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	<title>corps &#8211; Terrain Fragile</title>
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	<description>TEXTES &#38; PHOTOGRAPHIES FRANCOISE  RENAUD</description>
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	<title>corps &#8211; Terrain Fragile</title>
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		<title>la douceur des morts</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 07:56:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
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					<description><![CDATA[Je rentre d&#8217;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&#8217;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017) Lors de ce dernier voyage, j&#8217;ai revu l&#8217;escalierun escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&#8217;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/la-douceur-de-nos-morts/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« la douceur des morts »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);"><em>Je rentre d&rsquo;un voyage en Bretagne, le premier depuis le décès de mon père. Impressions, survivances qui rejoignent d&rsquo;autres expériences&#8230; (texte publié la première fois en 2017)<br /></em></p>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">Lors de ce dernier voyage, j&rsquo;ai revu l&rsquo;escalier<br />un escalier de rien du tout, quelques marches comme je l&rsquo;ai récemment décrit, faciles à franchir, franchement pas de quoi tomber — sans doute que le sol s&rsquo;était subitement dérobé sous mes pieds —<br />et j&rsquo;ai revu son visage de cendres<br />nettement</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">ce visage des derniers jours avant l&rsquo;enfouissement sous la terre alors qu&rsquo;il était couché sur le lit de glace dans la petite pièce sombre prévue pour les visites, avec de quoi s&rsquo;assoir confortablement mais pas trop, une tablette au chevet pour poser une bougie et une fleur dans un vase, un parfum de santal couvrant l&rsquo;odeur de dégradation des chairs qui déjà avait commencé et ne ferait que se poursuivre au cours des quelques jours d&rsquo;attente dans ce bâtiment prévu pour les morts et pour les vivants qui&nbsp; avaient l&rsquo;habitude de les côtoyer et ne pouvaient se détacher d&rsquo;eux aussi vite<br />donc peu de lumière, l&rsquo;exacte quantité qu&rsquo;on s&rsquo;accorde pour la prière et le recueillement<br />pourtant bien souvent les gens dérogeaient à la règle et parlaient assez fort, échangeant des nouvelles en dehors de ce qui venait d&rsquo;arriver et au-delà même du personnage qui les réunissait en ce lieu, des nouvelles du voisinage ou de la famille du côté de ma mère, des souvenirs aussi, pas mal de souvenirs</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage à lui indifférent désormais à ces affaires et ces rumeurs, apaisé finalement, tendu, grisâtre un peu comme un galet</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">à&nbsp; présent je l&rsquo;aperçois souvent</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">il existe à l&rsquo;intérieur de moi, et je l&rsquo;observe dans le détail pendant que tout est encore assez net — car j&rsquo;imagine que ça va finir par s&rsquo;estomper et que je vais enfin guérir de lui —<br />ses cheveux courts un peu en brosse parce qu&rsquo;ils venaient d&rsquo;être coupés — j&rsquo;étais présente lors de la dernière venue du coiffeur peu avant dans la cuisine —, et si doux au toucher, si doux ses cheveux de vieil homme, douceur qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à nos morts, la même douceur qui m&rsquo;avait un jour engendrée sans doute<br />et je pourrais décrire chaque centimètre carré de ses joues front paupières closes, mais ça n&rsquo;en dira pas beaucoup plus, car tout se tenait serré à l&rsquo;intérieur, étouffé, perché au-delà de la perception des hommes et des femmes rassemblés à tour de rôle autour de la dépouille, ce tout jadis déchaîné et brisé, ce tout défait et entêté qui l&rsquo;avait isolé des autres et l&rsquo;avait fait tenir longtemps dans la nuit noire et contre les assauts de la pluie auxquels rien ne résiste, ainsi j&rsquo;ai revu son visage au-delà de la texture des songes, celui que je suis seule à connaître parce qu&rsquo;il s&rsquo;est coulé dans mes sillons intimes — et de la même façon dans ceux de mon frère — comme pour se prolonger et transmettre le mieux qu&rsquo;il y avait à sauver, à nous mettre sous la dent quand nous étions en train de grandir</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">son visage proche désormais d&rsquo;un dessin au crayon, d&rsquo;une esquisse à la craie blanche mêlée de sang sur un pan de calcite, sorte d&rsquo;enluminure primitive oubliée dans une cache, un repli de falaise ou d&rsquo;obscures catacombes</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">je n&rsquo;ai pas fait de photo sur son lit de glace&nbsp;— je me demande pourquoi —, sans doute parce que ce n&rsquo;est pas une chose convenable, pourtant j&rsquo;aurais dû afin de presser l&rsquo;image contre moi de mes deux mains tremblantes longtemps après son départ comme un livre rare capable d&#8217;empoigner, de raconter et donner un dernier tour de vis à l&rsquo;histoire qui sans lui n&rsquo;aurait jamais eu lieu</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);">au bord du bassin, le lion qu&rsquo;il avait sculpté jadis à ses heures perdues, me regarde depuis son repos de pierre</p>



<div style="height:62px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><a href="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" rel="lightbox-0"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="751" height="750" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg" alt="" class="wp-image-1117" style="width:1185px;height:auto" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré.jpg 751w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-150x150.jpg 150w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2017/06/lion_carré-300x300.jpg 300w" sizes="(max-width: 751px) 100vw, 751px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-center has-x-small-font-size"><em>Texte et photographie (Lion, créature de mon père, 2015 ), Françoise Renaud, 15 juin 2017<br /></em></p>
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		<title>au silence du monde &#124; 1er février 2024</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 11:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[au bord du jour 2024-2025]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[départ]]></category>
		<category><![CDATA[souvenir]]></category>
		<category><![CDATA[tresse blanche]]></category>
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					<description><![CDATA[à tous ceux qui l&#8217;ont connue ou auraient aimé la connaître tout ce que la lumière dévoile tout ce qu’elle dissimule aussi dans le trop-plein, dans l’excès, alors que la saison devrait être froide tout ce que nous traversons, le temps, oui mais aussi les espaces géographiques mais aussi les espaces des pensées qui se &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/au-silence-1er-fevrier-2024/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« au silence du monde &#124; 1er février 2024 »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-size:13px"><em>à tous ceux qui l&rsquo;ont connue ou auraient aimé la connaître</em></p>



<div style="height:70px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-medium-font-size">tout ce que la lumière dévoile</p>



<p class="has-medium-font-size">tout ce qu’elle dissimule aussi dans le trop-plein, dans l’excès, alors que la saison devrait être froide</p>



<p class="has-medium-font-size">tout ce que nous traversons, le temps, oui mais aussi les espaces géographiques mais aussi les espaces des pensées qui se croisent au chaud du corps et tricotent des lignes à écrire à envoyer au loin du monde tels messages vers les étoiles brillantes, suppliant qu&rsquo;elles fassent écho à notre joie à notre peine</p>



<p class="has-medium-font-size">tout ce que la lumière m&rsquo;apprend d&rsquo;elle, lumière répandue sur son visage tendu vers le ciel et lumière émanant de l&rsquo;intérieur d&rsquo;elle, alors qu&rsquo;elle ne respire plus, alors que je ne l&rsquo;ai pas revue depuis mon départ de là-bas, entendue une fois avec beaucoup d&rsquo;inquiétude, et ce phrasé qui était le sien, rien que le sien, la douceur de son teint, le choix des  mots, les tons pastel de ses vêtements, elle en avait peu, pas riche en biens, juste une cabane sur la bosse sous la montagne d&rsquo;où elle contemplait les constellations et le croisement occasionnel des planètes, elle mangeait à peine, elle avait un oiseau qui picorait dans sa main, ce chagrin quand il est parti au grand vent du dehors, et j&rsquo;apprends ce matin qu&rsquo;elle est partie et elle me manque, sa douceur me manque, l&rsquo;infinie douceur de son visage et de ses longs cheveux blancs tressés, née en ce village elle connaissait tous les recoins et entrait dans toutes les maisons, touchée par le paysage elle ramassait la bruyère par brassées à l&rsquo;époque de sa floraison, une amie me le raconte et ça lui ressemble tellement</p>



