quand même de nourrir une famille et d’acheter un bout de maison. Il y avait de l’activité dans le coin à la fin du XIXe siècle. Je pourrais faire des recherches pour retrouver le nom du père, la questionner sur le sujet mais elle pourrait bien se cabrer. Elle n’est pas d’un caractère facile et d’ailleurs sa fille s’en plaint. Parce que je sais qu’elle a une fille, elle en a parlé une fois que je la saluais (elle l’attendait pour le soir). Nathalie ou Virginie. Va pour Virginie. Née à la fin des années soixante, peu d’études. Secrétaire ou caissière, mariée, trois enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">« Les petits, ils viennent plus. Ici ils s’ennuient trop. — C’est comme les miens. — Ben oui, ça va quand ils sont jeunes, ils jouent à la rivière. Maintenant, avec ces fichus appareils électroniques. — Ben oui, ils jouent plus comme avant. » Elle blague avec Geneviève tout en pressant le pommeau de sa canne. Je vois ce que le passage du temps a fait sur elle. Isolée. Peu d’occasions de voir la famille. Quelqu’un la conduit au supermarché une fois par semaine, l’épicerie sur place ne suffit pas. Toujours une bonne âme pour l’aider. « Et puis avec tout ce qu’ils nous ont fait ! » Elle parle des travaux récents, se plaint qu’il n’y ait que des murs. « Ah pour ça, les murs ils savent les faire ! »  Pas d’arbres, tous emportés par l’inondation de 2014. Sûrement qu’elle sera morte quand la verdure aura repoussé sur la tonnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le soir elle s’avale un bouillon de poule le soir, sinon elle se bricole un bout de viande avec trois légumes. On dit qu’elle a passé des examens, on parle de cancer, allez savoir. Elle risque de tenir encore un bout de temps, quelques étés à prendre le frais sur le pas de sa porte, à déplorer l’évolution des choses. Cette figure exposée à tous les soleils, cette odeur un peu âcre qui émane de la blouse. J’ajuste, je croque, je décide de ce qui arrive ou non. Elle n’a plus beaucoup de dents. La pierre des murs absorbe son image, elle disparaît. Bon sang, je n’arrive plus à me souvenir de son nom.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="font-size: 13px; text-align: right;"><em>Photographie : Cristian Newman (Unplash)</em></p>
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		<title>au cours de la marche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 May 2019 13:13:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[convalescence]]></category>
		<category><![CDATA[écrire]]></category>
		<category><![CDATA[grande cigüe]]></category>
		<category><![CDATA[marche]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-2076" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/DSCF5042-carre-824x824.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/DSCF5042-carre-824x824.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/DSCF5042-carre-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/DSCF5042-carre-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/DSCF5042-carre-768x768.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/DSCF5042-carre-1200x1200.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2019/05/DSCF5042-carre.jpg 1939w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p style="text-align: justify;">14 mai</p>
<p style="text-align: justify;">aujourd&rsquo;hui tu as ressenti la chaleur de l&rsquo;air au cours de la marche (vingt minutes d&rsquo;un bon pas équipée de ton corset bleu à nuages blancs) et tu as pu observer les flancs du sentier désormais envahis de renoncules, de graminées et d&rsquo;ombelles de grande ciguë qui appellent vers le haut — impossible de ne pas admirer l&rsquo;émergence végétale, la puissance surgissante du vert — oui la  saison a bel et bien commencé, et toujours la beauté du lieu inchangée</p>
<p style="text-align: justify;">16 mai</p>
<p style="text-align: justify;">méditer en guise de sieste<br />
et puis reprendre ton bavardage solitaire avec l&rsquo;écran scintillant qui te sert de page, endroit qui te convient pour le moment pour écrire<span id="more-2058"></span><br />