<p class="has-medium-font-size">tout ce que la lumière me raconte d&rsquo;elle encore sur la photographie, tout ce que j&rsquo;ignorais, bribes que je rassemble comme des miettes comme des cendres</p>



<p class="has-medium-font-size">tournée vers l&rsquo;orient je préserve le souvenir de sa voix</p>



<div style="height:18px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-center" style="font-size:12px"><em>Photographie françoise renaud, printemps 2022 </em></p>
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		<title>c&#8217;est l&#8217;aube de l&#8217;été</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jul 2023 10:32:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[carnet d'installation 2023]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
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					<description><![CDATA[carnet d&#8217;installation &#124; 9 juillet 2023 J&#8217;ai commencé à écrire quelque chose à propos de la maison, du moins celle qu&#8217;elle était il y a plus d&#8217;un siècle. J&#8217;ai envisagé les murs, les greniers, le dédale des pièces, les terres autour. Arpentant la chambre qui me sert de bureau, j&#8217;ai découvert la musique du parquet, &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/cest-laube-de-lete/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« c&#8217;est l&#8217;aube de l&#8217;été »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading" id="block-185020dd-a3d0-427a-895e-b180fdf20192">carnet d&rsquo;installation | <em>9 juillet 2023</em></h2>



<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">J&rsquo;ai commencé à écrire quelque chose à propos de la maison, du moins celle qu&rsquo;elle était il y a plus d&rsquo;un siècle. J&rsquo;ai envisagé les murs, les greniers, le dédale des pièces, les terres autour. Arpentant la chambre qui me sert de bureau, j&rsquo;ai découvert la musique du parquet, châtaignier en lattes de 70, et j&rsquo;ai commencé à dessiner la carte des plaintes émises par ce sol ancien et singulier. Comme une partition de craquements et autres sons inconnus. Un jour &#8212; je ne m&rsquo;y attendais pas &#8212; un personnage est apparu, une femme. Un jour elle était là, assise dans la cuisine. Elle m&rsquo;a fait un peu peur. Spectre ou fantôme, incarnation, reflet, mirage, en tout cas c&rsquo;est comme ça, de dos, qu&rsquo;elle est entrée dans mon roman. Je sais qu&rsquo;elle a un visage doux et un cou délicat en dépit de son âge. Elle m&rsquo;intrigue, je ne sais pas pourquoi je la vois vivante, j&rsquo;ai l&rsquo;impression de la connaître et j&rsquo;ai la certitude qu&rsquo;elle se trouve attachée à cette maison d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre. Me voilà obligée de lui inventer une vie, une enfance, des frères, des pensées qui la distinguent de ceux qui émergent de l&rsquo;autre monde. J&rsquo;observe avec plus d&rsquo;attention les alentours, traque les traces de la vie ancienne, les stèles en pierre au long du coteau, l&rsquo;ancien hangar au toit effondré qui devait abriter le foin et les animaux. Allez savoir ce que tout ça deviendra dans mes pages&#8230;</p>



<p class="has-background" style="background-color:#dde1e5;font-size:clamp(15.197px, 0.95rem + ((1vw - 3.2px) * 0.887), 23px);"><em>Cuisine, centre de la maison et même du domaine. Peu de lumière. Une silhouette de dos installée à la table. Je me demande ce qu’elle fait là, si elle est réelle, de quoi est fait ce gilet qui couvre les épaules voûtées, matière laineuse on dirait, elle épluche des légumes ou alors raccommode, lit un livre, fait une prière, on dirait un tableau, je suis encore loin d’elle, ne vois rien du visage penché vers les mains, un peu peur quand même et dans l’intense de la surprise, a priori personne d’autre que moi n’habite cette maison, alors rien qu’une ombre, une impression, un caprice de mon imagination, un soupçon absurde qui me fait reculer vers le salon, je voudrais murmurer <span style="font-size:16.0pt;line-height:107%">mon dieu c’est vous&nbsp;? mais diable d’où sortez-vous&nbsp;?</span>, le temps de me frotter les yeux et ça a remué dans la cuisine, un froissement de souris, tout de suite après il me semble entendre le battant de la porte du fond, le temps que je me précipite, plus rien qu’un léger décalage de la chaise, des griffures sur la table, quelques miettes, une odeur de feu et de graisse cuite.</em></p>



<p style="font-size:clamp(15.197px, 0.95rem + ((1vw - 3.2px) * 0.887), 23px);"><span style="font-size:16.0pt;line-height:107%;font-style:normal"><em> </em></span></p>



<p style="font-size:clamp(14.642px, 0.915rem + ((1vw - 3.2px) * 0.836), 22px);">On est à l&rsquo;aube de l&rsquo;été. Le réel et le fantastique se côtoient. Pas de touristes en goguette, pas d&rsquo;aires d&rsquo;autoroutes, pas de pression estivale. Juste la vie simple. Ce matin un orage abreuvant à point nommé le potager et les sauges juste plantées. De quoi me réjouir, applaudir aux sensations de frais qui montent par la fenêtre ouverte.</p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><em>Photographie Françoise Renaud – à l’orée du domaine, juin 2023</em></p>
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		<title>de l&#8217;état du monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Dec 2022 10:32:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[ville]]></category>
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					<description><![CDATA[pourquoi pourquoi indifférence, porte refermée sur l’espace de la fin, pourquoi, plus de substance à mordre, plus de voix auxquelles se raccrocher, pourquoi —&#160;et comment te laisser pleurer dans la chambre, la misère au coin du lit en désordre&#160;— tu dois avoir si peur, tu as mal, tu as froid ou faim &#160;— la vie &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/de-letat-du-monde/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« de l&#8217;état du monde »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-audio"><audio controls src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/ETATduMONDE_FR.mp3"></audio></figure>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-medium-font-size">pourquoi pourquoi indifférence, porte refermée sur l’espace de la fin, pourquoi, plus de substance à mordre, plus de voix auxquelles se raccrocher, pourquoi —&nbsp;et comment te laisser pleurer dans la chambre, la misère au coin du lit en désordre&nbsp;— tu dois avoir si peur, tu as mal, tu as froid ou faim &nbsp;— la vie te quitte&nbsp;— personne pour forcer la serrure te porter de la soupe chaude des mots avec du doux&nbsp;— pourquoi pourquoi, insupportable et si violente la solitude (je voudrais je voudrais)</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>hortensia grimpant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 16:05:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
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					<description><![CDATA[&#124; au cœur de cet automne singulier, je veille encore sur les plantes que j&#8217;ai fait naître il y a quelques années &#124; comme elles je me dépouille &#124; peau douce enveloppant le corps qui respire chante crie proteste rouspète &#124; marche aussi jusqu&#8217;au fond des bosquets à la recherche d&#8217;odeurs et d&#8217;images qui parlent &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/hortensia-grimpant/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« hortensia grimpant »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-medium-font-size">| au cœur de cet automne singulier, je veille encore sur les plantes que j&rsquo;ai fait naître il y a quelques années | comme elles je me dépouille | peau douce enveloppant le corps qui respire chante crie proteste rouspète | marche aussi jusqu&rsquo;au fond des bosquets à la recherche d&rsquo;odeurs et d&rsquo;images qui parlent du monde | </p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170581-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3578" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170581-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170581-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170581-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170581-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170581-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170581-1200x674.jpg 1200w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170579-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3576" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170579-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170579-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170579-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170579-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170579-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170579-1200x674.jpg 1200w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="463" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170580-824x463.jpg" alt="" class="wp-image-3577" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170580-824x463.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170580-300x169.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170580-768x432.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170580-1536x863.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170580-scaled.jpg 2048w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/12/P1170580-1200x674.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



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		<title>menthe à l&#8217;eau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Oct 2022 16:50:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[images du passé]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[sourire]]></category>
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					<description><![CDATA[Texte issu d'atelier d'écriture Photofictions (Tiers Livre septembre 2022) et de mon dernier voyage dans mon pays de Bretagne où toujours viennent se mêler des images du passé et du présent. en fait pas grand-chose dans l’image sinon la couleur de la table, le rouge Badoit, la menthe à l’eau &#124; sinon la joie que &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/menthe-a-leau/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« menthe à l&#8217;eau »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse"><em>Texte issu d'atelier d'écriture Photofictions (Tiers Livre septembre 2022) et de mon dernier voyage dans mon pays de Bretagne</em> <em>où toujours viennent se mêler des images du passé et du présent.</em></pre>



<p class="has-medium-font-size">en fait pas grand-chose dans l’image sinon la couleur de la table, le rouge Badoit, la menthe à l’eau | sinon la joie que tu ressentais à ce moment-là | presque rien dans l’image sinon la joie chez toi en toi, sinon l’histoire derrière le sourire le même sourire que tu as depuis toujours | toi et moi nées la même année habitant le même chemin du même bourg tout le temps de l’enfance | la soif qui t’a prise soudain en remontant du bord de la mer où nous venions d’enfouir nos pieds dans le sable si doux et dans la vague de la marée montante, l’envie de t’installer au petit bar à côté de l’ancien bureau de poste juste avant la boulangerie, précisément à cette table au milieu du trottoir | alors on s’y est installées et c’est comme ça que tu t’es retrouvée en face de moi | ton bavardage incessant | les bulles dans les verres, les traînées sur le jaune après le passage rapide de l’éponge, les ronds dessinés sur la table à cause de la condensation des bouteilles fraîches | tu parles tu parles ta voix si reconnaissable tout comme ton sourire il y a tant de choses à se raconter, par exemple ton départ le lendemain pour le Morbihan, la venue récente de ta sœur installée à Berlin, l’autre frère pour qui tu n’existes plus | cette joie en toi envers et contre tout, tu es tellement contente qu’on ait pu se voir, tu évoques la beauté des choses de la côte et la puissance des vagues tout en sirotant ta menthe à l’eau | dans ce sourire, le même que tu as depuis toujours, des traces de regrets, des sillons indéfinis, de la douleur liée aux nombreuses disparitions incompréhensions séparations, rien n’est oublié, tout compte s’empile cogne hante le sourire et creuse le visage ainsi qu’une eau de ruissellement en haut de la plage</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter is-style-default"><img decoding="async" src="https://www.tierslivre.net/ateliers/wp-content/uploads/2022/09/P1160702-1024x575.jpg" alt="" class="wp-image-93400"/><figcaption><em>FR – 16 septembre 22</em></figcaption></figure>



<pre class="wp-block-preformatted" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Pas du tout prévu de sortir mon petit Lumix en ces instants-là. Je l’avais juste emporté dans ma poche pour prendre des images de mer, de rochers noirs, de flaques à marée basse, d’algues et de sable orangé, de bateaux, d’oiseaux mangeurs d’huîtres, puisqu'on avait prévu de descendre sur la plage de Montbeau après le déjeuner. Il existe de nombreuses photographies en noir et blanc prises en cet endroit dans les albums de famille tenus par ma mère. Elles datent des années 50 et 60, photos d'elle avec ma sœur avant ma naissance, de mon père aussi en maillot, de baignades avec mes cousins, de châteaux de sable. Je les regarde souvent. Je pensais encore à tout ça quand on a fait halte au café. Elle me parlait du lointain et du présent. Soudain j’ai vu les trois couleurs et j'ai eu le sentiment que tout était en place. Ne rien changer, ajuster le cadrage, cliquer deux fois de suite sur le bouton rien que dans l'idée des couleurs.</pre>
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		<title>attente à son comble</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Aug 2022 07:52:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[corps comme vidé piétiné massacré ce soleil cet air sec qui harasse et brûle l&#8217;herbe et la peau des plantes et ça n&#8217;en finit pas, on nous l&#8217;avait prédit, c&#8217;est arrivé, ça se passe depuis des jours, combien de jours confinés dans l&#8217;ombre des maisons sitôt que l&#8217;astre a dépassé la cime des arbres et &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/attente-a-son-comble/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« attente à son comble »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.568), 19px);">corps comme vidé piétiné massacré</p>



<p>ce soleil</p>



<p>cet air sec qui harasse et brûle l&rsquo;herbe et la peau des plantes</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.568), 19px);">et ça n&rsquo;en finit pas, on nous l&rsquo;avait prédit, c&rsquo;est arrivé, ça se passe depuis des jours, combien de jours confinés dans l&rsquo;ombre des maisons sitôt que l&rsquo;astre a dépassé la cime des arbres et la crête des versants, terrés comme si dehors il y avait la guerre, plus de frais au matin pour reprendre ses esprits, la marche à petits pas serrés sous un chapeau de paille pour aller voir ce qui se passe au fond du jardin, plus grand chose sinon le dessèchement programmé des plants de légumes qui par décret n&rsquo;ont plus l&rsquo;autorisation d&rsquo;être arrosés, assister à la mort lente, assister à la fin, je ne peux m&#8217;empêcher de penser à l&rsquo;ami Jean-Luc parti il y a quelques mois qui aurait trouvé sens en cet événement et aurait dit les mots qu&rsquo;il fallait, apaisants détachés, il aurait dit : voilà la terre qui se venge, les hommes ont oublié qu&rsquo;elle était leur berceau, leur havre, leur bien, leur ressource, leur capacité au bonheur, il aurait parlé de la conscience qu&rsquo;on a ou qu&rsquo;on n&rsquo;a pas du présent, des diamants qu&rsquo;on retient dans la paume de la main et qu&rsquo;on s&rsquo;apprête à jeter dans la fournaise</p>



<p>maintenant corps brisé et dedans l&rsquo;âme éclatée &#8212; de quelle façon continuer ?</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.568), 19px);">ce soleil</p>



<p>les façades brûlantes, l&rsquo;odeur des incendies qui se propagent vers l&rsquo;est, résine et kérosène brûlé rappelant les odeurs de tarmac africain, on rêve d&rsquo;Islande, d&rsquo;un tapis de mousses sur un vieux mur de pierre, on écoute les prévisions, on épie le ciel et les ombres et le vent</p>



<p>on attend, c&rsquo;est pour ce soir ou pour demain</p>
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		<title>confidence</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/confidence/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 May 2022 16:41:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[avenir des clans]]></category>
		<category><![CDATA[dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
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					<description><![CDATA[Vous livrer ici un fragment de mon travail en chantier. Une sorte de dialogue sans mots entre guillemets, mais dialogue quand même. Alors que Waralin le survivant et Riks le jeune fomentent un projet important pour l&#8217;avenir des clans, l&#8217;enfant Doria les surprend et les observe. L&#8217;enfant Doria — fille de Mermel — a franchi &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/confidence/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« confidence »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em>Vous livrer ici un fragment de mon travail en chantier. Une sorte de dialogue sans mots entre guillemets, mais dialogue quand même. </em></p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em>Alors que Waralin le survivant et Riks le jeune fomentent un projet important pour l&rsquo;avenir des clans, l&rsquo;enfant Doria les surprend et les observe.</em></p>