tu as bien tenté ce matin de rejoindre les personnages de ton roman en cours (une équipe de jeunes hommes partant à l&rsquo;assaut d&rsquo;une falaise sans fin pour atteindre l&rsquo;autre côté du monde), tu voulais pourtant, mais tu a eu du mal à distinguer leurs visages et tu n&rsquo;as pas réussi à retrouver leurs caractères ainsi que tu les avais ébauchés avant ta chute (du moins pas assez précisément pour continuer à les inventer), tu les as sentis comme éloignés de toi, leur projet glissé vers l&rsquo;arrière-plan, tu voulais pourtant mais c&rsquo;est comme le reste, ça va revenir doucement<br />
plutôt te concentrer sur ces minutes de marche simple qui te sont accordées entre deux périodes allongée, reprendre pied foulée par foulée, reprendre pied dans ce chemin qui passe devant ta maison et mène au col à travers un paysage sublime en cette saison, reprendre pied à l&rsquo;écart des voies passagères et des cités même si à chaque pas tu perçois ta fragilité et la possibilité d&rsquo;un déséquilibre — une amie t&rsquo;accompagne et veille où tu marches —, du coup tu ressembles à tes personnages vacillant sous ta plume à la recherche de leur vérité (c&rsquo;est émouvant, ce recommencement) et ça te ramène vers eux, demain ça ira mieux</p>
<p style="text-align: justify;">17 mai</p>
<p style="text-align: justify;">tu tardes à t&rsquo;y remettre en ce matin pluvieux, tu choisis de poursuivre ta lecture du <em>Dernier ermite</em>, l&rsquo;incroyable histoire d&rsquo;un homme qui a vécu seul pendant 27 ans dans les forêts du Maine, étonnant ce désir d&rsquo;être seul qu&rsquo;il avait, d&rsquo;être loin de toutes choses, ce qui lui permettait d&rsquo;aller plus loin plus profond que la prière, « Rien de plus grand, disait-il, que de se dresser, seul, tête nue devant le soleil, en présence de la terre et de l&rsquo;air, en présence des forces immenses de l&rsquo;univers », et tu conçois une telle existence toujours sur le qui-vive, cette persistance à survivre dans son royaume sauvage, sur le fil du rasoir, sondant les soubassements de soi</p>
<p style="text-align: justify;">18 mai</p>
<p style="text-align: justify;">la lumière entre timidement dans la chambre, la chatte fait sa toilette, tu retrouves Waralin dit le Survivant (petit-fils d&rsquo;Olaf et d&rsquo;Erika) et tu examines ses blessures graves après une chute en montagne (tes personnages chutent eux aussi, tu ne l&rsquo;avais jamais réalisé), le bougre est revenu de loin — peut-être aurait-il préféré y rester plutôt que de s&rsquo;en sortir diminué —, mais tu es décidée à trouver un moyen pour sublimer sa perte, alors tu écris ceci <em>Et depuis quelques temps il se développait en lui une capacité à voir des choses invisibles, comme un don qui lui aurait été révélé en ce point de son existence dans un but bien précis — récompense après la souffrance ou simple stimulant ? —, </em>petit à petit l&rsquo;envie te revient de continuer à inventer le livre</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em><span style="font-size: 13px;">Photographie : Françoise Renaud, 2016</span></em></p>
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		<title>dix-huit secondes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Sep 2017 10:17:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le tiers livre]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
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					<description><![CDATA[d’abord rien de particulier… elle marche d’un pas rapide dans la rue d’une grande ville, elle a l’air détendue, ses vêtements souples flottent sur sa peau au rythme de sa foulée elle arrive à hauteur d’un café dont elle vérifie le nom en levant les yeux vers l’enseigne, c’est bien là, elle pivote vers la &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/dix-huit-secondes/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« dix-huit secondes »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/09/12644949_10153866590293810_2811260025188340860_n.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1214" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/09/12644949_10153866590293810_2811260025188340860_n.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/09/12644949_10153866590293810_2811260025188340860_n.jpg 960w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/09/12644949_10153866590293810_2811260025188340860_n-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/09/12644949_10153866590293810_2811260025188340860_n-300x300.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/09/12644949_10153866590293810_2811260025188340860_n-768x768.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">d’abord rien de particulier… elle marche d’un pas rapide dans la rue d’une grande ville, elle a l’air détendue, ses vêtements souples flottent sur sa peau au rythme de sa foulée<br />