<p class="has-drop-cap has-medium-font-size">L&rsquo;enfant Doria — fille de Mermel — a franchi les remparts, elle cherche des petites choses à enfiler pour faire des colliers, elle pense que sur le talus là-bas en marchant vers la forêt la neige sera moins épaisse et qu’elle y trouvera des graines enfouies, elle avance et soudain elle les voit, elle les reconnaît tout de suite même s’ils sont loin, Waralin le survivant et le jeune Riks, et comme elle a enfreint la règle imposée aux enfants de ne pas quitter seuls le camp, elle se cache, les observe, observe la silhouette de Waralin installée dans le traîneau — d’habitude si tassée renfrognée, contrainte par l&rsquo;infirmité — qui s’agite, danse des mains et des bras en même temps que le torse participe aux courants de l’air et que les épaules se tournent comme pour indiquer une direction, elle se dit que s’il bouge de cette façon désordonnée c’est qu’il est en train de parler et c’est forcément qu’il a quelque chose d’important à dire pour déployer les bras, les mettre en branle à ce point, elle le sait, elle le comprend, elle ne l’a jamais vu dans cet état ou alors en transe lorsqu’il racontait sa chute à flanc de glacier alors que tous étaient réunis dans la grande hutte en rondins de bouleau — elle n’a pas oublié le bleu cinglant presque surnaturel de ses yeux —, donc Waralin a quelque chose d’important à dire à Riks et ça concerne la survie et l’avenir des tribus, la possibilité d’un nouveau printemps avec la floraison des épineux, la prolifération des lapins et le retour des grands mammifères, elle imagine tout cela, le suce comme un petit fruit de prunelier, Riks plus jeune que Waralin est dressé de toute sa hauteur près du traîneau, il a l’air d’un géant mais ce qui frappe l’enfant Doria c’est le fait qu’il soit légèrement penché vers l’avant, et aussi son extrême immobilité, on dirait qu’il est entièrement concentré sur le visage de Waralin et qu’il se laisse uniquement toucher par l’air brassé par les mains — une sorte d’inversion des rôles dans ce moment de conversation, indice supplémentaire pour penser que les mots prononcés sont importants et de l’ordre de la confidence —, elle s’est rapprochée de la scène pour en être sûre, c’est alors que Riks prend les mains de Waralin dans les siennes, son visage paraît changé, un long moment ils se regardent comme partageant un même projet, un rêve de voyage, une pensée audacieuse et clandestine avec le temps qui s’accroche aux brumes et l’oiseau noir qui décrit des cercles au-dessus de leurs têtes et lance des cris scandant leur pacte, entre eux il se trame quelque chose, maintenant elle en est tout à fait sûre, ils échangent encore des mots en se tenant par le coude —&nbsp;des mots qu’elle n’entend pas&nbsp;— et tandis qu’ils lèvent d’un même mouvement leurs visages vers le ciel, l&rsquo;enfant Doria quitte sa cachette et se met à courir comme une folle en direction des remparts.&nbsp;</p>
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		<title>instant brûlant</title>
		<link>https://francoiserenaud.com/terrainfragile/instant-brulant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Mar 2022 16:14:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[atelier]]></category>
		<category><![CDATA[Au-delà du blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
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					<description><![CDATA[Jean-Philippe Toussaint vient de faire paraître, chez Minuit, un livre bref constitué de neuf blocs indépendants, neuf paragraphes d’une page à trois pages, chacun s&#8217;appuyant sur le même incipit, qui fait aussi le titre du livre : « Je veux saisir Monet là, à cet instant précis où il pousse la porte de l’atelier… ». &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/instant-brulant/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« instant brûlant »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-small-font-size">Jean-Philippe Toussaint vient de faire paraître, chez Minuit, un livre bref constitué de neuf blocs indépendants, neuf paragraphes d’une page à trois pages, chacun s&rsquo;appuyant sur le même incipit, qui fait aussi le titre du livre : « Je veux saisir Monet là, à cet instant précis où il pousse la porte de l’atelier… ». Et dans cette inspiration, j&rsquo;ai recherché Richarme, j&rsquo;ai emprunté à nouveau le seuil de son atelier au mas Psalmodie, celui que j&rsquo;ai franchi de nombreuses fois lorsque je travaillais sur sa biographie poétique Au-delà du blanc (CLC éditions, 2010). J&rsquo;ai essayé de retrouver l&rsquo;atmosphère, les gestes, les fenêtres et la chaleur dehors, et puis les outils, l’œuvre en cours&#8230;</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="517" height="629" data-id="3444" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H65-12-Neige-61x50-Schl.jpg" alt="" class="wp-image-3444" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H65-12-Neige-61x50-Schl.jpg 517w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H65-12-Neige-61x50-Schl-247x300.jpg 247w" sizes="auto, (max-width: 517px) 100vw, 517px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="578" data-id="3445" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-824x578.jpg" alt="" class="wp-image-3445" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-824x578.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-300x210.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-768x538.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1-1200x841.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-06-Le-goeland-65x92-RM-1.jpg 1492w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="536" height="824" data-id="3446" src="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-536x824.jpg" alt="" class="wp-image-3446" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-536x824.jpg 536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-195x300.jpg 195w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-768x1180.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-1000x1536.jpg 1000w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-scaled.jpg 1333w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2022/03/H84-09-Usine-du-lac-dIseo-92x60-Schl-1200x1843.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 536px) 100vw, 536px" /></figure>
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<div class="wp-block-group is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow"></div>



<p class="has-drop-cap">J<strong><em>e veux saisir Richarme là, à cet instant précis</em></strong> où elle grimpe l’escalier qui conduit à son atelier. Une fois les affaires quotidiennes expédiées, elle peut penser à la peinture et elle se hisse en se tenant au métal de la rampe. Son corps est lourd, âgé déjà. Nous sommes en été 1980 en Languedoc. Elle monte lentement comme si elle avançait vers son destin. Elle interrompt parfois le pas, prend une respiration. La canicule fait craquer l’oliveraie autour de la maison et attise les lavandes. Elle aime ce mas, ce lieu, et elle y travaillera tant qu’elle pourra monter l’escalier, tant qu’elle pourra rester debout devant le chevalet orienté à la lumière du nord. Si elle pensait à quelque chose d’autre qu’à la peinture, ce serait à ses filles qui s’inquiètent souvent pour elle.</p>



<p><strong><em>Je veux saisir Richarme là, à cet instant précis</em> </strong>où elle atteint la porte de l’atelier au bout du couloir en ces heures chaudes où tout s’immobilise. Elle connait bien la brûlure des étés dans le Midi. Elle a quitté Paris en 1937 et depuis elle y vit. C’est une de ces journées ardentes qui attaquent la moelle au fond de l’os et extirpe du ventre la violence des couleurs. Elle pense à sa toile en cours installée sur le chevalet. Elle la visualise, remue mille questionnements à propos du dessin et des passages d’une teinte à l’autre. Elle n’est jamais satisfaite, toujours à la recherche de nouveaux équilibres, pourtant elle croit dur comme fer en ce qu’elle fait même si rien n’est directement&nbsp; mesurable des avantages récoltés à accomplir ce genre de tâche et elle est capable de travailler des heures jusqu’à l’épuisement. Au stade où elle en est arrivée et à ce moment-là de la partie, elle ne pense plus au commencement des choses. Seulement au jour en train de passer, à la toile qui l’attend, au sentiment en train de l’habiter. Tout paraît maillé dans cet instant où elle est au bord de pousser la porte et d’entrer : grain de la toile, grain de la peau, souffle, rythme, couleur. Et puis elle le sait, elle finira par trouver le chemin qui convient au projet qu’elle nourrit. Main posée sur la poignée, elle ressent l’atelier qui respire dans son obscurité. Les volets des fenêtres sont fermés pour garder un peu de fraîcheur jusqu’au soir. Elle ne les ouvre jamais côté sud, préfère la lumière du nord. De toute façon elle craint la poussière qui pourrait se mêler à la pâte et en gâter la finesse. Ou alors les insectes, on ne sait jamais. Le mas est aux abords de la ville, autant dire en pleine campagne en ces temps-là, il n’y avait pas de lotissements ni d’immeubles. Elle perçoit la chaleur qui règne puissante sur le jardin, elle entend des oiseaux ou des chats qui se battent mais elle n’y prête pas d’attention particulière. Elle est heureuse dans cette partie préservée de la maison, pas question de la déranger, une chose que tout le monde sait. Aujourd’hui elle ne souffre pas. La toile est une étendue à explorer, un territoire vierge, un pré à traverser.</p>



<p><em><strong>Je veux saisir Richarme là, à cet instant précis</strong> </em>où elle pousse la porte de l’atelier, franchit le seuil, oublie tout de sa vie ordinaire, oublie son histoire depuis la Chine où elle est née en 1904, la Savoie où elle a grandi et passé son adolescence, les ateliers à Paris pour apprendre l&rsquo;Huile, plus tard cette installation à Montpellier pour suivre son mari qu’elle a vécue comme un exil. L’atelier est devenu son nid, son antre, sa barque, sa tour d’ivoire, son modeste ermitage. Nul ne s’y risque. Et nul ne saurait préciser quand elle a commencé de vivre comme ça, avec la marche du soleil et le cycle des saisons et la peinture au ventre. Elle entre, bientôt va s’installer devant le chevalet. À portée de main : outils à dessiner et à peindre, couleurs, palettes, cartons pour mélanger les couleurs et chercher des accords, toutes sortes de papiers, carnets, cahiers, bouquets de fleurs séchées, objets en poterie utiles pour la composition des natures mortes. Elle remue ses doigts comme pour les assouplir, concentre son esprit. Quelque chose d’important qu’elle s’est mise à faire dès sa jeunesse sans savoir ni pourquoi ni comment, quelque chose proche de la faim, d’une faim infiltrée dans sa poitrine depuis la nuit des temps capable de stimuler son désir de respirer, capable de modifier sa manière d’avancer de marcher de penser. Non pas une simple faim suscitée par les muscles et les organes en manque de nourriture, non. Une terrible faim capable de débusquer jusqu’aux reflets cachés dans les cellules, aux plis des chromosomes, une faim d’entrailles qui dépasse l’entendement et qui l’aurait probablement effrayée si elle en avait pris la mesure quand elle avait choisi cette voie. Pas le choix, un jour vient où l’on meurt de toute façon.</p>



<p><strong><em>Je veux saisir Richarme là, à cet instant précis</em> </strong>où elle pousse la porte de l’atelier, s’installe au silence du monde, étudie les violines et les orangés, bataille avec les verts trop crus, quête l’harmonie entre le chaud et le froid. Chaque jour elle affûte ses armes et s’affronte à elle-même. Parfois elle est au bord de saisir certains secrets. Alors le temps devient pareil à celui de la prière. Le temps s’échappe. Le temps s’échappe entre jubilation et solitude.</p>



<p><strong><em>Je veux saisir Richarme là, à cet instant précis</em> </strong>où elle entre dans l’atelier, où elle veut oublier le temps, ou plutôt se glisser à l’intérieur de lui pour se battre un jour encore avec les formes et les couleurs de lac et de ciel. Elle aime les lacs et les ciels et la grande mer où elle nage avec délectation. Elle ira jusqu’au bout. Elle tiendra même si chaque toile lui réclame des semaines de lutte avant de se laisser conquérir, même si elle joue des coudes pour se faire une place parmi les hommes du monde de la peinture. Elle s’acharne. De tout son être elle s’acharne. Tout à l’heure elle allumera une cigarette et chantonnera en descendant l’escalier, ce sera vers les cinq heures. Rien qu’à entendre la façon qu’elle aura de descendre et de chanter, ses filles penseront : Tiens, maman est contente de son travail aujourd’hui. Pour le moment elle est seule, inaccessible, et elle peint — sa manière à elle d’habiller l’absence, d’échapper à l’oubli.</p>



<p></p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>Illustration : Orage à Valmont, Richarme, 1984 (huile sur toile 81 x 100)</em></p>



<p class="has-text-align-right" style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);"><em><strong>visiter le <a href="https://www.richarme.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site Richarme ici</a></strong></em></p>
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		<title>étreindre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Jan 2022 18:09:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[blanc]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[journée du 25 janvier Quoi tenter d’étreindre ce matin en ces heures de gel encore. Ciel pâle alors qu’en arrière du versant il y a davantage de couleur. Puis elle vient la couleur et remplit la vallée. Dans la timidité de l’hiver. Une gamme de jaune ocré mêlé de blanc et de beige rosé. Irruption &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/etreindre/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« étreindre »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-left"><em>journée du 25 janvier</em> </p>



<p class="has-drop-cap">Quoi tenter d’étreindre ce matin en ces heures de gel encore.</p>



<p>Ciel pâle alors qu’en arrière du versant il y a davantage de couleur. Puis elle vient la couleur et remplit la vallée. Dans la timidité de l’hiver. Une gamme de jaune ocré mêlé de blanc et de beige rosé. Irruption brusque du soleil à dépasser le versant. Et cette longue trace blanche de l’avion qui amorce sa descente vers la plaine et la mer là-bas toute plate.</p>



<p>Elles deux caquètent se précipitent l’une contre l’autre. En attente de grain ou d’herbe. Elles gloussent parlent vraiment quand je passe. Je leur parle aussi. Elles me suivent observent chaque mouvement de ma silhouette. Demeurent vigilantes à ma voix. Elles ne connaissent que cela entre tanière double haie de framboisiers et ganivelles fabriquées avec du bois de rivière. Le rythme de leur attente. La pulsation chuchotée de leurs petits cœurs sous les plumes. Et puis cette flambée joyeuse en battements d’ailes effrénés quand j’entre avec de la pitance à distribuer.</p>



<p>Scintillements du jour. Soleil au maximum du possible en cette saison. S’incline sur ma lecture.</p>



<p>Il n’y a pas de récit, pas d’événement notable. Parfois simplement un sursaut dans la poitrine qui raconte la vie simple ici et maintenant.</p>



<p>Je cherche la couleur au jardin mais il n’y a presque pas. Tas de végétaux qui sèchent et se décomposent chaque jour un peu plus. Les tiges de glaïeul encore dressées sont devenues rousses. Écoulement permanent de l’eau. La rive n’est qu’enchevêtrement de bois délavés branches brindilles touffes d’herbe gelées bouts de clôture charriés par d’anciennes inondations puis chahutés rochers pris dans la masse végétale. Un peu plus haut, une petite plage aux cailloux lisses comme triés par le courant. Gris foncé gris clair et blanc.</p>



<p>Chatte tapie dans une jardinière. Elle croit que personne ne la voit. Elle affûte son espionnage. Chaque traque est un commencement. Chaque saut, une ligne dessinée dans l&rsquo;espace, un franchissement.</p>