elle arrive à hauteur d’un café dont elle vérifie le nom en levant les yeux vers l’enseigne, c’est bien là, elle pivote vers la porte et son bras se tend dans le même mouvement jusqu’à toucher la paroi de verre où se reflète sa silhouette mêlée au monde qui marche dehors et où transparaît le monde dedans qui bavarde et consomme<br />
elle remarque les vitrines éclairées dans le prolongement du bar qui proposent des glaces ou des gâteaux, un peu comme dans un restaurant italien — plan rapproché sur ces gourmandises que le spectateur peut convoiter — tandis qu’elle perçoit des vibrations qui filtrent à travers la paroi transparente… rien d’extraordinaire, un simple rendez-vous dans un café-restaurant qui diffuse de la musique, rien de plus<br />
elle est à l’heure… une fois les pieds sur le seuil et la main engagée sur la porte, elle marque une hésitation comme prise d’un doute — l’observateur le comprend clairement et déchiffre l’incertitude dans son regard… sans doute un bref travelling à travers son visage balayé par des mèches de cheveux —, il y a qu’en cet instant précis elle sent combien elle est plus vieille, plus usée que lors de leur dernière rencontre<br />
à cette idée ses doigts se crispent sur la poignée en relief</p>
<p><span id="more-1206"></span></p>
<p style="text-align: justify;">elle tourne la tête vers l’arrière</p>
<p style="text-align: justify;">il y a des gens qui passent en riant fort, elle tourne la tête vers eux, vers la ville, vers le ciel comme pour l’interroger, elle ne sait pas si elle va entrer finalement, à quoi bon ? elle se dit que ça ne sert à rien de se revoir après longtemps, qu’il n’y a rien à tirer de ce genre d’expérience… en fait elle n’est plus sûre de ce qu’elle veut et elle est au bord de faire demi-tour… elle avait pourtant pris soin à sa toilette et au choix de ses vêtements, elle nourrissait un espoir sans se l’avouer, idiot forcément, quand le jour précédent il lui avait envoyé les photographies par mail, ça lui avait fait un coup au cœur mais elle n’avait pas réagi — toujours la même prudence, ne pas s’engager, aller le plus loin possible et puis reculer, surtout ne rien révéler d’elle —, c’était des photos d’enfants sur une plage</p>
<p style="text-align: justify;">une fille un garçon, la fille l’aînée, à peu près douze ans, peau caramel, le garçon rieur, c’est fou comme ils lui ressemblaient<br />
aucune explication pour les accompagner, rien que les photos en pièces jointes, soudain tout ce qui aurait pu advenir si elle avait accepté à l’époque de voir les choses autrement lui saute à la figure, la balaie tel un ouragan… l’instant du choix est passé depuis longtemps, le carrefour de leurs vies dépassé, griffé dans les neurones comme un déchirement<br />
elle s’appuie contre la porte pour ne pas chavirer</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">elle revoit les frimousses d’enfant l’une après l’autre jusqu’à ce qu’elles se perdent dans la foule métissée des visages projetés dans la vitre</p>
<p style="text-align: justify;">la porte s’ouvre brusquement, elle manque de trébucher — gros plan sur le sol parcouru de mille fissures ou égratignures —, elle se rattrape à la poignée tout en pensant qu’il est encore temps de faire demi-tour<br />
déjà il s’est levé quelque part dans la salle, s’avance — on entend le bruit de ses pieds qui glissent contre le sol —, il est là, tout près, elle perçoit son souffle, il a la peau noire comme avant, il est aussi plus vieux qu’avant, enfin à peine, si jeune encore lui et plein de vie, elle le regarde, partagée entre un bonheur immense et une douleur liée au passage du temps, à l’impossibilité de rembobiner le film, c’est terrible tout ça mélangé aux images des petits qu’il a eus avec une femme qu’elle ne connaît pas, ni le nom ni rien, rien n’a transpiré de sa vie au cours de ce long silence, combien d’années au fait ? pourquoi fallait-il qu’il réapparaisse, qu’il lui parle de tendresse ou d’on ne sait quoi ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">il la touche</p>