<p>La courge coupée en deux offre sa chair sur la table de cuisine. Graines humides attachées les unes aux autres qui seront mises à sécher. Y tailler des quartiers. Peler la peau. Dans ce geste prêter attention à la trajectoire du couteau qui détache l’écorce de la matière consommable. La courbe tracée dedans. La force qu’il faut pour faire avancer le couteau. Contenus comme inscrits dans l’orangé de la chair le goût le velouté le parfum de la soupe.</p>



<p>De quoi s’emparer à présent que le vent est rentré, vent du nord frigorifiant soufflant par les collines les berges les ruelles.</p>



<p>Le feu danse salvateur. Tourbillons flammes élans dans le désordre bois sombre braises. J’offre mon corps au feu après le froid comme s’il s’agissait d’un soleil comme au premier jour de la vie. Je profite de la peau qui se réchauffe en fourmillements un peu douloureux. Cède à l’attraction de la contemplation du brasier qui active souvenirs agonies séparations dans l’avancée irréductible des secondes qui nous pousse hors du champ.</p>



<pre class="wp-block-verse has-text-align-center">regarder, regarder encore, saisir des choses imperceptibles et essentielles
ensuite trouver le chemin de l'écriture

et non il n'a pas neigé mais c'est un peu ce sentiment de blancheur et de silence que j'ai recherché 
et puis user seulement de phrases courtes et simples, 
sans virgules... 
juste des points classiques...
</pre>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>Photographies : FR, au jardin en hiver 2018</em></p>
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		<title>Tu cherches l&#8217;amour dans ses yeux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Aug 2021 13:29:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d&#039;écriture]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[frémissement]]></category>
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					<description><![CDATA[Une proposition d'atelier m'a reconduite vers cette enfant née six ans avant moi, qui est donc ma sœur et que je n'ai que peu connue... peut-être là les prémices de ce texte-récit-roman que je veux lui consacrer depuis longtemps... Tu es seule, assise par terre dans le jardin. Tu sembles manipuler un petit objet. Tes &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/tu-cherches-lamour-dans-ses-yeux/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« Tu cherches l&#8217;amour dans ses yeux »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse has-small-font-size"><em>Une proposition d'atelier m'a reconduite vers cette enfant née six ans avant moi, qui est donc ma sœur et que je n'ai que peu connue</em>... <em>peut-être là les prémices de ce texte-récit-roman que je veux lui consacrer depuis longtemps...</em></pre>



<p class="has-drop-cap">Tu es seule, assise par terre dans le jardin. Tu sembles manipuler un petit objet. Tes doigts sont un peu courts, maladroits, tu ne parviens pas à faire ce que tu voudrais mais tu ne t’énerves pas. Tu caresses l’objet, tu le lèches, tu le suces. Le temps n’existe pas pour toi en cet instant. Un monde familier t’entoure dans lequel tu as tes repères. Quand tu veux te redresser, tu pousses un cri rauque. Peut-être qu’on se demande où tu t’es cachée, alors ton cri rassure.</p>



<p>Tu as quelques jouets bien à toi, une espèce de poussette pour promener tes deux poupées. De récupération certainement. L’armature est rouillée par endroits et le tissu déchiré mais tes poupées sont contentes. Et tu vas ainsi avec ta poussette et tu sillonnes les allées du jardin. Tu leur montres les arbres et les herbes en émettant des sons joyeux qui ressemblent à des mots.</p>



<p>Tu n’as pas encore de vocabulaire et tu as du mal dans la prononciation de certaines syllabes. Tu comprends certainement tous les mots qu’on t’adresse mais toi tu ne peux pas les prononcer. Dans ton regard cette impuissance que tu reconnais et ressens comme part de toi, cette tristesse infinie.</p>



<p>Tu es prisonnière de ton corps incomplet, ou plutôt déformé, hors normes à cause d’une malformation congénitale — une chose qu’on n’a pas envisagée tout de suite. À un moment donné de ton développement, tu sais que tu es différente des autres et tu en souffres. Tu vois les enfants qui s’amusent et participent à la joie du groupe. Tu te sens seule dans ta peau trop blanche et tes yeux trop plissés. Tu te réfugies dans les parages de ta mère qui veille beaucoup sur toi.</p>



<span id="more-3248"></span>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Ah cette langue qui sort de ta bouche et que tu ne peux maîtriser. Rentre ta langue, dit maman. Un acte difficile à cause de la laxité ligamentaire de tes muscles. Tu ne veux pourtant pas la décevoir. Tu t’appliques à le faire. Tu cherches l’amour dans ses yeux à elle pour le faire plus longtemps, pour tenir encore. Elle te prend dans ses bras et te serre contre elle.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Tu te tiens aux aguets près de la porte de la cuisine, tu sais qu’il va rentrer bientôt. Tu as posé ses chaussons à côté de la cuisinière à bois. C’est l’hiver, le jardin est nu, les arbres figés. Tous les soirs d’hiver tu le fais pour lui. Tu l’attends près de la porte. Quand il franchit le seuil, tu t’avances et tu lui tends ses pantoufles tiédies par la proximité du feu, tu es si heureuse d’avoir inventé ce geste d’accueil, tu veux tellement lui faire plaisir. Il les prend, hoche la tête. Il préfère quand tu restes dans la maison, il ne supporte pas le regard des gens sur toi. Trop dur pour lui, tu sais.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Tu es sur la photo dans les bras de ton père, tu lui tiens le cou dans un geste émouvant. Il a plié ses genoux et t’a déposée les pieds dans l’eau. C’est marée basse, foule de petites mares se sont réchauffées au soleil. C’est bon pour toi les bains de mer, le docteur l’a dit plusieurs fois. Alors ils t’emmènent souvent à la plage, dès qu’ils le peuvent, dès que ton père a du temps, le dimanche surtout. Il arrose tes jambes gentiment, il réajuste ton chapeau blanc, te donne un petit seau pour y déposer des bigorneaux et des coquillages. Il le fait avec toi. Il n’a jamais été rude, presque doux dans l’approche de ton corps fragile. Pour une fois il oublie le monde autour.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Mais qui es-tu, petite fille, petite sœur&nbsp;? Qui es-tu pour détenir tant de bonté en toi et développer tant de clairvoyance&nbsp;? Tu ne peux imaginer ce qu’est le monde en vérité. Si tous les êtres étaient aussi bons que toi, la vie sur terre serait infiniment plus douce. C’est un dimanche matin. Tu manipules des cubes en bois, tu n’y parviens pas bien, on veut t’apporter de l’aide mais tu refuses. Tu dis&nbsp;: «&nbsp;ma sœur, elle sait&nbsp;». Tu préfères te reposer sur cette fillette haute comme trois pommes qui tient à peine sur ses jambes et ne peut encore se souvenir. Tu as totale confiance en elle. Elle est ta sœur, elle est ton trésor.</p>