<p style="text-align: justify;">lui prend la main et ensuite les épaules, la serre contre son corps, sent l’odeur de ses vêtements et de son cou, de ses cheveux, joie et tristesse mélangées, c’est terrible, on ne peut pas recommencer à la première page, tu sais bien, mais comment ça va ? dis-moi… dis-moi, s’il-te-plaît, parle-moi…<br />
des mots simples comme si le temps était stoppé net, elle voudrait se débattre pour lui échapper mais elle reste</p>
<p style="text-align: justify;">deux secondes encore cramponnés, nichés dans l’étreinte, et puis ils se séparent</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="font-size: 15px; text-align: right;"><em>texte écrit par <strong>Françoise Renaud</strong> dans le cadre de l&rsquo;atelier d&rsquo;été 2017 proposé par François Bon, </em><em> <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4441">Et si je vous dis personnages ?</a> volet 6 « Les dix-huit secondes d&rsquo;Artaud »<br />
<strong><span style="color: #339966;">Il est proposé d&rsquo;écrire « 18 secondes de la vie d’un personnage, tout ce qui se construit de lui en arrière-plan… lui au milieu des autres humains. Un texte qui va s&rsquo;inclure dans le grand qui collectif&#8230;<br />
Et le cercle qui n’en finit pas&#8230; »</span></strong></em></p>
<p style="text-align: right; font-size: 15px;"><em>Photographie de <strong>Sylvia Bahri</strong>, 2016</em></p>
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		<title>existence soudain fragmentée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 15:50:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[divers]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[Vases communicants]]></category>
		<category><![CDATA[coeurs brisés]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce te texte a été publié le 5 août 2016 sur le blog de Marie-Noëlle Bertrand dans le cadre des Vases Communicants. Nuit jour. Dedans dehors. Corps agissant, résonnant, travaillant, pleurant, communiquant, dormant, se taisant. Les murs sont des frontières entre le ciel illimité et la chambre où ils vivent. C’est la matière qui les &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/existence-soudain-fragmentee/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« existence soudain fragmentée »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 14px;"><em>Ce te texte a été publié le 5 août 2016 sur le <a href="https://ilpleuvrademain.com/2016/07/01/le-lac-010716-francoise-renaud/">blog de Marie-Noëlle Bertrand</a> dans le cadre des<a href="http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/"> Vases Communicants</a>.</em></p>
<p><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-629" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg" alt="3793503856_f58c156297_z" width="740" height="527" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z.jpg 640w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2016/07/3793503856_f58c156297_z-300x214.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 740px) 100vw, 740px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nuit jour. Dedans dehors. Corps agissant, résonnant, travaillant, pleurant, communiquant, dormant, se taisant. Les murs sont des frontières entre le ciel illimité et la chambre où ils vivent. C’est la matière qui les guide. La matière du réel, du dehors et du dedans, de la nuit et du jour, du désir et de l’ombre. De l’univers dans tous ses états. Parfois ils se demandent de quoi il s’agit, là sur cette terre, dans ce monde tel qu’il s’est façonné autour d’eux. Ils savent éprouver joie, contrariété, terreur. Mais quand la matière se fige, ça fait des creux dans le temps. Juste après, les heures ne passent plus de la même manière. Les cœurs sont brisés. L’avenir anéanti.</p>
<p style="text-align: justify;">Drames toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Inscrits dans l’ocre du sable.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils apprennent le dernier en date par la télévision, par la Toile. Le lendemain au café ou sur le marché en faisant les courses. Un coup de folie entre nuit et jour. Haine et colère. Tout le monde en parle, parle de l’existence soudain fragmentée. Le dehors a fait irruption dans le dedans. L’architecture des bâtiments se moule autour du corps des hommes et des femmes qui pleurent devant le carnage  — personne n’aurait pu l’empêcher d’arriver. Brèches. Chambres noires. Froid et chaud. Certains voudraient s’en retourner dans les espaces du ventre d’où ils sont venus  ou d’un autre semblable, petites huttes en peau munies d’une porte pareille à une vulve — une forme qui s’oppose au rectiligne des rues, des écrans, des fenêtres. Qui s’oppose à la douleur. Pour s’y abriter. Jusqu’au soir. Mon amour. Je te tiens par la main. Il ne t’arrivera rien.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Photographie ©Marie-Noëlle Bertrand</em></p>