<p style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);">Tu es dans le lit blanc. Ton visage est gonflé, tes yeux humides presque fermés. Tu as mal à tes jambes. Maman te pose des compresses chaudes pour calmer le mal, tu t’agites, elle caresse ton front, tu gémis, elle te fait boire un peu d’eau. Il n’y a pas de remède, elle le sait, pourtant elle espère et elle tiendra jusqu’au dernier jour, jusqu’à ton dernier soupir. La tempête est violente. Tu lui souris, tu tends les bras pour attraper son cou. Un long moment dans cette tension. Tu gémis à nouveau. Tu as si mal. Elle fait tout ce qu’elle peut, elle s’acharne, elle s’ingénie à trouver des méthodes pour te soulager. Elle ne dit pas «&nbsp;Je t’aime&nbsp;», elle ne sait pas le dire mais tu le ressens, tu le comprends. C’est exactement ça qu’elle devrait dire, c’est si fort entre vous et ça prendrait toute la place si elle le disait. Elle sait pourtant que tu n’as plus beaucoup de jours. Enfin tu t’endors. Elle reste là, assise tout près. Souvent elle te tient la main, caresse ton front.  Tu respires par saccades. Tu respires.</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>Photographie : Marée basse, côte de Jade, F Renaud</em></p>
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		<title>miroitements</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Jun 2021 09:03:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
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		<category><![CDATA[ateliers Tiers Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[Atelier d&#8217;été Tiers Livre &#8211; cycle Progression #1 &#8211; autour de Georges Perec  » Espèces d&#8217;espaces » L’intime se détache de nous-même, devient imaginaire pour qui le découvre en lisant&#8230; (innombrables lieux où j’ai dormi&#8230; voir ce qui va venir) tout de suite odeur de draps sales – y avait-il seulement des draps ? –, tenace cette &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/miroitements/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« miroitements »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left; font-size: 14px;"><em>Atelier d&rsquo;été Tiers Livre &#8211; cycle Progression #1 &#8211; autour de Georges Perec  » Espèces d&rsquo;espaces »<br />
L’intime se détache de nous-même, devient imaginaire pour qui le découvre en lisant&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">(innombrables lieux où j’ai dormi&#8230; voir ce qui va venir)</p>
<p style="text-align: justify;">tout de suite odeur de draps sales – y avait-il seulement des draps ? –, tenace cette odeur de linge qui a longtemps servi dans lequel on peine à se coucher, moisi, odeurs corporelles, draps chiffon, draps de chambre d’étudiant où s’attarder rien qu’un bout de nuit sans importance</p>
<p style="text-align: justify;">étranges résonnances quand des gens parlent alors que d’autres dorment dans cette église désaffectée transformée en auberge de jeunesse (ça se passe en pays étranger mais on s’en fiche, enfin pas tout à fait car c’est l’hiver, il y a de la glace dans les mares des parcs et les canards tournent en rond), c’est un hiver froid avec des pluies fréquentes, donc se réfugier dans ce lieu repaire et mesurer l’impressionnante hauteur de la nef au-dessus des couchettes juxtaposées demeurant perceptible jusque dans le sommeil</p>
<p style="text-align: justify;">temps non compté alors qu’il dort en sécurité, et je dors moi aussi tout en veillant sur lui, notre chambre d’enfance partagée, nos deux lits calés dans les coins, meuble cosy cognant parfois contre le mur</p>
<p style="text-align: justify;">Highlands – le lieu revient d’abord, indissociable de l’image, du coup le nommer –, pluie, beauté, oiseaux de mer nichant innombrables, toile de tente de couleur orange plantée au milieu de la lande, terre fragile, pluie, beauté, cris d’oiseaux, arrachements d’herbe mouillée, pas de matelas, rien qu’un sac de couchage</p>
<p style="text-align: justify;">dormir pas dormir, désirer, attendre au bord du lit étroit, caresses dénuées de sens et nuit noire</p>
<p style="text-align: justify;">couette en plumes servant de matelas installée au grenier (car une partie de la maison est louée en août à des vacanciers), somnolence d’après-midi alors que j’ai de la fièvre, le soleil a tourné déjà du côté de l’ouest, les pas de maman douce montant l’escalier et portant de l’eau et un bol de compote dans un panier, dans mon rêve j’ouvre les yeux, elle a poussé la porte à fond et la lumière inonde les combles</p>
<p style="text-align: justify;">sentir en travers du sommeil les rafales de vent fort qui ravage la côte et hurle par-dessus la toiture, frissonner jusque dans le songe en cours d’élaboration</p>
<p style="text-align: justify;">désir pénombre séduction sortilège, peau inconnue sous les doigts dans un appartement inconnu, vague assoupissement avant de s’enfuir juste avant le lever du jour – surtout ne pas trop dire de soi –, déjà au cœur de l’assoupissement cette sensation de fuite de gâchis de fureur</p>
<p style="text-align: justify;">six couchettes par compartiment, la mienne celle d’en haut, pas rassurée</p>
<p style="text-align: justify;">souffle puissant du vent venu de l’océan indien et rasant les collines de sable qui constituent la côte, cabane recouverte de palmes avec juste un grabat rempli de végétal séché, rumeur des vagues immenses, nuit étoilée, sommeil peuplé d’odeurs de mer et de foin</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie Nathalie Holt, juin 2021</em></p>
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		<title>nouveau champ de bataille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 09:30:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[chambre]]></category>
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					<description><![CDATA[Tu disais que tout allait trop vite, que tu n&#8217;avais pas assez de temps pour t&#8217;organiser, que de passer d&#8217;une chose à l&#8217;autre, ça finissait par te prendre au ventre. Tu disais aussi que ta cheville te faisait mal, tu pensais qu&#8217;il fallait vraiment ralentir l&#8217;enchaînement des tâches et la course des heures, tu avais &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/nouveau-champ-de-bataille/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« nouveau champ de bataille »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Tu disais que tout allait trop vite, que tu n&rsquo;avais pas assez de temps pour t&rsquo;organiser, que de passer d&rsquo;une chose à l&rsquo;autre, ça finissait par te prendre au ventre. Tu disais aussi que ta cheville te faisait mal, tu pensais qu&rsquo;il fallait vraiment ralentir l&rsquo;enchaînement des tâches et la course des heures, tu avais même dit : « Exactement comme ça que c&rsquo;est arrivé il y a deux ans, cet accident grave, cette chute dans le trou », donc tu le sentais venir, ton corps te le murmurait, il tremblait en disant les mots, et tu essayais d&rsquo;être vigilante, attentive aux dénivellations dans la rue, aux aspérités des grilles d&rsquo;évacuation et des caniveaux, pourtant tu n&rsquo;as pas su. Et puis cette fois ça viendrait d&rsquo;ailleurs. Les événements étaient en marche.<br />
Il a fallu que tu ailles percuter un linteau de béton à hauteur de front, le genre de surface suffisamment dure pour stopper ta course folle, la chatte dans les bras, toutes circonstances contribuant à aggraver la situation et à te faire courber le dos à la façon d&rsquo;un gymnaste, une petite seconde et quelque chose dans le temps qui bascule, qui s&rsquo;arrête (était-ce ce que tu voulais ?), à moins que ce ne soit le monde lui-même qui a changé d&rsquo;axe, et l&rsquo;angoisse a monté très fort après le choc, cette violence faite à ton dos et le souvenir des mots que tu avais prononcés environ une semaine avant comme une prémonition (jamais tu ne pourras revenir en arrière, tu en as bien conscience), juste conserver en toi l&rsquo;idée que parfois on sait, c&rsquo;est inscrit mais on ne le voit pas, on ne veut pas le voir et même on lui tourne le dos.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu as attendu l&rsquo;ambulance, brisée, la peur nichée partout dans tes yeux, dans tes mains, tu avais tellement besoin qu&rsquo;on te rassure. Longues heures dans une petite pièce, scanner des dorsales au matin. Pas de miracle. Plusieurs semaines en corset, tu n&rsquo;es pas étonnée. Les jours d&rsquo;après tu n&rsquo;as pas envie de répondre aux questions, le téléphone t&rsquo;est pénible, tu laisses dire les gens — facile de causer une fois que le mal est fait —, les émotions traversées ont été trop fortes, et puis tu aurais tellement préféré qu&rsquo;on te soutienne, qu&rsquo;on te dise des mots d&rsquo;amour ou autre chose, mais pas qu&rsquo;on te fasse la morale, enfin ce genre de truc.</p>