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		<title>Ce qui nous fait tenir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2015 08:43:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[créatures]]></category>
		<category><![CDATA[lumière]]></category>
		<category><![CDATA[neige]]></category>
		<category><![CDATA[partager le thé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://francoiserenaud.com/terrainfragile/?p=227</guid>

					<description><![CDATA[Ce qui se cache sous la couche de cendre, ce qui grince grogne, ce qui se terre et se tait de l’être car ne peut être dit, tout ce que nous savons de l’air bleu des rêves, de la fine découpure des feuilles d’érable, de la solitude éprouvée au cours d’une promenade au bord du &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/ce-qui-nous-fait-tenir/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Ce qui nous fait tenir »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/05/01_sagace-2013-acrylique-sur-toile-114x1461.jpg" rel="lightbox-0"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-229" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/05/01_sagace-2013-acrylique-sur-toile-114x1461-1024x795.jpg" alt="01_sagace,-2013-acrylique-sur-toile-114x146" width="621" height="482" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/05/01_sagace-2013-acrylique-sur-toile-114x1461-1024x795.jpg 1024w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/05/01_sagace-2013-acrylique-sur-toile-114x1461-300x233.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/05/01_sagace-2013-acrylique-sur-toile-114x1461-1200x931.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2015/05/01_sagace-2013-acrylique-sur-toile-114x1461.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 621px) 100vw, 621px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui se cache sous la couche de cendre,<br />
ce qui grince grogne,<br />
ce qui se terre et se tait de l’être car ne peut être dit,<br />
tout ce que nous savons de l’air bleu des rêves, de la fine découpure des feuilles d’érable, de la solitude éprouvée au cours d’une promenade au bord du lac gelé alors qu’un soleil maigre courtisait la canopée des forêts, un homme marchait sur l’autre bord, laissant des traces profondes — il croyait lui aussi être seul —, il faisait tellement beau cet après-midi-là après une semaine de tempête neigeuse que toutes les espèces de créatures étaient sorties des tanières pour jouir de la lumière rapidement basculée en arrière des arbres,</p>
<p style="text-align: justify;">tout ce qui nous fait tenir debout au milieu du chemin, tête nue, front au vent,</p>
<p style="text-align: justify;">tout ce que nous aimons, nourritures suaves, habits de velours et livres rangés dans nos bagages dans nos sillages,</p>
<p style="text-align: justify;">un jour constater l’état des choses, la prégnance des secrets enfermés dans des armoires métalliques, la noirceur de la terre sous les ongles, les émotions qui nous exhortent à ne pas perdre une miette de ces spectacles discrets que bien peu observent, un jour forcément constater la blancheur de la neige — comme on prend conscience d’un sommet inaccessible —, cristalline, irréelle, manteau lustré tassé sédimenté en même temps que des débris de poussière, parcelles de météorites, brindilles, feuillages secs et graines miniatures éjectées du fruit pour donner à renaître, c’est comme ça que l’espace se régénère, comme ça qu’on retrouve le goût des choses,<br />
comme ça que se cicatrisent les douleurs de la chair par temps clair,<br />
au retour partager une tasse de thé, un gâteau, tout en parlant de la beauté du lac, de l’ordonnance du tas de bois appuyé contre la maison.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Texte inédit ©<strong>Françoise Renaud</strong></em><br />
<em> S&rsquo;agace, acrylique sur toile de <strong><a href="http://raphaelleboutie.com/" target="_blank">Raphaëlle Boutié</a></strong>, 2013, 114 x 146</em></p>
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