<p style="text-align: justify;">Du coup tu as dû inventer une nouvelle route, investir un nouveau champ de bataille, tout à portée de main pour minimiser les déplacements — thé, ordi, téléphone, ouvrages en cours de lecture. Souvent la chatte est couchée avec toi sur le drap, tout près. Tu entends sa respiration calme, tu envisages la douceur de son poil comme une promesse de guérison, ta vie contenue dans le grand Tout, la maison nichée dans son recoin de vallée, la chambre ouverte au soleil et propice à l&rsquo;exploration intérieure. Tu revois le chemin parcouru depuis ton bourg natal au bord de la mer. Tu as longé l&rsquo;enfance comme une vaste prairie, mordu dans l&rsquo;âge adulte avec du vague-à-l&rsquo;âme, cherché ta place, usé ta peau, pleuré souvent.<br />
Et il y a cet instant précis où la lumière entre à plein et investi le champ du lit. Tu y es sensible. La chatte te regarde, allonge ses pattes tout en détendant ses mâchoires. Tu bouges avec précaution, tends la main vers elle, caresses son museau. Les bruits autour de la maison. L&rsquo;univers vibre plus fort dans le cœur, la vie, ta vie encore préservée.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie, Françoise Renaud, 1er juin 2021</em></p>
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		<title>accident</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 May 2021 12:03:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[accident]]></category>
		<category><![CDATA[Dictionnaire du Comment écrire]]></category>
		<category><![CDATA[petites solitudes immobiles]]></category>
		<category><![CDATA[tiers livre]]></category>
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					<description><![CDATA[Vous allez le comprendre, je suis à nouveau arrêtée dans ma course. Repos forcé, nouvelle épreuve, mais ça va aller&#8230; J&#8217;en profite pour écrire sur ces circonstances &#8212; une contribution au Dictionnaire du « Comment écrire » sur Tiers Livre autour de ce terrible mot Accident. Vivre &#8211; écrire- traverser le temps et l&#8217;espace &#8211; accueillir &#8211; &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/accident/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« accident »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; font-size: 15px;">Vous allez le comprendre, je suis à nouveau arrêtée dans ma course. Repos forcé, nouvelle épreuve, mais ça va aller&#8230; J&rsquo;en profite pour écrire sur ces circonstances &#8212; une contribution au Dictionnaire du « Comment écrire » sur Tiers Livre autour de ce terrible mot <em>Accident</em>.<br />
Vivre &#8211; écrire- traverser le temps et l&rsquo;espace &#8211; accueillir &#8211; participer à son devenir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Fait imprévu intervenant au beau milieu de la vie. Choc violent, chute, culbute, torsion, bouleversement, anéantissement, interruption momentanée ou définitive de l’image. L’accident arrive sans crier gare. Il touche soi ou les autres. Quand il s’agit d’un proche, c’est comme si c’était soi, pire même. L’accident déchire la toile, détruit la perception qu’on a du temps. Tout ce qui était bâti ou en train de s’inventer s’effondre. En un éclair l’accident reconfigure le monde – comme une mise à jour. Forcément générateur d’écriture à plus ou moins long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque accident dont j’ai été victime, a planté ses griffes dans la chair et la mémoire, a secoué l’idée de la mort tout en creusant une zone grise dans le livre en cours d’écriture. Hier j’étais heureuse de mon escapade dans l’ouest, de mes carrés de potager en espérance de soleil, de mes petits projets. Et voilà qu’un linteau de porte me stoppe net. Je me fracture le dos. Corps à terre, douleur aigüe. Le printemps a brusquement changé de visage. Il y a deux ans : la cheville tourne, le corps bascule dans un trou creusé par une pelleteuse dans la rue – combien de fois déjà, cet enracinement défaillant ? Ou encore, à la mort du père : l’escalier aux marches mouillées, tibia brisé.</p>
<p style="text-align: justify;">L’accident réclame nécessairement des mots &#8212; écrits ou simplement prononcés &#8212; afin qu’ils constituent une douce enveloppe, caressent nos os et nos joues, engendrant une sorte de psalmodie consolante alors qu’on voudrait encore marcher le long  du fleuve, se donner une chance de voir le paysage plus loin. L’accident crée des inclusions dans le texte pareils aux insectes saisis à jamais dans l’ambre, petites solitudes immobiles.</p>
<p style="text-align: right; font-size: 14px;"><em>Photographie : Iris couchés au jardin, Françoise Renaud, mai 2021</em></p>
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		<title>brume</title>
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		<dc:creator><![CDATA[françoise renaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Nov 2020 16:49:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[brume]]></category>
		<category><![CDATA[oiseaux]]></category>
		<category><![CDATA[rivière]]></category>
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					<description><![CDATA[On dirait bien que le temps nous marche dessus. Aujourd&#8217;hui la lumière est épaisse à cause de la brume qui rampe sous des masses considérables de nuages                    brume tenace constituée de milliards de gouttelettes en suspension qui aiment s&#8217;agglutiner s’effilocher participer à la patine des objets &#8230; <p class="link-more"><a href="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/brume/" class="more-link">Lire la suite de<span class="screen-reader-text">« brume »</span></a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">On dirait bien que le temps nous marche dessus.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui la lumière est épaisse à cause de la brume qui rampe sous des masses considérables de nuages                    brume tenace constituée de milliards de gouttelettes en suspension qui aiment s&rsquo;agglutiner s’effilocher participer à la patine des objets demeurés au jardin (arrosoirs cabossés, pots en terre, rampes et barrières) réveiller les mousses entre les pierres                      brume qui se meut l&rsquo;air de rien et se répand dans les creux les vallons où personne ne va, s&rsquo;accroche aux troncs d&rsquo;arbres dressés et aux rochers des collines et aux tiges mortes des haricots, fabrique des perles à la surface des feuilles de chou                        quelque chose de la vie se suspend                            on pense aux bêtes blessées par les chasseurs même si on n&rsquo;entend pas leurs cris, on pense aux oiseaux qui nichent tant bien que mal, on pourrait presque oublier le reste du monde en proie au désordre et on est comme soudain relié aux craquements profonds de l&rsquo;écorce à la surface de laquelle se déplacent nos corps physiques pour aller on ne sait où au gré des heures permises, prémisses de tremblement de terre ou autre catastrophe à laquelle il serait impossible d&rsquo;échapper                    on pense aux bêtes et à leurs cris et à leurs blessures — on sait qu&rsquo;elles se cachent et tentent seules de se guérir —, on pourrait oublier toutes les pages de l&rsquo;histoire qui précèdent celle-ci, page de ce jour de novembre enserré par la brume exsudée du flot abondant des rivières et de l&rsquo;air, et d&rsquo;ailleurs on oublie.</p>
<p style="text-align: justify;">La terre craque, s&rsquo;ébranle. On l&rsquo;entend la nuit parfois quand on se retourne dans le sommeil.</p>
<p style="text-align: justify;">Et tu penses au soleil. Aux envols d&rsquo;oiseaux. Aux perles sur les feuilles de chou qui étincellent comme des perles.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-3023 aligncenter" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100630_NB-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100630_NB-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100630_NB-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100630_NB-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100630_NB-1536x1152.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100630_NB-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100630_NB.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-3024 aligncenter" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100629-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100629-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100629-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100629-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100629-1536x1152.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100629-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100629.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-3026 aligncenter" src="http://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100628-824x618.jpg" alt="" width="730" height="548" srcset="https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100628-824x618.jpg 824w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100628-300x225.jpg 300w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100628-768x576.jpg 768w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100628-1536x1152.jpg 1536w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100628-1200x900.jpg 1200w, https://francoiserenaud.com/terrainfragile/wp-content/uploads/2020/11/P1100628.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right; font-size: 13px;"><em>Photographies : Sud Cévennes, Françoise Renaud, 10 et 30 novembre 2020</em></p>
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